karine et J.Mic...'s profileKarine, Jean-Michel, Elo...PhotosBlogLists Tools Help

Blog


    1/28/2007

    17 jours vers le Soleil Couchant - 2ème Partie

    Pour clore ce carnet de bord ?

    Bon j’avoue, j’ai été un peu bavard, mais faut bien s’occuper pendant les quarts !

    Aller encore un petit débriefing de cette fantastique traversée :

     

    Des chiffres :

    Parcouru 2200 M soit 4074 Kms, en 17 jours et 13,5 heures, en comptant les 4 heures en plus de notre décalage horaire (on va pas faire comme Phileas Fogg), soit une vitesse moyenne de 5,23 Nds.

     

    Le bateau :

    Tout est nickel à bord, l’intérieur est propre. Techniquement, la seule avarie est la ferrure de tangon cassée, et qui nécessite la fabrication d’une pièce en inox. Les voiles n’ont pas trop souffert mais elles sont sales à cause des haubans et des cordages chargés de poussière ocre, nous allons bien finir par avoir un grain en navigation pour les rincer à l’eau douce. Le booster nécessitera un atelier de voilerie sérieux.

    Raymonde (le pilote automatique) a tenu le coup, Œil de Lynx a bien veillé sur nous pendant l’arrêt maladie de karine.

    Je suis très content des performances et du confort de notre bateau et nous ne regrettons pas notre choix.

     

    L’équipage :

    La première semaine a été un peu speed, il était parfois difficile de se reposer, mais le bateau avançait bien, c’est très bon pour le moral. La deuxième semaine a été plus difficile, il fallait aller chercher les vents pour ne pas rester dans la pétole. Pour ça, notre routeur nous a bien aidé, nos informations météo à bord et nos compétences ne nous permettaient pas un tel guidage.

    Karine a eu un bon mal de mer qui a duré trois jours, ce qui a affecté un peu le moral de l’équipage. Mais nous avons retrouvé un bon vent pour nous conduire en douceur vers notre but : Grenade. Ces derniers jours ont été très agréables et reposants.

     

    Et les autres :

    Beaucoup de personnes n’étaient pas à bord et pourtant ! Grâce au téléphone iridium, notre famille nous a bien suivi : de notre coté, nous sommes rassurés de donner notre position chaque soir, et réciproquement soulageons l’inquiétude de notre famille. Un grand merci à mon papa, qui s’est vraiment investi dans notre voyage, en tant que père et ancien marin, il  nous a suivi sur l’océan, par son ordinateur interposé. Papa consultait la météo et nous transmettait les messages de Jean Vilain. Bravo à Jean pour ses instructions très précises et justes. Merci pour le temps qu’il nous a consacré.

    A tout ceux qui nous ont envoyés des petits messages, nous les apprécions beaucoup, et ils nous font tous plaisir. Mais au fait, pourquoi vous nous souhaitez « Bon courage » ?

    C’est vous qui avez froid, qui devez allez au boulot de nuit, revenir de nuit, faire les bouchons, c’est à nous de vous souhaiter bon courage !

     

    Karine : Je n’appréhendais pas cette traversée en partant parce qu’on avait déjà fait pas mal de miles jusqu’ici et comment se représenter d’avance à quoi correspond 20 jours de navigation tant qu’on ne l’a pas vécu. De plus, les conditions de navigation ne sont pas les mêmes d’une navigation à l’autre, même en partant le même jour avec d’autres bateaux avec quelques degrés de différences sur le cap, peut tout changer. Par contre je me demandais si j’avais prévu assez à manger et à boire pour toute cette nav et oui on a eu largement de quoi faire. En plus la mer nous a bien gâté avec ses bons poissons. J’avais confiance en notre Grand Capitaine qui nous avait protégé jusqu’ici, aussi en mon capitaine Jean-mi et notre Sabeline. Il faut aussi savoir respecter la mer car c’est elle qui décide de notre sort. En tout cas je peux dire que je n’ai jamais eu peur pendant cette navigation, on ne s’est jamais senti en danger. Nous avons aussi eu la chance d’être bien routé par Jean : encore un grand merci, pour aller chercher les meilleurs conditions météo sur la mer. J’ai  beaucoup aimé partager mes nuits avec les étoiles et la lune, c’est grandiose. Le seul regret c’est qu’on n’avait pas de bouquin sur les étoiles pour connaître leur nom. Nos enfants ont été remarquables car lorsqu’ils sont sur terre, qu’est-ce qu’ils bougent !, et là non ils dessinent, construisent des meccanos, jouent aux playmobils, barbies, et les jeux de cartes, bouquinent et l’école. Pendant cette navigation, on ne s’est pas du tout senti à l’étroit, au contraire cela nous a permis de profiter de chacun d’entre nous, de souder encore plus les liens de notre famille et qu’est ce qu’on est heureux d’être ensemble. Je pense que chaque individu devrait prendre une année sabbatique dans sa vie pour prendre le temps de vivre son rêve car la vie actuelle n’est que de stress. On se fait du mouron car on pense sans arrêt au passé ou au futur des enfants mais jamais au présent. Ma devise depuis ce voyage afin de profiter pleinement de cette année c’est Acounamatata (cf : le roi lion) : le passé est le passé, il faut vivre l’instant présent et prendre la vie du bon côté. Voilà ma conclusion pour cette traversée, j’ai adoré, le temps est passé très vite même si j’ai été bien malade une journée mais j’avais même oublié ce passage, c’est Yoan qui me l’a rappelé.

     

    « Voici une réflexion que je souhaite partager avec vous et qui vient d’un grand entrepreneur américain Bill GATES qui a réussi à diminuer ses coups salariaux d’environ 5 % et redonner du rêve à ses employés en proposant une année sabbatique en fonction du pourcentage des effectifs et qui peut varier en fonction des impératifs conjoncturels. De plus pour lui, c’est un moyen de conserver son personnel ultra qualifié toujours au top et en bonne santé intellectuelle. Il explique aussi qu’en France cela pourrait permettre d’absorber une partie non négligeable des chômeurs. Avec les 35 heures, l’Etat a favorisé le temps libre mais aussi   la démotivation professionnelle tandis qu’avec l’année sabbatique, il aurait motivé ses employés. »

     

     

    Jean-michel :

    Je ne pensais pas faire autant de manœuvre, et subir autant de changement de vents, je pensais que les Alizés étaient plus constants, surtout au mois de Janvier. Mais ce n’est pas la seule chose que j’ai apprise.

    J’ai maintenant une petite idée de nos limites, que nous n’avons pas atteintes, celles du bateau, sur nos comportements en famille isolés pendant plusieurs jours, et c’est plutôt très positif pour renforcer les liens au sein de notre petite famille. Enfin, j’ai vraiment pris mon pied avec cette navigation, longue mais toujours au portant, sans inquiétude, juste prendre son temps et c’est tellement bon que je suis prêt à repartir.

     

    et toi que penses-tu de la traversée Elodie ?

     « Je ne me suis pas ennuyée sauf pendant 2 jours parce que je n’avais pas le droit de jouer à l’ordinateur  car je n’avais pas bien travaillé à l’école» tient prend ça papa ! Quand on s’est fait traîné derrière le bateau, c’était un super moment et j’ai crié c’est ça la vrai vie.

     

    Et toi Yoan :

    « Oh moi je m’amuse très bien, je fais des voitures, on s’est fait traîné dernier le bateau, c’était génial et je n’ai pas trouvé le temps long »

     

    Et toi Dakar :

    « Ouais bof, un peu fou ces gosses, ils ne m’ont même pas laissé dormir. Et ce bateau qui n’arrête pas de bouger, vivement le plancher des vaches ! Bon, j’ai comme même passé de bons moments à chasser les poissons volants sur le pont. Et je me suis bien régalé ». (Interprétation imaginaire de ses pensées)

     

    * Ah oui, j’ai oublié de vous expliquer ce qu’est une biture en terme marin : c’est ranger  la chaîne dans la baille à mouillage, en va et vient de façon à ce qu’elle se déroule sans faire de nœud lorsqu’on mouille l’ancre. La chaîne est rangée en zigzag, comme la marche de quelqu’un qui a pris une biture. Donc Karine ne s’est toujours pas mise à boire.

      

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    17 jours vers le Soleil Couchant - 1ere partie

    mercredi 10 janvier 2007

    Vers 9H, nous sortons le nez dehors pour dire au revoir à Millepertuis et Seiz Avel qui s’élancent pour le grand saut et font le tour de Sabeline pour nous saluer.

    Nous avons quelques Escudos à dépenser avant de partir. Nous partons avec le caddie à la superette et au marché pour prendre quelques produits frais. Pendant ce temps  je vais au « café del mar » pour consulter la météo et envoyer un dernier mail. Nous avons oublié de garder 300 $ pour Marco, notre gardien d’annexe. Nous faisons la manche, et trouvons des européens pour échanger un peu d’escudos contre des euros.

    Le temps de plier l’annexe, d’arrimer les derniers objets, et de prendre un dernier repas au calme du port, nous levons l’ancre à 14H30.

    Karine prend une dernière biture. En général elle n’en prend pas en mer, mais à chaque fois que nous quittons un mouillage, elle se prend une biture. Moi, je reste à la barre vigilant. Depuis le début de notre voyage, elle est rendue à sa 27eme biture, j’ai compté ! Oui je sais, avant de partir elle n’était pas comme ça.*

    Nous entrons dans le canal de Santa-Antao, un peu redouté, mais tout se passe gentiment.

    30 nd de vent portant, une houle courte, mais tout va bien, je barre pour épargner le pilote qui risquerait de casser tant il faut de force pour tourner la barre.

    Avant la tombée de la nuit le vent faibli, je vais mettre le tangon pour que le génois ne faseille pas, mais j’ai quelques soucis, la ferrure qui ferme l’anneau de passage de l’écoute se dévisse et tombe à l’eau, Le tangon est désormais inutilisable.

    Karine qui faisait sa sieste vient m’aider. Je trouve une autre astuce avec la bôme de GV pour déborder l’écoute de génois.

    Pendant tout ce temps le vent tombe complètement, et il y a même des éclairs. Nous démarrons le moteur pour fuir cette zone. Nous sommes déventés par l’île. 2h après nous récupérons du vent, et continuons sous GV et génois.

    Plus tard dans la nuit, le vent monte, monte, la houle plus courte qui déferle, le pilote est sollicité, le génois est entièrement roulé j’ai peur de faire de la casse.

    La nuit est noire, Sabeline fait des pointes à 7-8 nœuds (j’en ai autant dans le ventre), le sillage s’illumine de milles lucioles dû au plancton phosphorescent, j’ai ma dose d’adrénaline pour aujourd’hui.

    Parcouru 28 M depuis le départ jusqu’à 18h30 locale (heure de la vacation)

     

    Jeudi 11 Janvier

    Le vent a faiblit. A 7 heures, j’affale la GV et j’envoie le génois et l’artimon avant d’aller me coucher. Karine prend le relais et contacte Seb et Julie par VHF, et échange les positions : ils sont à 5 M au nord ouest. Nous avons déjà rattrapé les 5 heures qu’ils avaient d’avance sur nous. Nous sommes sur l’autoroute des Alizés, Sabeline file à 6 nd, l’équipage récupère.

    Nous agrémentons les pâtes avec nos produits frais : chorizo, fromage de chèvre ou de Casamance, yaourt.

    Parcouru 125 M

     

    vendredi 12 janvier

    A 10h30, sortant de 4 heures de sommeil, Karine a une touche, la clochette a retenti, mais la bête se débat et réussi à se décrocher de l’hameçon.

    Les conditions sont toujours idéales, 15-20 nd de NNE, Jean notre routeur nous annonce des vents un peu plus fort pour le WE. Nous en profitons pour faire de la cuisine pendant que les enfants écoutent les contes lus sur l’autoradio.

    Pour remplacer la ferrure cassée du tangon,  Je monte une poulie largable, avec une autre poulie permettant le réglage du débordement de l’écoute. Tous les tangons devraient être équipés comme ça ! Cela permet d’utiliser le tangon (indispensable dans la houle), sur 50 % de sa longueur, ceci permet de réduire le génois et de rester tangonné en permanence, donc plus de manœuvre dangereuse de tangon.

    Yoan est à son tour malade, c’est la gastro. Du coup c’est très paisible à bord !  Ce soir Isabelle nous apprend par message iridium, que Lady Quattro est arrivé à la Barbade après 17 jours de mer.

    Parcouru 129 M

     

    Samedi 13 janvier

    3h30 une alarme retentit, je suis de quart. Ce n’est pas la clochette de la ligne de pèche, mais un terrible bip-bip qui me rappelle notre panne de pilote en quittant Madère. Ouf ce n’est que l’anémomètre qui a perdu le signal de la sonde en haut du mat, on verra ça quand il fera jour.

    Karine prend son quart à 8 heures. Une heure après elle ramène une belle dorade Coryphène de 65cm qu’elle vide et prépare : Une partie crue marinée au citron, l’autre cuite au four en croûte de sel, du sel de SAL évidemment., et les pommes de terre de Simon à Cachouane cuites au four entourées de petits oignons. Pendant ce temps dehors il fait 23 nd de vent, une houle de 2-3 mètres, Sabeline se dandine d’avant en arrière, de tribord à bâbord au rythme des surfs à 8 nd sur les déferlantes. Ma femme m’étonnera toujours !

    Je me réveille à 11h après 4 heures de sommeil, je n’ai rien vu de tout ça.

    L’après midi je bricole un peu : vérification du pilote, recherche de la panne de l’anémomètre. Je vérifie toutes les connexions sous les planchers, mais le câble avait été abîmé par le hale bas de tangon au pied de mat à l’extérieur.

    Yoan est enfin volontaire pour apprendre à faire les quarts. C’est lui qui surveille toute l’après midi. Nous jetons un œil de temps en temps, un pétrolier passe à trois mille, bon exercice.

    Au dîner ce soir : soupe à l’oignon au fromage de Casamance.

    Parcouru 129 M

     

    Dimanche 14 Janvier

    A 7H30, nous avons parcouru 78M en 12 heures, ça promet. En revanche ce n’est pas facile de dormir, il y a beaucoup de bruits, de craquements, des vagues qui tapent sur la coque. Rien ne m’empêchera de prendre mon petit-déj habituel : café, pain beurre et confiture.

    Karine qui voudrait faire la sieste cet après midi est souvent dérangée par tout ce qui ce passe à bord. Tantôt c’est l’euphorie de la clochette de la ligne de traîne, tantôt c’est la grosse vague qui déverse 50 litres dans le cockpit et quelques gouttes par les hublots des cabines arrière.

    C’est dimanche, alors comme en France nous reculons notre horloge locale de 1h. En le faisant chaque dimanche nous devrions arriver à l’heure de Grenade dans 3 semaines. Le décalage horaire est moins brutal qu’en avion mais il faut en tenir compte. A l’heure de la vacation, 20H30 française, il fait encore soleil ici puisqu’il n’est que 17H30.

    Nous remontons encore une petite dorade coryphène, on ne s’en lasse pas on se la refait au dîner en croûte de sel, même Elodie en raffole. Au dessert, pan cake… à la banane, ça va de soi.

    Il y a de la bonne humeur à bord, et nous savourons les plaisirs que nous offre la mer.

    Seuls les coups de roulis brutaux sont un peu gênants pour faire la cuisine, le gros sel ou le lait en poudre s’étale sur le plancher.

    Heureusement nous maintenons chaque plat, chaque verre par de la pâte adhésive, et nous avons gardé de l’Afrique leur façon de manger, dans un seul plat familial, avec des fourchettes quand même. C’est très pratique en navigation.        Parcouru 145 M notre record en 24 heures

     

    Lundi 15 Janvier

    Pendant le quart de Karine de Minuit à 4 heures, l’alarme du radar, que nous utilisons depuis le début de la traversée, sonne 2 fois. Pas de lumières en vue, donc un peu d’inquiétude, mais c’est sûrement un écho de vague.

    Après le repas, Yoan déroule la ligne de traîne alors je viens juste de manger un poisson volant et j’aimerais bien manger autre chose. Une demi-heure après, Yoan remonte une belle dorade coryphène de 80cm, 3,5Kg.

    Ça nous occupe le reste de l’après midi, un tiers cru à la tahitienne, un tiers en boulettes pannées, un tiers pour demain en croûte de sel.

    Le dîner se termine par une poêlée de bananes au chocolat, un délice.

     Ce n’est sûrement pas très intéressant, pour vous de savoir ce qu’on mange, mais je n’ai pas grand-chose à vous raconter.

    Peut-être vous décrire les couleurs grises ou bleues de la mer, la couleur des nuages quand il y en a, mais nous ne croisons pas de dauphins, pas d’oiseaux, Pas de bateau, rien que des vagues, des moutons blancs, parfois turquoises quand ils s’approchent un peu trop près, et des poissons volants.

     Pour nous c’est suffisant pour être heureux, je passe mes après midi dans le cockpit, pour trouver le meilleur réglage des voiles, la meilleure configuration (avec ou sans grand-voile ou artimon), et de temps en temps je vais m’asseoir sur la delphinière à l’avant du bateau.

    Là j’observe Sabeline plonger dans les vagues, partir au surf, fendre la mer et faire jaillir l’écume de chaque coté de l’étrave, les vagues finissent par passer devant, dans un vacarme et une explosion de blanc, l’étrave de Sabeline émerge à peine, et c’est reparti pour la prochaine vague, je jubile.

    Jean nous prévoit 25nd demain, il est 22h lorsque j’écris ces lignes, le vent souffle déjà à 27 nd Sabeline file à 7 nd dans un noir d’encre, c’est un peu flippant.       Parcouru 137 M

     

    Mardi 16 Janvier

    Au menu ce soir : Coquilles st jacques à la dorade Coryphène, Frangipane à la banane.

    Nuit mouvementée 25 à 27 nd de vent, rafales à 30 N nous sommes secoués dans tous les sens, le pilote souffre un peu. Yoan fait ses premiers quarts de nuit. Mais en s’appuyant sur la console du pilote, il passe en stand-by, l’artimon fait un empannage accidentel, sa bôme heurte et plie un panneau solaire. Il a l’air de fonctionner encore. Heureusement je veillais à coté et j’ai remis Sabeline sur sa route, avant que le génois tangonné se déchire.

    Karine et moi accumulons un peu de fatigue en ce moment à cause du vent et de notre allure plutôt sportive et de nos manoeuvres en pleine nuit.

    Parcouru 135 M

     

    mercredi 17 janvier

    Le vent à nettement faiblit ce matin et il est passé plein est, comme nous l’a annoncé Jean. La grand-voile est hissée avec 3 ris pour faire face à un éventuel grain (Vent très fort provoqué par un orage ou une grosse averse) le génois reste tangonné en ciseaux.

    Nous avons retrouvé progressivement la chaleur que nous avions perdue en quittant la Casamance, la nuit Il fait 30°C dans les cabines et 26° dehors. L’eau est à 28°C.

    Le ciel est couvert.

    Parcouru 138 M

     

    Jeudi 18 Janvier

    Nous sommes à la moitié de notre traversée : nous avons parcouru 1084 M pour un total de 2156 M une moyenne bien au dessus de nos prévisions, mais la prochaine moitié risque d’être plus lente, plus reposante aussi. Il fait très chaud et je laisse traîner derrière le bateau, bien accroché à l’échelle de bain. A 5 nd, ça vaut bien un jacuzzi très tonique.

    Ce soir il n’y a plus que 10nd de vent, les voiles battent à cause de la houle.

    Nous hissons entièrement la GV et roulons le génois. Nous profitons de ce calme pour se faire une soirée Pizza après un petit apéro.  Nous naviguons à 3 nd, nous allons nous coucher pendant que le radar assure la veille.

    Recette de la Pizza « Atlantico » :

    Pâte à pizza France, huile d’olive et olives d’Espagne, tomates en boite, fromage de Casamance, chorizo du Cap-vert, Thon en boite, anchois du Portugal avec un Rosé frais de Dakar.

    Parcouru 118 M

     

    vendredi 19 janvier

    Dès 6h, l’Iridium affiche un message de Jean : le vent reste au SE à 10-15 nd. Sachant que nous allons garder ces conditions, je sors avec Karine pour faire quelques manœuvres :

    Border l’écoute de GV, Affaler la GV et la ferler, larguer les hale bas et hale haut de tangon, passer le tangon sur l’autre amure, passer l’écoute tribord de génois dans la poulie largable du tangon, régler les hale bas et hale haut, passer l’écoute de génois dans une poulie, pour éviter le raguage de l’écoute contre la filière, dérouler le génois, border l’écoute, envoyer l’artimon, défaire le ris, poser une retenue de bôme.

    Voilà on peut aller se coucher, en espérant que le vent ne va pas encore changer de coté. RFI annonce un coup de vent sur notre zone « Alizés Ouest », mais nous sommes bien au sud de la dépression. J’arrive enfin à capter des fax météo de l’émetteur New Orleans, car depuis les Canaries je ne recevais plus rien.

    Elodie nous fait du bon pain au sésame, notre réserve du Cap-Vert est épuisée. Celui là est bien meilleur, il va encore partir plus vite.

    Dans l’après-midi nous envoyons le booster en double pli, il a été réparé mais comme les parties cuites n’ont pas été remplacées, il est très fragile :

    Rouler le génois, Sortir le sac, fixer la têtière sur la drisse de spi, fixer le point d’amure sur le bout dehors devant l’étai, fixer la poulie de la chaussette sur le balcon avant, gréer l’écoute tribord, envoyer le booster avec le winch au pied de mat, larguer la chaussette, border l’écoute, la passer dans la poulie largable du tangon, affiner les réglages. Tout ça pour gagner un nd.

    Pendant que Karine se repose, je commence à nettoyer sérieusement le pont, les enfants ne perdent pas une occasion de patouiller et m’aident à brosser. Nous débarrassons Sabeline de la poussière ocre qui s’est déposée partout depuis Dakar jusqu’au Cap-Vert.

    Papa me transmets les infos et les calculs de Jean : «  La dépression située au nord a cassé les Alizés (qui existent grâce à l’anticyclone des Acores) il faut aller chercher les vents plus au sud, et rester sur l’isobare 1014 Hp. C’est la mer qui décide »

    Nous décidons de quitter la route orthodromique (la route directe mais courbe, tenant compte de la forme de la terre) et de faire un cap au 230, nous serons au largue, c’est très agréable.

    Il faut affaler le booster la même manœuvre que tout à l’heure mais dans l’autre sens, je vous la refais ?

    Ensuite nous hissons la GV et déroulons le génois, abattons de 30°, je vous passe les détails…

    Pendant le dîner nous apercevons un cargo, Karine essaie de l’appeler à la VHF, en français et en anglais, aucune réponse, personne ne doit être à la passerelle. Nous profitons de sa présence pour faire quelques essais de notre radar.

    Parcouru 95 M

     

    samedi 20 janvier

    La nuit a été très cool, Sabeline navigue tranquillement comme sur un tapis roulant, pas de manœuvres, sauf quelques corrections de cap car quand un nuage passe, le vent change sensiblement de direction. Pendant mon quart je regarde des films en DVD. Karine prend son quart de 2H30 à 9H30 !

    Au matin, la mer est belle, à peine une petite houle croisée, et nous voyons l’horizon tout autour du bateau. Nous profitons de ce beau temps pour faire un peu d’école, nous avons un peu de retard dans les évaluations du CNED, mais désolé, nous n’avons pas trouvé de boite aux lettres sur la route.

    A midi, les voiles faseillent, 5 nd de vent, nous sommes contraints de démarrer le moteur.

    Baignade, (pour moi seulement, Karine et les enfants n’osent pas !) sieste, lecture, musique et réception de nos petits messages Iridium, à 1500 Kms de la Guyane, la terre la plus proche, elle n’est pas belle la vie ?

    Un bon petit vent d’Est souffle dans la nuit, Sabeline, au grand largue, file vers le sud-Ouest.

    Parcouru 113 M

     

    Dimanche 21 janvier

    Changement d’heure locale, une heure de gagnée ! Vers midi, nous avons atteint la latitude de Grenade, 12°N, et avec, un petit vent de 15 nd. Je remonte de 30°, cap direct sur Grenade. A ce moment je reçois un message Iridium de Papa : « à 12° N devrait avoir du vent d’est. » selon ses sources sur WheatherOnLine.com.  Je suis vraiment bien assisté !

    Cap plein Est, les voiles en ciseaux ne suffisent pas, j’envoie le Booster, à coté du Génois, GV affalée. Peu après la partie supérieure se déchire, il était pourtant en double épaisseur mais il n’a pas résisté. Bravo Diego du CVD pour tes réparations onéreuses et peu fiables !

    Nous continuons aidés par le moteur jusqu’à la tombée de la nuit, un vent de NE semble frémir, c’est ce que confirme Jean, les alizés reviennent, j’affale la GV, hisse l’artimon, le génois toujours tangonné pour passer la nuit tranquille. D’autant plus que Karine n’a pas la pèche ce soir. Maux d’estomac ou gastro ?

    Parcouru 116 M

     

    Lundi 22 Janvier

    Karine est toujours malade, mais elle arrive pourtant à faire ses quarts, entre deux vomissements. Les alizés ne sont pas bien nerveux, j’envoie le spi, non sans quelques manœuvres laborieuses, et juste pour gagner à peine un petit nœud.

    Nous recevons un appel Iridium d’Erwan et Sandrine, ils sont à 800 M de la Martinique, à notre Nord-ouest, à la vacation, nous sommes à 676 M de Grenade.

    Le temps n’est pas stable en ce moment, je ne peux pas prendre le risque de garder le spi toute la nuit, alors juste au crépuscule, je me livre à mes manœuvres habituelles : affaler le spi, envoyer le génois et l’artimon, et changer de cap, car entre le jour et la nuit, le vent change de direction (30 à 40°)

    Parcouru 117 M

     

    Mardi 23 Janvier

    Le vent est toujours aussi mou, 10 à 13 nd, et malgré tous nos efforts pour trouver la meilleure configuration et la meilleure surface de voilure, Sabeline a du mal à dépasser les 5 nds. Il va falloir être patient, dommage, nous étions proche d’une belle performance de traversée Océanique. L’humeur à bord s’est un peu dégradée, Karine reste alitée toute la journée, et les enfants, eux, n’ont pas changé leur rythme de vie. Je suis un peu débordé, entre les manœuvres, la veille, l’école, le rangement, la cuisine, la vaisselle , et maintenant infirmier : Karine n’a rien ingurgité depuis 3 jours, c’est inquiétant. Pour éviter la déshydratation (Il fait 30°C dans le bateau), elle doit boire de l’eau sucrée à petites gorgées.

    Parcouru 122 M

     

    Mercredi 24 Janvier

    Je laisse Karine se reposer cette nuit, j’ai accepté son congé maladie et j’assure la veille toute la nuit. Le radar m’aide à allonger les périodes de sommeil. Nous croisons un cargo faisant route vers le Nord-Ouest, et il faut rester attentif à sa trajectoire, ça occupe un bon moment, il passe devant Sabeline à moins de 3 miles. A 7h, je réveille Yoan pour qu’il prenne le relais, et je me couche dans sa cabine.

    Lorsque je me réveille à 10h, notre cap n’est pas bon, je me mets aux manœuvres habituelles, avant le petit déjeuné : hisser la GV, affaler l’artimon et mettre Sabeline au vent arrière. Deux heures plus tard, le vent faibli, j’affale la GV, l’artimon, roule le génois, et envoi le spi. Seul, il faut anticipé et réfléchir à la manœuvre : lorsque je déploie le spi à l’avant du bateau, il faut retourner rapidement dans le cockpit pour border le bras et l’écoute préalablement tournés sur les winchs, pour éviter que le spi s’enroule autour de l’étai.

    Karine va un peu mieux aujourd’hui, elle a réussi à garder son eau sucrée, 2 biscottes, et 2 pommes de terre, elle passe l’après midi à l’ombre dans le cockpit, à surveiller nos lignes de traîne qui ne donnent plus rien depuis quelques jours.

    16H30, heure de la vacation, il nous reste 434 Miles à parcourir. Nous arriverons dimanche Inch Allah. Ce soir Sabeline a repris sa voilure nocturne, le GPS affiche 6 nds,  une vitesse que l’on devine de l’intérieur, car le bateau est moins sensible à la houle, les mouvements sont plus rapides, et moins amples, comme ceux que l’on ressent dans un TGV à 260Km/h.

    Parcouru 120 M

     

    Jeudi 25 Janvier

    J’assure une deuxième nuit complète de quart, Karine est encore faible, il faut qu’elle récupère. Je regarde deux films entrecoupés par la veille du bateau. C’est autre chose que la pub !

    Depuis le début de la traversée nous utilisons un téléphone portable, sur lequel Karine a programmé des rendez-vous toute les 25 minutes, jour et nuit, et qui se répètent chaque jour. Lorsque celui de quart entend la douce mélodie, il sort dans le cockpit, attache son harnais à la longe, inspecte l’horizon, lentement car un cargo peut être caché derrière une vague, vérifie le cap, le réglage des voiles, la force du vent et la vitesse du bateau.

    De nuit, il vérifie aussi notre éclairage, et détecte, dans le ciel, les masses sombres qui pourraient être un grain.

    C’est souvent avec beaucoup de plaisir que nous assurons cette veille ; Aux dernières lueurs de la journée, Sabeline exhibe ses voiles devant le soleil couchant, sur une mer aux reflets d’argent, sous un ciel passant du bleu profond au orange vif. Lorsque le soleil est bien couché, la lune prend sa place, et Sabeline file vers cette lueur blanche qui se reflète et scintille dans la mer. On s’attend à voir sauter un dauphin devant la lune comme dans « Le Grand Bleu ». A son tour, la lune, dont le croissant est toujours horizontal sous ces latitudes, disparaît derrière la mer et plonge Sabeline dans les ténèbres. Nos yeux deviennent alors plus sensibles, le plancton phosphorescent s’illumine dans le sillage,  le ciel s’éclaircie de milliers d’étoiles, dont je pense reconnaître la « croix du sud ».

    Des instants insaisissables comme ceux-là resterons gravés dans nos tètes.

    Vers 6 heures, Karine vient me relayer. Le spi est envoyé à 11h, nous le gardons toute la journée, malgré un bon vent de 15-17 nd, mais ça fait plaisir de voir le bateau marcher entre 6 et 7 nd. Karine va beaucoup mieux, et nous restons toute l’après midi dans le cockpit, pendant que les enfants sont très occupés par du coloriage. J’aide Yoan à monter un Mécano et je monte dans le mat et sur le tangon pour le fun, et la photo.

    Karine aperçoit au loin sur l’arrière un objet orange fluo, nous contrôlons que nous n’avons rien perdu. Juste après on distingue deux vedettes à moteur, d’abord nous sommes surpris de voir des bateaux autre que des cargos, mais c’est vrai que nous approchons des côtes, nous sommes à 100 M de la Barbade, c’est peu être des pécheurs, ou des trafiquants.

    Dans ce coin là ça se pourrait bien, nous restons très discrets, pas d’appel VHF, comme si on n’avait rien vu.

    La ligne de traîne se tend violemment, je la remonte au winch, et balance une belle bête devant la barre à roue. C’est un Thazard de 1m, 5Kg. Nous avons quelques doutes à propos de la ciguatera, une maladie qu’on peut attraper avec les poissons de coraux et ses prédateurs. Nous en donnons un peu à manger à Dakar, s’il n’est pas malade demain, nous pourrons le manger (pas le chat, le poisson !)  Parcouru 128 M

    vendredi 26 janvier

    Lors de la relève de la garde, ou plus modestement le changement de quart de 11h, nous envoyons le spi. J’ausculte le chat, il va bien.

    Je vais pouvoir cuisiner notre thazard. ¼ suffira, en croûte de sel, avec des pommes de terres douces de Ziguinchor, et des oignons autour.

    Un avion arrive vers Sabeline à faible altitude et fait deux tours autour de nous, nous faisons des signes de salut, puis il repart vers le Sud-Est. Y-a-t-il un rapport avec les deux bateaux de hier soir ? Peut-être la brigade anti-stup ?

    A midi, nous avons parcouru 2000 M depuis Mindelo, il ne reste plus que 200 M. Si nous avions atterri à LA BARBADE, nous serions arrivés cette nuit, en 16 jours.

    Nous avons croisé 3 cargos aujourd’hui, décidément nous voyons de plus en plus de monde !

    Ils font tous la même route, vers le sud-ouest, il viennent de passer le Canal de Panama, passent entre Grenade et Tobago, et redescendent le long de l’Amérique du sud.

    Tandis que nous préparons des bocaux de poisson dans le cockpit, un groupe d’une vingtaine de dauphins vient vers Sabeline et joue un bon moment dans l’étrave.

    Nous sommes tous à l’avant sur le pont, pour admirer cet accueil sympa. Il n’y a pratiquement pas de dauphins en pleine mer, c’est le signe d’une arrivée proche.

    Après les dauphins, Yoan a envie de se baigner comme papa. Elodie a suivi et on s’est retrouvé tous les trois traînés dans le sillage de Sabeline. On s’est bien amusé.

    Avec tout ça je n’ai même pas eu le temps d’aller faire une sieste, débordé !

    Au dîner ? Du poisson bien sur, béchamel et champignons. Nous avons fait des conserves des restes du thazard, pour éviter d’en manger midi et soir pendant plusieurs jours.

    Parcouru 128 M

     

    Samedi 27 janvier

    Nous avons décidé de garder le spi cette nuit, le vent est faible 8 à 10nd, et le temps semble stable. Je fais le premier quart jusqu’à 1h30. Lorsque Karine prend le relais le vent monte, elle me rassure en disant que c’est juste un grain, ça va passer. 2 heures plus tard il y a toujours 15 à 17 nds de vent, un peu beaucoup sous spi, d’autant que nous ne sommes pas pressés. Elle me réveille à 4h pour affaler le spi. Je n’aime pas garder un spi la nuit, justement pour éviter cette manœuvre. Je vais à l’avant sur le balcon et essai de tirer sur la chaussette qui ne vient pas (non je ne porte plus de chaussettes depuis 6 mois, la chaussette sur un spi sert à l’étouffer et faciliter l’affalage). Je crie à Karine dans le cockpit de larguer le maximum de l’écoute car le vent prend dans le spi. Tout d’un coup je m’aperçoit que j’ai le pied sur un bout, celui du retour de la chaussette, voila pourquoi ça bloque. La chaussette descend, le spi s’étouffe. En larguant la drisse de spi pour le descendre sur le pont,  le bout de retour se prend dans le déflecteur radar, il faut remonter le spi. Tout ça avec un roulis énorme, car sans toile, Sabeline se met en travers de la lame, et je ne tiens pas debout sur le pont. Je range tout dans le sac, je récupère les écoutes pour les fixer au balcon, mais celle que Karine devait larguer est dans l’eau et  l’une des extrémités est prise dans l’hélice. Après plusieurs tentatives, en tournant l’arbre à la main par l’intérieur du bateau, nous n’arrivons pas à libérer l’hélice. Il faut plonger pour défaire l’écoute prise dans l’hélice, mais il fait nuit, je n’ai même pas de lampe étanche, et c’est l’heure où les requins chassent. En plus, ça ne me dit trop rien de me baigner maintenant, je préfère attendre demain, il fera jour. L’inconvénient, c’est que nous sommes sans moteur, qui peut être une sécurité. Tant pis pour l’instant il y a du vent, et Sabeline est un voilier.

     

    A 14h30, le vent à légèrement faiblit,  je m’attache solidement, prend mes palmes, mon tuba et mon couteau et plonge vers l’hélice pour dénouer le bout. Karine a peur pour moi, car il y a de la houle le bateau bouge, et elle craint que je sois assommé. Deux minutes plus tard, c’est fini. Cause de l’écoute dans l’eau : l’extrémité ne devait pas sortir de la poulie de pont au cockpit, mais un petit nœud d’écoute c’est défait à cause du mauvais état d’une surliure. Une petite bricole qui aurait pu avoir de graves conséquences. Moralité : il n’y a pas de place au hasard sur un bateau, et pourtant je le répète souvent.

    A la vacation (16H30 à bord) il ne reste plus que 51 Miles.

    Nous passons l’après midi à nettoyer un peu notre logis de façon à n’avoir que le maillot de bain a enfiler en arrivant, pour profiter de notre environnement.

    TERRE, TERRE, 17h30 nous distinguons les sommets de l’île, moment que j’aurais pu imaginer plus euphorique, mais on se plait tellement bien ici. Que nous réserve l’arrivée ?

    Parcouru 128 M à la Vacation

     

    dimanche 28 janvier

    Les enfants dorment, nous longeons la cote sud-Ouest de Grenade, aidés par un fort courant, un bon vent de 20nd, favorisé par le relief de l’île. Nous avons choisi d’atterrir à  PRICKLY BAY, petite anse bien protégée, où il est possible de faire les formalités d’entrée.  D’après la carte l’entrée de la baie est assez large mais entourée de coraux qui enfleurent à la surface.

    Nous apercevons des bouées rouges et vertes, c’est le contraire qu’en Europe, le rouge à tribord, celui qui se trompe n’a plus qu’à rejoindre la cote à la nage. On se laisse surprendre par leur proximité, la force du courant et du vent. Sabeline avance en crabe, jusqu’à ce qu’on soit protégé dans l’anse. Là, nous distinguons quelques voiliers au mouillage, nous plongeons l’ancre, qui accroche du premier coup dans le sable de corail. Il est minuit ici.

    Nous nous serrons dans nos bras, heureux, satisfaits et un peu fiers de nous.

    Parcouru 50 M

     

    Escale à Sao Vicente et Santa Antao - Cap vert

    Samedi 6 janvier

    Erwan et Sandrine viennent à bord pour discuter un peu, on ne s’était pas vu depuis Graciosa.

    Elodie est malade ce matin, nous appelons seb et Julie, ils sont médecins, spécialisés en médecine tropicale Nous lui administrons le traitement curatif contre la malaria, mais ce n’est certainement qu’une petite gastro.

    Yoan pendant ce temps fabrique des ordinateurs portables avec webcam et tout et tout, avec des planches, des papiers, des pailles…et beaucoup de scotch.

    En fin d’après midi, Yoan et moi débarquons pour faire un tour dans les cybercafés, ils ne sont pas bien équipés et nous ne pouvons même pas utiliser une clé USB.

    Karine nous dépose pour éviter de faire appel aux services des gardiens d’annexe. Nous sommes obligés de la faire garder, sinon on la retrouve crevée ou sans moteur, par les gardiens eux-mêmes. C’est une vraie mafia.  

     

    7 et 8  Janvier

    C’est à mon tour d’être malade, certainement la même chose qu’Élodie, c’est donc viral et ce qui confirme qu’Élodie n’a pas le palu, d’ailleurs elle va déjà mieux.

    Le 8 au soir, nous allons au club Nautique prendre un pot avec Millepertuis et Natibou, une famille avec 3 enfants sur un beau catamaran Outremer 50, mais ils sont en panne d’étai, de safran et de moral.

    Nous dégustons une capirinha au son de la capoera. Nous grignotons ensuite une bonne pizza, juste le décor manque un peu.

     

    Mardi 9 Janvier

    Le réveil sonne à 6H45 ! (on a retrouvé un portable à bord). Nous n’allons pas quitter le Cap-Vert sans visiter la plus belle des îles !

    Nous n’y allons pas avec notre bateau car il y a peu de place derrière la jetée et ce n’est pas sûr. Nous laissons notre annexe en garde à Marco, et filons jusqu’au ferry. Le départ a lieu à 8 heures, le trajet dure une heure.

     A Porto Novo sur l’île de SANTA-ANTAO, nous négocions un aluguer pour visiter l’essentiel de l’île en peu de temps, nous n’avons qu’une journée.

    Nous essayons de trouver quelques touristes qui pourraient partager l’aluguer avec nous, mais ils sont tous en voyage organisé. Où est l’aventure ?

    Nous roulons à l’arrière d’un pick-up, sur une voie pavée et sinueuse. Elle monte jusqu’ au sommet de l’île, boisée et très frais. Malgré nos manches longues nous avons froid.

    A une vendeuse sur le bord de la piste, nous achetons un fromage de chèvre tout frais.

    A COVA, nous prenons quelques photos d’un cratère vert, large et profond que nous surplombons. Il y a des cultures en terrasse.

    Notre chauffeur nous arrête chez une vieille dame qui nous offre un plat chaud à base de maïs et un café au lait de chèvre, et quelques fruits. Elle ne parle que le crioulo et nous embrasse tous en partant.

    Nous arrivons de l’autre coté de l’île, au nord-est, à RIBEIRA GRANDE, la ville la plus importante. Il y a de nombreux commerces et nous y déambulons à pied.

    Les écoliers sont tous en uniforme, et les jeunes filles en jupette plissée, très courte !

    Nous remontons dans le pick-up pour longer la mer jusqu’à PAUL. (ce prononce Paoule)

    Là, nous entrons dans une distillerie artisanale,  la presse est actionnée par des bœufs qui tournent en rond. Nous dégustons bien sur le jus qui sort de la canne à sucre, le Grogue (le rhum local), le Punche, et la mélasse. Hic.

    Demi tour, nous continuons nos pavés jusqu’à PONTA DO SOL, Nous lui demandons de nous conduire à une bananeraie pour acheter un régime.

    Nous marchons à travers les cannes à sucre et les bananiers pour cueillir notre régime.

    Revenu près de l’exploitation, nous le pesons et l’embarquons. Le prix est dérisoire, 635 $ soit environ 6 euros les 18 Kilos de Bananes.

    Nous déjeunons un copieux poulet grillé dans un bon restau. En discutant avec des touristes français, ils nous conseillent de faire la piste jusqu’à FONTAINHAS. Nous le demandons à notre aluguer qui accepte après petite compensation financière.

    La fameuse piste, taillée dans la falaise serpente et grimpe abominablement. Impossible de croiser une autre voiture.

    Nous avons une montée d’adrénaline et les enfants ne sont pas rassurés. Le chauffeur nous fait débarquer pendant qu’il fait demi tour plus loin.

    Le paysage est époustouflant, ça fallait bien le détour, si l’on en réchappe !

    Nous apercevons le village accroché aux flans de la montagne, entouré de culture en terrasse. Mais comment des gens peuvent vivrent là ?

    Nous redescendons, soulagés que les freins et la mécanique ont tenus.

    Maintenant, nous allons suivre le programme bien sagement (si on peut le dire).  Nous rentrons à Porto Novo, à une allure un peu vive pour nous mais il faut faire confiance au chauffeur.

    A 17h, le ferry quitte l’île. Les enfants et moi visitons la passerelle et je discute un peu avec le commandant, il est très intéressé par notre parcours depuis St Malo.

     Arrivés à Mindelo, Marco nous attend à l’embarcadère avec notre annexe.

    Nous en avons eu plein les yeux durant cette journée riche en découvertes, sensations, et un peu onéreuse, mais nous allons faire des économies pendant 3 semaines.

    1/7/2007

    Bilan des 6 premiers mois

    Pour ceux qui n’ont pas le temps de tout lire, pour ceux qui aiment les chiffres, et pour nous, voici le deuxième bilan de notre voyage, au bout de 6 mois de vagabondages.

     

     

    Depuis le 13 Juillet 2006, au 6 Janvier 2007 à Mindelo, CAP VERT

     

    ·         Distance parcourue avec Sabeline : 3743 Mn soit  6932 Kms.

     

    ·         Nombre de journées en mer :             48

     

    ·         Nombre de nuits en mer :                24

     

    ·         Nombre de jours en escale :               126

     

    France                   Lézardrieux :                      1

    Rade de Brest :                            7

     

    Espagne                 Muros :                                      1

    Bayona :                                     1

     

    Portugal                Viana do Castello :                        1

    Aveiro :                                      1

    Peniche :                                     3

    Iles Berlengas :                            1

     

    Madère                  Porto Santo :                               4

    Quinta do Lorde :                          1

    Machico :                                    21

     

    Canaries Graciosa     Caleta del sobo :                         10

    Lanzarote       Porto Naos :                               6

    Arrecife :                                     5

    Playa Blanca :                    1

                        Tenerife        Los Cristianos :                            3

                        La Gomera     San Sebastian :                            7

              Sénégal                 Dakar et Gorée :                         15

                        Siné-Saloum    Djifère :                                     1

                                           Mar-Lodj :                                  4

                                           Fambine :                                   1

                                           Toubacouta :                              2

                                           Oudérin                                      4

                        Casamance    Cachouane :                                5

                                           Karabane                                    1

                                           Nioumoune 1ere escale                  2

                                           Ziguinchor                                   10

                                           Djilapao                                      2

                                           Nioumoune 2eme escale (Noel)       3

              Cap Vert                Ihla do SAL, Baia da Palmeira          4

                                          Ihla de Sao Vicente                       1

     

    ·         Nombre de Pays visités : 4 Espagne, Portugal, Sénégal, Cap-vert.

    ·         Le plus fort vent enregistré en navigation : 30 nd en arrivant à Viana do Castello

    ·         Température la plus basse relevée à bord : 19°c lors des nuits les plus fraîches sur le Sine Saloum ou Ziguinchor.

    ·         Température la plus élevée relevée à bord  : 50°c à Toubacouta, et 30° la nuit !

    ·         Température de l’eau la plus élevée : 30°c à Dakar, mais baignade déconseillée

    ·         La plus longue durée de navigation : 8 jours, 7 nuits de La Gomera à Dakar

    ·         La plus longue distance de navigation : 868 M de La Gomera à Dakar

     

     

    Les points négatifs :

    ·         Dommage que notre voyage soit limité en durée, mais c’est déjà mieux que rien.

    ·         L’école est une activité qui nous prend beaucoup de temps dans la journée, avec parfois des difficultés lorsque les enfants ne sont pas décidés à travailler.

    ·         La pollution de la mer, Nous trouvons beaucoup de bouteilles et de sacs plastiques, Les Espagnols, portugais et surtout les Sénégalais n’ont aucune notion d’écologie.

    ·         Ce qui nous manque :

    Depuis notre passage au Sénégal, c’est la variété de l’alimentation : pas de charcuterie, peu de viande, Le café, le chocolat de dégustation, sont parmi les produits qui ne sont pas aussi bon qu’en France, bien que nous apprécions  beaucoup de produits locaux.

    Et bien sur notre famille nous manque, plus que 6 mois !

     

    Les points positifs :

    ·         Les navigations paisibles avec 12 à 15 nd de vent portant, toujours en short et en tee-shirt, ou moins. La navigation dans les bolongs à travers la nature, le silence et la faune, le seul risque est de s’échouer dans le sable.

     

    ·         Le climat que nous sommes venu chercher au Sénégal, très agréable,  toujours un beau soleil et les nuits apportent un peu de fraîcheur (pendant la saison sèche de novembre à Mars) Nous n’avons toujours pas eu de pluie à bord et le bateau aurait bien besoin d’un petit rinçage, l’Harmattan qui souffle au Sénégal et au Cap-Vert est chargé de poussière ocre. Le vent est resté raisonnable pour l’instant, même très sage dans les bolongs.

     

    ·         Les rencontres entre bateaux de voyage, Beaucoup de français, surtout des bretons.  On se connaît tous plus ou moins, et on se retrouve au hasard des escales, pour partager nos compétences, nos connaissances, et nos apéros. Nous sommes un petit village qui se déplace au gré des vents. Les autres nationalités : Belges, suisses, québécois, américains, anglais, autrichiens, néerlandais, danois, suédois  et les autochtones, rendrent les mouillages très cosmopolites et enrichissants.

    Depuis le passage en Afrique, nous rencontrons surtout des bateaux Français ou des Suisses, mais les rencontres les plus enrichissantes ont été partagées avec des Sénégalais (désolé les copains !), leur accueil, leur générosité nous ont vraiment marqués.

     

    ·         Après les Iles de Madère, et des Canaries nous sommes arrivés sur le continent Africain.

    Depuis notre départ de Dakar, nous ne regrettons pas d’être passé au Sénégal. Avec le bateau, on peut s’arrêter dans les villages qui nous inspirent, et les quitter quand on veut, c’est la liberté. Le bateau nous permet d’aller dans des villages inaccessibles en voiture. Dans certains villages nous étions les seuls toubabs.

    Pour bien profiter du Sénégal, il faut fuir les grandes villes et les endroits touristiques où nous sommes constamment sollicités, et resté dans un petit village pour bien s’intégrer et vivre comme eux. Le bateau le permet parfaitement, tout en rentrant chez soi tous les soirs !

    Nous n’avons pas de regrets non plus d’avoir prolongé notre séjour, notre passage en Casamance aura permi de rencontrer un autre peuple, les diolas, heureux de vivre dans l’ensemble, ils sont restés authentiques. Que nous réservent les Antilles ?

     

     

     

    Humanitaire :

    Nous avons choisi de privilégier les dons sur le Siné-Saloum, et nous avons fait le bon choix. Il y a beaucoup moins de bateaux que sur la Casamance, car l’accès y est plus difficile, et il y a donc moins d’apport de richesse.  Les villages choisis nous semblent bon, car il sont tous inaccessible par la route, peu de structures touristiques, et certains ne font pas partie du programme Voile Sans Frontières, qui redistribue les dons aux villages, suivant certains critères qui ne sont pas les nôtres. Nous étions autonomes pour la distribution des fournitures scolaires et du matériel médical, et nous les remettions toujours après une première évaluation des besoins des écoles ou dispensaires, en petite quantité pour éviter un éventuel trafic. Nous avons éprouvé beaucoup de bonheur à remettre ses dons en mains propres. (Les Adhérents VSF les remettent à un seul correspondant et doivent encore payer les frais de port à Ziguinchor pour le débarquement.)

    Nous remercions infiniment les personnes qui nous ont fait confiance pour acheminer ces fournitures, je pense que les dispensaires et les écoles en feront bon usage et vous remercient chaleureusement de votre générosité.

     

    Lexique Français – Diola 

    Kasoumay : Bonjour, ça va ?

    Kasoumay baré : ça va bien

    Kasoumay kep ; bienvenu

    Oukatoral : Bonsoir

    Oumotalsium : Bonne nuit

    Abocadium : à demain

    Dieure dief : merci

    Safoul : bonjour (peu utilisé)

     

     

     

    Conclusion :

    Je reprends la conclusion du dernier bilan, toujours valable :

    « Nous ne regrettons surtout pas d’être parti ! Le plus dur c’est de le décider, de préparer ce projet, et de traverser des périodes de doute. Depuis tout va bien, c’est le bonheur. SABELINE et son équipage sont en pleine forme. »

    Nous sommes prêt pour le grand saut après une courte escale au cap Vert, histoire de découvrir ce pays et ses richesses.

     

    A Suivre…

    Escale a Sal et Sao vicente - Cap Vert

    Dimanche 31 décembre

    Karine est KO aujourd’hui, estomac HS. Je vais me balader dans la petite ville avec les enfants. Le débarquement est un peu folklo, il y a plein de cordages dans l’eau et beaucoup de clapot contre le quai. Je fais notre entrée au poste de police, nos passeports sont tamponnés, nous sommes en règle. Yoan et Elodie sont émerveillés par la richesse des petits « Mercado » : Chocapic, saucisses de Strasbourg, du vrai lait. Une boulangerie avec des bonnes brioches à la noix de coco. Il n’y a pas de produits frais mais c’est déjà ça. L’après midi je retourne au village avec 2 gros sacs de linge sale. Je retrouve Serge, un gars que je connaissais déjà au CVD, qui m’emmène chez une habitante qui fait des lessives. Il fait l’interprète car il baragouine un peu le portugais. Ce sera propre dans 3 jours. Nous rentrons dans un bar, prendre un grogue avec Alain et Anne, des belges retraités de l’ONU que j’avais rencontré la veille. Les Capverdiens sont très sympas, mais ce n’est pas le même accueil qu’au Sénégal, bien qu’il y ait beaucoup d’africains. Certains sont de type  portugais mais le métissage domine, les femmes sont belles.

    Pendant mes allées et venues, je fais aussi la connaissance d’un couple Lionel et Julie, des Rétais, en voyage pour quelques mois sur leur voilier, ils nous invitent pour prendre l’apéro ce soir, pour bien commencer le réveillon. Nous avons hésité à réserver une place dans un bon restau, mais Karine n’est pas en forme, et nous avons peur de laisser l’annexe seule, on nous a déjà volé une pelle de plage. Il parait que ce qui n’est pas cadenassé disparaît.

    Le réveillon commence au Champagne apporté par Lionel (encore un) et Delphine, partis de Port St Louis du Rhône en Septembre. L’ambiance est bonne mais nous ne restons pas pour le dîner, ce sera spaghettis à la bolognaise chez nous. Plus tard, d’un coup de VHF, ils nous rappellent pour le dessert. La soirée se termine vers 4h, en partageant un gâteau d’anniversaire.

     

    Lundi 1er Janvier 2007,  BONNE ANNEE !

    C’est un 1er Janvier et il fait froid. Depuis que nous sommes à SAL, le vent a tourné au Nord Est, il est chargé de sable du Sahara qui se dépose partout sur les cordages du bateau. La température tombe à 22°C la nuit, accentuée par un fort vent. Le short et le tee-shirt deviendraient-ils insuffisants ? Pas encore.

    Pour mes 40 ans nous allons faire une orgie à bord, c’est les enfants qui cuisinent. Nous avons droit à un poulet « mamie Thérèse » (en bocal) bien accompagné par un Château « le pichet » (vin de table de Dakar). Je souffle encore une fois mes bougies sur un beau gâteau.

    Le soir venu, Nos voisins, Lionel, Lionel, Delphine et Julie, nous rejoignent à bord pour bien finir la journée. Nous regardons nos photos du Sénégal puisque c’est leur prochaine destination.

    Nous avons essayé de passer du bon temps, mais j’avoue, qu’en cette période de fête, j’aurais préféré être près de mes parents, et de ma famille. Le soleil n’arrange pas tout, et je réalise combien notre entourage familial est primordial. Les petites cartes que j’ai reçu m’ont vraiment très touché, je vous embrasse tous très fort.

     

    Mardi 2 Janvier

    Le calendrier tourne, la vie continue. Journée bricolage à bord, je prépare le bateau, le bichonne, pour qu’il prenne soin de nous pendant « Le Grand Saut ». C’est bon pour le moral. Karine est toujours patraque, mais nous allons faire un tour en ville pour faire quelques petites courses.

     

    Mercredi 3 Janvier

    Séquence tourisme : Nous débarquons en annexe sur la plage, le quai est intenable. Nous marchons juste qu’à la sortie de la ville pour héler un aluguer (à louer en français), sorte de taxi local qui assure le transport entre villes. Nous filons à ESPARGOS, la musique à donf. On s’arrête dans un cybercafé pour lire quelques mails très sympas mais nous avons trop peu de temps pour y répondre. Ensuite, nous prenons un autre aluguer pour se rendre au sud de l’île, à travers le désert de sable à SANTA MARIA. L’aéroport n’est pas loin, ce qui explique que c’est une ville très touristique, et beaucoup d’artistes viennent vendre les babioles. Nous cherchons une Lanchonete « chez ANGELLA », pour se restaurer au kilo. Nos assiettes sont pesées. Ce restaurant nous a été recommandé par un ami de Lionel, qui est d’ailleurs assis à la terrasse. Il est en voyage en voilier, mais il bosse ici en tant que prof de Kite-surf. Nous mangeons copieusement. Ensuite nous marchons vers une immense plage occupée par les Kite-surfeurs et véliplanchistes, sur une mer démontée. Dire qu’il y a des cinglés qui naviguent sur cette mer pendant des semaines !

    Nous prenons un aluguer vers Espergos, puis un autre vers Les Salinas, à l’est de l’ile. Les enfants sont allongés à l’arrière de la fourgonnette d’un homme qui s’est improvisé taxi, car il ne connaissait pas le chemin.

    Il nous dépose devant une ancienne saline enfermée dans un cratère qui communique avec la mer. Certains bassins sont desséchés et tous blancs, les enfants lèchent le sol, puis se baignent dans un des bassins tout rose. L’eau est orange. Ils trouvent un coin où de l’écume s’est accumulée avec le vent, et se badigeonnent le corps. Yoan a vite fait de se rouler par terre et de s’enduire de terre ocre. Elodie, bien sur, en fait autant et les voila en train de faire du culturisme, devant nous.

    Nous quittons cet endroit magnifique et hors du commun. Par chance, nous trouvons facilement un aluguer pour nous déposer à Espergos.

     17h, nous avons encore le temps de profiter des commerces de cette ville. Nous chopons un aluguer vide pour Palmeira, mais il ne part pas tant qu’il n’est pas complet. Les enfants ont vite compris le problème et interpellent par la fenêtre les gens pour leur proposer une place. Nous rentrons au bateau avant la nuit.

     

    Jeudi 4 Janvier

    La journée est consacrée à un peu de ménage à bord ; Karine passe son temps à nettoyer derrière les gosses ; et à un dernier ravitaillement chez les petits commerçants de Palmeira, qui sont très contents de nous voir. Nous prenons une dizaine de brioches de plusieurs sortes, 3 pains de mie dans la petite boulangerie. La vendeuse est perdue dans ses comptes, elle appelle un voisin qui sort un crayon et un papier et pose l’opération. Là encore le résultat n’est pas bon, nous leur expliquons comment faire et nous sommes enfin tombés d’accord.

    Nous ramenons un caddie bien rempli à bord, nos 2 sacs de linge propre, nos passeports tamponnés « salida » un petit coucou à Michel et Jocelyne que nous n’avions pas vu depuis Dakar, et nous voila prêt à lever l’ancre. Nous quittons les Lionel, Julie et Delphine, qui attendent lundi prochain, un vent de NE pour partir vers le Sénégal. A 19 h, palmeira est derrière nous, en route vers l’ouest. Vu l’état de la mer, nous n’allons pas nous arrêter à Sao Nicolao, le mouillage de Tarrafal n’est praticable que par beau temps.

     

    vendredi 5 janvier

    Nous sommes portés par un bon vent d’est et une grosse houle de NE. Le vent monte, à 3h du matin, je relève 28 nd. Mais on l’a dans le cul cette fois. Karine a le mal de mer. Nous faisons des quarts de 2 heures. Ce matin comme depuis quelques jours, nous n’avons pas droit aux couleurs du lever de soleil, à cause de la brume de sable. Le ciel est blanc, la mer est grise tachetée de moutons d’écume.

    En fin d’après midi nous allons entrer dans le canal de Sao Vicente, un canal désigne la zone entre 2 îles, où il y a souvent du courant et du vent accéléré par le relief. Notre guide de navigation indique que le vent est doublé dans ce canal. Je reste prudent et prêt à affronter du 40nd.

    Mais tout va bien, j’évite de m’approcher de Santo Antao, et nous rentrons dans la magnifique baie de Mindelo, entourée de montagnes, quelques épaves de cargos attendent d’être coulées, dire que nous n’osons pas jeter nos boites de conserves ! La ville se démarque de la brume, par les couleurs des murs.

    Nous retrouvons Millepertuis, le bateau de Sandrine et Erwan, et celui de Sébastien et Julie.

     

     

    Samedi 6 janvier

    Erwan et Sandrine viennent à bord pour discuter un peu, on ne s’était pas vu depuis Graciosa. Elodie est malade ce matin, nous appelons seb et Julie, ils sont médecins, spécialisés en médecine tropicale Nous lui administrons le traitement curatif contre la malaria, mais ce n’est certainement qu’une petite gastro.

    En fin d’après midi, Yoan et moi débarquons pour faire un tour dans les cybercafés, ils ne sont pas bien équipés et nous ne pouvons même pas utiliser une clé USB.

    Karine nous dépose pour éviter de faire appel aux services des gardiens d’annexe. Nous sommes obligés de la faire garder, sinon on la retrouve crevée ou sans moteur, par les gardiens eux-mêmes. C’est une mafia.

     

     

     

     

    Traversee Casamance - Cap Vert

    mardi 26 décembre

    La dernière semaine de mes 39 ans, n’aura pas été la plus agréable.

    10h30, nous quittons notre mouillage de Nioumoune, en faisant un petit crochet vers les autres bateaux, pour leur souhaiter bon vent pour les aventures qui les attendent. TIKI et JULO vont mener pendant un mois, des médecins et infirmiers qui logent à bord de leur bateau pour soigner les Sérères du Siné Saloum, ils continuent leur voyage ensuite sur le Brésil. Chapeau.

    Nous sortons du bolong de Nioumoune à l’étale de marée basse, et nous devons franchir la passe de la Casamance à l’étale de Marée haute vers 14H 30. Des grands dauphins de 4 mètres nous accompagnent un moment en jouant avec l’étrave. Les enfants s’installent sur le balcon avant. Sur la passe, la mer déferle un peu, mais elle est beaucoup plus calme que lorsque nous sommes arrivés. Les fonds passent de 23m à 4m. La dernière bouée est franchie en milieu d’après-midi. Nous ne pouvons pas prendre notre cap au 305° vers le Cap-Vert, car le vent vient de face. Nous tirons un bord vers le nord, le vent finira bien par tourner. Nous nous préparons pour nos 4 nuits de navigation qui nous attendent. En fin d’après midi nous ramenons à bord une belle bonite de 65cm. Nous la cuisinons le soir même.

     

    mercredi 27 décembre

    Nous tirons un bord plein Ouest, histoire de s’écarter des pirogues et casiers que nous ne pouvons pas voir la nuit. Le vent s’oriente mieux et souffle aussi plus fort, au petit matin, Sabeline file à 6-7 nd au près bon plein. Nous prenons un ris dans la grand-voile. Nous retrouvons la mer du large, avec sa couleur bleue, ses grosses vagues, ses embruns, ses poissons volants, mais aussi le mal de mer. La houle est croisée, et un peu désagréable. Au petit matin, un cargo nous passe devant, c’est le seul bateau que nous allons croiser pendant la traversée.

    Après un peu de répit dans l’après-midi, où il a été possible de lire, dans le cockpit sec, « Un temps pour un rêve » un livre que nous a prêté Jean-François, le vent remonte de plus belle. A minuit, nous sommes à 23 nd. Le pilote fait un bruit inquiétant.

     

    Jeudi 28 Décembre

    Aujourd’hui le soleil reste couché, le temps est gris, il y a longtemps que nous avions vu ça !

    Le vent a à peine mollit. Il faudrait aller réduire la grand-voile, le génois est enroulé à 50 % et je préfère naviguer avec moins de GV et plus de génois. Avec le génois sur enrouleur, il est plus facile de réduire en fonction du vent. Mais il faut aller à l’avant et se faire saucer copieusement ! avec un peu de courage, j’enfille la veste de quart, les bottes et le pantalon étanche retrouvés bien au fond de la penderie, ils ne nous avaient pas servis depuis la traversée Madère-Canaries ! Je prends un deuxième ris et j’envoie la trinquette, petite voile d’avant, prévue pour le près et plus efficace que le génois à moitié enroulé. La vie n’est pas facile à bord, les enfants vivent leur vie comme si de rien n’était. Ils dorment très bien la nuit contrairement à nous. Nos déplacements demandent des efforts énormes, même le chat n’ose plus bouger et se cramponne à ses cousins. Il est difficile de faire les repas, la vaisselle. Et d’aller aux toilettes ? La gîte, les mouvements brusques du bateau, l’eau qui rentre par les dorades (bouches d’aération), orientés pourtant dos au vent, il vaut mieux se retenir !

    J’ai réglé l’allure et le cap de Sabeline pour qu’il prenne bien les vagues qui arrivent à 45° sans taper. Pourtant, comme un avion qui a des trous d’air, le bateau à des trous d’eau, il rencontre de temps en temps un creux de plusieurs mètres, retombe avec fracas, des trombes d’eau jaillissent de chaque coté du bateau et la vague suivante s’écrase sur le pont du bateau, explose sur les panneaux avant. Pourvu que ça tienne ! C’est impressionnant et ça tient bon. Le plus dur est de continuer à vivre, tenir plusieurs jours, dans un shaker qui file à 6-7 nœuds. Comme chaque jour, je fais le point à 20H30, heure française, pour la  vacation Iridium. C’est réconfortant de savoir qu’on a fait 128 M aujourd’hui, et qu’il nous reste plus que 178 M avant d’arriver, soit 40 heures environ.

     

    vendredi 29 décembre

    La nuit a été fatigante, la cabine arrière est le meilleur endroit, le plus calme, mais nous sommes pourtant ballottés par le roulis, et les décélérations lorsque Sabeline heurte une mauvaise vague. La réserve de 240 l d’eau douce sous notre couchette se fait entendre.

    Nous avons été trop vite cette nuit, 6 nd en moyenne, à 10h il ne reste plus que 90 M à parcourir, nous arriverons donc de nuit à moins de réduire encore mais nous subirons encore plus le roulis.

    Le chat se régale de poissons volants, mais fait aussi des bêtises dans les cabines, ça va barder !

    Nous ralentissons le bateau dès la tombée de la nuit, il ne faut pas dépasser 4,5 Nd si nous voulons arriver à BAIA DA PALMEIRA à l’aube. Le bateau est maintenant au largue avec juste la trinquette et un bout de Génois. Ce soir y-en a marre du poisson et des pâtes, on se sort un bocal de mamie Thérèse : Bœuf Bourguignon, avec de la semoule de coucous, on ne se refuse rien ! Après tout nous avons été bien sobre jusqu’ici en cette période de fête.

     

    Samedi 30 Décembre

    Il est 2H30 heure locale, (4h30 en France) je veille activement car nous ne sommes plus qu’à quelques milles du sud de l’île. J’aperçois les lumières de Santa Maria et je vais longer la cote sous le vent. Nous mouillons juste à l’aurore devant la plage de Palmeira. Les enfants sont réveillés, ils sortent sur le pont. Je vais me coucher, pendant que karine fait du rangement et du nettoyage car le bateau n’a jamais été autant en bazar pendant une traversée.

     

    Conclusion :

    471 M en 92 heures (3 jours et 20 heures)

    Le bonheur de l’arrivée compense largement les difficultés de la traversée. D’après les Julo, ce ne devait être que du bonheur au portant, mais nous avons eu des vents de nord au lieu de NE.

    Pas de casse sauf l’antenne BLU fixation cassée sur les barres de flèche, et le pavillon français qui n’a pas trouvé mieux que de tomber en lambeaux, fort heureusement on en a un de secours, c’est très important !

    Quelques vérifications et étanchéités à faire avant la traversée vers les Antilles, n’est-ce pas une bonne occupation pour passer ses vacances de Noël ?

    Nous avons atterri sur l’île de SAL, car c’est l’une des trois îles où l’on peut faire l’entrée sur le territoire Capverdien avec Santiago et Sao Vicente, et nous préférions SAL à SANTIAGO.

    Notre programme : Sao Nicolao, Sao Vicente,  Et on taille la route vers « Le Nouveau Monde » comme disait Christophe !

     

     

     

    Djilapao a nioumoune (Noel)

    vendredi 22 décembre

    Isabelle et Christophe viennent nous dire au revoir, ils retournent à Ziguinchor. Les enfants s’échangent des petits cadeaux.

    Rencontre éphémère mais intense. Au revoir, peut-être un jour à Lausanne…

    Nous levons l’ancre peu après, profitons de la marée haute pour quitter le sinueux bolong.

    Vers midi, nous stoppons pour attendre le courant du jusant, et se reposer encore un peu.

    Nous repartons pour une navigation vraiment très cool, et croisons quelques dauphins qui sautent et jouent dans l’estuaire du bolong. Les enfants sont émerveillés, nous descendons l’annexe et essayons de les approcher, mais les dauphins ne sont pas d’accord.

    Nous continuons notre route vers Nioumoune à l’entrée du bolong, il y a encore quelques dauphins. Nous arrivons juste avant la tombée de la nuit.

     

     

    Samedi 23 Décembre

    Le chat a faim, voici plusieurs jours que nous n’avons pas péché de poissons. Après l’école, Yoan et Élodie embarquent en pirogue pour trouver des appâts.

    Pendant ce temps, Hervé est venu me chercher, car il a un problème sur un logiciel de navigation, il parait que je suis le pro de l’informatique de Nioumoune, c’est déjà ça !

    Je passe la journée devant l’écran, tandis que les enfants invitent tous leurs copains à bord.

    L’hamac installé dans le cockpit, à l’abri du soleil leur plait beaucoup.

    Yoan et Elodie repartent en pirogue avec les cannes à pèche, les hameçons, tout ce qui manque aux petits africains, en partageant leur savoir faire, on devrait remplir la pirogue de poissons.

    Mais, nos enfants manquent encore un peu de pratique, pagayer avec une branche de palmier c’est pas facile.

    L’heure du goûter arrive et on est bien mieux à bord de Sabeline.

    Les copains nous apportent des fruits de palmier renier, après une découpe à la machette, où nous avons toujours peur de voir tomber des doigts, l’épaisse carapace révèle 3 cavités remplies d’un liquide gélatineux et transparent : Nous préférons les noix de coco.

     

    Dimanche 24 décembre

    Nous avons réservé la soirée de Noël chez Hyacinthe.

    Nous nous retrouvons avec Annie, Didier, sa sœur et  son beau-frère qui sont venus les rejoindre, Evelyne et Hervé de « Papa Djo », Patricia et JF, Valérie en mission médicale et deux anglais.

    Elodie s’écorche le menton en tombant, Valérie la soigne, et elle s’endort pendant tout le repas.

    Au menu : Salade de salicorne de Casamance, avec des pommes de terre douces, excellente. Ensuite un plat de cochon cuisiné. Tout est bon dans le cochon et en effet ici, on retrouve tout dans l’assiette !

    Certainement un très bon repas de noël sénégalais,  mais j’aurais bien aimé avaler quelques huîtres de Cancale, avec une bonne dinde.

    L’ambiance est cependant très inhabituelle, et il faut venir dans ce coin perdu pour vivre un noël aussi original.

    Nous partons à la messe de minuit. L’église est à une demi-heure de marche, dans le sable, guidé par Hyacinthe. Nous nous arrêtons devant  le télé-centre, la seule maison du village qui a le téléphone, pour appeler notre famille, mais la liaison ne fonctionne pas.

    La messe dure presque 2 heures, elle est dite en diola et en français. Beaucoup de personnes s’endorment pendant le sermon, mais se réveillent dès que la chorale entonne des chants accompagnés de tam-tam.

    A la fin de la messe c’est l’euphorie, la chorale se lâche et la fête est partie !

    Nous prenons quelques photos de la crèche et des fidèles très bien habillés pour l’occasion. Yoan retrouve ses copains.

    Nous rentrons à bord de Sabeline, les enfants sont impatients de savoir si le père Noël est passé. Faut pas rêver, vous imaginez le père noël, habituellement en traîneau tiré par des reines, venir jusque par ici ? prendre une pirogue, passer par un hublot ?

    Et bien il l’a fait ! Elodie et Yoan sont très heureux d’avoir autant de cadeaux, peut-être qu’ici, ils ne s’attendaient pas à être si gâtés.

     

     

    Lundi 25 décembre

    Nous allons faire un dernier tour au village, pour régler Hyacinthe, et voir les parents de Jean-bernard. Ce dernier invite Yoan et Elodie, pour partager leur repas de Noël.

    Nous rencontrons la mère qui ramène un bidon d’eau de l’impluvium. Les copains ont déjà tué une poule supplémentaire et les enfants font la cuisine ensemble dans la case.

    La fête est pratiquée le jour même de Noël, il n’y a pas cette coutume de cadeaux, mais un bon repas et des danses toute l’après midi et la soirée.

    Nous préparons Sabeline pour son prochain départ, rentrons l’annexe dans la cabine avant, prêt pour la prochaine traversée de 4 jours qui nous mènera au Cap-Vert.

    Nous prenons un dernier apéro chez TIKI, pendant que Jean nous offre un feu d’artifice avec ses fusées périmées.

    Ziguinchor a Djilapao

    Mardi 19 Décembre

    Nous allons dire au revoir à nos bateaux voisins.  STELINA : Christophe, Isabelle et leurs filles Marion et Coralie, ils nous donnent quelques infos sur l’entrée du Marigot de Diagobel, ELOANE : Alain, Céline et leurs 5 enfants, et un couple de médecin. J’en profite pour me faire une consultation dans l’annexe. Un petit bobo sur un doigt qui s’infecte et gonfle. Mon infirmière, Karine me fait une petite incision.

    Après un bon plat de crevettes cuisinées par Yoan, nous quittons Ziguinchor vers 13h30, avec le jusant. Après la descente du large et profond fleuve Casamance, nous pénétrons dans l’étroit bolong qui nous conduit jusqu’à Djilapao. Le bolong ne fait plus qu’une quinzaine de mètre de large et serpente dans la mangrove. Nous apprécions le silence de la nature, nous croisons quelques beaux oiseaux, Héron Goliath, Ibis tantales qui ressemblent à des cigognes. Nous passons lentement sans les déranger.

    Arrivés devant un village, tel une oasis, entouré de gros baobab. il y a quelques voiliers inoccupés en hivernage. Seul un bateau NGOCQ est habité, par Jean-René. Nous sommes chargés par Christophe de lui donner des nouvelles de ce bateau, moteur en panne, sans radio, et qui a échoué en arrivant à Djilapao.

    Tout va bien, il s’en ait sorti. Christophe lui apportera demain du ravitaillement de Ziguinchor.

    Jean-rené nous invite à son bord. Il nous raconte ses aventures, avant d’échouer, il a heurté une balise du chenal de la Casamance, il n’a pas eu le temps de débrayer son pilote installé dans son carré arrière. Déjà qu’il n’y a pas beaucoup de balise au Sénégal !

    Un petit rhum des Canaries plus tard, nous rentrons dîner à bord de Sabeline.

     

    Mercredi 20 décembre

    Nous passons toute la journée à  bord, les enfants jouent sur la berge. STELINA nous a rejoint, les enfants sont heureux de retrouver leurs copines.

    Vers 17h, par une chaleur moins pesante, nous partons visiter le hameau en face du mouillage, c’est ELORA, un quartier de DIJLAPAO.

    Nous restons admiratifs devant des sculptures réalisées sur les murs d’une maison. Juste à coté, la maison de l’artiste, maintenant décédé, est construite sur 2 étages.

    Tous les murs intérieurs sont décorés de fresques colorées, représentant des scènes de la vie…

    Derrière, on aperçoit 3 voiliers en hivernage contre la mangrove, gardés par les habitants du village.

    Nous continuons notre ballade à travers les herbes hautes, en traversant nous rencontrons Esprit, Parfait, Viviane, Salomon, des prénoms qui révèlent leur confession chrétienne, comme la plupart des gens de ce village.

    L’ambiance est différente à chaque village que nous visitons.  ELORA n’est occupé que par les adultes qui vivent de la pèche ou de la récolte du riz.

    La vie est assez rude, il faut aller chercher l’eau à un autre quartier de Djilapao à 5 Km, et la ramener en pirogue.  Tout se fait à la pagaie.

    Sur Djilapao, il n’y a pas d’école au village, donc pas d’enfants, ils sont tous confiés à d’autres familles, à AFFINIAM, un village voisin à 2 heures de marche. Ils ne rentrent que pour les Vacances. Ils vont bientôt arriver pour passer Noël avec leurs parents.

    Nous rentrons doucement en profitant de cet environnement magique.

    Nous ramenons Coralie sur STELINA.

    Isabelle est infirmière, elle me soigne mon doigt, comme elle soigne les africains : Bétadine et du sucre en poudre directement sur la plaie. Elle nous montre des photos convaincantes, ça marche.

    Les petits suisses, Coralie et Marion viennent à bord regarder un DVD.

     

     

    Jeudi 21 Décembre

    Ecole le matin, pas de vacances pour nous ! Nous partons en milieu d’après midi vers les autres quartiers de Djilapao. Nous laissons les enfants jouer à Elora. Ils s’occupent très bien tous les quatre, et STELINA n’est pas loin.

     Nous empruntons l’unique voie de correspondance entre quartiers, un sentier qui traverse tantôt la mangrove desséchée, tantôt la savane, et en bordure de parcelles de riz.

    Nous rencontrons les villageois toujours très accueillants ; Les femmes récoltent le riz, les hommes se chargent des corvées d’eau. Tout le monde rentre au soleil couchant.

    Il y a beaucoup d’espèces d’oiseaux, certains nichent dans les palmiers.

    Nous retournons à ELORA, par le même chemin, et croisons les habitants qui rentrent du travail. Ils sont tous heureux de nous voir.

    De retour à bord, la famille STELINA et Jean-René viennent prendre l’apéro à bord. Nous passons une agréable soirée en leur compagnie. En rentrant, Jean René godille dans la mauvaise direction, je vais le chercher en annexe.

    En arrivant sur lui, mon moteur cale, nous nous agrippons à un voilier inoccupé. Il me dit « mais c’est pas mon bateau ça ! » Sacré Jean-René !