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    12/19/2006

    Escale à Ziguinchor

    Lundi 11 décembre

    Ziguinchor est une ville de 200000 Habitants du sud-Sénégal. Je le précise car les diolas y sont très attachés. Elle est située au fin fond de la Casamance Navigable ; il y a un pont routier trop bas pour nos voiliers. Pour nous, cette étape est celles des retrouvailles et des adieux.

    Nous avons retrouvé beaucoup d’amis français qui font la même route que nous depuis Madère, les Canaries, ou Dakar, mais nous allons aussi quitter quelques amis. Certains restent en Casamance, d’autres partent vers le Brésil et nous auront peu de chance de les revoir.

    Pour nous, c’est aussi le début du retour : le plus court chemin pour un voilier de voyage, est de rentrer sous vent portant, donc par les Antilles et les Acores.

    Fini le plein sud, maintenant il faut faire de l’ouest. Nous avons aussi le sentiment d’avoir déjà vécu le meilleur de notre voyage. L’escale au Sénégal restera inoubliable.

    Les Antilles nous attirent aussi pour d’autres motivations, la beauté des îles et des fonds sous marins, mais est-ce plus beau que l’accueil et la générosité des personnes que nous avons rencontrés ici ?

    Nous le saurons bientôt, In Challa !

    En attendant, nous profitons bien de l’instant présent : telle est notre devise, comme dirait les dupont.

    Ziguinchor est la seule ville où nous pouvons faire de l’approvisionnement avant la grande traversée. D’après ceux qui sont passés par le Cap-Vert, il ne faut pas y compter, alors nous allons remplir les cales de Sabeline ici.

     Nous allons chez SAM, une épicerie connue des voileux. Au comptoir nous lui faisons une longue liste, 30 Bouteilles d’eau de 5 litres, 10Kg de Farine, tout une page,  je vous épargne le reste…

    On nous voit venir avec le sourire, car les africains en général vivent au jour le jour. Ainsi les cigarettes, les doses de lessive, les poches d’eau, et presque tous les produits sont vendus à la pièce.

    On se fait livrer à la cuisine de l’hôtel par une charrette tirée à la main, je mobilise les gamins autour de moi pour m’aider. Arrivé à bord, on s’aperçoit qu’il y a erreur de commande.

    Nous avons la commande d’un autre bateau livrée avec 5 heures de retard. Pas étonnant, en Afrique il faut être patient. Notre commande arrive enfin. Nous débarquons tout dans le cockpit rapidement, nous sommes attendus pour dîner au Perroquet, l’hôtel restaurant voisin.

    Nous dégustons des crevettes, des brochettes de Bœuf, délicieuses. A table : Emmanuel et Jildaz, Annie et Didier, François et Hyacinthe, et nous quatre.

     

    Mardi 12 Décembre

    Ce matin Karine est au bar, pendant que je m’occupe avec Elodie,  de passer la farine au tamis pour trier les cafards et les charançons. Toutes les boites et sachets doivent être nettoyés pour éviter d’embarquer des œufs de cafards. Karine a passé une partie de la nuit à conditionner hermétiquement les pâtes et le riz vendus en frac bien sur. Qu’il est loin le bonheur de faire ses courses à super U !

    En début d’après midi, nous allons visiter une belle goélette de 33m, menée par un équipage de marins, d’éducateurs et de jeunes ados.

    Nous réglons quelques soucis d’ordinateur. L’écran de notre portable devient défaillant sans doute à cause de la chaleur : Il faut le remplacer. Ici nous ne trouvons des PC, que sur commande et trois fois plus cher qu’en France, heureusement ma belle sœur Isabelle se charge d’en acheter un à Rennes, de l’emporter à St Lunaire chez Patricia, la femme de JF qui le rejoint pour 3 mois. Patricia prend l’avion Jeudi et devrait arriver samedi à Zig.

    Nous profitons comme même d’Internet à l’hôtel pour lire nos mails et appeler notre famille et nos amis, pendant que les enfants jouent à la piscine. Nous dînons au perroquet avec Manu et JF, pour nous régaler de viande.

     

    Mercredi 13 Décembre

    Après les évaluations d’Elodie et Yoan, nous partons en taxi au marché de Boucotte. C’est le souque, mais après Dakar, plus rien ne nous étonne.

    Nous déambulons dans les ruelles sombres du coeur du marché. Pas grand-chose d’intéressant à part la rencontre d’un sourd qui parle la même langue des signes que Karine.

    Arrivant vers les légumes, nous voulons acheter 1000 F CFA de patates douces à 3 vendeuses, mais aucune ne parle Français. Les patates sont disposées par petits tas de 3 sur l’étalage. Chaque tas vaut 100 F, mais nous avons beaucoup de mal à leur faire comprendre qu’on veut acheter dix tas.  Je prends les 10 tas, soit presque tout le contenu de l’étalage, et donne 1000 CFA. Toutes contentes de vendre tout d’un coup, qu’elles nous en rajoutent une poignée dans le sac. Ensuite en visitant le centre artisanal, nous passons commande d’une chaise et de quelques assiettes en bois.

    Nous rentrons, pour faire le plein de Gasoil, 5 bidons de 20 litres sur une charrette tirée par une mule. Je rémunère Bossman pour aller les remplir à la station et les vider dans le réservoir de Sabeline. Chaque chose ici prend beaucoup plus de temps d’en Europe.

    Après une petite pause au cyber-bar, nous allons dîner à bord de Julo, chez Annie et Didier.

     

    jeudi 14 décembre

    Principale activité : internet. Nous installons Skype sur le PC de JF, qui est tout content de voir ses petits enfants. Ballade dans le quartier et notamment sur l’embarcadère qui servait à relier les deux rives lorsqu’il n’y avait pas le pont.

    Les pécheurs profitent de la cale, Les égouts et les ordures se jettent dans le fleuve.

    Ce soir apéro à bord de Tiki chez JF, avec Jean et Elisabeth qui partent demain.

     

    Vendredi 15 décembre

    Elodie a invité une copine pour dormir à Bord, Coralie. Ce matin elles jouent à se déguiser en princesse, et s’occupent de la décoration de Noël.

    Pendant ce temps, je fais quelques courses de renouvellement de fruits et légumes. Il y a une dibiterie et j’ose prendre un kilo de filet de bœuf : C’est le matin, et il n’y a que quelques mouches sur la viande, la bète vient d’être tuée et le boucher découpe les morceaux devant moi.

    L’après midi, je pars avec Yoan, vers le chantier de construction de pirogue, pour trouver des morceaux de bois afin de construire une maquette de catamaran.

    C’est l’occasion de discuter avec un peintre et de visiter la zone des pécheurs un peu plus loin.

    Après récupération de bouteilles en plastique et d’un peu de bricolage, Le cata est mis à l’eau, et navigue tout seul. Yoan le rattrape avec l’annexe.

     

    du 16 au 18 décembre

    Samedi matin Patricia est arrivée à Zig. Elle nous a apporté le nouveau portable dans un sac à dos, rempli de petits cadeaux. Notre famille a profité de cette occasion pour nous gâter. Des tablettes de chocolats, un saucisson sec bien de chez nous, des surprises à ouvrir plus tard. Nous les remercions beaucoup pour ces délicates attentions.

    La décision a été prise de passer Noël sur la Casamance, nous serions arrivés trop tard au cap Vert pour bien s’intégrer, et nous voulons profiter pleinement de ce pays. D’autre part beaucoup de voiliers, dont la flotte VSF, passent Noël  à Nioumoune, nous en ferons partis si tout va bien.

    Les jours suivants passent vites. Nous devons rendre les évaluations du CNED, et nous souhaitons les envoyer de Zig. Dans les petits villages il n’y a pas de poste. Nous complétons l’avitaillement, le plein de légumes, de fruits, et d’eau, les formalités de douanes et de sortie. Les enfants profitent tous les jours de la piscine. Nous dînons 2 fois avec Patricia et JF, Tantôt sur Sabeline, tantôt sur Tiki. Dimanche matin, le vent se lève et les bateaux vont dans tous les sens à cause du courant contraire. Deux bateaux inoccupés, dont celui de Christophe et Isabelle les parents de Coralie, se touchent. Avec nos annexes nous protégeons les deux voiliers, pendant que Karine court en ville chercher les propriétaires. L’un d’entre eux revient à bord et éloigne son bateau. La casse a été évitée grâce à la solidarité des gens de mer.

    Demain Mardi, nous quittons Zig, pour visiter un autre bolong, le Marigot Diagobel, afin de finir sur une belle image de la Casamance. Zig est une grande ville agréable pour certaines commodités : l’accès à des produits un peu plus variés, Internet, et les services de l’hôtel LE KADIANDOUMAGNE, mais n’a pas le charme des petits villages.

    12/10/2006

    Cachouane à Ziguinchor

    mardi 5 décembre

    Nous avons rendez-vous aujourd’hui à KARABANE, avec les voiliers Lady-Quattro, Julo et Tiki, que nous n’avons pas vu depuis LA GOMERA. Nous quittons Cachouane, Simon et Doudou, nous saluent de leur campement. Nous arrivons à KARABANE après 1 heure de navigation dans les bolongs. La mer est très agitée, il y a 20 nd de vent, et nous ne sommes pas du tout abrités. Nous nous retrouvons tous à bord de Tiki, pour se raconter nos aventures.

    Nous allons à terre, déjeuner dans un campement, et goûter un « capitaine » poisson qu’on pèche beaucoup par ici. Ici il y a quelques touristes qui débarquent en pirogue, et doivent marcher dans l’eau jusqu’aux cuisses avec leurs baguages sur leur tète.

    Nous visitons Karabane, petite ville sur un banc de sable, coincé entre l’estuaire de la Casamance et la mangrove, avec une grande église en ruine et une plus petite à coté. Les cochons et les poules sont très nombreux. Nous achetons à une femme, de l’huile de palme, des noix de cajou, et nous discutons un peu. Nous lui demandons si nous pouvons acheter un cochon, et la voila parti voir sa cousine Cécile. Elle revient nous chercher et nous présente un petit cochon noir et blanc. Nous discutons du prix, trouvons un gars pour l’attraper, le tuer et le nettoyer. Pendant ce temps, nous achetons des patates dans une petite boutique, visitons la maternité très propre et bien équipée, qui manque juste de médicaments, je dépose Karine sur Sabeline, J’emmène Didier et Annie faire du change et les accompagner pour leurs premiers pas en Afrique, j’achète des noix de coco à Cécile et récupère mes mômes qui jouent dans le village. Nous déposons notre bidoche à bord, dans le frigo et montons à bord de Lady-Quattro. Manu a organisé un apéro-diner, chacun amène quelque chose, l’ambiance est bonne. Au menu : Crevettes de Karabane, Riz à l’huile de palme, Noix de coco.

     

    Mercredi 6 décembre

    10h30 Nous sommes bien secoués depuis que le vent s’est levé. Aujourd’hui, nous partons tous en convoi vers Nioumoune. Avant la fin du flot, J’appelle les bateaux voisins :

    « -Ici Radio cocotier 77 mes auditeurs sont à l’écoute ? » nous levons l’ancre ensemble et naviguons jusqu’à l’embouchure du bolong de Nioumoune. D’après la carte, ça va être chaud. Les fonds remontent brutalement de 13m à 1m (+ la hauteur d’eau à marée haute soit 2,20m) Sabeline passe devant, son équipage est bien rodé pour naviguer dans les bolongs et c’est le bateau qui a me moins de tirant d’eau. Lady Quattro à 2,2m et reste en dernière position, mais nous suit de près. Nous sommes tous en contact VHF et je leur indique la profondeur lue sur notre sondeur. Au pire ; 2,4m Lady Quattro passe, et nous arrivons tous lentement à la queue-le-le comme des éléphants à Nioumoune, ou il y a déjà quelques voiliers.

    Dans l’après-midi, nous visitons les villages très proches les uns des autres : Som, Nioumoune et Oubak, séparés par des parcelles de rizières, entièrement clôturées pour que les bêtes n’y aillent pas. Les villages sont désertiques, seuls quelques enfants nous accompagnent. Ils sont tous partis récolter le riz. Ils s’entraident tous ensemble, sur chaque parcelle, les hommes d’un coté, les femmes de l’autre. Les maisons ici ne sont construites qu’avec de l’eau et du sable. Pas de ciment. Les pièces sont très petites, avec des petites ouvertures. Nous choisissons un endroit sur la plage, près des bateaux pour faire notre barbecue ce soir. Jean-François et deux noirs, Eric et Denis, nous trouvent du bois.

    Nous rentrons à bord pour découper notre cochon. Annie et Didier viennent nous aider.

    Juste avant l’apéro, Elisabeth et Jean arrivent de Cachouane et se joignent au groupe. Nous sommes 12 autour d’un feu de joie, sur lequel Denis grille les huîtres de palétuviers et j’ai été chercher dans la mangrove. Jildaz s’occupe de griller les morceaux de cochon. Le repas se termine par les petites crèmes de Manu qui a encore un stock de boite de lait.

    jeudi 7 décembre

    Après cette belle soirée barbecue, tout le monde est bien fatigué et c’est plutôt calme à bord des Bateaux, surtout sur Sabeline, Karine a une petite angine. Nous nous retrouvons ensemble sur le Bi-Loup de Jean et Elisabeth, pour un petit apéro.

    vendredi 8 décembre

    Certains préparent déjà le prochain départ. Je récupère mon Booster chez Emmanuel et je constate que Diego au CVD s’est bien foutu de moi ! il n’a fait que réparer la déchirure de la voile alors qu’il était prévu de remplacer toutes les parties blanches. Je l’ai appelé pour lui faire part de la colère, mais nous n’allons pas retourner à Dakar. Avis à ceux qui partent, pour les travaux de couture, contacter Evelyne à Ziguinchor ! Chose dite, ce n’est que du matériel, passons à autre chose. Nous allons à terre, pour visiter le campement de Hyacinthe, et récolter le riz avec les habitants du village. Lady-quattro vient de partir à cause de la marée haute. Tout d’un coup nous voyons Jildaz à travers la rizière, il est venu chercher de l’aide en annexe car ils se sont échoués au niveau de l’estuaire et ils ont peur de ne pas pouvoir se dégager tout seul. Nous partons les aider et mouillons tout près de la Lady. Nous passons la soirée avec eux : apéro et dîner. A 22H30 Lady Quattro est libérée.

     

    Samedi 9 décembre

     

    Tiki et Julo nous rejoignent à 9 H 00 dans l’estuaire et nous naviguons en flottille jusqu’à Ziguinchor. Nous croisons quelques dauphins mais ils ne sont pas très joueurs. Nous arrivons à 15 h devant l’Hôtel Le Kadiandoumagne, les enfants profitent de la piscine et nous retrouvons beaucoup d’amis Français de Dakar. Nous dînons au restaurent de l’hôtel un succulent repas : de la viande bien sur !

    Vous pouvez consulter le lien suivant, de l'école La Caravelle à Noyal sur Vilaine qui nous a consacré une page de leur site internet : http://classejylt.net/enfantssur%20lamer.html avec nos remerciements.

    Oudierin à Cachouane - Casamance

    Mardi 28 Novembre

    10h, début du flot. Sabeline lève l’ancre, sort du bolong et se dirige vers L’estuaire de la Rivière Bandiala, puis la Casamance.

    Deux difficultés devant nous, franchir les barres de banc de sable au large des deux rivières. Pour sortir de Bandiala, nous suivons des waypoints indiqués par Jacques à Mar-lodj. Au meilleur endroit de la passe, nous n’avons que 3m d’eau, avec une houle d’un mètre.

     

    Il faut slalomer entre les bancs repérables à cause des déferlantes et ne faut pas avoir le soleil dans le nez. Toutes nos cartes et nos aides à la navigation ne servent à rien, il faut passer la barre au feeling. A Midi nous sommes au large de la Gambie, parmi tous les casiers et filets des pécheurs. La nuit tombe et nous continuons à faible vitesse, jusqu'à 22H, nous mouillons en pleine mer, par 11m de fond seulement, et allons nous coucher.

     

     

    mercredi 29 novembre

    Le vent a tourné et nous sommes de travers par rapport aux vagues, le roulis est insupportable. A 5h30, nous faisons route vers le sud. Alors que nous étions à 6nd, avec toutes nos voiles, une pirogue se dirige vers nous à vive allure, j’arrête Sabeline en le mettant bout au vent, les pêcheurs nous demandent de l’eau, mais s’approchent trop près de nous, et tapent sur l’étrave, en risquant d’arracher l’ancre ou de déchirer le génois. Je leur balance un bidon d’eau de 5 litres à la mer en les engueulant.

    Nous arrivons à la première bouée vers 14h, et suivons le balisage, complété par les waypoints que j’ai recopié au CVD.

    Nous rencontrons des fonds de 4,5 m dans une mer démontée, et des déferlantes de chaque coté. Tout se calme en entrant dans le Fleuve, bien qu’il soit très large. Nous passons devant KARABANE, mais nous préférons mouiller dans un bolong, à KACHIOUANE.

    Des cahutes en pailles entourées de palmier, on se croirait en polynésie. Nous visitons le village après un peu de rangement à bord et une petite baignade.

     

    Les habitations sont différentes ici, nous sommes chez le peuple Diola, et la façon de vivre n’est pas la même. Chaque construction abrite toutes les pièces de la maison, contrairement aux sérères ou chaque case constitue une pièce. Tous nos sens sont en éveil, le chant des oiseaux,  les senteurs de fleurs (ça change de Dakar !).

     

    En deux mots, encore un petit paradis, il l’on fait abstraction de quelques déchets sur la plage apportés par le fleuve, des éventuels cobras dans la rizière et près du puit, des chauves-souris piaillant sous certains arbres, et ce qui me manque le plus : la viande. Notre cambuse commence à s’appauvrir sérieusement et ici on tue un cochon ou un mouton pour les grandes occasions, Tous les animaux constituent un capital, comme une banque. Ils acceptent de vendre une poule lorsqu’ils ont besoin de liquidités. Le riz avec du poisson est le repas quotidien.

    Avant de rejoindre Sabeline, les enfants jouent sur la plage,

     

    Nous ne nous lassons pas des couchers de soleil…

     

    jeudi 30 novembre 2006

    Beaucoup de vent ce matin, le mouillage est moins confortable. Je me ballade dans le village et on me conseille de mouiller de l’autre coté du village avec les autres voiliers.

     Des voiliers ici ? Ça fait longtemps qu’on ne voit plus que des pirogues…

     

     

    Nous quittons le mouillage pour un autre bolong bien plus abrité, en pleine brousse, de l’autre coté du village et il y a un sentier qui mène à KACHIOUANE.

     

    En arrivant, nous faisons connaissance avec Katel et Renan de Douarnenez. Ils reviennent chaque été en Bretagne pour bosser et retournent en Casamance.

    Nous traversons les rizières cultivées et récoltées par les femmes, pendant que les hommes sont à la pèche. Katel et Renan nous guident dans le village pour nous présenter à tout le monde.

    Nous allons prendre un pot chez Papys, le bar avec une équipe de Français descendus en 4X4.

    Nous rentrons au clair de lune, en s’arrêtant chez Hélène et Pierre Antoine, des autochtones qui nous reçoivent dans leur case. Simon, son fils, aide sa nièce à faire ses devoirs à la lueur d’une lampe à pétrole, et le vieil Pierre Antoine nous montre l’arc qu’il a fabriqué pour Renan. Il est le seul à savoir les faire. Yoan lui en achète un petit.

    Nous rentrons au bateau, émerveillés par ce qu’on a vu, mais aussi par ce que l’on ressent à travers l’accueil et  la joie de vivre des diolas. Comme les Sénégalais du delta du Saloum, ils travaillent beaucoup pour subvenir à leurs besoins quotidiens, et sont d’une honnêteté surprenante. (Le bateau peut rester avec ses hublots grand ouverts pendant notre absence, sans craindre une visite. Ils nous accordent leur confiance dès le premier jour). Je comprends que certains Français viennent vivre ici, pour une meilleure qualité de vie.

     

    Vendredi 1er décembre

    Nous avons rendez-vous avec la lune à 7h pour poser le bateau à marée haute sur notre petite plage. Après 6 mois de mer, Sabeline à bien besoin d’un carénage.

    Pendant que je gratte la coque, Karine et les enfants se prélassent à l’ombre des arbres à coté de la plage.

     

    C’est un petit coin qui a été aménagé petit à petit par les navigateurs qui passent à KACHIOUANE, et Simon qu’on appelle aussi le « chef du port ». Nous pouvons prendre nos douches derrière un talus près du puit, faire du feu pour cuisiner ou brûler nos ordures.

     

    Vers 17h, la marée montante remet Sabeline à flot, et nous reprenons notre place à l’ancre.

    Nous marchons vers le village avec Renan et Katel.

     

    On s’arrête chez Pierre-Antoine, qui nous offre le bounouc : la sève du palmier fermente  et au bout de quelques jours, naît le vin de palme.

    C’est une boisson similaire au cidre pour son acidité et son degré d’alcool. Elle est servie dans un pot en terre, et nous la buvons dans des cuillères en bois taillées par Pierre-Antoine. A chaque cuillère, il faut verser quelques gouttes sur le sable pour honorer les ancêtres défunts.

     Pendant ce temps, Yoan et Élodie jouent avec les nombreux animaux.

     

    Trois tournées plus tard, nous continuons vers le village, pour aller prendre un pot chez Papys, le bar. Sur le chemin du retour, nous arrêtons chez Jean-Baptiste et Marie.  Karine achète des oeufs et commande un poulet pour demain.

     

    Samedi 2 décembre

    Même manœuvre qu’hier, Nous approchons le bateau sur la plage et le faisons pencher sur bâbord pour gratter et passer une couche d’antifouling sur l’autre coque.

     

    Simon nous apporte le poulet près de notre plage.  Bien sur, il est vivant, et les enfants sont bien occupés à le déplumer et à le vider.

     

    Merci Mamie Thérèse pour tes bonnes leçons. Faire un feu de bois pour chauffer l’eau dans la cocotte, préparer une sauce pour faire mariner les morceaux. C’est une poule « bicyclette » la viande risque de ne pas être tendre.

     

    En attendant que la mer monte, nous allons vers le futur campement de simon. Dans 3 mois il y aura un bar pour accueillir les marins.  C’est l’heure du thé que nous partageons avec Simon et ses copains.

     

    Nous dégustons des huîtres de la mangrove. Elles poussent sur les branches immergées des palétuviers. Il suffit de couper ces branches, de les passer sur un feu de bois, les huîtres s’ouvrent et ressemblent un peu à des moules, mais le goût est très particulier, avec un parfum de feu de bois.

     

    Nous visitons son terrain et parlons de ses projets, lorsque Pierre, le récolteur de bounouc, vient travailler sur les palmiers de Simon.

    Il prépare des pipettes en feuille de palmier et monte poser ses bouteilles. Il travaille pieds nus et j’ai pu constater que les fibres du palmier sont très agressives.

     

    Depuis j’ai des petites blessures aux pieds, fini les sandales !

     

    Nous rentrons vers le bateau pour le remettre  au milieu du bolong. Katel et Renan viennent prendre l’apéro, puis déguster notre bon poulet grillé à bord sur le barbecue.

     

    Dimanche 3 décembre

    Journée nettoyage du bateau. Je répare le moteur d’annexe dont l’embrayage était cassé. Yoan aide Simon à débroussailler son terrain, préparer le thé et cuire les huîtres. Un nouveau bateau est arrivé, Jean et Elizabeth, des jeunes retraités. Je vais les accueillir dès qu’ils mouillent dans le bolong. Le soir, nous allons prendre un pot chez Papys tous ensemble, mais en chemin nous sommes arrêtés par pierre Antoine pour goûter le Bounonc. Chez Papys, Elodie danse et chante ses chansons qu’elle connaît parmi un groupe qui l’accompagne en musique.

     

     

     

     

     

    Toubakouta à Oudierin

    Mercredi 22 Novembre

    Nous profitons du ponton de l’hôtel « LES PALETUVIERS » que nous remercions, pour débarquer au village situé juste derrière. Des excursions en pirogues ou en 4X4 sont proposées aux touristes.

     

    Il y a 2500 Habitants, beaucoup vivent du tourisme. Nous visitons le marché et les rues principales du village.

     

    Quelques courses alimentaires et nous achetons de l’eau à un jeune garçon qui distribue l’eau du puit chez les habitants. 11 bidons de 20 litres sur une charrette tirée par un âne.

     

    Nous passons par une épicerie, pour rajouter quelques bouteilles de 5 l d’eau potable sur la charrette.

     

    Le gardien de l’hôtel a bien voulu laisser passer l’âne sur le ponton.

    Nous remplissons nos réservoirs du bord. Malgré l’ajout de chlore, elle reste trouble.

    Après-midi école et cuisine, puis je pars à l’autre bout du village pour téléphoner au CVD, notre booster est prêt. Emmanuel et Jildaz pourront nous le ramener en Casamance.

     

    A Toubakouta, il n’y a qu’un télécentre, pas d’Internet, mais entre deux pannes, il y a de l’électricité, c’est l’Amérique ! Je cherche aussi un filtre pour monter sur la distribution d’eau du bord. Mon guide m’emmène chez un plombier, mais il ne parle pas le français et n’a aucune pièce.

     

    Jeudi 23 Novembre

    Observation de pélicans avant le petit déjeuner, de l’autre coté de la rivière. Nous ramons vers eux avec l’annexe, ils se laissent approcher à quelques mètres, mais finissent par s’envoler.

    Yoan trouve un autre pélican, nous arrivons à l’approcher de très près. Il ne semble pas très sauvage. Lorsque je l’embête un peu, il me courre après.

     

    Nous pêchons quelques crabes, violets équipés qu’une seule grosse pince, et crevettes pour servir d’appât. Il y a des bons poissons dans la rivière, mais nous ne sommes pas doués à la pèche à la ligne.

     

    Vendredi 24 Novembre

     

    Ecole, petits achats chez notre épicier libanais et chez les artisans locaux. Ils ne se comportent déjà plus comme notre premier jour à Toubakouta. Ils savent que nous sommes arrivés en voilier, et que nous ne sommes pas les mêmes touristes que ceux des hôtels : on ne va pas tout dépenser en une semaine.

     

    Après manger, nous profitons du courant vers la mer, pour filer vers l’estuaire. La marée est haute et nous n’avons pas le droit à l’erreur, pourtant je fais une faute d’interprétation d’échelle d’une carte, et nous passons sur un banc, heureusement sans s’échouer.

    Nous passons devant un village, on hésite, puis on s’arrête.

    Nous n’avons pas encore mis l’annexe à l’eau, que déjà quelques enfants nous attendent sur la plage. Nous sommes accueillis par le chef de village, il nous accompagne pour la visite de son village SIPPO. Il fait chaud, et les quelques habitants prennent le thé sous un arbre.

    Nous finissons par rencontrer l’instituteur qui nous emmène à l’école : une seule classe, bâtiment de paille comme les cases du village. Tables, chaises et tableau ont été fournis par l’armée française l’année dernière, avant il n’y avait pas d’école.

     

    Ici, il y a plusieurs ethnies représentées, principalement des Mandingues. Religion mixte, les lieux de prière ne sont qu’un emplacement sous un arbre précis. Après longue discussion, nous allons chercher des fournitures scolaires, ballons, casquette, boussole et jouets au bateau. Ils sont très contents.

     

    Ils remercient tous ceux qui nous ont fournis ces cadeaux (Dieure dieuf = merci en wolof). Nous les offrons de bon cœur, car encore une fois ils ne nous ont rien demandé.

     

    Nous quittons le village en fin d’après midi, et continuons notre navigation entre bancs de sable vers le soleil couchant.

     

    Près de l’estuaire de la rivière Bandiala, nous remontons un bolong sur la droite et mouillons à la tombée de la nuit devant le hameau de OUDIERIN.

     

    samedi 25 novembre

    Nous débarquons au village juste après le p’tit dej. Quelques enfants sont sur la plage et nous accompagnent vers les quelques cases de paille.

     

     Il y a très peu d’adultes. Nous rencontrons Mamadou DIOUF, le chef, et le seul homme du village. C’est un homme assez instruit, qui a voyagé et qui est revenu au village natal. Ici, ne vit que sa famille et 29 enfants qu’il héberge toute l’année.

    Les enfants ne rentrent chez eux que pour les grandes fêtes. Leurs parents habitent les villages voisins. C’est Mamadou qui a créé et construit cette école en 2005, et l’état l’a aidé en lui fournissant un instituteur, qu’il doit loger. Tout le reste vient de sa poche, et de quelques dons.

    Nous lui apportons du bateau, des fournitures scolaires, et il apprécie notre geste. Nous discutons longuement de la politique, des sénégalais, et de leur avenir, dans la case de l’instituteur, pendant que les enfants jouent avec les autres, et se baignent.

     

    Après un repas pris à bord, nous partons avec Mamadou, à MISSIRA, à ½ heure de pirogue, sur l’autre rive, et en amont de la rivière. La pirogue est le seul moyen de déplacement ici.

     

    Village de 2000 habitants, inaccessible en voilier à cause des bancs de sable. Mamadou a quelques courses à faire. Broyage de son arachide, poissons.

     

    Nous en profitons aussi pour acheter 2 bidons de 20l de gasoil, 10l d’essence pirogue (du mélange) pour la ballade de demain, une pastèque, du pain.

     

    Nous rendons visite à sa famille. Nous nous asseyons sur leurs lits dans l’unique pièce de vie.

     

    Elodie pouponne un bébé de 3 semaines, la mama qui nous prépare du mil, nous sommes comblés.

     

    Ils nous offrent du mil pour ramener à bord. Karine trouve dans son sac un hochet pour le bébé. (Elle se promène toujours avec un tas de trucs !)

     

    Nous avons encore été formidablement bien accueilli, très simplement, et avec beaucoup de plaisir partagé.

     

    Le retour en pirogue est religieux, les hommes prient avec leur chapelet en main. Est-ce l’heure de la prière, ou l’état de la pirogue ? De retour à bord, nous attendons Mamadou qui devait nous emmener poser des filets pour la nuit.

     

    Dimanche 26 novembre

    8h45, nous sommes déjà sur la pirogue de Mamadou, en route pour la foret de FATHALA. (Voir carte) Nous entrons dans le parc National du Saloum.

     

    Au bruit du moteur, les oiseaux cachés dans la mangrove, s’envolent. Des hérons cendrés, un héron goliath, le plus grand, des aigles, des éperviers et d’autres rapaces.

     

    Après une heure de pirogue, nous arrivons au fond d’un étroit bolong, à un ponton, celui des gardiens du parc. Nous voulons aller à la réserve de Fathala, mais elle est à 11 Kms de piste et il n’y a aucun véhicule disponible. On ne peut pas y aller à pied à cause des mouches tsé-tsé. Nous sommes un peu déçu, mais nous marchons un peu dans la brousse.

     

    Nous retournons vers le ponton par la plaine sableuse, recouverte à marée haute. Nous apercevons des singes s’enfuir dans la mangrove, des traces profondes de hyènes, des traces de Caïman, et un varan immobile sur une branche d’arbre.

     

    Nous rentrons par MISSIRA en passant par un bolong très étroit appelé « petite Amazone ». En passant près d’un baobab, Mamadou nous indique qu’il y a d’habitude un gros crocodile qui se repose sur la berge. Aujourd’hui, il n’est pas là.

     

    A MISSIRA, Nous faisons encore quelques courses, notamment dans la poissonnerie ou le  poisson est stocké dans des vieux congélateurs tous rouillés qui ne fonctionnent pas bien sur. Les pirogues ne sont pas en mer, car il y a pénurie d’essence au village. Le gars qui s’occupe de la « station » a oublié d’aller remplir ses bidons à la grande ville. De ce fait, pas de poissons, pas de déplacement d’une île à l’autre, des commerçants pas approvisionnés, l’économie locale s’effondre et ça peut durer une semaine. C’est ça le sous développement.

    Nous rentrons à OUDIERIN.

     

    L’après midi, les enfants s’amusent avec les autres sur l’île, pendant que je me balade sur la grève et dans les bolongs environnants. Nous allons chercher l’eau au puit pour faire la lessive.

     

    Nous essayons de pêcher un peu de poissons pour le chat avec notre épuisette. Nous profitons ensemble de notre plage privée, et ramassons quelques grosses coques.

     

    lundi 27 novembre

    Nous sommes invités à déjeuner dans la case du chef du village Mamadou avec l’instituteur. Poisson yassa, cuisinés avec le thiof (lotte) que nous avons ramené de Missira hier, délicieusement épicé. Suivant la tradition, les femmes et les enfants ne mangent pas avec nous.

    Au dessert, Karine offre un gâteau. Nous finissons par une pastèque et l’interminable thé. Il faut respecter au moins  les 2 tournées, comme chez nous à l’apéro. Mais nous mettons moins de temps à préparer un punch que leur thé.

     

    Nous les quittons vers 16 h après longues discutions. En fin d’après midi nous prenons des photos de classes.

     

    Puis nous partons à pied voir un mirador à 4 Kms, de l’autre coté de l’île, pour observer d’éventuels singes, phacochères, hyènes etc.

     

    Manque de pot notre guide, un jeune de 15 ans, est accompagné par 4 jeunes garçons et un chien qui nous précèdent de 20m.

    Impossible de se faire comprendre, et forcément trop de bruit et d’odeur pour surprendre des animaux sauvages. Nous ne verrons que quelques traces de gazelles et de Hyène sur la grève.

    Mar Lodj à Toubakouta

    dimanche 19 novembre

    Il est temps de partir pour continuer notre voyage. Nous assistons à la messe que les enfants ont trouvé un peu longue : 1H30, heureusement nous sommes arrivés en retard d’une demi-heure. L’église est pleine de fidèles et la chorale est importante. Les chants sont accompagnés de percussions bien sur.

    Le curé remercie les dons humanitaires et le parrainage. Il a besoin d’un ampli pour son église. Les répertoires de chants sont aussi les bienvenus. Avis à ceux qui partent…

    Nous avions promis de dire au revoir à Birama avant de partir. On mange une noix de coco et il nous offre une boite de bijoux avec plein de colliers et des bracelets pour chacun.

    Après les adieux à sa famille, il nous raccompagne en calèche, il fait trop chaud pour marcher. Nous passons au campement dire au revoir à Marie, et nous allons prendre un dernier verre à bord.

     Nous le remercions chaleureusement pour son accueil, et nous relevons l’ancre avant la marée Basse.

    Sabeline quitte le Marigot de Ndangane, puis remonte le Saloum. Nous stoppons devant Marnia, un campement de pécheurs appelé « HAKUNA MATATA » (Sans–soucis), pour faire un petit tour, mais sans intérêt.

    Une petite baignade et nous continuons. Nous mouillons l’ancre pour la nuit devant un village de pécheurs, qui n’est pas indiqué sur notre carte.

    Le Saloum est un peu comme la Rance, mais sans les bateaux, nous sommes seuls à naviguer à travers les bolongs et des îles peuplées d’oiseaux, cigognes, cormorans, et autres espèces.

     

    Petite précision concernant les cartes incluses dans les photos : Le tracé en rouge représente le trajet réel du bateau. S’il se trouve sur la terre c’est à cause de l’imprécision des cartes marines. Nous faisons quelques zig-zags pour éviter les bancs de sable.

     

    Lundi 20 Novembre

    Nous débarquons sur un ponton en piteux état, certaines planches ne sont pas fixées, Elodie se casse la figure. Le village est très petit, peut-être 200 âmes. C’est le village de FAMBINE.

    Un ado nous guide sans insistance vers l’école, qui est au fond du village, après avoir traversé les cours où le linge est étendu à sécher, avec les bœufs. Il y a 3 cases.

    Nous sommes reçus par un instituteur très sympa qui nous invite au fond de la classe. Les enfants prennent place parmi les autres élèves, en cours de CP.

    Pendant la récréation où les élèves rentrent chez eux, nous discutons avec le directeur :

    C’est une école publique qui a besoin de fonds.

    En urgence, il faut réparer la porte car l’hiver arrive ici aussi et il fera frais dans la classe. A mon avis, un bon soudeur pour réparer la porte et un pot de peinture antirouille suffirait pour que le problème ne recommence pas. (Avis à ceux qui partent).

    Nous leur proposons ce que nous pouvons faire. Nous laissons Yoan et Elodie en classe pendant que nous allons au bateau chercher des fournitures scolaires, un ballon et un frisbee.

    Ils nous remercient beaucoup, nous n’oublions pas de dire que ces dons proviennent des parents d’élèves et de nos amis.

     Ils manquent surtout d’ardoises et de craies. Nous échangeons nos adresses. Ils aimeraient être soutenus financièrement, et comptent sur nous pour motiver des associations. Voici l’adresse de l’école :

    Ecole de Fambine,

    BP 65 FOUNDIOUNE,  tel : 609 29 99.

     

     

     

     

    Nous quittons ce village pour se diriger vers le Marigot de Sangako. Les fonds sont beaucoup moins profonds, c’est un bolong qui relie le Saloum au Diomboss.

    Nous passons encore devant un village isolé, avant de nous enfoncer dans un désert de Mangrove.

    Parfois nous ne savons pas par où passer à travers les bans de sable, je monte aux barres de flèches, c’est beau mais pas efficace, l’eau est trop trouble. Vers 14H, nous échouons sur un banc de sable.

    Baignade obligatoire en attendant que la mer remonte. C’est marrant, les enfants ont pieds autour du bateau… J’en profite pour nettoyer la carène. Et sonder les fonds avec l’annexe pour savoir où est la sortie de ce labyrinthe.

    Après 2 heures de pause, nous continuons sous génois, en passant entre les bancs. En rasant de quelques mètres la mangrove, nous réussissons à rejoindre directement le Diombos.

    Nous naviguons ainsi au feeling, la nuit tombe et lorsque le sondeur indique des fonds de 2 m,  nous mouillons « au milieu de nulle part ».

    Au milieu du dîner nous sommes envahi par une nuée de petits moucherons, qui traversent les moustiquaires. Le matin nous les retrouvons morts, 1/cm²  sur le pont du bateau. Il parait que des fois c’est des punaises ou des sauterelles !

     

     

    Mardi 21 Novembre

    La nuit fut très agréable « au milieu de nulle part ». Sans se presser, nous continuons notre ballade. Des oiseaux verts et jaunes nous accompagnent, ils se perchent sur les filières ou dans les haubans. Ils ne sont pas sauvages et se laissent approcher.

     Les bancs de sable ne sont pas faciles à comprendre. Les deux versions de cartes que nous possédons ne sont pas bonnes. Forcément les bans se déplacent. Michel nous a donné des photos d’une carte IGN corrigée par un gars du coin. Nous réussissons ainsi à passer un banc qui forme comme une barrière. La passe est très étroite et nous la repérons au sondeur. Nous entrons sous voile, dans la rivière de BANDIALA. Le paysage est différent que dans le nord de delta du Saloum, les marécages et les palétuviers ont laissés la place aux collines et aux grands arbres.

    Pour la pause déjeuner, nous mouillons devant un coin de paradis désertique. Un banc de sable à découvert, une tonnelle de paille, un petit bois à visiter avec une cabane et des oiseaux exotiques qui chantent, c’est ça le bonheur.

    Yoan fait le cuistot du bord. Sabeline reprend le cours de la rivière pour échouer de nouveau.

    Nous essayons de faire pencher le bateau avec l’annexe, et tirant sur une drisse, mais pas de résultat. Il faut attendre.

    Encore baignade, visite de la mangrove en annexe. Nous ramassons quelques huîtres sur les branches de palétuviers (c’est le bois avec lequel on fait des palettes !) le niveau ayant un peu remonté, Karine à la barre et moi dans l’annexe, je tire une drisse reliée en haut du mat pour faire pencher le bateau. Ca marche, Karine remet Sabeline sur des fonds corrects et nous continuons notre descente.

    Nous croisons de plus en plus de pirogues c’est signe que nous approchons de la civilisation.  Nous mouillons vers 18h devant le village de TOUBAKOUTA.

    Il y a deux pontons appartenant à des hôtels de toubab.  Je discute avec le gardien d’un des pontons et un couple de touriste qui s’intéresse à notre voyage. Le coucher de soleil est magnifique, nous admirons les vols des échassiers.

    Escale à Mar Lodj

     

    Une bonne sœur nous la fait visiter. Il y a 50% de catholique ici. Nous parcourons les chemins du village. Chaque personne que nous croisons nous salue, mais aucun n’est collant comme à Dakar.

    Nous trouvons un cheval dans un enclos, Elodie ne refuse pas la proposition de son maître, et nous voila partis à suivre Elodie sur son cheval.

    Nous visitons ainsi tout le village, le baobab et son puit, l’arbre sacré et le téléphone local (un gros tam-tam) qui sert à annoncer les fêtes et les réunions dans le village.

    Nous offrons à quelques enfants des crayons de couleurs avec beaucoup de prudence pour ne pas faire de jaloux, et une casquette FLYGT à notre guide, Birama.

    Nous téléphonons à notre famille dans un télécentre. Puis nous retournons avec le soleil couchant pour rejoindre notre demeure flottante.

     

    Ce village me plait beaucoup, et me réconcilie avec l’Afrique. C’est relativement propre, et les habitants ne sont pas demandeurs, ils sont très accueillants, et nous ne sommes pas constamment sollicités. Le seul moyen de déplacement est le cheval et la charrette. C’est une île, pas de voitures et l’accès n’est assuré qu’en pirogue. Les habitants sont en autosuffisance, ils vivent d’élevage et de cueillette (arachide, guitar, bissap) et la culture du mil qui est leur alimentation principale. Nous décidons de rester quelques jours ici.

     

    Nous avons déjà rencontré le directeur de l’école privé qui manque de crayons et de papiers, et repérer le dispensaire. A bord de Sabeline, Yoan prépare un sac de cadeaux, Karine prépare un sac de fournitures scolaires, des couches, des petites assiettes et des bavoirs pour la maternité.

    Il y a un seul bateau au mouillage avec nous, bloqué là depuis 15 jours, en panne de moteur c’est Jacques et Valérie qui viennent du MINIHIC SUR RANCE !

     

     

    jeudi 16 novembre

    Dès le matin, pour partons charger de sacs lourds, vers notre village sérère (langue locale).

    Voyant nos sacs, nous sommes un peu sollicités par quelques personnes, mais nous ne voulons pas donner à ceux qui réclament. Nous retrouvons la bonne sœur d’hier et nous déposons des jouets et des crayons de couleur pour le jardin d’enfant (la maternelle).

     

    Nous sommes chaleureusement remerciés, la soeur nous fait visiter ses classes, son logement et le dispensaire catholique.

    Nous allons ensuite à l’école privée, nous retrouvons le directeur qui nous accueille très bien, malgré qu’il fût en réunion.

     

    Nous lui offrons des stylos, des cahiers, des gommes, des taille-crayons, un  ballon et des petits jeux (dons que nous avons récolté auprès des parents de l’Ecole de la Chalotais et aussi des amis). Il confit à un instituteur le soin de nous faire visiter chacune des classes.

     

    Les enfants sont en récréation pendant ce temps là. Il nous fait comprendre que cette école n’existe qu’avec les dons et les parrainages, parce que la plupart des parents n’ont pas les moyens de payer la scolarité de leur enfant.

    Les élèves rentrent en classe nous remercient à leur tour en répétant tous en cœur « merci » et en applaudissant (Demandez la vidéo !). Nous sommes très touchés.

     Nous déjeunons à bord de Sabeline, et nous retournons au village, après l’école et une baignade pendant les heures les plus chaudes de la journée.

    Vers 16 h, nous partons encore chargés de sacs vers la maternité. Nous déposons des couches, des petites assiettes, au dispensaire public, le médecin n’est pas là. Nous nous dirigeons vers le centre du village et retrouvons Birama, qui a promené Elodie en cheval hier. Il nous invite dans sa maison qu’il partage avec 10 personnes : des murs couvert de tôles. Une télévision noir et blanc alimentée par un panneau solaire. Des tapis sur le sol et 4 chaises en plastique comme seul mobilier. Nous sommes très bien accueillis. Il vit avec sa belle mère, sa femme et ses deux enfants. Il nous raconte un peu sa vie, et Karine pose beaucoup de questions. C’est son oncle qui l’a marié à sa fille, Il n’a pas choisi sa femme.

     

    Sa belle mère à 46 ans, elle parait jeune, nous pensions que c’était sa femme.  Birama à 30 ans, sa femme Marie en a 20, elle est encore au travail. Ils ont des brebis, des poules et des vaches, et un peu de culture.

    Il n’achète pratiquement jamais rien d’autre. Nous leur donnons des petits cadeaux : casquette, une voiture pour son garçon, du parfum pour sa femme et une petite trousse de toilette pour sa fille.

    Il nous fait goûter du couscous de mil et nous explique comment il le prépare. Nous passons derrière sa maison, son jardin. Les brebis mangent des arachides.

    Nous retournons voir le médecin de la maternité, qui nous remercie de nos dons et nous demande de revenir demain pour visiter la maternité.

    Elodie retourne à cheval au puit du village pour abreuver son cheval, accompagnée par un jeune garçon.

     Birama nous raccompagne jusqu’au bateau, nous l’invitons à bord pour prendre un verre et discutons longuement. Bien sur nous parlons de leurs conditions de vie, de leur attirance pour l’Europe, mais nous lui déconseillons de partir en pirogue vers les Canaries. Il doit trouver l’espoir d’une vie meilleure sur ses terres et pas ailleurs.

     

     

    Vendredi 17 Novembre

    En route vers le village avec nos cartons humanitaires, portés sur la tète par de jeunes ados, nous retournons voir la sœur pour lui donner du matériel médical pour le dispensaire privé.

    Elle nous invite à partager un goûter. Gâteau et menthe à l’eau. Nous lui demandons des renseignements sur Mamadou Bop, le fils de Birama qui est scolarisé ici.

    Nous décidons de le parrainer, c’est juste payer une année de scolarité, directement à l’école. Ses parents avaient du retard dans le règlement, et Mamadou aurait été expulsé.

    Nous marchons ensuite vers la maternité, le docteur doit nous faire visiter la maternité. Il n’y a pas eu d’accouchement récemment. Nous échangeons nos adresses :

    Amadou FANSANE ICP de Marlothie, CM de DIOFFJOR

    RM de Fatick SENEGAL

    Déjeuner au bateau, Nous faisons l’école pendant les heures très chaudes.

    En fin d’après-midi, nous allons chez Birama. Nous lui avons donné rendez-vous pour une visite de l’ile et des 3 villages. Mais il a un peu de retard, il faut aller chercher des arachides pour nourrir ses brebis, et une roue de la charrette a crevée.

    Nous partons presque au coucher du soleil au village de MAR FAFAKO à 5 Kms, Par une piste empruntée que par des charrettes à travers la brousse. Il y a quelques troupeaux de bœufs gardés, et des femmes qui rentrent de la cueillette avec les chargement volumineux sur la tète.

    Nous traversons le village, Beaucoup de gamins nous suivent, ils ne doivent pas voir souvent de toubab. Nous nous arrêtons devant une lagune : des cahutes de branchages sur pilotis servent à conserver les réserves de céréales en cas d’incendie.

    Birama gare la charrette chez sa mère. Nous sommes là aussi chaleureusement accueillis. Nous partageons leur repas : du mil cuit avec du lait de vache, dans une écuelle commune, ou les parts sont vaguement séparées. Nous rentrons par la même piste mais de nuit. Il ne faut pas rentrer trop tard, les hyènes attaquent vers 3h du matin…

    Birama nous ramène près du campement proche de notre bateau, où sa femme travaille. Nous faisons sa connaissance. Ils nous remercient beaucoup de l’aide que nous leur avons apporté pour la scolarité de leur fils.

     

     

    samedi 18 novembre

    Dès 9 heures (environ, on est en Afrique !) nous prenons le courrier vers NDANGANE. C’est la pirogue qui sert aux gens du village pour aller à la ville voisine, et pour le transport des marchandises.

    C’est le bus local pour un prix dérisoire, 500 CFA pour nous quatre. Les touristes partant de NDANGANE, payent 10 fois plus cher, par personne. Nous goûtons des noix de guitar que les locaux mâchouillent tout le temps.

    Nous visitons la ville de NDANGANE, petite ville assez touristique. A 2H30 de Dakar en voiture, c’est le point de départ pour visiter le Saloum en pirogue. Il y a beaucoup de français installés ici, dans de belles maisons, dans le quartier « campement ». Il y a un quartier beaucoup plus pauvre au nord,

    où les habitants vivent dans des constructions de branches.

    Nous mangeons dans un restau ou un singe amuse beaucoup Elodie. (Non non, ce n’est pas Yoan cette fois, c’est un vrai singe !)

    Nous attendons notre bus-pirogue sous un préau, en pleine chaleur, pendant que nous discutons avec un piroguier qui vend des excursions aux touristes.

     

    De retour sur Sabeline, nous nous reposons avant d’aller voir la lutte Sénégalaise sur la place du village de Mar-Lodj. Birama négocie nos billets à travers un petit trou percé à dans une grande bâche, faite de sacs à patates, qui entoure et cache le stade de lutte.

     Nous assistons à deux combats très brefs, aux sons des tam-tams et des chants des femmes. Nous ressortons 15 min après, c’est fini.

     

    Birama nous invite chez lui, il nous offre le thé (à la pastille valda), puis un bon repas, avec tout un rituel bien de chez eux. Toute la famille mange du mil comme d’habitude, sur une gamelle par terre, presque cachée. Seul Birama mange avec nous, une très bonne omelette garnie d’oignons servie sur deux plateaux.

    Ensuite, pendant que les femmes s’activent, les hommes de la famille nous rejoignent pour discuter devant un thé. Plus tard, ils nous raccompagnent jusqu’à la plage pour porter Elodie qui s’était endormie et un grand sac plein de noix de coco que Birama est allé cueillir pour nous.

    Dakar à Mar Lodj - Siné Saloum

    Mardi 14 Novembre

    Nous avions prévu de partir hier matin, mais quelles petites avaries, nous ont fait changer d’avis : un vent fort dans le mauvais sens, l’ancre reste coincée sur une grosse tôle, et en essayant de tirer sur la chaîne, les à-coups dus aux vagues, cassent un crochet et une pièce du guindeau (moteur qui sert à remonter l’ancre). Nous passons l’après-midi à réparer.

     Les enfants font des vas et vient avec le passeur de bateau en bateau, pendant que les grands enfants sont au cybercafé en plein air.

     

    Ce matin, à 2h, ne dormant plus à cause de la chaleur, nous décidons de partir, mais nous avons encore quelques petites avaries : Le GPS perd son driver sur le PC, le palan pour remonter l’annexe casse et pour couronner le tout, Karine est malade (gastro ou tourista ?) Nous levons l’ancre à 3H50, afin de nous éloigner de Dakar et de tout ces tracas. En quittant la rade, nous croisons des pécheurs dans leurs pirogues, à la rame, avec juste une lampe de poche pour se signaler. Nous naviguons au près jusqu’à 15h, le vent faibli et nous dirigeons vers l’embouchure du Saloum.

     

    Nous suivons les bons conseils de Michel du CVD, il est possible de passer au nord de l’île de Sangomar, bien que l’endroit ne soit pas sondé, évitant ainsi un détour de 30 M. Nous passons à l’étale de haute mer avec 3m de fond. Nous mouillons devant DJIFERE.

     

    Baignade dans les eaux vertes, puis ballade dans le village. Les pirogues rentrent de mer, premiers contacts avec le peuple sérère. il y a beaucoup d’activité sur la plage, facile de deviner de quoi vivent ces gens. Il y a des ânes qui tirent des charrettes, des chèvres. C’est aussi sale que Dakar. Il n’y a pas de voiture, seulement des camions pour transporter le poisson et les coquillages. Nous nous promenons dans les ruelles. Les enfants viennent nous voir pour nous serrer la main, en criant « toubab ».

     

    Il y a des tas de poissons et de coquillages sur la plage qui attentent l’embarquement, mais beaucoup pourrissent sur le sable.

    La nuit tombe, nous achetons du pain dans une petite boutique, dans le noir, puisque le village n’est pas équipé en électricité. Pourtant ils sont nombreux. Nous rentrons au bateau à la nuit tombante, mais nous sentons encore les odeurs de poissons et de coquillages.

     

    mercredi 15 novembre

    Après l’école et un bon repas, nous levons l’ancre au flot (la marée montante) pour remonter le Saloum. Nous prenons un affluent le Marigot de Ndangane, les fonds ne sont pas indiqués sur la carte, Karine est à l’avant du bateau pour repérer les bancs de sable.

    A un moment les fonds ne sont plus que de 1,3m il faut arrêter avant de s’échouer, notre tirant d’eau est de 1,2m. Il y a un ponton tout près, nous y débarquons avec l’annexe.

     Nous y rencontrons le gardien, c’est une propriété appartenant à un Français. Le gardien nous indique comment passer les bancs de sable.

    Nous faisons demi tour et suivons une pirogue qui nous montre le chemin. Nous continuons ensuite le chenal les yeux sur le sondeur et arrivons au village de MAR LODJ.

    Nous mouillons à coté des campements, et débarquons en annexe, après une petite baignade.

    Accueilli par Fatou et sa copine qui nous vendent des colliers et des objets en bois. Nous traversons une plaine sableuse que des bœufs traversent, pour arriver au village. Nous passons devant l’école privée puis l’église.