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5/31/2007 Faial et PicoDimanche 20 Mai FAIAL Nous laissons les enfants à bord, et partons faire un peu d’internet. Le cybercafé est fermé et le réseau Wifi n’est pas bon. Nous rencontrons manu, il nous fait visiter la rue principale de l’ile. Il nous offre un café chez Peter, le Café Sport, incontournable rendez vous de tous les marins. Le plafond et les murs sont ornés de pavillons nationaux dédicacés. L’après midi, les enfants jouent dans le bateau voisin KHEPRI, une famille Irlandaise, dont le fils Dannacka, a le même âge que Yoan. Nous discutons dans un parfait franglais avec la maman. Ils ont hiverné aux Canaries, et ont rencontré aussi Kathy et Stéphane de FLYER II. Manu vient nous débaucher pour faire une balade à pied. Nous marchons vers la vieille ville, longeons une plage dans la crique bien abritée de Porto Pim, et montons au sommet du Monte da Guia. Les maisons blanches, toits rouges, roches noires ou ocres, champs bien verts, le paysage est très coloré. Tout en haut il y a une petite chapelle, de l’autre coté, la vue plonge sur un cratère bien rond, ouvert sur la mer, formant un bon abri. Ce soir nous sommes invités pour l’apéro sur Lady Quattro, avec d’autres bretons, SALTIMBANQUE, Jérome et Céline, deux jeunes baroudeurs avec qui nous évoquons des souvenirs de Casamance, et des équipages que nous y avons rencontré. Séquence émotion avec Elodie et Yoan, qui ont interprété spontanément une petite chanson, composée en douce dans la cabine arrière. Elodie arrive dans le carré, un tube d’aspirine en main en guise de micro, Yoan avec la guitare de Victor :
« Mesdames et messieurs, nous allons vous chanter une chanson, merci d’accueillir le guitariste Yoan : Si t’as envie de partir en voyage, Si t’as envie de faire le tour du monde, Faudra le dire à papa et maman, Comme ça tu pourras naviguer sur l’eau, Tu iras en Afrique et aux Antilles, Tu verras plein d’animaux, Tu travailleras avec le CNED, Si tu as envie de parler aux gens, Il faudra parler en anglais. »
Accompagné par la gratte discrète et rythmée de Yoan.
Nous sommes très émus et fiers de nos enfants, le thème du voyage est bien choisi, en ce lieu magique et plein de retrouvailles.
Nous sommes allés tous ensemble dans un snack pour diner.
Lundi 21 Mai Au boulot maintenant, grand nettoyage des fonds pour moi, courses, lessive et internet pour Karine. Manu et Victor arrivent encore pile à l’heure de l’apéro. Yoan et Elodie pèchent avec Dannacka, et nous ne les voyons pas de la journée.
Mardi 22 au jeudi 24 mai Le vent souffle fort sur Faial, 30 à 40nd, il fait très frais. Nous ne sortons pas beaucoup et restons enfermés dans le bateau. J’ai pas mal de bricoles à faire, l’entretien du moteur, la lubrification des winchs, mais ça n’avance pas bien vite, nous avons souvent de la visite. Alain sur son bateau Izé arrive de Florès dont le port était intenable, il mouille dans l’avant port car la capitainerie refuse toute manœuvre dans la marina. Les bateaux ne sortent plus, les plus téméraires qui osent sortir, reviennent. Nous avons eu de la chance de pouvoir visiter Flores, et d’avoir une place à Horta. Maintenant il n’y en a plus. Jérôme et Céline viennent prendre l’apéro à bord. Le soir suivant, nous dinons au restaurant.
Vendredi 25 mai 10h, nous sommes sur la route de la Caldeira, immense et profond cratère au centre de l’ile. Nous partageons avec Jérôme et Céline, la Corsa que nous avons loué à Horta. Une piste de terre rouge monte vers le sommet. Malheureusement, bien que les conditions se soient bien améliorées par rapport aux jours précédents, les nuages masquent partiellement le fond de la caldeira. Nous redescendons vers L’ouest et déjeunons dans le restaurant du golf à CAPELO. Ensuite nous traversons la zone de la dernière éruption de 1958, CAPELINHOS, on se croirait sur la lune, seuls quelques bambous ont repoussé sur ces tonnes de cendres qui volent au vent. Le ruissellement de la pluie a creusé des petites vallées que les enfants dégringolent. Au milieu, un grand phare, qui avant l’éruption était au bord de l’eau. Maintenant une nouvelle montagne masque le phare de la mer. Un petit port a été aménagé, profitant des récifs formés par la lave. Nous visitons quelques villages au nord de l’ile. A RIBEIRA DAS CABRAS, il y a un autre petit port au bout d’une longue descente. Quelques barques de pécheurs attendent de meilleures conditions. Comme sur les autres petits ports, elles sont tirées au sec après chaque sortie. On ne rigole pas ici, la mer est souvent déchainée, les vents ne sont pas constants. Nous arrivons sur le coté Est de l’ile. A Porto da Praia, la vue sur le sommet de l’ile PICO est magnifique. Le PICO culmine à 2350m, et dépasse au dessus de quelques petits nuages. Tout au long de la balade, nous avons remarqué plein de petits coins pique-nique biens aménagés, avec des barbecues en pierre. Du promontoire qui surplombe Horta, nous apercevons toute la Baie. De l’autre coté, les collines sont couvertes de champs bien verts, séparés par des Hortensias, malheureusement pas encore en fleurs. Le long du front de mer nous nous arrêtons devant le trimaran Jean Stalaven, qui s’est retourné lors la dernière course du Rhum et se baladait à la dérive. Il a été retrouvé par un cargo à 150 miles et pris en remorque. Nous profitons de la voiture pour aller faire des courses, nous laissons les enfants en garde, et emmenons Alain avec nous. Au retour, c’est l’entre-aide, en 2 tours mais beaucoup de mains, nos 23 packs d’eau et tous nos sacs de courses se retrouvent à bord, bien rangés. Ce soir, Renan fête son anniversaire. On se retrouve à 18 plus les enfants à bord de Kazou. Nous rencontrons Laurent et Nathalie, des malouins en voyage sur « Coup de Soleil », un Santorin. C’est leur deuxième voyage. Nous échangeons beaucoup de petits bonheurs. L’apéro se termine dans le cockpit, bercés par les chansons de Victor, qu’il a lui même composées, accompagnées à la guitare. Nous avons tous chanté à tour de rôle, et vers 2H30, nous sommes allés nous coucher, sans diner.
Samedi 26 mai Je suis suffisamment en forme ce matin pour monter dans le mat, poser une nouvelle antenne BLU, et vérifier l’haubanage. Elodie s’occupe toute seule sur le ponton. Elle pèche plusieurs poissons pour Dakar, tandis que Yoan joue avec les copains. Pascale les emmène à la plage de Porto Pim. Plus tard, nous trouvons un petit coin à gauche du bar de la marina pour laisser une trace du passage de Sabeline à Horta : Je dessine notre logo contre le mur de la jetée, comme l’exige la tradition. Karine pianote, assise sur la jetée, pour capter un réseau wifi. Manu nous invite à son bord pour fêter la naissance de son premier petit fils. Nous retrouvons Coup de Soleil et Madéo.
Dimanche 27 mai Levés de bonne heure, nous prenons le petit ferry pour l’ile de PICO, à 5 M. les plus sportifs, Manu, Renan, Sandra, Laurent et Nathalie prennent aussi le ferry pour monter au sommet du Pico (2351m). Il fait très beau, et la vue sur Horta est magnifique. À l’arrivée, je débarque le premier pour trouver une voiture de location. Il y a 3 loueurs, le premier n’a plus de véhicule disponible, le 2eme est fermé, c’est dimanche, le troisième m’attribue sa dernière voiture. Je retrouve Karine que j’avais abandonnée près du port de MADALENA. Nous suivons la route des crêtes qui monte et s’enfonce dans les nuages, nous croisons un convoi de vaches avec leurs veaux. Nous redescendons vers la cote nord de l’ile à SAO ROQUE, et empruntons la route côtière vers l’est qui traverse les petits villages. Vers chaque église, une procession de fidèles bien endimanchés marche, suivi de la fanfare locale. A Santa Amaro, le musée maritime en face du petit port, aurait pu être intéressant, mais « fechado » ! Nous trouvons un snack pour se restaurer à PIEDADE, à l’extrémité Est de L’ile. Ensuite, nous arrivons au musée de la pèche à la baleine de LAJES. Il a de beaux objets et outils taillés dans des os de baleines, une baleinière, longue barque à rame et à la voile armée de longs harpons. Nous visionnons un film sur le déroulement de la chasse. Le repérage à partir d’une tourelle d’observation à terre, l’alerte, la mise au l’eau des baleinières, remorquées par une chaloupe à moteur sur le lieu de pèche. Les hommes lancent à la main plusieurs harpons sur l’animal jusqu’à l’agonie dans une mer rouge sang, quelques fois, les baleinières sont renversés par un coup de queue. Nous réalisons que les mammifères croisés lors de notre dernière traversée, que nous avions pris pour des orques, étaient bien des cachalots. Nous discutons longuement avec la guide qui parle français, puis nous entrons dans les boutiques pour faire quelques achats vestimentaires. C’est vraiment pas cher ici. L’heure file et le ferry repart pour Faial à 18h, nous traversons l’ile vers la cote Nord, et rejoignons MADALENA à travers les vignes, en passant par LAJEDO, où une coulée de lave rencontre la mer dans un tumulte de roche noire, des grottes, des voutes… Le temps de faire le plein, rendre la voiture, j’ai bien faillit rater le bateau. De retour à Horta, le temps d’une douche sur Sabeline et nous montons à bord de Coup de Soleil, le Santorin de Laurent et Nathalie. Après l’apéro, Manu propose de continuer la soirée chez Peter, pour déguster les fameuses brochettes. Comme pascale et Renan, nous installons nos enfants devant un DVD, et allons profiter entre adultes. Il y a la queue sur le trottoir pour attendre une table, par chance nous nous attablons rapidement. Il y a beaucoup d’ambiance. Les brochettes sont servies sur un support vertical au dessus de l’assiette. C’est délicieux, comme ce dernier bon moment que nous passons ensemble. Après quelques tournées, nous rentrons à bord.
Lundi 28 mai 10h, Kazou, suivi de Lady Quattro quittent le port, Saltimbanque largue les amarres peu après. C’est le dernier départ, celui pour la dernière traversée pour la Bretagne. L’émotion est forte. Nous les saluons comme il se doit. Nous hésitons à partir nous aussi mais Jean nous conseille d’attendre encore quelques jours, les conditions sont actuellement très mauvaises en France. Dans l’après midi, nous partons en balade dans les rues d’Horta. Visite de la boutique de Peter Café Sport, puis visite d’une ancienne usine de transformation de baleine dans l’anse de Porto Pim. Il y a des grandes chaudières, des machines, pour fabriquer des farines et de l’huile. Cette industrie s’est éteinte vers 1985. De retour à bord, Laurent et Nathalie sont déjà là, pour voir nos photos de la Casamance autour d’un petit verre comme d’habitude, mais je vais d’abord faire un peu d’internet sur la jetée, formalités oblige.
Mardi 29 mai 7h, nous sommes encore au lit, il pleut dehors. Avec un peu de courage, nous appareillons, le ponton est bien calme, nous n’aurons pas droit à l’ambiance folklorique des jours de départ. Nous quittons ce mythique port d’HORTA, avec son ambiance bien caractéristique des bateaux de voyage, qui ont accompli un beau périple, et qui rentrent sur l’Europe. Les équipages, se retrouvent et se disent adieu. Nous veillons à tour de rôle sous la pluie. Vers 10h, un beau soleil nous accompagne le long de la cote de PICO. Plus tard, nous sommes à coté de SAO JORGE, j’aperçois de belles chutes d’eau dégringolant dans l’océan. Le port n’est pas bien abrité alors nous continuons vers Terceira. Déventés par l’ile, nous avons démarré le moteur, mais il fait un bruit, nécessitant un peu de bricolage pour remplacer une courroie. Nous arrivons à ANGRA DO HEROISMO vers 19H, nous accostons au ponton d’accueil après avoir signalé notre arrivée à la VHF. Nous sommes accueilli comme des rois, il n’y a pas beaucoup de bateaux de voyage par ici. La marina est très classe, possibilité internet, Jacuzzi etc… Flores - AcoresJeudi 17 mai FLORES L’archipel des Acores est composé de 9 iles, 2 à l’ouest FLORES et la petite CORVO, 5 au centre, FAIAL, PICO, SAO JORGE, GRACIOSA et TERCEIRA, les deux dernières au Sud Est SAO MIGUEL et SANTA MARIA. Les distances sont assez grandes entre chaque ile. 2 jours pépères sont passés, occupés par un peu d’école, visite du village de LAJES, apéro avec Etienne et Véro du catamaran MAMASO arrivé 12 heures après nous. Les accès à Internet ici sont limités aux heures d’ouverture de la bibliothèque, mais celui qui s’en occupe n’est pas souvent là. Le village et le port sont très propres. Les maisons aux tuiles rouges se détachent parmi les roches et la grisaille, les habitants sont très sympas et serviables. Un papy nous propose 4 places dans sa voiture pour monter au village. Aujourd’hui nous louons une voiture chez Paula, son propre véhicule, une vielle Toyota bleue ciel. Le temps est redevenu très gris, avec quelques averses. Nous Longeons la cote Est jusqu’à SANTA CRUZ, la ville principale. Nous visitons d’abord le petit port, il y a très peu de place et les bateaux sont tous halés sur le quai. Nous roulons dans les petites ruelles, la pluie s’arrête enfin. Nous continuons la route vers le Nord, qui longe la cote escarpée. Les enfants ramassent des fleurs à chaque arrêt, il y a aussi des chèvres, des moutons, des chevaux, des lapins… Nous arrivons à PONTA DELGADA, un village très isolé. Nous déjeunons dans l’unique restaurant. Plat de fruit de mer en entrée, ragout de mouton très bon et copieux, cela compense le manque de choix sur la carte. Nous reprenons la voiture pour suivre une piste de terre rouge, volcanique, qui monte vers les anciens volcans de l’ile. La voiture est un peu trop surbaissée pour ce parcours et nous raclons le fond plusieurs fois. Nous jouons à une bataille de mousse, épaisse de 30cm, qui recouvre les parois humides. Bien que nous ne croisions personne par ici, une Jeep arrive, ce sont des gardes forestiers. Ils nous reprochent gentiment de prélever cette mousse, c’est une espèce protégée. Notre piste serpente entre les lacs profonds, des anciens cratères parfaitement circulaires pour l’un d’entre eux. Nous parcourons la cote Ouest, plus ensoleillée. De FAJA GRANDE au nord jusqu’à LAJEDO au sud, il y a quelques belles chutes d’eau. LAJEDO, est un petit village coincé entre les crêtes et la mer. On se demande comment vivent les habitants ici, il n’y a même pas de voiture. Ils doivent vivre en autarcie totale. Nous rentrons à bord, un autre bateau a mouillé à coté de nous, un Ovni 39 mené par Erick. Il part pour le Groenland. Nous lui filons quelques tuyaux et le débarquons avec notre annexe, il est attendu par l’officier de la GNR.
Vendredi 18 mai Erick nous invite pour prendre un verre à son bord. Nous faisons connaissance. C’est un bon marin qui a pas mal bourlingué autour du monde. Il est accompagné par Thomas, son équipier qui débute. A 14H30, de retour sur Sabeline, nous quittons aussitôt le port, en route vers l’ile de FAIAL, une traversée d’une journée 135 M. dès que nous quittons la zone abritée de l’ile, nous trouvons un bon vent de 15 nd mais pas dans le bon sens, nous sommes encore au près !
Samedi 19 mai Le près se transforme en largue puis portant en fin de parcours. Nous suivons la cote sud de FAIAL dans l’après midi, L’ouest de l’ile est très aride, témoignant de la dernière éruption de 1958. L’ile s’est agrandie par un promontoire de 160m de cendres et de roches volcaniques. En arrivant près d’HORTA, la ville principale, nous contournons le Monte Da Guia et remontons le dernier mile au moteur contre un vent fort, accéléré entre les deux iles de FAIAL et PICO. Nous arrivons près du ponton d’accueil, et nous reconnaissons tout de suite Emmanuel qui nous fait des grands signes. Nous accostons à couple d’un grand voilier pour faire les formalités et le plein de gasoil. Nous prenons place au ponton B à coté de KAZOU. Nous prenons un pot à bord de Sabeline avec Manu et Victor. 5/21/2007 La traversée Antilles - AcoresVendredi 20 avril Nous ne partons pas aujourd’hui, c’est un vendredi, et comme chacun sait, on ne prend pas la mer un vendredi. De toute façon, il nous reste encore plein de choses à faire : Aller chercher une bouteille de gaz, passer à la poste pour envoyer nos dernières évaluations du CNED, transformer notre maison flottante en navire hauturier, presque en sous-marin, et profiter de notre forfait internet au chantier GEMIGA, pendant que la lessive tourne à coté. Le chantier naval a aménagé un bar-billard-bibliothèque et un coin laverie, pour les navigateurs qui ce sont installés ici. Nous franchissons une troisième et dernière fois le pont de Sandy Ground, et allons mouiller près de la marina. A peine ancré, une annexe arrive en vitesse, c’est Alain. Il nous a reconnu et vient nous saluer. Nous discutons longuement, jusqu’à l’heure de l’apéro, puis nous partons en ville ensemble pour diner « Au Village ». Toujours aussi bon, nous passons une bonne soirée, en évoquant bien sur nos souvenirs de Casamance.
Samedi 21 Avril C’est le jour du départ, mais j’ai encore quelques étanchéités autour des hublots à refaire, ensuite nous avions promis d’aller voir des photos de la Casamance sur Ysé, le Via 36 d’Alain. Vers 13h, nous passons dire au revoir à Yolande et Francis, sur le Roi Arthur. Il y a un ami canadien, et nous bavardons beaucoup. Nous rentrons sur Sabeline, les enfants se baignent longuement pour profiter de l’eau à 29° et l’air à 30° (nuageux aujourd’hui). Le temps de casser une croute, dégonfler et nettoyer l’annexe, il est 17h lorsque nous quittons la baie de Marigot, salués par le roi Arthur. Nous partons pour une navigation de 2100 M en route directe (orthodromique), mais nous en ferons beaucoup plus pour aller chercher des vents favorables. Pendant une vingtaine de jours, nous ne verrons que la mer et le ciel. Nous sommes accompagnés lors de nos premiers miles par un faible vent portant, et surtout des gros nuages noirs. Ils se transforment vite en orage. Les éclairs sont impressionnants et plongent dans la mer. Tout d’un coup j’aperçois une tornade se former, nous roulons rapidement le génois, affalons l’artimon et débranchons toute l’instrumentation. Les éclairs se font de plus en plus menaçants, et suivent notre trajectoire, je décide, comme la terre est encore très proche, de ne courir aucun risque en s’abritant à l’anse Marcel, au nord de St Martin. Nous serons prêt pour partir demain matin, et nous profitons même d’un réseau Wifi.
Dimanche 22 Avril A Midi nous levons l’ancre, et nous bénéficions d’un bon vent, de sud est, mais il ne dure pas longtemps. L’alternateur d’arbre ne fonctionne plus, le régulateur est HS. Tant pis, nous nous en passerons, pour l’instant le moteur assure la production d’électricité. Le début de la nuit est assez pénible, il y a des éclairs partout, et nous slalomons entre les masses sombre des nuages, tantôt vers le nord, tantôt vers l’est, mais toujours au près, aidé du moteur. Un oiseau de mer épuisé, genre frégate se pose sur un pare-battage et nous accompagne une bonne partie de la nuit. Dakar en est tout retourné, il se venge sur les poissons volants, qu’il va chercher sur le pont, avant qu’on s’en aperçoive. 10 miles parcourus, à l’heure de la vacation, (20H heure française).
Lundi 23 avril C’est l’anniversaire de Karine, les conditions n’ont pas changé, à la remise des cadeaux, il faut même prendre un ris, une petite tornade se forme et nous envoie du 20 nd. Jean nous conseille de faire du nord, Nous hissons la trinquette et montons vers le Nord Ouest, direction New-York, à 60° du vent, Sabeline ne tape pas trop et c’est plus confortable pour nous. Je trouve une solution pour utiliser l’alternateur d’arbre, mais sous surveillance. 87 M parcourus
Mardi 24 Avril Nous perdons de l’est et le moral avec, on s’éloigne des Acores, mais Jean insiste, alors nous continuons, le vent monte à 25 nds. Heureusement nous dormons bien et nous supportons bien les conditions. Les gros nuages se dissipent, le baro remonte, comme l’avait prévu Jean. 102 M Parcourus
mercredi 25 avril Le moral remonte, le vent faiblit à peine mais il y a du soleil, c’est déjà ça. L’équipage a trouvé son rythme, les quarts s’organisent. Les repas sont vite préparés, car il est difficile de rester debout dans le carré. 110 M parcourus
Jeudi 26 avril Maintenant le vent nous permet de faire du plein nord. Ce n’est pas la route directe, mais au moins, nous ne nous éloignons plus de notre but. Message rassurant de Jean : « Un front va passer à 1025, tu tournes à droite, fini la galère, la mer se calme, tu es sur la bordure Est de l’anticyclone, c’est gagné pour les Acores » Vite dit ! Le soir le vent monte encore, nous conservons toujours la trinquette, la GV 2 ris, et en fonction du vent, envoyons un bout de génois et l’artimon 1 ris. Ainsi, le bateau reste très bien équilibré, les manœuvres de réduction de voilure sont aisées, et comme le centre de propulsion des voiles est bas, le bateau gite relativement peu (15° en moyenne). 124 M parcourus
Vendredi 27 Avril Nous continuons toujours notre route au nord, cap sur les Bermudes, c’est déjà mieux que New-York. Sabeline avance bien au près, mais il faut parfois réduire la vitesse pour ne pas taper sur les vagues, certaines explosent sur le flanc tribord de la coque, fait trembler tout le bateau, comme deux TGV qui se croissent dans un tunnel, copieusement arrosé lorsque les gerbes d’eau retombent sur le pont. 132 M parcourus
Samedi 28 Avril Nous sommes arrivés 170 M aux sud des Bermudes, encore plus à l’ouest que St Martin mais le vent tourne au sud est et nous prenons à droite au premier rond point. Il y avait une pizzeria, mais c’était fermé. Sabeline se retrouve avec le vent de travers et file à 7 nds. 109 M parcourus
dimanche 29 avril Nous avançons notre heure locale d’une heure, pour s’habituer progressivement à l’heure des Acores (+4h). Sabeline a bien avancé, battant son record de vitesse en 24 h. Jean nous demande de suivre l’isobare 1020, donc une route vers l’est. 147 M Parcourus Lundi 30 avril Les jours ne se ressemblent pas. Quelques orages obligent Karine à faire plusieurs manœuvres pendant son quart. L’après midi, le vent ne suffit plus pour pousser Sabeline, nous démarrons le moteur. Jean nous annonce une dépression fin de semaine, il ne faut pas dépasser le 31°N. 112 M Parcourus
Mardi 1er Mai Je réveille Karine à 0h15 : « non je ne me lève pas aujourd’hui, c’est férié. » Toujours la même pétole. Nous en profitons pour se baigner, améliorer la cuisine, faire un peu d’école. Nous observons quelques globicéphales un peu trop loin. Au coucher de soleil, nous prenons un petit apéro, il faut bien fêter ce jour férié ! 100 M parcourus
Mercredi 2 mai Le moteur ronronne toujours, à 1400 tours/min seulement, Sabeline avance à 4,5 nd et consomme peu de Gasoil. Environ 1,5l à l’heure. Il n’y a plus aucune irisation sur l’eau. Seule la houle nous rappelle que nous ne sommes pas sur un lac. Le soleil, la lune et chaque nuage se reflète à la surface de l’eau. Au plus chaud de l’après midi, nous nous baignons, et plongeons avec les masques dans l’immensité bleue. Les rayons du soleil convergent vers le néant des profondeurs. Ce soir le coucher de soleil est particulièrement beau, ses couleurs se reflètent dans l’océan. 103 M parcourus.
Jeudi 3 Mai Le jour se lève, le moteur tombe en panne, heureusement un cliquetis attire mon attention, la courroie de l’alternateur et de la pompe à eau est détendue, j’arrête le moteur avant qu’il ne chauffe. Un boulon du système de tension est cassé. Vite réparé. En Soirée le moteur s’arrête, volontairement, le vent est revenu. 111 M parcourus
Vendredi 4 Mai Navigation agréable au travers, toutes voiles dehors Sabeline file à 6 nœuds, sur une mer belle. En fin d’après midi, Karine aperçoit un cargo, nous n’avions plus vu de trace de vie humaine depuis plusieurs jours. Plus tard, je regarde machinalement vers l’avant, Sabeline pointe droit son étrave sur un groupe de cétacés. Nous nous écartons un peu, mais passons à 20m juste pour identifier ces mastodontes. Il s’agit de 4 orques épaulards d’une dizaine de mètre, Grosse tète, aileron impressionnant. Ils ont plongé lorsqu’ils nous ont vus. 118 M parcourus
Samedi 5 Mai Le vent a tourné au SE, on se retrouve de nouveau au près. A 4h du matin nous prenons 2 ris dans la GV, 1 ris dans l’artimon, hissons la trinquette. Nous croisons encore un cargo, évidement nous sommes sur la route Panama-Gibraltar. Il passe relativement près et nous établissons un contact radio en VHF. Karine lui demande s’il nous a vu, et dialoguons un peu mais notre vocabulaire en anglais est vite limité, notre interlocuteur est dans la même situation. Jean nous donne enfin le feu vert pour monter un peu, cela permet de faire une route plus directe, et d’utiliser ce vent, de travers. 129 M parcourus.
Dimanche 6 mai Sale temps aujourd’hui. Le ciel est très couvert comme en Bretagne en novembre, c’est le front froid de la dépression. Il pleut, et le vent change de direction et de force lorsqu’il y a un grain (5 à 22nd). Karine n’est pas en forme, diarrhées et maux de ventre. Je la remplace pour son quart de 8h à 12h. Jean nous a indiqué un waypoint à suivre, nous faisons route au 50° si le vent le veut bien. mais je suis obligé d’intervenir tous les quarts d’heure pour régler les voiles, réduire ou envoyer, régler le cap. Nous sommes en panne de gaz pour la cuisine du diner, c’est le détendeur qui est HS. Il n’a pas supporté les gerbes d’eau de mer qui ruissellent sur le pont et dans la baille à bouteilles de gaz. Heureusement, j’en ai un de secours. 117 M parcourus.
Lundi 7 Mai Les jours se suivent mais ne se ressemblent pas. Le soleil est revenu, le vent de Sud-Est, stable, modéré, de travers. j'espère que nous avons pris le bon train cette fois, celui qui va nous mener à notre but, l'Orient Express bien sur. Mais Jean nous annonce une nouvelle dépression pour demain, beaucoup plus proche de notre position, et nous conseille de lofer un peu vers l’est, cap au 70° de façon à rester au sud de la dépression. Il faut donc se remettre au près. Une fixation de latte sur la GV est cassée, réparée avant que les conditions ne s’aggravent. Je prends trois ris, histoire d’anticiper un peu. Karine est toujours patraque. 130 M parcourus.
Mardi 8 mai Nous avançons bien avec un vent de SSW (sud-sud-ouest), de travers. Mais nous ne sommes pas sur notre route. Je consulte Jean et nous changeons de cap, pour faire du nord, vent dans le cul, vers le milieu de la dépression. Ce n’est pas pour autant très agréable, car il pleut des cordes. Karine étend une bâche devant la descente. Je tangonne le génois pour passer la nuit. 140 M parcourus
Mercredi 9 mai Le portant n’aura pas duré longtemps : à 4 h, le vent tourne, il faut empanner. A 6h, nous passons au près de nouveau, Bâbord amure, avec un vent de Nord Est. Enlever le tangon, hisser la trinquette et tout le bazar. La pluie s’arrête enfin, nous sommes passés de l’autre coté de la dépression, le baro remonte, le vent monte, la température descend. Nous faisons un cap au 87° trop sud par rapport à notre but, mais le vent est juste contre notre objectif. Nous n’arrivons pas à bien remonter le vent car le treuil de la dérive est grippé, il n’a pas supporté les projections d’eau de mer du puits de dérive lors de la première semaine au près. En milieu d’après midi, un banc d’une trentaine de dauphins nous accompagne pendant un bon moment. Les enfants sont heureux de revoir des dauphins, de les voir sauter et jouer dans l’étrave. Nous n’en avions pas observé depuis longtemps, il doit faire trop chaud aux Antilles pour eux. 113 M parcourus
Jeudi 10 mai Suivant les conseils de Jean, nous virons de bord, cap au Nord-Ouest pour aller chercher des vents portants, on s’écarte encore des Acores. Le treuil de dérive est dégrippé et nous faisons un meilleur cap. Mais le vent fini par mollir, c’est un soulagement, et en début d’après midi, le moteur aide la progression de Sabeline à travers une nouvelle zone de pétole. Nous en profitons pour se reposer et se ressourcer. Ce soir admiration des dauphins sous le soleil couchant. Les enfants sont sur le pont avant, bien attachés et bien habillés car il fait très frais. 20° dans l’air, eau à 22°. Depuis quelques jours, nous avons remis les pantalons, chaussettes, polaire, et veste de quart suivant le temps. Cela nous change bien des tropiques où nous pouvions naviguer jour et nuit, en maillot de bain. Ce soir diner pizza « Acores » (recette sur demande). Je rédige ces lignes, pendant mon premier quart de nuit. Il y a plusieurs jours que je n’ai pas tapoté le clavier, les conditions ne s’y prêtaient pas. La nuit est enfin étoilée, l’anticyclone des Acores nous ouvre ses portes. 105 M parcourus.
Vendredi 11 Mai Toujours la même pétole. Après le coucher de soleil, le vent de NW arrive de travers, Sabeline file enfin. En milieu de nuit nous sommes obligés de réduire. Pendant son quart, Karine aperçoit un feu, elle lance un appel à la VHF, c’est un voilier anglais « Free Peter » parti d’Antigua pour une escale aux Acores. 109 M parcourus
Samedi 12 Mai La bulle de pétole nous accompagne, heureusement le moteur tient bon. Les voiles l’aident un peu, mais surtout stabilisent le bateau qui se dandine au rythme de la houle de NW. Il reste 227 M à l’heure de la vacation. Nous avons des nouvelles de Lady Quattro, ils ont mis 19 Jours par l’option nord. La mer nous offre ses plus beaux portraits, les dauphins viennent nous rendre visite, et nous observons une espèce courante par ici, des méduses à voile. Invertébré qui utilise le vent pour se déplacer. Elles laissent dépasser de la surface un demi-cercle transparent, strié d’une armature rose. Elles sont très venimeuses et mortelles. Je profite de ce calme pour relever quelques hauteurs du soleil, et pour m’initié à la navigation astronomique. 119 M parcourus
Dimanche 13 Mai Nous approchons du but, et un peu de vent de SE devrait nous accompagner pour la fin. Le bateau file bien, le vent de travers nous fait giter, mais c’est relativement confortable et rapide. J’en profite pour confectionner des nouveaux leurres de traine, pour pécher un peu. Nous n’avons pratiquement pas déroulé la ligne de traine lors de cette traversée. Au près nos déplacements sont tellement difficiles que nous évitons tous mouvements superflus, et au moteur nous savons que les poissons ne mordent pas, nous n’allons pas assez vite. J’ai seulement eu une touche d’une grosse bête qui a cassé le filin de bas de ligne en Inox. Comme chaque soir, lorsque les enfants sont endormis, nous regardons des DVD, c’est très agréable, surtout lorsqu’il n’y a pas beaucoup de manœuvres à faire. Nous lisons aussi beaucoup, mais le temps est limité. Nous effectuons nos derniers quarts, et nous avons hâte d’arriver pour passer une bonne nuit de sommeil. Nous avons de plus en plus de mal à nous endormir, et le réveil est difficile. Bien que nous dormions correctement, le bruit du moteur n’est pas reposant. Nous ressentons aussi le décalage horaire. IL fait très froid ce soir, à peine 20°. 111 M parcourus
Lundi 14 Mai La nuit est noire, et la mer nous émerveille encore, le sillage de Sabeline s’illumine sur une dizaine de mètre derrière la poupe à cause du plancton phosphorescent. Les dauphins jouent dans l’étrave, nous entendons leurs chants aigus à travers la coque. 6H, nous ne sommes plus qu’à 22 Milles de FLORES, les premières lueurs de l’aube nous dévoilent le contour de l’ile, recouverte de nuages. Sabeline est escorté par une colonie de fous, qui s’intéressent à la ligne de traine. Bingo, l’un deux se prend le bec dans l’hameçon, il entraine la ligne dans les airs, et fini par se libérer. Nous tangentons la cote sud, très austère avec ses falaises noires dont le sommet est cachée dans les nuages. Nous entrons dans la baie de PORTO DAS LAJES, entourée de roches volcaniques sombrent, protégée sommairement par une jetée impressionnante. L’eau est noire et froide. Nous mouillons l’ancre au milieu, nous sommes le seul voilier. Nous tirons la manette d’arrêt du moteur, et tout devient calme. On va pouvoir aller se coucher. Manque de pot, un officier de l’immigration nous fait signe sur le quai, il nous attend pour faire les formalités. Nous sortons l’annexe de la cabine avant, et je la gonfle sous un crachin breton. Je me couche en fin de matinée après avoir fait les papiers avec l’officier. Pendant ce temps Karine fait un peu de nettoyage et de rangement. Nous débarquons tous ensemble en fin d’après midi pour visiter le port et ses ruelles. Nous dinons chez Paula le seul petit resto du coin. 116 M Parcourus (en 18 heures)
Bilan de la traversée : La traversée s’est bien déroulée dans l’ensemble. Nous n’avons pas eu de chance au début Nous sommes partis avec des vents de Nord Est, alors qu’à cette période les Alizes tournent au Sud est. Nous aurions peut-être du attendre un peu. Nous avons été contraints de faire du près vers le nord Ouest la première semaine, pas du tout dans la bonne direction. Ensuite les vents ont tourné, nous avons suivi le parallèle 31° Nord, pour éviter les dépressions qui nous faisaient peur, mais qui auraient pu nous apporter des vents portants. Nous avons traversé une zone de pétole. Ensuite lorsqu’il fallait monter vers les Acores une dépression est arrivée, nous n’avons pas saisi ses vents portants, mais avons subit ses vent de nord, contre notre route. La dernière semaine, il fallait aller au nord chercher des vents favorables, mais ils ne nous ont pas attendus. Encore une zone de pétole. Jean nous a guidé suivant ses informations météo. Il a bien suivi nos consignes, je lui avais dit avant de partir que je préférais la pétole à une tempête. Mais c’est vrai que je ne m’attendais pas à faire autant de près et autant de moteur. La mer est capricieuse.
Le bateau : Sabeline a bien encaissé ses longues périodes de près, les seuls soucis techniques : la fixation d’un alternateur moteur, un coulisseau de grand voile, le treuil de la dérive grippé, le détendeur de la bouteille de gaz. Tout a été résolu en mer, reste le filet posé sur les filières arraché par les paquets de mer qui courent sur le pont avant, nous le refixerons à l’escale.
Distance parcourue : 2545 M (au lieu de 2100 en route directe) Au près : 1300 M Au portant : 90 M Au moteur : 650 M Au largue : 500 M
Durée : 21 Jours, 22 heures + 4 H de décalage horaire = 22 jours et 2 heures.
Conclusion : si vous voulez aller aux Antilles, prenez l’avion ! |
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