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6/23/2006 Bientôt le Départ
BIENTOT LE DEPART …
Karine, A mes collègues du CHR...
Ca y est, j'ai fêté mon départ de l'Hôpital avec mes collègues matelots et je les remercie pour leurs différentes surprises, Jean-Michel se joint à moi surtout pour le souhait que vous avez réalisé et aussi pour ces paroles :
C'est un fameux deux mâts appelés "SABELINE" Hisse et Ho, SANTIANO A la barre notre copine Karine Deux enfants et un mari "MATELO"
Tiens bon la barre et tiens bon le vent Hisse et Ho, SANTIANO Si dieu veut toujours droit devant Nous irons jusqu'à PORT NAVALO
Je pars de longs mois en laissant l'HOSTO Hisse et Ho, SANTIANO D'y penser j'avais le coeur GROS Oubliant mes collègues de BOULOT. Patrick
A bientôt et bonne route à vous au CHR.
Depuis les journées passent vites car il faut vider les placards de la maison, la nettoyer car elle est louée à partir du 1er juillet, les derniers préparatifs du bateau, les courses, les derniers traitements contre les moustiques et vaccins...
Jean-Michel et les enfants finissent le 30 juin.
Vendredi 30 Juin : Nous avons récupéré nos enfants à l’école, les instituteurs nous ont remis les dons des parents d’élèves de la Chalotais, cahiers, crayons de couleur, stylos billes et même des petits cadeaux ! Nous les remercions vivement, et nous espèrons pouvoir vous informer sur ce blog de l’issue de ces fournitures scolaires, le but étant d’aider une ou plusieurs classes d’un village du Siné Saloum.
J’en profite pour remercier aussi toutes les personnes qui nous ont offert des objets publicitaires qui nous serviront à faire des petits cadeaux au cours de notre voyage, ainsi que les personnes qui nous ont fourni du matériel médical.
Le déménagement a été très dur pour Karine les derniers jours. Nous avons fait l’état des lieux de notre maison ce matin à 9h, ça a duré 2 heures ! Nous rencontrons nos locataires polonais, et nous avons réussi à se comprendre autour d’une petite bière.
Samedi 1er juillet Nous sommes retournés pour leur remettre leurs clés et saluer une dernière fois nos voisins, accueil sympathique et chaleureux (il faisait 35°c). Nous allons squatter chez les parents de Karine, car nous avons encore beaucoup de choses à faire dans le coin, dont une réunion de famille.
Lundi 3 JuilletAujourd’hui, Yoan est parti à Quimper en séjour jusqu’à vendredi. Nous avons changé de squat : Mes parents à Rennes pour leur installer notre ordinateur fixe, et essayer de faire fonctionner l’Iridium sur le Portable. C’est la journée galère informatique !
Mardi 4 JuilletLes essais de l’Iridium en modem n'ont rien donné, je suis allé cet après midi à Vannes chez un spécialiste pour arriver à la conclusion que le modem ne marchera pas. Ce n'est pas grave, on se passera d’envoyer des mails, on attendra les escales.
Jeudi 6 JuilletAprès un dernier squat chez Isabelle et Alain, nous embarquons enfin à bord, sur notre mouillage situé entre 2 ponts, en tant que SDF, ça nous va très bien. Jusqu’à ce soir, nous avons chargé le bateau, les deux voitures et la remorque étaient pleines. Nous voyons inévitablement la ligne de flottaison s’enfoncer, mais Karine trouve une place pour tout. Anthony et Yann, deux de mes collègues, ont passé la soirée avec nous, merci les gars.
Vendredi 7 JuilletBallade à Rennes pour faire quelques achats, et récupérer Yoan de retour de Bannalec. Dîner tardif chez Annette et Robert.
Samedi 8 JuilletNous retournons à plouër, déjeuner avec Monique et Michel, une mauvaise manip sur leur appareil photo nous oblige à aller à Dinan, nous revenons juste pour accueillir Fred (collègue de chez FLYGT) avec sa petite famille, il s’en donne à cœur-joie comme Arthur et Léon, il se baigne, plonge de la delphinière, et monte même au mât pour mériter son apéro, comme ses précédents collègues, bonne blague ! Un vrai marin.
Dimanche 9 JuilletJe commence enfin un peu de bricolage, puis déjeuner chez Monique et Michel. Nous rejoignons à l’écluse du Chatelier Pascal et Laurence de Vern, qui arrivent des Landes d’Apigné par le canal d’ille et Rance, avec leurs 2 enfants à bord de leur voilier, un Mousquetaire. De retour à notre mouillage, Jean-André et Fabienne nous attendent, nous leur faisons visiter notre bateau puis nous partons mouiller notre ancre en face des Moulins, où il y a beaucoup moins de vent. Après une période de pluies le baromètre remonte, c’est que le départ approche… Les enfants se baignent, c’est le bonheur !
« Dès que les vents souffleront, nous nous en allerons, Dès le vent soufflera, je repartira, tan tan tan »
Lundi 10 juilletJe me penche sur le moteur, depuis jeudi dernier il a besoin de 2 Batteries en parallèle pour démarrer. Laurent vient m’aider et démonte le démarreur : un ressort de balai cassé, hop un tour à St Malo, pour diagnostiquer que le démarreur est mort : induit grillé, il m’en trouve un neuf pour demain.
Pendant ce temps, Elodie s’est blessée au pied en sautant dans l’eau, elle est tombée sur un objet tranchant enfoui dans la vase. Yoan a été héroïque en secourant sa sœur, la mettre dans l’annexe et la reconduire à bord de Sabeline, où Karine a pu lui faire les premiers soins. Je suis arrivé à ce moment. Karine a emmené Elodie à l’Hôpital de St Malo, on lui a fait 6 points de sutures ! 8 jours sans baignade.
Les Galères continuent alors que nous ne sommes pas encore partis, comme dit Laurent, nous pourrions passer l’hiver à La Hisse, et pour Noël on pourrait même s’offrir une ballade à Dinan ! Ces petites avaries ont au moins le mérite de nous entraîner aux aventures qui nous attendent, lorsque le bateau sera prêt, encore 2 Jours et les vents auront tourné à l’Est pour nous accompagner…
Mardi 11 JuilletNous avons fait un dernier approvisionnement, et remonté un nouveau démarreur, Elodie s’accommode de sa blessure, elle ne souffre plus et elle arrive à se déplacer dans le bateau, la seule chose qui l’ennuie : elle ne peut pas se baigner.
Mercredi 12 JuilletNous avons continué nos préparatifs, courses sur St Malo, pour trouver une sonde d’alarme de température du moteur, nous avons reçu André, thérèse et isabelle à bord ainsi que Marie Claude et Yves qui ont fait beaucoup de route pour nous souhaiter un dernier « bon vent ». Le soir venu, les parents de Karine sont repartis tristement en nous demandant d’être très prudents, et que les enfants reviennent avec un bon niveau de lecture.
J’ai trouver un moment pour monter les derniers panneaux solaires, et j’en suis très satisfait. Nous échangeons notre annexe en polyester contre notre annexe pneumatique.
Jeudi 13 juillet 2006 : Jour du Départ !Beaucoup de chose à faire au dernier moment mais nous préfèrons bien préparer le bateau. Après avoir remisé la voiture dans un garage, vers 19H, nous quittons Michel et Monique à la cale des Moulins, nous nous souhaitons un joyeux noël, une bonne année. Nous remontons l’ancre, l’émotion est grande.
Nous arrivons au barrage 10 min trop tard, le coef de marée est de 95. Nous rentrons dans le sas à 20H20, mes parents sont là avec des sandwichs. Vers 21h les portes de l’écluse s’ouvrent vers notre nouvelle vie. Nous larguons nos amarres, et saluons une dernière fois Michel et Monique avec des grands signes. La gorge serrée, nous nous dirigons vers Solidor prendre une bouée pour passer la nuit.
6/5/2006 SommaireSOMMAIRE
Nous avons prévu de partir début juillet 2006 pour un voyage en voilier avec nos deux enfants Yoan et Elodie. Nous partons de Plouer sur Rance (Bretagne 22) pour nous diriger vers Madère, Canaries, Dakar, Le Siné Saloum, Le Cap Vert et les Antilles. C’est un projet qui nous tient à cœur depuis longtemps et qui va bientôt se concrétiser grâce à notre persévérance de chaque jour.
Après les pages du carnet de bord que nous essayerons de tenir à jour, vous trouverez sur ce blog les chapitres suivants :
L’équipage : Karine, Jean-Michel, Elodie et Yoan Le projet : Point de vue de J Michel et de Karine Le Bateau : Histoire, Description et Inventaire de Sabeline La Préparation : depuis 5 ans à Juin 2006.
Présentation de l'équipage
Pour nous joindre :
L’ EQUIPAGE
Nous avons prévu de partir début juillet 2006 pour un voyage en voilier avec nos deux enfants Yoan et Elodie. Nous partons de Plouer sur Rance (Bretagne 22) pour nous diriger vers Madère, Canaries, Dakar, Le Siné Saloum, Le Cap Vert et les Antilles. C’est un projet qui nous tient à cœur depuis longtemps et qui va bientôt se concrétiser grâce à notre persévérance de chaque jour.
Jean-Michel
39 ans, technico-commercial depuis 15 ans Dans la même société (FLYGT) qui commercialise des pompes « pas des chaussures, mais des pompes à eau ». Je suis passionné par la mer et les bateaux : Déjà sur le Tabur de papa je baladais ma sœur ou mes cousines et je tendais un K-way sur un manche à balai pour faire avancer le bateau avec le vent, fallait pas être pressé. J’ai fini par casser le bateau, il n’a pas résisté aux sauts sur les vagues (au moteur bien sur).
Vers 20 ans, étudiant à St Malo, avec trois copains, on partait en dériveur 420 vers Cézembre pour faire de la chasse sous-marine, mais je prenais beaucoup plus de plaisir pendant les trajets à la voile, le bateau qui glisse sur l’eau, sans bruit de moteur, et en équilibre constant… Un an plus tard, je trouvais une épave de 420 (500 F) à l’école de voile de Lancieux, stratification polyester, peinture, confection des pièces manquantes, remplacement de l’accastillage récupération d’une remorque, mes parents m’ont aidé à le mettre à l’eau (au Basbout à marée basse). Après quelques connaissances livresques, je me suis lancé : Au premier empannage, j’ai fait 2 tours sur place sans comprendre ce qui se passait. Lorsque je maîtrisais mieux l’engin, des copains ont bien voulu m’accompagner, certains ne s’en sont pas remis (hein Yann !) puis une copine : Elle était un peu patraque, je pensais au mal de mer, lorsque j’ai eu la bonne idée de l’inviter au resto et de lui parler bonne bouffe, elle a décoré le bateau. En fait, elle avait une gastro et elle n’avait jamais mis le pied sur un bateau. Quel courage ! Quel amour, c’était Karine. Nous avons sillonné la Rance et les abords de St Malo, jusqu’au cap Fréhel, bien au delà des limites imposées par ce dériveur considéré comme un engin de plage, nous faisions déjà de la petite croisière à la journée. Le 420 a été revendu 4000 F (Quel business !) Nous faisons un break de plusieurs années, juste le temps de faire des bébés, et de continuer à m’entraîner avec des voiliers habitables de l’association « voiles 35 » et d’autres propriétaires en manque d’équipiers. Nous avons acheté un EDEL 5 « MARARA-ITI » (petit poisson volant en tahitien) de 5,5m sur lequel nous avons fait notre première semaine de croisière, à BREHAT. Le test était positif, d’une passion commune, un an et demi plus tard, en traînant au salon du Mille Sabord au Crouesty nous avons pris possession d’un START 7 7,5m que nous baptisons «ELODYAN ». Nous naviguons sur le sud Bretagne, et louons un mouillage à LA ROCHE BERNARD. Découverte des ports et des îles du sud jusqu’à l’île d ‘YEU : C’est le bonheur ! L’année d’après en 2004, ELODYAN nous emmène de PLOUER à Camaret, malgré les vents contraires et les mauvaises conditions cette année là. Notre bateau est un peu petit pour cette croisière, les creux de 3m nous malmènent dans notre petite coque de noix et sous voiles, nous ne pouvons pas nous aider au moteur, suivant le bord, le hors-bord est soit presque sous l’eau, soit l’hélice ne baigne pas.
Il est temps de changer, il nous faut une unité capable de nous accompagner dans notre projet que nous avons décidé le 28 décembre 2001 (voir lien projet).
Karine
33 ans, j’ai vécu en pleine campagne avec ma famille à Mordelles, quand j’allais voir la mer c’était l’événement de l’année et encore on n’y allait pas tous les ans ! Qu’est ce qu’on était heureuse avec ma sœur ! Ensuite vers 11 ans, j’ai eu la chance d’y aller trois étés de suite avec une autre famille qui m’échangeait contre un grand-père (l’air de la campagne lui faisait du bien) et moi j’étais sur mon petit nuage : camping, plage pendant trois semaines génial. C’est là que j’ai apprécié la mer et les GRANDS voyages (à peine 100 kms de chez moi et en plus avec le mal des transports).
J’ai eu la chance de rencontrer Jean-Michel lors de mes 18 ans, il m’a fait goûter à sa passion qui a été un peu houleuse la première fois, mais c’est agréable de se retrouver sur la mer, on a l’impression d’être libre. Même s’il m’arrive encore d’avoir le mal de mer, ma motivation est toujours là.
Depuis notre rencontre, les vacances ont toujours été très importantes dans notre vie même si à l’époque nous n’avions pas beaucoup de moyens puisque j’étais encore étudiante quand on s’est installé dans un studio de 35 m2. Nous partions en canadienne, une glacière et deux pailles pour s’asseoir, ainsi qu’un petit réchaud. Ce qui nous a permis de visiter notre beau Pays qu’est la France (entre mer et montagne). Quand j’ai commencé à travailler nous sommes partis voir d’autres pays la Grèce, la Tunisie, l’Espagne et le Portugal.
Je travaille depuis 12 ans au CHR de RENNES en tant qu’adjoint administratif. J’ai vadrouillé sur plusieurs postes à RENNES et à ST MALO (avec une superbe vue sur la mer). C’est avec regret que je demande ma mutation en 2002 sur RENNES, mais bon, qu’est ce qu’on fait pas pour se retrouver tout près de son mari et de son petit garçon puisque Jean-Michel se plait bien à son boulot, j’ai donc retrouvé un poste au Bureau des Entrées de l’Hôpital Sud à 5 kms de chez moi, c’est l’idéal pour les enfants puisque entre temps j’ai eu Elodie. Nous sommes heureux de pouvoir profiter de nos week-ends, de nos vacances à bord de notre bateau avec nos enfants, de se retrouver sans le stress de la vie de tous les jours et de leur faire découvrir la nature (sans bruit et sans pollution). Yoan et Elodie profitent pleinement des joies de la mer (nage, baignades, copains, ballades, …).
Yoan J'ai 8 ans 1/2 , j'adore le vélo, courir, nager, je me promène tout seul avec l'annexe (Zodiac à moteur) ou avec mes copains.
Elodie Moi j'ai 6 ans, j'adore les animaux, je pratique l'équitation, j'aime le bateau et nager, J'ai hâte de partir en voyage, pour aller voir l'Afrique et les antilles.
Présentation du projet
LE PROJET
Point de vue de Jean-Michel :
Crouesty 2001 : nous rencontrons des auteurs navigateurs présents sur le salon pour vendre leurs bouquins, ils ont osé tout quitter et aller au bout de leur rêve. Pour ma part, je trouve ça formidable, audacieux, mais il ne me viendrait pas à l’esprit de le faire. C’est alors que quittant un stand Karine me dit « Jean-michel, il faut qu’on le fasse ! » Ah les femmes, toujours en train de rêver, « bon on verra quand on sera en retraite » Pour l’instant on ne peut pas ! Que diraient nos proches, on a chacun un métier qu’on ne peut pas quitter (imagine la tête du patron), une maison, une famille, et où trouver l’argent ? L’idée fait son chemin : S’ils y sont arrivés pourquoi pas nous, attendre la retraite, ok, on aura du temps et de l’argent, mais aura-t-on l’envie de quitter nos enfants, de quitter nos parents qui, l’âge faisant, auront besoin de nous ? Aura-t-on la santé et le punch que nous avons actuellement ? Il faut peut-être profiter maintenant de notre jeunesse, il y a tellement de personnes qui ne peuvent pas le faire à cause d’un handicap ou d’un gros problème de santé…
une autre motivation concerne nos enfants : les récits que nous avions pu lire étaient très bénéfiques pour les gamins, d’une part le fait d’avoir des enfants à bord est un fabuleux passeport, ils abordent facilement les autres enfants, et nous permettent de mieux nous intégrer parmi les autres équipages ou les autochtones, d’autre part une telle expérience peut leur apporter une facilité d’adaptation, (à cause des nombreux changements de lieux et de personnes rencontrés), et un enrichissement personnel : ne dit-on pas que les voyages forment la jeunesse ? connaissances géographiques, histoire, biologie, astronomie, navigation, environnement, etc…
C’est ainsi que d’un commun accord, le 28 décembre 2001, nous prenons une grande décision : Nous partirons, en bateau et en famille, dans un délai de 5 à 8 ans, le temps que nos enfants atteignent l’âge idéal, et le temps bien sur de préparer notre projet.
Point de vue de Karine :
Depuis quelques années, je rêve de grands départs. J’aimerais tout quitter pendant quelques années pour découvrir les autres pays qui nous entourent, de partager des moments privilégiés avec ces habitants et de connaître leurs façons de vivre. J’en parlais de temps en temps à Jean-Michel mais nous nous disions toujours qu’on le fera lorsqu’on sera en retraite. On se donnait comme raison : ne pas faire de la peine à notre famille et ne pas prendre de risque pour nos jeunes enfants. Mais pourtant je pense que ce serait pour eux une bonne école que de voyager avec leurs parents, de pouvoir aller vers d’autres personnes qui n’ont pas comme nous la chance de manger à chaque repas, de porter des vêtements et de posséder plein de jouets pour leurs enfants. Beaucoup de choses qui nous paraissent indispensables pour vivre sont pour eux inaccessibles et pourtant ils arrivent très bien à vivre sans. Depuis notre rencontre en 2001, avec Jules de Tangaroa au salon du Crouesty, je n’arrivais plus à me détacher de l’idée de faire un grand voyage en bateau avec nos enfants. Je me disais que jamais on osera faire ce grand pas et que la retraite est trop loin. Pourquoi commence-t-on pas notre vie par la retraite tant qu’on est jeune et en bonne santé pour voyager et découvrir le monde ?
Et un jour, ce fameux 28 décembre 2001, on a pris une grande décision qui j’espère se réalisera, c’est de partir dans cinq ans avec nos deux petiots en bateau pour une durée de un à trois ans afin de naviguer tout d’abord dans la Méditerranée puis vers Dakar, le Cap Vert et peut-être ensuite faire le grand saut qu’est l’Atlantique. Mais pour le moment, nous passons beaucoup de temps à lire des récits de personnes qui ont osés faire ce départ afin de nous enrichir de leurs expériences et de nous donner plein de renseignements sur les différentes étapes qui nous attendent, la première est bien sur, les moyens d’acheter le bateau, de l’équiper, et de vivre notre aventure.
Point de vue d’Elodie :
Je suis contente de partir en voyage, je donnerai du pain aux requins et aux baleines, je jouerai au ballon avec les petits africains, ou les singes. J’irai faire la cuisine avec les mamans africaines et aussi j’inviterai des copines pour jouer avec mes barbies ou regarder la télé dans le bateau. J’espère que je ferai du cheval et qu’on pèchera des poissons.
Point de vue de Yoan :
J’ai hâte de partir en bateau pour rencontrer plein de gens qu’on ne connaît pas, et d’aller voir le monde ailleurs. Je vais construire des cabanes et jouer au foot avec des copains.
Le Bateau SABELINELE BATEAU
Un peu d’histoire…
Encore au Crouesty, novembre 2003 : Sans l’intention d’acheter, nous visitons des voiliers de voyage, c’est une première approche, de quoi se forger une opinion : nous visitons des bateaux en acier, en alu (trop chers), et en polyester de la taille des SUN FIZZ, l’habitabilité nous parait correcte, et le prix aussi, à condition de choisir un bateau de plus de vingt ans. Nos critères sont les suivants : Dériveur lesté ou éventuellement intégral 3 cabines, pour pouvoir s’isoler si besoin Pas plus de 12m pour le manœuvrer seul Solidité, et performances (gage de sécurité) Jupe pour le plaisir Préférence aux bateaux équipés TDM
C’est alors que nous visitons un MALLARD, bateau qui m’était inconnu sauf le constructeur étant aussi le celui du START 7. Il pleuvait des cordes, et voulant visiter l’intérieur, nous sommes surpris par l’occupante du bateau qui nous demande d’enlever nos chaussures, en effet, l’intérieur est chaleureux et sec (chauffage à air pulsé), la moquette au plancher finissait l’impression de confort. Après la visite des cabines et du carré panoramique, ainsi que les explications du propriétaire… c’est le coup de foudre.
Mais nous ne sommes pas venus pour acheter nous n’en avons pas les moyens, alors nous repartons avec des exigences supplémentaires : Désormais nous souhaitons un « Carré à salon de pont » pour voir la mer et ce qu’il se passe autour du bateau, lorsqu’on est à table. (Habiteriez-vous dans une maison en bord de mer, avec des meurtrières au lieu de baies vitrées ?) Le plancher étant surélevé il y a beaucoup de rangement dans la cale et la descente est moins abrupte, nous n’avons pas l’impression de descendre à la cave lorsqu’on est dans le bateau, de plus en navigation, on peut surveiller son environnement sans sortir du bateau, et ses larges hublots apportent de la luminosité à l’espace de vie, certes le roof est un peu plus vulnérable aux paquets de mer, mais nous n’irons pas dans les mers australes…
Nous visitons alors beaucoup de bateaux, mais à part le SUN ODISSEY 40 DS en dehors de nos moyens, nous ne trouvons pas mieux. En janvier 2005, sans en parler à Karine, je fais des recherches sur Internet, connaissant le nom du voilier, après longues recherches je retrouve l’adresse Mail du propriétaire suisse et je lui explique que nous cherchons toujours un bateau.
Ce mail resta longtemps sans réponse et un Samedi matin, le téléphone sonne, c’est M OGAY professeur de fac en retraite, et toujours propriétaire du bateau, car sous pavillon Suisse ce n’était pas facile de le vendre à un français, et il y était tellement attaché qu’il ne passait même plus d’annonce. Par chance, le bateau est resté en Bretagne, à Foleux, nous le visitons l’après-midi même, puis les rendez-vous s’enchaînent notamment avec l’expert. Les lourdes démarches pour le transfert sous pavillon français avaient déjà été bien engagées par le propriétaire.
Le 18 Mars 2005, Nous signons l’acte de vente, M OGAY nous invite au resto à la Roche Bernard, et faisons quelques ronds avec lui dans la vilaine pour au moins essayer le moteur, et écouter ses conseils, Nous gardons le contact avec lui. (Merci Eric)
DESCRIPTION DE SABELINE
MALLARD SEPTENTRION : Voilier de croisière grée en ketch à moteur auxiliaire. Dériveur lestéSabeline est un excellent voilier (plan Finot) doté d’un puissant moteur auxiliaire permettant d’assumer toutes les situations où le moteur s’avère indispensable Au près, il remonte très bien malgré un fardage relativement important. Dans une mer belle, avec une vitesse entre 6n et 7n. Il n’a rien à envier aux voiliers de sa taille Aux allures portantes son comportement est assez sensible et demande une conduite attentive et sportive. Au moteur, avec son hélice tripale, sa vitesse de croisière peut atteindre facilement 7nd Son gréement monté en ketch permet de répartir aisément les efforts et de gérer agréablement les nombreuses situations de mer et de vents Son faible tirant d’eau, lorsque sa dérive est relevée, permet d’élargir considérablement les possibilités de la croisière côtière. Il permet de diminuer la traînée induite et d’augmenter sa vitesse de quelques dixièmes de nœuds à toutes les allures (sauf au près !) Son habitat (roof) offre une excellente visibilité (genre salon de pont.)Il permet de contrôler, sous 270 degrés, depuis l’intérieur, la totalité de la situation extérieure sur tout l’horizon. Assis, dans le carré on peut contempler l’extérieur du fait de la position légèrement surélevée des banquettes. Des panneaux ouvrants sur le roof à l’avant permettent une aération optimum en été, rendant le bateau très agréable à vivre. Les trois cabines indépendantes doubles, avec petits lavabos incorporés sont étonnamment spacieuses pour un voilier de cette taille Une confortable hauteur sous barreau permet l’accès aisé à toutes les parties du bateau, des cabines arrière au cabinet de toilette à l’avant. Tout le confort moderne, du chauffage au frigo, rend les croisières agréables sous toutes les latitudes. Un accastillage très complet et une électronique abondante, vous autorisent à naviguer en catégorie hauturière avec un maximum de sécurité. Parfaitement entretenu, sortit de l’eau à sec pratiquement chaque année durant l’hiver ne présentant aucune trace d’osmose.
INVENTAIRE DE SABELINE
Type : SEPTENTRION, Construit en 1981 par les chantiers MALLARD à La Rochelle, Pont à cockpit arrière monté sur la carène du Mallard 1040. Hors tout : 11.80m Longueur coque : 10.80 m flottaison : 8.80m Largeur coque 3.45 m largeur à la flottaison : 2.45m Tirant d’eau dérive haute/basse : 1.20m / 2.20m Jauge : 11,4 tonneaux Poids à lège : 6 t Lest : 2t
Grand mât : En alliage léger insonorisé Un étage de barres de flèche 2winches,drisses intérieures, Rail de tangon, refait à neuf en 2005 remplacement des câble électriques projecteur de pont, feux de navigation, de mouillage, capteur anémomètre, neufs
Artimon : En alliage léger. Un étage de barres de flèche, drisses intérieures, Projecteur de pont.
Bômes : Alliage léger. Insonorisé Poulies et renvois de ris extérieurs. Palans d’écoutes, Hale bas rigide pneumatique et à poulies
Gréement :
Sur le pont :
Sur la jupe arrière :
Annexes de navigation :
Matériel divers :
Voiles :
Moteur :
Sécurité – survie :
Electronique et instruments de navigation :
Electricité : Tout le câblage a été refait en 2006 dans les règles de l’art, tous les câbles ont été remplacés, en respectant les sections 50, 35 et 25 mm² et les couleurs (+ 12v batterie en rouge, -batterie en bleu, masse sur plaque de masse et passe coque en vert/jaune, autres intermittents en noir). Les connexions serties sur cosses à oeils.
moniteur de batterie neuf ainsi que les deux tableaux électriques secondaires Circuit 220v refait en entier, avec 2 disjoncteurs différentiels 30mA
Confort :
Ce merveilleux bateau sera probablement à vendre à notre retour, avis aux amateurs…
La préparation
Les finances sont le premier problème, vendre la maison serait une solution, certains équipages l’ont déjà fait et habitent sur leur bateau, le temps d’effectuer les préparatifs, nous préférons louer notre maison pour ne pas perdre trop d'argent et garder ce qui représente une garantie de retour aux yeux de notre entourage. Ensuite nous ne nous engageons dans aucun emprunt bancaire, car c’est une obligation d’avoir des revenus et une prison que l’on referme sur soi, nous préférons nous priver de renouveler les voitures par exemple, c’est là que nous réalisons que nous vivons dans une société de consommation ou chacun a envie d’avoir plus que son voisin.
Les quatre premières années ont été ponctuées de période de doute pendant lesquelles on se disait « même si on ne part pas, on continue de faire comme si on partait », pour être dans de bonnes conditions, lorsqu’on sera décidé. Pendant ces années, Il a fallut faire des choix :
La durée : Un an est la durée mini ; tant qu’à prendre le risque d’y laisser nos emplois, l’école et notre maison, autant partir longtemps, mais au delà d’un an, je pense que notre famille nous manquerait et notre réintégration serait plus difficile. Nous souhaitons retrouver au retour notre vie actuelle, notre but n’est pas une rupture à la vie quotidienne mais un enrichissement de notre expérience et surtout celle de nos enfants. De plus nous n’aurions pas pu profiter du droit au congé sabbatique !
Le parcours : Faut pas rêver, on ne largue pas les amarres sans savoir oû on va… Celà dépend des vents, de la météo à certaines périodes de l’année, de la politique des pays visités. Après consultation des « pilots charts », du guide « Routes de grandes croisières » et des expériences des navigateurs que nous avons rencontrés, nous choisissons une route classique empruntant les alizés, à la bonne période. Le choix est plus difficile à faire entre l’Afrique et le Brésil (Salvador de Bahia, puis Belém) que nous aurions pu faire après le cap vert . Le passage de l’équateur aurait été une satisfaction, une coutume des marins veut que l’on se peigne le corps en rouge pour se promener nus sur le pont, (tant pis on se promènera nus, sans la peinture) mais la remontée au près (allure difficile) le long des côtes de l’Amérique du Sud vers les Antilles aurait été longue et pénible. (2000 Mn). Karine était attirée par l’Afrique, alors allons-y pour le Sénégal, Seul pays côtier de l’Afrique noire qui accueille correctement les Français. Par contre l’Afrique représente un risque sanitaire plus important, ce qui prend une part non négligeable de coût de vaccins et traitements sur notre budget. (Palu, moustiquaires et spray anti-moustiques, fièvre jaune, méningite, hépatite A, B, Typhoïde, ROR, DT polio)
Demandez le Programme !... Juillet : départ de St Malo, fin Août : Madère, Septembre : Canaries, Octobre : Dakar, Novembre Siné-Saloum, Décembre Cap-vert, Janvier à Mars Petites Antilles. Pour le retour des Antilles, nous nous accordons 3 options : · Vente du bateau en Martinique, retour en avion : si vraiment on en a raz le bol du bateau et qu’on veut rester 2 mois de plus aux Antilles avec un hébergement quelconque. · Retour de Sabeline par barge, que l’on récupère au Havre : si l’aller ne s’est pas bien passé et que nous avons peur du retour (habituellement moins confortable). · Retour dès avril 2007 Par les Açores pour visiter ces îles merveilleuses, rendez-vous des tourdumondistes, ce serait la consécration de notre projet. Le parcours prévu est précis mais nous nous autoriserons à changer le programme pour profiter d’un endroit qui nous plait et éventuellement griller certaines escales, pour respecter les contraintes météorologiques.
Ensuite, L’achat du Bateau en Janvier 2005 a été chargé en émotions… C’est la première étape du rêve, c’est aussi le premier engagement. Nous avons été saisis d’une période de doutes, La prise en main du voilier n’a pas été facile à cause de sa taille, mais nous nous sommes peu à peu habitués à le manœuvrer et week-end après week-end, nous avons apprécié notre achat. L’été 2005 de La Roche-Bernard à St Malo en 20 escales a été l’occasion de le tester, de faire des choix, et de tester aussi notre équipage.
Hiver 2005-2006 : C’est en Novembre 2005 que nous avons mis une date de départ à notre voyage : Juillet 2006. Il reste 7 Mois pour préparer le bateau. Un WE sur 2, je pars à Plouer pour bricoler à bord, le bateau est au sec, mais souvent il faut enlever une couche de neige pour ouvrir la descente. Le chauffage diesel du bord en profite pour me lâcher. (Voir détails des travaux « le bateau »).
C’est encore une période de doute et de tourment, Il va falloir l’annoncer à nos parents et nos employeurs. Le 24 novembre je l’annonce à mon chef d’agence, La surprise est totale, mais il prend ça bien et même il m’encourage malgré tous les problèmes que celà va engendrer. Pour moi c’est un grand soulagement mais aussi un point de non retour : les dés sont jetés, maintenant il faut y aller…
Karine avait déjà fait de même avec son employeur, mais elle n’avait aucune appréhension, par contre pour elle le plus dur était de l’annoncer à ses parents, chose faite le 1er Janvier 2006, lors du repas de famille où nos parents de chaque coté étaient réunis. Après plusieurs tentatives, car Karine quittait toujours la table, j’annonce au moment du fromage, sans sa présence : « on a décidé de se faire un beau cadeau cette année ; nous partons en voyage pendant un an en bateau » ils ont respecté notre choix, et celà c’est bien passé.
Nous sommes complètement libérés des questions qui nous tourmentaient jusqu'à ce moment, et nous consacrons le week-end au bateau, et les soirs de semaine aux autres préparatifs : Nous avons suivi en février un stage de secouriste. Nous nous partageons les responsabilités afin que rien ne soit fait en double, et que chacun connaisse parfaitement son domaine : Karine s’occupe de la santé, l’éducation, la location de notre maison, la préparation touristique aux escales, le ravitaillement, la décoration et l’aménagement du bateau. Je m’occupe des travaux sur le bateau, de la navigation, de la météo, de l’informatique à bord, et de la communication.(c’est tout !) Le salon nautique de Paris en décembre, nous a permis de faire des choix importants, panneaux solaires au lieu d’une éolienne, avec les panneaux solaire pas de risque de prendre une pale dans la tête, pas de bruit et plus facile à monter sur un ketch. Téléphone satellite Iridium au lieu d’un émetteur BLU, le téléphone nous permet de rester en contact avec notre famille, et d’une utilisation plus simple. Parcours en solo au lieu d’être en flottille avec une association ou un rallye, ce qui nous évite les contraintes de dates de départ et de parcours imposé, nous trouverons bien des amis pour naviguer en flottille pendant chaque étape de notre voyage. La liberté à fond !
Nous avons rencontré Eric pour nous aider à recevoir des fax météo sur le pc, Pierre pour les cartes marines, personnes recommandées par Cécile, médecin, qui devrait nous apprendre aussi à faire des points de suture, et des piqûres. Merci à vous qui nous avez fait gagner beaucoup de temps.
Grâce à son punch, Karine est allée bien au delà de ce qui était prévu, c’est elle qui a réussi à créer ce blog, et qui vient à mon secours dès que je reste bloqué sur un problème.
Depuis cet hiver... Le mois de juin annonce les derniers préparatifs, Nous avons pris un peu de retard pour mettre le bateau à l’eau : grattage des anciennes couches d’anti-fouling, ponçage, et 2 couches de gel coat, ce qui protègera la coque de tout risque d’osmose. Il reste courant juin à monter, une paire de panneaux solaires et l’alternateur d’arbre que j’ai rebobiné. Les derniers WE seront occupés par le changement du bateau et le déménagement de nos affaires de la maison qui sera louée en meublée pendant notre absence à un chef d’entreprise qui logera 6 employés polonais. |
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