karine et J.Mic...'s profileKarine, Jean-Michel, Elo...PhotosBlogLists Tools Help

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    7/31/2006

    De ST MALO a MUROS

    1 ère Etape   ST MALO - MUROS (Espagne) 

     

    Vendredi 14 juillet

    Nous quittons St Malo après avoir fait le plein de gasoil, et après la dernière balise du chenal, je me retourne vers les remparts, déjà dans la brume, en réalisant que nous ne verrons plus cette image presque familière, et j’imagine la joie que nous aurons dans un an lorsque nous prendrons ce chenal dans l’autre sens.

    Nous mettons le cap sur Bréhat, le vent de 5 à 6 soulève une mer agitée et inconfortable pour une première navigation, par contre nous battons notre record de vitesse 53 M en 7 heures soit plus de 7,5 nœuds, avec des pointes à 9,5 nd Bien Sûr nous sommes aidés par le courant, nous avions pris la précaution de partir au jusant.

    Pour nous abriter des vents de NE, je choisis de faire une escale à LEZARDRIEUX, où nous resterons deux jours, le temps de reposer l’équipage, école, pêche, de continuer de m’occuper de Sabeline, et d’attendre que les vents soient moins musclés, nous profitons aussi d’un beau feu d’artifice tiré des berges du port, nous sommes aux premières loges.

     

    Dimanche 16 juillet

    Journée navigation avec le courant pour passer les Héaux de Bréhat, au moteur car il n’y a plus assez de vent, sauf en fin d’après midi où il est monté à 5. Arrivés au sud de BATZ, nous affalons grand voile et artimon et mouillons à l’abri. Le vent est frais et nous n’avons pas envie de sortir, sauf Elodie que j’ai emmené faire un tour d’annexe. Je passe ma soirée à réparer le pilote qui nous fait un coup de calcaire, le vérin fonctionne correctement mais il n’est pas bien alimenté, la panne doit venir de la carte de puissance.

     

    lundi 17 juillet

    Départ dès 7 h du matin, Il faut être au moment de l’étale à la pointe St Mathieu, car il est toujours très difficile, à cet endroit en particulier de progresser contre le courant, d’après mes calculs, nous serons aidés par le Jusant (courant dû à la marée descendante) de 10 h à 16 h, puis par le flot ensuite. Nous naviguons d’abord au moteur, puis envoyons les voiles dès qu’un peu de vent arrive, pendant ce temps je téléphone au fournisseur du pilote, qui me conseille un réparateur sur Brest, nous voulions aller à Camaret, mais nous risquons de ne pas trouver de réparateur en électronique, je prends rendez-vous pour demain à BREST.

    En face du phare du Four, nous commençons à sentir la chaleur, nous n’avions pas quitté les pantalons et les polaires depuis ST Malo, et c’est en short et tee-shirt que nous accostons au port du MOULIN BLANC.

    Yoan observe le Clemenceau, bateau identique au FOCH, sur lequel son papy Michel a embarqué.

     

    Mardi 18 juillet

    J’ai de la chance, la boutique du spécialiste en électronique marine est juste en face de la passerelle de notre ponton, sous le bar de Kersauson « Le tour du Monde ». Il fait la même analyse que moi et me conseille d’envoyer le pilote par la poste chez le constructeur, la poste est à une heure de marche, au port de commerce, heureusement nous avons embarqué un vélo, mais il fonctionne très mal et fait beaucoup de bruit, je me fais remarquer !

    Manque de pot cette fois, la poste est fermée, il est pourtant 11h30, elle n’ouvre qu’à 15h30… Je bricole sur le vélo et malgré la chaleur accablante, je retourne à la poste avec un vélo toujours aussi bruyant. Le colis sera rendu demain matin.

    Pierrot un mécano de la DCN, habitant sur un bateau de 7m20, à coté de Sabeline m’aide à réparer le vélo (fallait bien ça !) le soir venu, nous lui offrons un apéro à bord, il s’y est bien plu… Nous avons dégusté une bonne pizza sur le port.

     

    jeudi 20 juillet

    Tôt le matin, vers 11 h, notre rythme à l’escale, nous avons la visite de Jean-Luc Lancien, presque un collègue de Travail, puisque nous nous connaissons depuis que je suis chez Flygt. Nous profitons de sa voiture pour déposer Karine dans un supermarché, pour refaire un peu de ravitaillement. Comme quelques grandes surfaces près des ports, ils proposent la livraison gratuite au bateau.

    Barbecue midi et soir. Entre les deux, Karine et les enfants confectionnent les pavillons de courtoisie, que nous devrons envoyer dans la mature en arrivant dans le pays visité.

    Karine avait déjà préparé les tissus, elle les a peints avec de la peinture aérosol, et des pochoirs. Les motifs parfois complexes comme celui de l’Espagne, sont faits au marqueur.

    Pendant ce temps, je prépare la trinquette, petite voile d’avant qui pourrait nous servir si nous rencontrons des vents très forts.

    Je pense que nous devrons rester à BREST quelques jours, mais cela nous permet de bien préparer le bateau, et la météo annoncée dans le golfe de Gascogne n’est pas réjouissante.

     

    Vendredi 21 juillet

    Le nouveau calculateur du pilote, remplacé sous garantie, n’arrivera pas à Brest avant mardi prochain. Maximilien et Yoan visitent Océanopolis et après quelques derniers achats, nous quittons le moulin Blanc Pour LE FRET à 7 M au sud dans la rade de Brest. Nous mouillons prêt d’un camping, il fait chaud et nous profitons du soleil sur la plage avant. Apres dîner, nous allons faire un tour dans ce petit village, mais il n’y a pas beaucoup de commerce.

     

     

    Samedi 22 juillet

    Le vent de sud-ouest est assez fort et donne une impression de fraîcheur, Karine et les enfants se baladent sur le sentier des douaniers, vers Lanvéoc, pendant que j’examine le moteur hors-bord qui se permet de faire des ratées. La fin de soirée est pluvieuse, mais Karine pèche une écope de bigorneaux, dégustés tout frais au dîner.

     

     

    Dimanche 23 juillet

    12 h, nous remontons l’ancre, envoyons génois et artimon, et filons tranquillement vers l’embouchure de l’ELORN, où nous trouvons une zone de mouillage sympa en face LE PASSAGE, près du RELECQ-KERHUON, à marée haute nous allons explorer les parages à pied. Il y de très belles villas.

     

    lundi 24 juillet

    Le vent est retourné au Nord-est, la chaleur revient. Les fax météo que nous recevons nous permettraient de partir maintenant, j’ai contacté notre routeur Jean, qui va faire le point.

    J’attends une réponse de SD Marine pour savoir si notre calculateur part aujourd’hui de Sartrouville, mais après avoir insisté lourdement pour avoir un délai, il nous annonce : Départ lundi prochain !

    J’essaie de contacter des revendeurs locaux pour trouver une solution, mais je n’ai pas beaucoup d’espoir, si au moins nos pilotes de secours fonctionnaient...

    Pendant ce temps les enfants (et moi aussi) sautons dans l’eau suspendus à la drisse de spi à partir de l’avant, comme Tarzan de sa liane. L’eau est très bonne.

     

    Je démonte le pilote de secours et je fais des essais au mouillage, il fonctionne. Nous prenons la décision, de partir avec ce pilote, sachant qu’il n’étalera pas une mer forte, mais nous sommes trois capables de barrer. J’appelle Jean, qui va dans notre sens.

     

    19 h, nous remontons l’ancre avec beaucoup de mal, je pensais devoir passer la marée ici, mais une petite manœuvre du bateau, nous permet de nous libérer.

    Nous profitons du courant et d’un vent de NE, pour sortir de l’Elorn et de la Rade de Brest.

    Vers 21H30, nous arrivons à CAMARET, essayons de mouiller l’encre mais elle n’accroche pas. Ne voulant pas prendre de risques, nous nous amarrons à coupe d’un autre voilier, et allons voir les prévisions à la capitainerie, qui donne des infos météo locale à 5 jours. En gros du NW 2 à 4, ça nous va très bien, et il faut mieux avoir un « 3eme avis car sur mes fax météo, j’ai vu une dépression assez creuse au NW de l’Irlande, mais elle ne semble pas se diriger vers le Golfe de Gascogne.

    Ensuite nous dégonflons l’annexe, pour la rouler dans la cabine avant, elle ne risquera pas ainsi d’être emportée par un paquet de mer. La cabine avant ne sert pas en navigation de nuit, elle est relativement inconfortable.

     

    mardi 25 juillet

    La nuit à CAMARET fut aussi inconfortable ! Le port était plein comme un œuf, et nous avions pris une place exposée aux vents de NE, évidemment nous avons été secoués une bonne partie de la nuit.

    Levés à 7 h, comme pour aller au boulot, mais pour une destination plus exotique (pardon pour nos collègues).

    Nous sommes allés chercher le pain en bateau, nous quittons CAMARET à 8H, contournons les magnifiques falaises ensoleillées, puis en suivant le chenal qui longe les Tas de Pois, (rochers à la pointe du Touliguet), Karine aperçoit 2 dauphins. Nous avons appelé les enfants qui dormaient encore. Les dauphins nous ont accompagnés jusqu’au raz de sein, les enfants sont restés à l’avant du bateau pour les admirer sans cesse, pendant 2 Heures.

     

    Vers 11h, lorsque passé le raz de sein, nous avons continué vers le sud, les dauphins ont préféré un autre voilier qui faisait route vers l’Est.

     

    Chacun prend ses marques à bord, Karine et moi, nous nous relayons pour la surveillance de notre équipage, de notre route et bien sur, des autres bateaux. Il est 19h et nous avons croisé 3 bateaux, 2 chalutiers et un cargo.

     

    Nous faisons une route parallèle à un autre voilier, mais nous n’arrivons pas à le contacter à la VHF.

    Les enfants s’occupent quand il n’y a pas de dauphins : Pèche, (nous remontons la ligne de traîne pour enlever les algues) Game boy, film sur le lecteur DVD, dessins, etc…

    Je fais le 1er quart jusqu’à minuit, mais les enfants ont du mal à aller se coucher, la soirée est très agréable, il fait doux juste le bruit du moteur qui est un peu ennuyeux, mais il n’y a pas assez de vent pour se contenter des voiles.

    Nous apercevons encore des dauphins au loin, c’est la troisième fois dans la journée.

    La nuit tombe, elle est très noire puisque le ciel est nuageux.

    Minuit, changement de quart, je laisse quelques consignes à Karine et je vais me coucher dans notre cabine où Elodie dort, les deux gars sont dans l'autre cabine arrière.

     

    mercredi 26 juillet

    De nuit, Karine me réveille pour vérification : aux jumelles nous distinguons 2 lumières de hauteur différentes, comme on ne voit pas l’horizon, on ne sait pas si la plus basse est proche.

    Je lui dis de ne pas s’inquiéter, on vérifie les distances au radar, et tant qu’on ne voit rien à moins de 2 miles, il n’y a rien à craindre.

    Nous sommes tout de même étonnés du nombre de bateaux qui naviguent dans les parages.

     

    Nous entendons aussi des mammifères marins à coté du bateau qui expulsent l’air, et c’est très impressionnant, car il est souvent impossible de les voir.

    5 Heures, changement de quart, Maximilien veille, Karine est couchée. Je commence par m’habiller chaudement et j’envoie le génois, j’arrête le moteur, nous filons à  6 nd avec 10 nd de vent d’ouest.

    La journée passe tranquillement, entre repas et sieste, nous apercevons tantôt un banc de dauphins, tantôt une baleine, un seul voilier, 3 chalutiers, et un avion à basse altitude. Nous sommes toujours tribord amure, et nous avons envoyé le booster pour gagner un peu de vitesse quand le vent faiblit. Les enfants sont étonnamment sages et s’adaptent parfaitement à ce rythme.

    Vers 23 h, le vent forcit, à cause d’un grain orageux à l’Est, Karine était de quart, nous avons pris un ris dans la grand voile et l’artimon (pour réduire la surface de voilure), et comme je n’arrivais pas à dormir, je décide de commencer mon quart maintenant. Je profite de ce temps libre pour écrire ces lignes.

    On file à 6-7 nœuds, comme nous sommes au largue, nous ressentons à peine les vagues les sensations sont au rendez vous. Pourvu qu’on ne rencontre pas un conteneur ou un cachalot.

     

    jeudi 27 juillet

    Vers 3 h le grain est passé, le vent tombe et cela devient désagréable, la houle ballote le bateau et il n’y a pas assez de vent dans les voiles pour le stabiliser, en plus il a tourné, il nous vient de l’arrière et la houle sur le coté, le grément reçoit d’énormes à-coups qui fait trembler tout le bateau, après avoir essayé plusieurs solutions je décide de tout affaler sauf l’artimon et de continuer au moteur. Il est 4 heures Karine se lève pour prendre son quart, elle n’a pas pu dormir avec tout ce barouf !

    Elle croise un bateau à 6 h, envoie le booster à 7 h.

    Je reprends mon quart à 9 h, nous sommes dans les eaux espagnoles, je recule nos montres d’une heure, sauf celle donnant l’heure UTC, importante pour la météo et les réceptions radio.

    Dans la matinée nous sommes impressionnés par les geysers des cétacés, qui même à l’horizon sont visibles, on dirait la vapeur qui sort d’une cheminée d’usine et qui s’élève à une bonne dizaine de mètres.

    La journée est très agréable, soleil, et vent de NW 3, l’après midi, 5 Dauphins viennent nager autour du bateau

    Le dîner commence par un apéro en terrasse, pour fêter l’anniversaire de Yoan, suivi un bon filet mignon mijoté par mamie Thérèse, conservé à bord en bocal. Même en navigation, nous ne négligeons pas les repas.

    Je suis le premier de quart, et dès que la nuit tombe et que les feux des autres navires sont visibles, j’aperçois 5 cargos, alors que nous en avons à peine croisé autant depuis 3 jours.

    Nous approchons du Cap Finistère qui est un carrefour dangereux.

    J’aperçois aussi les lueurs des villes La Coruna et Ferrol qui sont pourtant à 40 M, mais aussi toutes les étoiles qui sont très lumineuses dans ce ciel sans lune. C’est féerique.

    Je vois aussi des feux que je n’identifie pas, c’est pas le tout, je retourne veiller.

     

    Vendredi 28 juillet

    Je suis de quart depuis 4h. Le levé de soleil est magnifique, j’aperçois enfin la terre et le cap Finisterre, nous allons passer bien au large du cap et remonter une des rias de la Galice, pour être bien à l’abri.

    A midi  3 dauphins nagent autour du bateau, en sautant hors de l’eau. Nous arrivons à 17 h à Muros, nous gonflons l’annexe, et partons visiter ce village coincé entres les collines, couvertes de forets d’eucalyptus, et la mer. Nous y resterons 2 jours et reprendrons notre route vers BAYONA.