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2/11/2007 Petit Martinique et Petit St VincentMercredi 7 Février Hier le gros grain a duré toute la nuit, nous avons débarqué Karine et moi pour faire quelques petites courses. Ce matin, Karine me réveille pour me dire que nous avons dérapé. L’ancre a glissé sur quelques petits mètres et Sabeline se retrouve dangereusement proche d’un bateau de pèche local. C’est vrai que ça a bien soufflé cette nuit. Pas de panique, petit dej et petite toilette pour y voir clair. Lorsque nous sommes prêts, Karine prend une petite biture, et nous accostons au ponton pour faire le plein de gasoil, d’eau et d’essence pour l’annexe. C’est une île détaxée, les prix sont petits, même si on paye l’eau. 15 gallons de gasoil pour 145 EC$, 102 Gallons d’eau pour 51 EC$ et 3,7 gls d’essence pour 38 EC$, à vos calculettes ! (le gallon vaut 4,55l) Il y a pas mal de ressac, et malgré nos meilleures amarres, il faut faire vite. Nous retournons ensuite au mouillage, entourés des petits speeds boats colorés qui passent à 3 m de Sabeline, et allons faire une petite ballade sur l’île avec les enfants, il fait beaucoup plus beau. C’est « The Independance Day » aujourd’hui, tout est peint aux couleurs nationales, rouge vert jaune, mais ce n’est pas l’euphorie sur Mainstreet. Le paysage attrayant se situe de l’autre coté à Petit St Vincent. Après un bon repas et une petite baignade, nous remontons notre ancre et l’échelle de bain, pour une petite navigation de 1 M, affalons notre pavillon de Grenade, envoyons le pavillon Q. Nous mouillons de l’autre coté d’un banc de sable à PSV. Là, c’est la débauche des couleurs, le rêve du plaisancier, sables blancs, eaux transparentes, les eaux turquoises dévoilent un fond de sable, les eaux brunes des patates de coraux, et les eaux bleues des profondeurs plus importantes, sur fond de cocotiers et de collines verdoyantes. Nous mouillons près d’un Yacht de milliardaire et nous profitons même de son réseau Wifi pour se connecter à internet. La classe, Internet sur Sabeline près d’un îlot inhabité ! Je rejoins vite les enfants qui m’attendent pour une petite plongée dans l’eau turquoise. Nous y passons quelques petites heures, le temps d’admirer les beaux poissons colorés, il y a une multitude de variété dont des poissons en forme de disque bleu foncé d’une vingtaine de centimètre, ourlé de bleu clair intense, des langoustes que nous essayons de dénicher, des petits calamars qui changent de couleur suivant leur environnement. Nous ramènerons juste une gorgone et une petite langouste. En fin d’après midi nous débarquons pour une petite ballade à terre à travers les allées de l’hôtel construit par un américain. Les enfants se baignent pendant que nous admirons encore le couché de soleil à travers les cocotiers. (Pardon pour les répétitions mais tout est petit ici !) Jeudi 8 Février Nous passons la journée à PSV, dans ce petit paradis où nous avons la visite de quelques bateaux de location, qui défilent les uns après les autres, les day-boats ; cata ou grosses vedettes bondées de touristes qui viennent passer une heure ici, le temps d’avaler une langouste grillée; Des yacht qui donnent de l’animation avec leur manège de milliardaire, et nous au milieu, avec notre train-train quotidien : école, repas, plongée, plage ou ballade. Aujourd’hui nous partons avec l’annexe pour explorer les fonds coralliens en famille. Le temps n’est pas fameux, encore un grain. Les fonds manquent de luminosité, mais pour le reste, on s’en fout on est déjà mouillé ! Les coraux sont un peu détruits, probablement dû aux derniers cyclones, mais entre cerveaux et cornes d’élan (types de coraux) nous attrapons une langouste et un poulpe, un bon repas pour ce soir. Entre-temps les chiots sont bouchés, c’est le revers de la médaille, démontage, remontage, nettoyage, rien n’y fait. Vendredi 9 Février Karine assure la classe, pendant que je passe mon temps aux toilettes, non pas une gastro, mais un bouchage récalcitrant, jusqu’à ce que j’arrive à fermer la vanne, coincée par le tartre et remplacer le tuyau qui relie le WC au passe coque. Vers 14h tout est propre, le temps est gris et nous partons vers Union, en faisant une pause à Morpion : 40m de chaîne à l’eau et nous débarquons avec l’annexe. Un petit banc de sable, une seule paillote de branches de cocotier, un petit nid douillet avec une paillasse de feuilles de palme, un endroit rêvé pour les amoureux. Nous prenons une biture, et nous dirigeons la proue de Sabeline vers CLIFTON VILLAGE, petite ville sur la cote au vent de UNION ISLAND, le mouillage est entouré de coraux qui nous protègent de la houle. Les conditions météo, les récifs nous rappellent la Bretagne nord, le froid et les marées en moins. En arrivant des boy-boys en speed boats nous proposent leurs services (bouées pour s’amarrer), mais nous préférons notre bonne vieille ancre. Nous mouillons par 11 m de fond, entre les day-boats, et les yachts. Ce soir, les enfants se font à manger seuls, pendant que nous passons la soirée à terre (talkies-walkies en poche) nous nous attablons à un restaurant d’hôtel, mais la carte ne nous plait guère, et le personnel ne fait pas attention à nous, un orchestre de steelband semble être le seul intérêt, alors on s’en va. En déambulant dans la rue, un rabatteur nous indique un restau un peu à l’écart, mais face à la mer : « The West Indies » tenue par une française, et il y a des desserts ! Poulet pour karine, Carpaccio de Bœuf pour moi, accompagné de légumes locaux, en dessert : Chocolat liégeois, Carpaccio d’ananas, glace et chocolat. Tout ce qui nous a manqué depuis quelques mois. Nous discutons longuement avec la patronne Joëlle, à refaire le monde et rentrons à bord, les enfants ont bien mangé, ils regardent un film au lecteur DVD. 2/7/2007 CarriacouDu Vendredi 2 au dimanche 4 Février Les jours se ressemblent, il pleut comme en Bretagne au mois d’août, les grains se succèdent, accompagnés de fortes rafales de vent et ne nous laissent à peine le temps de sortir. Nous sommes contraints de sortir les imperméables, première fois depuis le début de notre voyage, pour visiter un peu le village autour de Tyrrel Bay. Il y a une petite superette, un club de plongée qui nous sert de cybercafé, beaucoup de maisons avec des grands terrains sur lesquels vaches, cochons, poules, brebis, broutent et picorent. Nous profitons des quelques beaux paysages nuageux et des joies de l’intérieur : école, jeu de cartes, bricolage, cuisine avec les faibles moyens du bord. Deux ados français de 12 et 14 ans viennent nous rendre visite, ils habitent à Rennes, ils nous proposent des colliers qu’ils fabriquent avec des coquillages, contre un peu d’argent de poche. Ils nous invitent à prendre l’apéro, mais après vérification leurs parents avaient prévu autre chose. On se reverra sûrement dans les Grenadines. Nous trouvons une petite accalmie pour dîner du poulet grillé, dans un petit restau, rien d’extraordinaire, nous sommes frustrés de ne pas avoir de dessert, vivement les Antilles Françaises, qu’on se régale un peu !
Lundi 5 Février Aujourd’hui, nous quittons Tyrrel Bay, il fait un peu meilleur et les bureaux pour faire les formalités de sortie sont ouverts. Après les cours du CNED assurés de bonne heure par Karine, nous suivons la côte sur tribord, passons la pointe, puis prenons la direction de HILLSBOROUGH, ville principale de CARRIACOU, où il est possible de faire les formalités de sortie du pays de GRENADE. Entre-temps nous passons devant SANDY ISLAND, petit îlot inhabité, sauf par quelques pélicans. Paradisiaque. Nous décidons d’y passer un peu de temps juste pour faire un peu de plongée et prendre le repas de midi. Sabeline mouille dans une piscine turquoise de 1,5 m de profondeur. Nous enfilons palmes, masques et tuba, et tous ensembles, nous observons ces fonds magnifiques. À quelques dizaines de mètres dans le sud de l’île, nous nageons parmi les coraux dans 1 m d’eau, et montrons à Elodie et Yoan quelques beaux poissons colorés, Baliste, perroquet, et d’autres espèces inconnues. Vers 15 h, nous filons sur Hillsborough, passons au poste de police pour l’immigration. Là, les policiers ont chassé quelques iguanes avec leurs gros fusils, (faut bien qu’ils s’entraînent !) ils nous proposent de les manger avec eux. No thank you. Ensuite passage à la douane. Tout se passe bien. Nous faisons un dernier avitaillement, mais toujours trop peu de produits frais et de desserts. Un bon jambon de porc fumé et salé nous console. Après 16h tout est fermé, nous visitons un peu la ville à pied et buvons une petite collation dans un bar près de la plage. Nous continuons notre ballade puis rentrons au bateau avec le soleil couchant.
Mardi 6 Février Petite ballade sur la plage avec l’ordinateur pour trouver une zone Wifi. En vain. 11h, nous levons l’ancre nous une navigation de 8 M, encore plus qu’hier ! Nous allons à Petite Martinique, qui n’a rien à voir avec la grande, sauf sa forme et son passé, ancienne colonie de la France. Elle dépend de Grenade et nous ne sommes pas en règle puisque nous avons déjà fait nos papiers de sortie à Carriacou. Mais comme il n’y a pas de bureau de douane, ils tolèrent notre présence. Petit St Vincent est juste à coté et c’est un autre pays. Sabeline longe la cote ouest de Carriacou au moteur et sous génois au près. Il y a 20 à 25nd de vent, et une bonne houle. Nous tirons un bord vers Albert Bay, l’anse ou nous mouillons à Petite Martinique. La baie est protégée de la houle de l’atlantique par une barrière de corail entre PM et PSV (petit St Vincent). Plongette, repas et sieste. Nous profiterons de l’île plus tard, un gros grain se prépare. Escale à GrenadeDimanche 28 janvier
Après 13 heures de sommeil, nous découvrons la baie, nous allons s’installer un peu plus profondément, et mouillons devant une petite plage bordée de palmiers. Nous sautons, plongeons dans l’eau turquoise. Les enfants sont heureux. Nous gonflons l’annexe et débarquons sur la plage, Les enfants jouent dans le sable pendant que nous essayons de capter un réseau Wifi avec le PC. Ça marche, et nous sommes content d’appeler la famille, sur le sable à l’ombre d’un palmier, pas mal comme cybercafé… La soirée arrive vite, j’ai besoin de me dégourdir les jambes. Nous débarquons à la Marina, et marchons dans la rue, derrière les cottages, les clubs qui bordent la plage. Nous remarquons d’immenses demeures, à plusieurs étages et terrasses, très colorées, avec des toits en tôles de couleurs vives, rouges, bleues et turquoises. En chemin, nous admirons aussi des belles fleurs, des grosses chenilles jaune et noire, un superbe coucher de soleil dans les palmiers. De retour à la marina (Prickly Bay Waterside), nous nous asseyons à la pizzeria, pour déguster une « extra sea food pizza » Nous n’avons pas encore de change, et nous payons avec la carte bancaire, c’est très pratique, surtout qu’on ne connaît même pas le taux de change. Finalement, la pizza était à 15 €, très fine et nous sommes restés un peu sur notre faim. Il n’y a aucun français, une grosse majorité d’américains, ils ne sont pas si gros que ça, mais qu’est-ce qu’ils parlent fort !
Lundi 29 Janvier Petit déjeuner sur la terrasse (dans le cockpit) devant un paysage de carte postale. Un peu de baignade, un peu de rangement, un peu de bricolage, un peu d’Internet du bateau, beaucoup de farniente pendant que les enfants vont seuls sur la plage. Nous n’avons même pas débarqué juste ce matin pour faire les formalités au « customs and Immigration Office » Nous cherchons en vain des pavillons français dans la baie, il n’y a que des américains, canadiens, italiens, allemands, suédois, sud-africains.
Mardi 30 Janvier Aller aujourd’hui on se bouge un peu ! Dès 8H30 nous sommes à la marina pour trouver une solution pour visiter l’île. Les gérants du mini market, nous recherchent un taxi, mais un taxi déjà sur place nous propose le tour de l’île pour 75 US$ par personne (X4), et nous finissons par monter dans un taxi-bus (seul moyen de transport collectif utilisé ici) négocié à 10 US$ pour ST GEORGES HARBOUR, la Capitale de GRENADE. Deux femmes françaises montent avec nous, elles descendent à l’aéroport. Nous arrivons à St Georges, il y beaucoup de circulation, et il n’y a pas de trottoir. Nous trouvons sans problème, un pavillon de Grenade, (c’est bientôt « the Independance day ») Nous quittons vite les rues principales pour nous enfoncer dans les petites ruelles. Nous visitons un marché aux épices, fruits et légumes. Nous achetons quelques épices avec la monnaie en EC$ (Dollar des Caraïbes) que m’a rendu le taxi. Les vendeuses sont très accueillantes. Un de leur gamin s’attache à Elodie et Yoan. Nous grimpons dans les hauteurs de la ville par une ruelle très en pente, et arrivons à ce qu’il reste de la cathédrale après les cyclones de 2004 et 2005, dont Ivan. Il n’y a plus de toit, les vitraux ont éclatés, un véritable bombardement. Nous redescendons le long du port « The Carenage » je vais seul à la banque, et à mon retour, nous discutons avec un taxi qui nous propose un tour de l’ile pour un prix raisonnable (200 EC$ soit environ 60€ pour nous 4). La location de voiture n’est probablement pas beaucoup moins chère, et je préfère éviter la conduite à gauche. Il est presque midi, nous grimpons dans son minibus de 15 places, rien que pour nous. Il nous emmène vers le nord. A St John, nous quittons la route côtière et les « Concord Waterfalls » Sur cette petite route de montagne, étroite, entourée de verdure tropicale, nous stoppons de temps en temps pour cueillir des fruits, noix de muscade, fruit de cacao. Nous arrivons aux chutes d’eau. Il faut payer pour descendre dans le bassin en bas de la chute d’eau, alors par principe nous n’y allons pas : il y a un peu d’abus. Nous continuons un sentier qui grimpe en haut des chutes, là aussi un homme qui s’est proposé de nous aidé à traverser le torrent nous demande de l’argent. On remarque que les américains sont passés par là et qu’ils ont toujours la main sur le porte-monnaie. C’est plutôt désagréable pour les autres touristes. Nous continuons notre route : GOUYAVE, petite ville de pêcheurs, Espadons, grosses dorades coryphènes sont débarqués par les pêcheurs, à la nage, à causes des rouleaux qui ne permettent pas aux barques chargées de s’échouer sur la plage. Déchargées, les barques colorées, sont halées et alignées sur la plage. Nous déjeunons avec notre taxi dans un petit restau, une bonne assiette de porc accompagnée d’une grande variété de petits légumes tropicaux. Nous poursuivons notre tour : Victoria, Sauteurs (leapers Hill), longeons la cote atlantique. Nous enrichissons notre cueillette par de l’arbre à pain et une noix de coco. Nous arrivons à une distillerie que nous visitons sommairement. Puis John (notre taximan) nous emmène chez un ami en pleine brousse. Cueillette de fivefingers, goyaves, etc. Nous rentrons le long de la cote bordée d’habitations en bois, qui n’ont rien à voir avec les palaces de Prickly Bay. Nous demandons à John de notre arrêter à un supermarché pour faire quelques courses et notamment des bouteilles d’eau que nous faisons décharger à la marina. Je ne me couche pas sans un petit bain de minuit pour me reposer d’une journée bien remplie.
Mercredi 31 Janvier Ecole le matin suivie d’une plongée avec Elodie à la plage. Nous pêchons quelques lambis sur les herbiers au fond de l’eau, lorsque je m’aperçois que notre annexe n’est plus sur la plage. Je palme en vitesse vers l’endroit ou nous l’avions laissé et je la vois en train de dériver vers le fond de la baie. J’embarque Elodie sur mon dos pour l’a ramener au bateau, et nager seul pour récupérer l’annexe, y-a pas le feu, elle ne peut pas aller bien loin. Mais entre-temps un gars du club de plongée la ramène à terre. Je suis à mi-chemin entre Sabeline et la plage, et je retourne vers le club de plongée. A peine sorti de l’eau je remercie l’homme, mais il refuse mes « thank you very much », il n’est pas content, il m’explique que sans lui le zodiac était perdu. Après 5 minutes de ce dialogue de sourd, je m’en vais avec ma fille. Je pense qu’il voulait de l’argent en compensation. Rendre service n’existe pas ici ! Je me console en décortiquant mes coriaces lambis que nous ajoutons, coupés en lamelles à une délicieuse bouillabaisse de thazard, finement relevée des épices de Grenade.
Jeudi 1er Février 9h, je suis devant le bureau des douanes, pour régler mes dettes et lui faire part de notre départ. L’officier arrive en retard, et malgré mes sourires mielleux et niais que j’ai appris à faire aux officiers depuis Dakar, il est mal luné, il baragouine tout en anglais avec un accent patois, et ne fait aucun effort quand je lui dit que je ne comprend pas. Les anglophones sont bien le nombril du monde ! 10h, nous quittons sans regret cette ile, certes très jolie, mais nous n’avons pas trouvé ses habitants très accueillants, et nous n’avons sympathisé avec aucun équipage. La langue est sûrement une barrière, et le grand nombre de bateaux au mouillage, crée un certain individualisme, comme celui que l’on retrouve dans les grandes villes. Sabeline tourne la pointe des Salines, quitte l’océan Atlantique pour la mer des Caraïbes, qui ne nous réserve pas son meilleur accueil. Sabeline se retrouve tantôt sans vent derrière l’ile, tantôt avec trop de vent. Nous sommes au près gréé comme un cotre, (gv, trinquette et yankee) et je me fais copieusement arrosé, par la mer et par les grains. 43 Miles soit 8 heures de navigation nous séparent de CARRIACOU, la première ile des Grenadines, mais qui se mérite, il faut tirer des bords sous un gros grain, avec un vent apparent de 22 à 27 nds je suis trempé. Après les grains, le ciel nous offre ce qu’il a de plus beau, la magie du soleil à travers les nuages et la lune. Nous arrivons juste à la tombée de la nuit juste pour distinguer le sommaire balisage qui signale les patates de corail en plein milieu de « TYRREL BAY » au sud Ouest de CARRIACOU.
1/28/2007 17 jours vers le Soleil Couchant - 2ème PartiePour clore ce carnet de bord ? Bon j’avoue, j’ai été un peu bavard, mais faut bien s’occuper pendant les quarts ! Aller encore un petit débriefing de cette fantastique traversée :
Des chiffres : Parcouru 2200 M soit 4074 Kms, en 17 jours et 13,5 heures, en comptant les 4 heures en plus de notre décalage horaire (on va pas faire comme Phileas Fogg), soit une vitesse moyenne de 5,23 Nds.
Le bateau : Tout est nickel à bord, l’intérieur est propre. Techniquement, la seule avarie est la ferrure de tangon cassée, et qui nécessite la fabrication d’une pièce en inox. Les voiles n’ont pas trop souffert mais elles sont sales à cause des haubans et des cordages chargés de poussière ocre, nous allons bien finir par avoir un grain en navigation pour les rincer à l’eau douce. Le booster nécessitera un atelier de voilerie sérieux. Raymonde (le pilote automatique) a tenu le coup, Œil de Lynx a bien veillé sur nous pendant l’arrêt maladie de karine. Je suis très content des performances et du confort de notre bateau et nous ne regrettons pas notre choix.
L’équipage : La première semaine a été un peu speed, il était parfois difficile de se reposer, mais le bateau avançait bien, c’est très bon pour le moral. La deuxième semaine a été plus difficile, il fallait aller chercher les vents pour ne pas rester dans la pétole. Pour ça, notre routeur nous a bien aidé, nos informations météo à bord et nos compétences ne nous permettaient pas un tel guidage. Karine a eu un bon mal de mer qui a duré trois jours, ce qui a affecté un peu le moral de l’équipage. Mais nous avons retrouvé un bon vent pour nous conduire en douceur vers notre but : Grenade. Ces derniers jours ont été très agréables et reposants.
Et les autres : Beaucoup de personnes n’étaient pas à bord et pourtant ! Grâce au téléphone iridium, notre famille nous a bien suivi : de notre coté, nous sommes rassurés de donner notre position chaque soir, et réciproquement soulageons l’inquiétude de notre famille. Un grand merci à mon papa, qui s’est vraiment investi dans notre voyage, en tant que père et ancien marin, il nous a suivi sur l’océan, par son ordinateur interposé. Papa consultait la météo et nous transmettait les messages de Jean Vilain. Bravo à Jean pour ses instructions très précises et justes. Merci pour le temps qu’il nous a consacré. A tout ceux qui nous ont envoyés des petits messages, nous les apprécions beaucoup, et ils nous font tous plaisir. Mais au fait, pourquoi vous nous souhaitez « Bon courage » ? C’est vous qui avez froid, qui devez allez au boulot de nuit, revenir de nuit, faire les bouchons, c’est à nous de vous souhaiter bon courage !
Karine : Je n’appréhendais pas cette traversée en partant parce qu’on avait déjà fait pas mal de miles jusqu’ici et comment se représenter d’avance à quoi correspond 20 jours de navigation tant qu’on ne l’a pas vécu. De plus, les conditions de navigation ne sont pas les mêmes d’une navigation à l’autre, même en partant le même jour avec d’autres bateaux avec quelques degrés de différences sur le cap, peut tout changer. Par contre je me demandais si j’avais prévu assez à manger et à boire pour toute cette nav et oui on a eu largement de quoi faire. En plus la mer nous a bien gâté avec ses bons poissons. J’avais confiance en notre Grand Capitaine qui nous avait protégé jusqu’ici, aussi en mon capitaine Jean-mi et notre Sabeline. Il faut aussi savoir respecter la mer car c’est elle qui décide de notre sort. En tout cas je peux dire que je n’ai jamais eu peur pendant cette navigation, on ne s’est jamais senti en danger. Nous avons aussi eu la chance d’être bien routé par Jean : encore un grand merci, pour aller chercher les meilleurs conditions météo sur la mer. J’ai beaucoup aimé partager mes nuits avec les étoiles et la lune, c’est grandiose. Le seul regret c’est qu’on n’avait pas de bouquin sur les étoiles pour connaître leur nom. Nos enfants ont été remarquables car lorsqu’ils sont sur terre, qu’est-ce qu’ils bougent !, et là non ils dessinent, construisent des meccanos, jouent aux playmobils, barbies, et les jeux de cartes, bouquinent et l’école. Pendant cette navigation, on ne s’est pas du tout senti à l’étroit, au contraire cela nous a permis de profiter de chacun d’entre nous, de souder encore plus les liens de notre famille et qu’est ce qu’on est heureux d’être ensemble. Je pense que chaque individu devrait prendre une année sabbatique dans sa vie pour prendre le temps de vivre son rêve car la vie actuelle n’est que de stress. On se fait du mouron car on pense sans arrêt au passé ou au futur des enfants mais jamais au présent. Ma devise depuis ce voyage afin de profiter pleinement de cette année c’est Acounamatata (cf : le roi lion) : le passé est le passé, il faut vivre l’instant présent et prendre la vie du bon côté. Voilà ma conclusion pour cette traversée, j’ai adoré, le temps est passé très vite même si j’ai été bien malade une journée mais j’avais même oublié ce passage, c’est Yoan qui me l’a rappelé.
« Voici une réflexion que je souhaite partager avec vous et qui vient d’un grand entrepreneur américain Bill GATES qui a réussi à diminuer ses coups salariaux d’environ 5 % et redonner du rêve à ses employés en proposant une année sabbatique en fonction du pourcentage des effectifs et qui peut varier en fonction des impératifs conjoncturels. De plus pour lui, c’est un moyen de conserver son personnel ultra qualifié toujours au top et en bonne santé intellectuelle. Il explique aussi qu’en France cela pourrait permettre d’absorber une partie non négligeable des chômeurs. Avec les 35 heures, l’Etat a favorisé le temps libre mais aussi la démotivation professionnelle tandis qu’avec l’année sabbatique, il aurait motivé ses employés. »
Jean-michel : Je ne pensais pas faire autant de manœuvre, et subir autant de changement de vents, je pensais que les Alizés étaient plus constants, surtout au mois de Janvier. Mais ce n’est pas la seule chose que j’ai apprise. J’ai maintenant une petite idée de nos limites, que nous n’avons pas atteintes, celles du bateau, sur nos comportements en famille isolés pendant plusieurs jours, et c’est plutôt très positif pour renforcer les liens au sein de notre petite famille. Enfin, j’ai vraiment pris mon pied avec cette navigation, longue mais toujours au portant, sans inquiétude, juste prendre son temps et c’est tellement bon que je suis prêt à repartir.
et toi que penses-tu de la traversée Elodie ? « Je ne me suis pas ennuyée sauf pendant 2 jours parce que je n’avais pas le droit de jouer à l’ordinateur car je n’avais pas bien travaillé à l’école» tient prend ça papa ! Quand on s’est fait traîné derrière le bateau, c’était un super moment et j’ai crié c’est ça la vrai vie.
Et toi Yoan : « Oh moi je m’amuse très bien, je fais des voitures, on s’est fait traîné dernier le bateau, c’était génial et je n’ai pas trouvé le temps long »
Et toi Dakar : « Ouais bof, un peu fou ces gosses, ils ne m’ont même pas laissé dormir. Et ce bateau qui n’arrête pas de bouger, vivement le plancher des vaches ! Bon, j’ai comme même passé de bons moments à chasser les poissons volants sur le pont. Et je me suis bien régalé ». (Interprétation imaginaire de ses pensées)
* Ah oui, j’ai oublié de vous expliquer ce qu’est une biture en terme marin : c’est ranger la chaîne dans la baille à mouillage, en va et vient de façon à ce qu’elle se déroule sans faire de nœud lorsqu’on mouille l’ancre. La chaîne est rangée en zigzag, comme la marche de quelqu’un qui a pris une biture. Donc Karine ne s’est toujours pas mise à boire.
17 jours vers le Soleil Couchant - 1ere partiemercredi 10 janvier 2007 Vers 9H, nous sortons le nez dehors pour dire au revoir à Millepertuis et Seiz Avel qui s’élancent pour le grand saut et font le tour de Sabeline pour nous saluer. Nous avons quelques Escudos à dépenser avant de partir. Nous partons avec le caddie à la superette et au marché pour prendre quelques produits frais. Pendant ce temps je vais au « café del mar » pour consulter la météo et envoyer un dernier mail. Nous avons oublié de garder 300 $ pour Marco, notre gardien d’annexe. Nous faisons la manche, et trouvons des européens pour échanger un peu d’escudos contre des euros. Le temps de plier l’annexe, d’arrimer les derniers objets, et de prendre un dernier repas au calme du port, nous levons l’ancre à 14H30. Karine prend une dernière biture. En général elle n’en prend pas en mer, mais à chaque fois que nous quittons un mouillage, elle se prend une biture. Moi, je reste à la barre vigilant. Depuis le début de notre voyage, elle est rendue à sa 27eme biture, j’ai compté ! Oui je sais, avant de partir elle n’était pas comme ça.* Nous entrons dans le canal de Santa-Antao, un peu redouté, mais tout se passe gentiment. 30 nd de vent portant, une houle courte, mais tout va bien, je barre pour épargner le pilote qui risquerait de casser tant il faut de force pour tourner la barre. Avant la tombée de la nuit le vent faibli, je vais mettre le tangon pour que le génois ne faseille pas, mais j’ai quelques soucis, la ferrure qui ferme l’anneau de passage de l’écoute se dévisse et tombe à l’eau, Le tangon est désormais inutilisable. Karine qui faisait sa sieste vient m’aider. Je trouve une autre astuce avec la bôme de GV pour déborder l’écoute de génois. Pendant tout ce temps le vent tombe complètement, et il y a même des éclairs. Nous démarrons le moteur pour fuir cette zone. Nous sommes déventés par l’île. 2h après nous récupérons du vent, et continuons sous GV et génois. Plus tard dans la nuit, le vent monte, monte, la houle plus courte qui déferle, le pilote est sollicité, le génois est entièrement roulé j’ai peur de faire de la casse. La nuit est noire, Sabeline fait des pointes à 7-8 nœuds (j’en ai autant dans le ventre), le sillage s’illumine de milles lucioles dû au plancton phosphorescent, j’ai ma dose d’adrénaline pour aujourd’hui. Parcouru 28 M depuis le départ jusqu’à 18h30 locale (heure de la vacation)
Jeudi 11 Janvier Le vent a faiblit. A 7 heures, j’affale la GV et j’envoie le génois et l’artimon avant d’aller me coucher. Karine prend le relais et contacte Seb et Julie par VHF, et échange les positions : ils sont à 5 M au nord ouest. Nous avons déjà rattrapé les 5 heures qu’ils avaient d’avance sur nous. Nous sommes sur l’autoroute des Alizés, Sabeline file à 6 nd, l’équipage récupère. Nous agrémentons les pâtes avec nos produits frais : chorizo, fromage de chèvre ou de Casamance, yaourt. Parcouru 125 M
vendredi 12 janvier A 10h30, sortant de 4 heures de sommeil, Karine a une touche, la clochette a retenti, mais la bête se débat et réussi à se décrocher de l’hameçon. Les conditions sont toujours idéales, 15-20 nd de NNE, Jean notre routeur nous annonce des vents un peu plus fort pour le WE. Nous en profitons pour faire de la cuisine pendant que les enfants écoutent les contes lus sur l’autoradio. Pour remplacer la ferrure cassée du tangon, Je monte une poulie largable, avec une autre poulie permettant le réglage du débordement de l’écoute. Tous les tangons devraient être équipés comme ça ! Cela permet d’utiliser le tangon (indispensable dans la houle), sur 50 % de sa longueur, ceci permet de réduire le génois et de rester tangonné en permanence, donc plus de manœuvre dangereuse de tangon. Yoan est à son tour malade, c’est la gastro. Du coup c’est très paisible à bord ! Ce soir Isabelle nous apprend par message iridium, que Lady Quattro est arrivé à la Barbade après 17 jours de mer. Parcouru 129 M
Samedi 13 janvier 3h30 une alarme retentit, je suis de quart. Ce n’est pas la clochette de la ligne de pèche, mais un terrible bip-bip qui me rappelle notre panne de pilote en quittant Madère. Ouf ce n’est que l’anémomètre qui a perdu le signal de la sonde en haut du mat, on verra ça quand il fera jour. Karine prend son quart à 8 heures. Une heure après elle ramène une belle dorade Coryphène de 65cm qu’elle vide et prépare : Une partie crue marinée au citron, l’autre cuite au four en croûte de sel, du sel de SAL évidemment., et les pommes de terre de Simon à Cachouane cuites au four entourées de petits oignons. Pendant ce temps dehors il fait 23 nd de vent, une houle de 2-3 mètres, Sabeline se dandine d’avant en arrière, de tribord à bâbord au rythme des surfs à 8 nd sur les déferlantes. Ma femme m’étonnera toujours ! Je me réveille à 11h après 4 heures de sommeil, je n’ai rien vu de tout ça. L’après midi je bricole un peu : vérification du pilote, recherche de la panne de l’anémomètre. Je vérifie toutes les connexions sous les planchers, mais le câble avait été abîmé par le hale bas de tangon au pied de mat à l’extérieur. Yoan est enfin volontaire pour apprendre à faire les quarts. C’est lui qui surveille toute l’après midi. Nous jetons un œil de temps en temps, un pétrolier passe à trois mille, bon exercice. Au dîner ce soir : soupe à l’oignon au fromage de Casamance. Parcouru 129 M
Dimanche 14 Janvier A 7H30, nous avons parcouru 78M en 12 heures, ça promet. En revanche ce n’est pas facile de dormir, il y a beaucoup de bruits, de craquements, des vagues qui tapent sur la coque. Rien ne m’empêchera de prendre mon petit-déj habituel : café, pain beurre et confiture. Karine qui voudrait faire la sieste cet après midi est souvent dérangée par tout ce qui ce passe à bord. Tantôt c’est l’euphorie de la clochette de la ligne de traîne, tantôt c’est la grosse vague qui déverse 50 litres dans le cockpit et quelques gouttes par les hublots des cabines arrière. C’est dimanche, alors comme en France nous reculons notre horloge locale de 1h. En le faisant chaque dimanche nous devrions arriver à l’heure de Grenade dans 3 semaines. Le décalage horaire est moins brutal qu’en avion mais il faut en tenir compte. A l’heure de la vacation, 20H30 française, il fait encore soleil ici puisqu’il n’est que 17H30. Nous remontons encore une petite dorade coryphène, on ne s’en lasse pas on se la refait au dîner en croûte de sel, même Elodie en raffole. Au dessert, pan cake… à la banane, ça va de soi. Il y a de la bonne humeur à bord, et nous savourons les plaisirs que nous offre la mer. Seuls les coups de roulis brutaux sont un peu gênants pour faire la cuisine, le gros sel ou le lait en poudre s’étale sur le plancher. Heureusement nous maintenons chaque plat, chaque verre par de la pâte adhésive, et nous avons gardé de l’Afrique leur façon de manger, dans un seul plat familial, avec des fourchettes quand même. C’est très pratique en navigation. Parcouru 145 M notre record en 24 heures
Lundi 15 Janvier Pendant le quart de Karine de Minuit à 4 heures, l’alarme du radar, que nous utilisons depuis le début de la traversée, sonne 2 fois. Pas de lumières en vue, donc un peu d’inquiétude, mais c’est sûrement un écho de vague. Après le repas, Yoan déroule la ligne de traîne alors je viens juste de manger un poisson volant et j’aimerais bien manger autre chose. Une demi-heure après, Yoan remonte une belle dorade coryphène de 80cm, 3,5Kg. Ça nous occupe le reste de l’après midi, un tiers cru à la tahitienne, un tiers en boulettes pannées, un tiers pour demain en croûte de sel. Le dîner se termine par une poêlée de bananes au chocolat, un délice. Ce n’est sûrement pas très intéressant, pour vous de savoir ce qu’on mange, mais je n’ai pas grand-chose à vous raconter. Peut-être vous décrire les couleurs grises ou bleues de la mer, la couleur des nuages quand il y en a, mais nous ne croisons pas de dauphins, pas d’oiseaux, Pas de bateau, rien que des vagues, des moutons blancs, parfois turquoises quand ils s’approchent un peu trop près, et des poissons volants. Pour nous c’est suffisant pour être heureux, je passe mes après midi dans le cockpit, pour trouver le meilleur réglage des voiles, la meilleure configuration (avec ou sans grand-voile ou artimon), et de temps en temps je vais m’asseoir sur la delphinière à l’avant du bateau. Là j’observe Sabeline plonger dans les vagues, partir au surf, fendre la mer et faire jaillir l’écume de chaque coté de l’étrave, les vagues finissent par passer devant, dans un vacarme et une explosion de blanc, l’étrave de Sabeline émerge à peine, et c’est reparti pour la prochaine vague, je jubile. Jean nous prévoit 25nd demain, il est 22h lorsque j’écris ces lignes, le vent souffle déjà à 27 nd Sabeline file à 7 nd dans un noir d’encre, c’est un peu flippant. Parcouru 137 M
Mardi 16 Janvier Au menu ce soir : Coquilles st jacques à la dorade Coryphène, Frangipane à la banane. Nuit mouvementée 25 à 27 nd de vent, rafales à 30 N nous sommes secoués dans tous les sens, le pilote souffre un peu. Yoan fait ses premiers quarts de nuit. Mais en s’appuyant sur la console du pilote, il passe en stand-by, l’artimon fait un empannage accidentel, sa bôme heurte et plie un panneau solaire. Il a l’air de fonctionner encore. Heureusement je veillais à coté et j’ai remis Sabeline sur sa route, avant que le génois tangonné se déchire. Karine et moi accumulons un peu de fatigue en ce moment à cause du vent et de notre allure plutôt sportive et de nos manoeuvres en pleine nuit. Parcouru 135 M
mercredi 17 janvier Le vent à nettement faiblit ce matin et il est passé plein est, comme nous l’a annoncé Jean. La grand-voile est hissée avec 3 ris pour faire face à un éventuel grain (Vent très fort provoqué par un orage ou une grosse averse) le génois reste tangonné en ciseaux. Nous avons retrouvé progressivement la chaleur que nous avions perdue en quittant la Casamance, la nuit Il fait 30°C dans les cabines et 26° dehors. L’eau est à 28°C. Le ciel est couvert. Parcouru 138 M
Jeudi 18 Janvier Nous sommes à la moitié de notre traversée : nous avons parcouru 1084 M pour un total de 2156 M une moyenne bien au dessus de nos prévisions, mais la prochaine moitié risque d’être plus lente, plus reposante aussi. Il fait très chaud et je laisse traîner derrière le bateau, bien accroché à l’échelle de bain. A 5 nd, ça vaut bien un jacuzzi très tonique. Ce soir il n’y a plus que 10nd de vent, les voiles battent à cause de la houle. Nous hissons entièrement la GV et roulons le génois. Nous profitons de ce calme pour se faire une soirée Pizza après un petit apéro. Nous naviguons à 3 nd, nous allons nous coucher pendant que le radar assure la veille. Recette de la Pizza « Atlantico » : Pâte à pizza France, huile d’olive et olives d’Espagne, tomates en boite, fromage de Casamance, chorizo du Cap-vert, Thon en boite, anchois du Portugal avec un Rosé frais de Dakar. Parcouru 118 M
vendredi 19 janvier Dès 6h, l’Iridium affiche un message de Jean : le vent reste au SE à 10-15 nd. Sachant que nous allons garder ces conditions, je sors avec Karine pour faire quelques manœuvres : Border l’écoute de GV, Affaler la GV et la ferler, larguer les hale bas et hale haut de tangon, passer le tangon sur l’autre amure, passer l’écoute tribord de génois dans la poulie largable du tangon, régler les hale bas et hale haut, passer l’écoute de génois dans une poulie, pour éviter le raguage de l’écoute contre la filière, dérouler le génois, border l’écoute, envoyer l’artimon, défaire le ris, poser une retenue de bôme. Voilà on peut aller se coucher, en espérant que le vent ne va pas encore changer de coté. RFI annonce un coup de vent sur notre zone « Alizés Ouest », mais nous sommes bien au sud de la dépression. J’arrive enfin à capter des fax météo de l’émetteur New Orleans, car depuis les Canaries je ne recevais plus rien. Elodie nous fait du bon pain au sésame, notre réserve du Cap-Vert est épuisée. Celui là est bien meilleur, il va encore partir plus vite. Dans l’après-midi nous envoyons le booster en double pli, il a été réparé mais comme les parties cuites n’ont pas été remplacées, il est très fragile : Rouler le génois, Sortir le sac, fixer la têtière sur la drisse de spi, fixer le point d’amure sur le bout dehors devant l’étai, fixer la poulie de la chaussette sur le balcon avant, gréer l’écoute tribord, envoyer le booster avec le winch au pied de mat, larguer la chaussette, border l’écoute, la passer dans la poulie largable du tangon, affiner les réglages. Tout ça pour gagner un nd. Pendant que Karine se repose, je commence à nettoyer sérieusement le pont, les enfants ne perdent pas une occasion de patouiller et m’aident à brosser. Nous débarrassons Sabeline de la poussière ocre qui s’est déposée partout depuis Dakar jusqu’au Cap-Vert. Papa me transmets les infos et les calculs de Jean : « La dépression située au nord a cassé les Alizés (qui existent grâce à l’anticyclone des Acores) il faut aller chercher les vents plus au sud, et rester sur l’isobare 1014 Hp. C’est la mer qui décide » Nous décidons de quitter la route orthodromique (la route directe mais courbe, tenant compte de la forme de la terre) et de faire un cap au 230, nous serons au largue, c’est très agréable. Il faut affaler le booster la même manœuvre que tout à l’heure mais dans l’autre sens, je vous la refais ? Ensuite nous hissons la GV et déroulons le génois, abattons de 30°, je vous passe les détails… Pendant le dîner nous apercevons un cargo, Karine essaie de l’appeler à la VHF, en français et en anglais, aucune réponse, personne ne doit être à la passerelle. Nous profitons de sa présence pour faire quelques essais de notre radar. Parcouru 95 M
samedi 20 janvier La nuit a été très cool, Sabeline navigue tranquillement comme sur un tapis roulant, pas de manœuvres, sauf quelques corrections de cap car quand un nuage passe, le vent change sensiblement de direction. Pendant mon quart je regarde des films en DVD. Karine prend son quart de 2H30 à 9H30 ! Au matin, la mer est belle, à peine une petite houle croisée, et nous voyons l’horizon tout autour du bateau. Nous profitons de ce beau temps pour faire un peu d’école, nous avons un peu de retard dans les évaluations du CNED, mais désolé, nous n’avons pas trouvé de boite aux lettres sur la route. A midi, les voiles faseillent, 5 nd de vent, nous sommes contraints de démarrer le moteur. Baignade, (pour moi seulement, Karine et les enfants n’osent pas !) sieste, lecture, musique et réception de nos petits messages Iridium, à 1500 Kms de la Guyane, la terre la plus proche, elle n’est pas belle la vie ? Un bon petit vent d’Est souffle dans la nuit, Sabeline, au grand largue, file vers le sud-Ouest. Parcouru 113 M
Dimanche 21 janvier Changement d’heure locale, une heure de gagnée ! Vers midi, nous avons atteint la latitude de Grenade, 12°N, et avec, un petit vent de 15 nd. Je remonte de 30°, cap direct sur Grenade. A ce moment je reçois un message Iridium de Papa : « à 12° N devrait avoir du vent d’est. » selon ses sources sur WheatherOnLine.com. Je suis vraiment bien assisté ! Cap plein Est, les voiles en ciseaux ne suffisent pas, j’envoie le Booster, à coté du Génois, GV affalée. Peu après la partie supérieure se déchire, il était pourtant en double épaisseur mais il n’a pas résisté. Bravo Diego du CVD pour tes réparations onéreuses et peu fiables ! Nous continuons aidés par le moteur jusqu’à la tombée de la nuit, un vent de NE semble frémir, c’est ce que confirme Jean, les alizés reviennent, j’affale la GV, hisse l’artimon, le génois toujours tangonné pour passer la nuit tranquille. D’autant plus que Karine n’a pas la pèche ce soir. Maux d’estomac ou gastro ? Parcouru 116 M
Lundi 22 Janvier Karine est toujours malade, mais elle arrive pourtant à faire ses quarts, entre deux vomissements. Les alizés ne sont pas bien nerveux, j’envoie le spi, non sans quelques manœuvres laborieuses, et juste pour gagner à peine un petit nœud. Nous recevons un appel Iridium d’Erwan et Sandrine, ils sont à 800 M de la Martinique, à notre Nord-ouest, à la vacation, nous sommes à 676 M de Grenade. Le temps n’est pas stable en ce moment, je ne peux pas prendre le risque de garder le spi toute la nuit, alors juste au crépuscule, je me livre à mes manœuvres habituelles : affaler le spi, envoyer le génois et l’artimon, et changer de cap, car entre le jour et la nuit, le vent change de direction (30 à 40°) Parcouru 117 M
Mardi 23 Janvier Le vent est toujours aussi mou, 10 à 13 nd, et malgré tous nos efforts pour trouver la meilleure configuration et la meilleure surface de voilure, Sabeline a du mal à dépasser les 5 nds. Il va falloir être patient, dommage, nous étions proche d’une belle performance de traversée Océanique. L’humeur à bord s’est un peu dégradée, Karine reste alitée toute la journée, et les enfants, eux, n’ont pas changé leur rythme de vie. Je suis un peu débordé, entre les manœuvres, la veille, l’école, le rangement, la cuisine, la vaisselle , et maintenant infirmier : Karine n’a rien ingurgité depuis 3 jours, c’est inquiétant. Pour éviter la déshydratation (Il fait 30°C dans le bateau), elle doit boire de l’eau sucrée à petites gorgées. Parcouru 122 M
Mercredi 24 Janvier Je laisse Karine se reposer cette nuit, j’ai accepté son congé maladie et j’assure la veille toute la nuit. Le radar m’aide à allonger les périodes de sommeil. Nous croisons un cargo faisant route vers le Nord-Ouest, et il faut rester attentif à sa trajectoire, ça occupe un bon moment, il passe devant Sabeline à moins de 3 miles. A 7h, je réveille Yoan pour qu’il prenne le relais, et je me couche dans sa cabine. Lorsque je me réveille à 10h, notre cap n’est pas bon, je me mets aux manœuvres habituelles, avant le petit déjeuné : hisser la GV, affaler l’artimon et mettre Sabeline au vent arrière. Deux heures plus tard, le vent faibli, j’affale la GV, l’artimon, roule le génois, et envoi le spi. Seul, il faut anticipé et réfléchir à la manœuvre : lorsque je déploie le spi à l’avant du bateau, il faut retourner rapidement dans le cockpit pour border le bras et l’écoute préalablement tournés sur les winchs, pour éviter que le spi s’enroule autour de l’étai. Karine va un peu mieux aujourd’hui, elle a réussi à garder son eau sucrée, 2 biscottes, et 2 pommes de terre, elle passe l’après midi à l’ombre dans le cockpit, à surveiller nos lignes de traîne qui ne donnent plus rien depuis quelques jours. 16H30, heure de la vacation, il nous reste 434 Miles à parcourir. Nous arriverons dimanche Inch Allah. Ce soir Sabeline a repris sa voilure nocturne, le GPS affiche 6 nds, une vitesse que l’on devine de l’intérieur, car le bateau est moins sensible à la houle, les mouvements sont plus rapides, et moins amples, comme ceux que l’on ressent dans un TGV à 260Km/h. Parcouru 120 M
Jeudi 25 Janvier J’assure une deuxième nuit complète de quart, Karine est encore faible, il faut qu’elle récupère. Je regarde deux films entrecoupés par la veille du bateau. C’est autre chose que la pub ! Depuis le début de la traversée nous utilisons un téléphone portable, sur lequel Karine a programmé des rendez-vous toute les 25 minutes, jour et nuit, et qui se répètent chaque jour. Lorsque celui de quart entend la douce mélodie, il sort dans le cockpit, attache son harnais à la longe, inspecte l’horizon, lentement car un cargo peut être caché derrière une vague, vérifie le cap, le réglage des voiles, la force du vent et la vitesse du bateau. De nuit, il vérifie aussi notre éclairage, et détecte, dans le ciel, les masses sombres qui pourraient être un grain. C’est souvent avec beaucoup de plaisir que nous assurons cette veille ; Aux dernières lueurs de la journée, Sabeline exhibe ses voiles devant le soleil couchant, sur une mer aux reflets d’argent, sous un ciel passant du bleu profond au orange vif. Lorsque le soleil est bien couché, la lune prend sa place, et Sabeline file vers cette lueur blanche qui se reflète et scintille dans la mer. On s’attend à voir sauter un dauphin devant la lune comme dans « Le Grand Bleu ». A son tour, la lune, dont le croissant est toujours horizontal sous ces latitudes, disparaît derrière la mer et plonge Sabeline dans les ténèbres. Nos yeux deviennent alors plus sensibles, le plancton phosphorescent s’illumine dans le sillage, le ciel s’éclaircie de milliers d’étoiles, dont je pense reconnaître la « croix du sud ». Des instants insaisissables comme ceux-là resterons gravés dans nos tètes. Vers 6 heures, Karine vient me relayer. Le spi est envoyé à 11h, nous le gardons toute la journée, malgré un bon vent de 15-17 nd, mais ça fait plaisir de voir le bateau marcher entre 6 et 7 nd. Karine va beaucoup mieux, et nous restons toute l’après midi dans le cockpit, pendant que les enfants sont très occupés par du coloriage. J’aide Yoan à monter un Mécano et je monte dans le mat et sur le tangon pour le fun, et la photo. Karine aperçoit au loin sur l’arrière un objet orange fluo, nous contrôlons que nous n’avons rien perdu. Juste après on distingue deux vedettes à moteur, d’abord nous sommes surpris de voir des bateaux autre que des cargos, mais c’est vrai que nous approchons des côtes, nous sommes à 100 M de la Barbade, c’est peu être des pécheurs, ou des trafiquants. Dans ce coin là ça se pourrait bien, nous restons très discrets, pas d’appel VHF, comme si on n’avait rien vu. La ligne de traîne se tend violemment, je la remonte au winch, et balance une belle bête devant la barre à roue. C’est un Thazard de 1m, 5Kg. Nous avons quelques doutes à propos de la ciguatera, une maladie qu’on peut attraper avec les poissons de coraux et ses prédateurs. Nous en donnons un peu à manger à Dakar, s’il n’est pas malade demain, nous pourrons le manger (pas le chat, le poisson !) Parcouru 128 M vendredi 26 janvier Lors de la relève de la garde, ou plus modestement le changement de quart de 11h, nous envoyons le spi. J’ausculte le chat, il va bien. Je vais pouvoir cuisiner notre thazard. ¼ suffira, en croûte de sel, avec des pommes de terres douces de Ziguinchor, et des oignons autour. Un avion arrive vers Sabeline à faible altitude et fait deux tours autour de nous, nous faisons des signes de salut, puis il repart vers le Sud-Est. Y-a-t-il un rapport avec les deux bateaux de hier soir ? Peut-être la brigade anti-stup ? A midi, nous avons parcouru 2000 M depuis Mindelo, il ne reste plus que 200 M. Si nous avions atterri à LA BARBADE, nous serions arrivés cette nuit, en 16 jours. Nous avons croisé 3 cargos aujourd’hui, décidément nous voyons de plus en plus de monde ! Ils font tous la même route, vers le sud-ouest, il viennent de passer le Canal de Panama, passent entre Grenade et Tobago, et redescendent le long de l’Amérique du sud. Tandis que nous préparons des bocaux de poisson dans le cockpit, un groupe d’une vingtaine de dauphins vient vers Sabeline et joue un bon moment dans l’étrave. Nous sommes tous à l’avant sur le pont, pour admirer cet accueil sympa. Il n’y a pratiquement pas de dauphins en pleine mer, c’est le signe d’une arrivée proche. Après les dauphins, Yoan a envie de se baigner comme papa. Elodie a suivi et on s’est retrouvé tous les trois traînés dans le sillage de Sabeline. On s’est bien amusé. Avec tout ça je n’ai même pas eu le temps d’aller faire une sieste, débordé ! Au dîner ? Du poisson bien sur, béchamel et champignons. Nous avons fait des conserves des restes du thazard, pour éviter d’en manger midi et soir pendant plusieurs jours. Parcouru 128 M
Samedi 27 janvier Nous avons décidé de garder le spi cette nuit, le vent est faible 8 à 10nd, et le temps semble stable. Je fais le premier quart jusqu’à 1h30. Lorsque Karine prend le relais le vent monte, elle me rassure en disant que c’est juste un grain, ça va passer. 2 heures plus tard il y a toujours 15 à 17 nds de vent, un peu beaucoup sous spi, d’autant que nous ne sommes pas pressés. Elle me réveille à 4h pour affaler le spi. Je n’aime pas garder un spi la nuit, justement pour éviter cette manœuvre. Je vais à l’avant sur le balcon et essai de tirer sur la chaussette qui ne vient pas (non je ne porte plus de chaussettes depuis 6 mois, la chaussette sur un spi sert à l’étouffer et faciliter l’affalage). Je crie à Karine dans le cockpit de larguer le maximum de l’écoute car le vent prend dans le spi. Tout d’un coup je m’aperçoit que j’ai le pied sur un bout, celui du retour de la chaussette, voila pourquoi ça bloque. La chaussette descend, le spi s’étouffe. En larguant la drisse de spi pour le descendre sur le pont, le bout de retour se prend dans le déflecteur radar, il faut remonter le spi. Tout ça avec un roulis énorme, car sans toile, Sabeline se met en travers de la lame, et je ne tiens pas debout sur le pont. Je range tout dans le sac, je récupère les écoutes pour les fixer au balcon, mais celle que Karine devait larguer est dans l’eau et l’une des extrémités est prise dans l’hélice. Après plusieurs tentatives, en tournant l’arbre à la main par l’intérieur du bateau, nous n’arrivons pas à libérer l’hélice. Il faut plonger pour défaire l’écoute prise dans l’hélice, mais il fait nuit, je n’ai même pas de lampe étanche, et c’est l’heure où les requins chassent. En plus, ça ne me dit trop rien de me baigner maintenant, je préfère attendre demain, il fera jour. L’inconvénient, c’est que nous sommes sans moteur, qui peut être une sécurité. Tant pis pour l’instant il y a du vent, et Sabeline est un voilier.
A 14h30, le vent à légèrement faiblit, je m’attache solidement, prend mes palmes, mon tuba et mon couteau et plonge vers l’hélice pour dénouer le bout. Karine a peur pour moi, car il y a de la houle le bateau bouge, et elle craint que je sois assommé. Deux minutes plus tard, c’est fini. Cause de l’écoute dans l’eau : l’extrémité ne devait pas sortir de la poulie de pont au cockpit, mais un petit nœud d’écoute c’est défait à cause du mauvais état d’une surliure. Une petite bricole qui aurait pu avoir de graves conséquences. Moralité : il n’y a pas de place au hasard sur un bateau, et pourtant je le répète souvent. A la vacation (16H30 à bord) il ne reste plus que 51 Miles. Nous passons l’après midi à nettoyer un peu notre logis de façon à n’avoir que le maillot de bain a enfiler en arrivant, pour profiter de notre environnement. TERRE, TERRE, 17h30 nous distinguons les sommets de l’île, moment que j’aurais pu imaginer plus euphorique, mais on se plait tellement bien ici. Que nous réserve l’arrivée ? Parcouru 128 M à la Vacation
dimanche 28 janvier Les enfants dorment, nous longeons la cote sud-Ouest de Grenade, aidés par un fort courant, un bon vent de 20nd, favorisé par le relief de l’île. Nous avons choisi d’atterrir à PRICKLY BAY, petite anse bien protégée, où il est possible de faire les formalités d’entrée. D’après la carte l’entrée de la baie est assez large mais entourée de coraux qui enfleurent à la surface. Nous apercevons des bouées rouges et vertes, c’est le contraire qu’en Europe, le rouge à tribord, celui qui se trompe n’a plus qu’à rejoindre la cote à la nage. On se laisse surprendre par leur proximité, la force du courant et du vent. Sabeline avance en crabe, jusqu’à ce qu’on soit protégé dans l’anse. Là, nous distinguons quelques voiliers au mouillage, nous plongeons l’ancre, qui accroche du premier coup dans le sable de corail. Il est minuit ici. Nous nous serrons dans nos bras, heureux, satisfaits et un peu fiers de nous. Parcouru 50 M
Escale à Sao Vicente et Santa Antao - Cap vertSamedi 6 janvier Erwan et Sandrine viennent à bord pour discuter un peu, on ne s’était pas vu depuis Graciosa. Elodie est malade ce matin, nous appelons seb et Julie, ils sont médecins, spécialisés en médecine tropicale Nous lui administrons le traitement curatif contre la malaria, mais ce n’est certainement qu’une petite gastro. Yoan pendant ce temps fabrique des ordinateurs portables avec webcam et tout et tout, avec des planches, des papiers, des pailles…et beaucoup de scotch. En fin d’après midi, Yoan et moi débarquons pour faire un tour dans les cybercafés, ils ne sont pas bien équipés et nous ne pouvons même pas utiliser une clé USB. Karine nous dépose pour éviter de faire appel aux services des gardiens d’annexe. Nous sommes obligés de la faire garder, sinon on la retrouve crevée ou sans moteur, par les gardiens eux-mêmes. C’est une vraie mafia.
7 et 8 Janvier C’est à mon tour d’être malade, certainement la même chose qu’Élodie, c’est donc viral et ce qui confirme qu’Élodie n’a pas le palu, d’ailleurs elle va déjà mieux. Le 8 au soir, nous allons au club Nautique prendre un pot avec Millepertuis et Natibou, une famille avec 3 enfants sur un beau catamaran Outremer 50, mais ils sont en panne d’étai, de safran et de moral. Nous dégustons une capirinha au son de la capoera. Nous grignotons ensuite une bonne pizza, juste le décor manque un peu.
Mardi 9 Janvier Le réveil sonne à 6H45 ! (on a retrouvé un portable à bord). Nous n’allons pas quitter le Cap-Vert sans visiter la plus belle des îles ! Nous n’y allons pas avec notre bateau car il y a peu de place derrière la jetée et ce n’est pas sûr. Nous laissons notre annexe en garde à Marco, et filons jusqu’au ferry. Le départ a lieu à 8 heures, le trajet dure une heure. A Porto Novo sur l’île de SANTA-ANTAO, nous négocions un aluguer pour visiter l’essentiel de l’île en peu de temps, nous n’avons qu’une journée. Nous essayons de trouver quelques touristes qui pourraient partager l’aluguer avec nous, mais ils sont tous en voyage organisé. Où est l’aventure ? Nous roulons à l’arrière d’un pick-up, sur une voie pavée et sinueuse. Elle monte jusqu’ au sommet de l’île, boisée et très frais. Malgré nos manches longues nous avons froid. A une vendeuse sur le bord de la piste, nous achetons un fromage de chèvre tout frais. A COVA, nous prenons quelques photos d’un cratère vert, large et profond que nous surplombons. Il y a des cultures en terrasse. Notre chauffeur nous arrête chez une vieille dame qui nous offre un plat chaud à base de maïs et un café au lait de chèvre, et quelques fruits. Elle ne parle que le crioulo et nous embrasse tous en partant. Nous arrivons de l’autre coté de l’île, au nord-est, à RIBEIRA GRANDE, la ville la plus importante. Il y a de nombreux commerces et nous y déambulons à pied. Les écoliers sont tous en uniforme, et les jeunes filles en jupette plissée, très courte ! Nous remontons dans le pick-up pour longer la mer jusqu’à PAUL. (ce prononce Paoule) Là, nous entrons dans une distillerie artisanale, la presse est actionnée par des bœufs qui tournent en rond. Nous dégustons bien sur le jus qui sort de la canne à sucre, le Grogue (le rhum local), le Punche, et la mélasse. Hic. Demi tour, nous continuons nos pavés jusqu’à PONTA DO SOL, Nous lui demandons de nous conduire à une bananeraie pour acheter un régime. Nous marchons à travers les cannes à sucre et les bananiers pour cueillir notre régime. Revenu près de l’exploitation, nous le pesons et l’embarquons. Le prix est dérisoire, 635 $ soit environ 6 euros les 18 Kilos de Bananes. Nous déjeunons un copieux poulet grillé dans un bon restau. En discutant avec des touristes français, ils nous conseillent de faire la piste jusqu’à FONTAINHAS. Nous le demandons à notre aluguer qui accepte après petite compensation financière. La fameuse piste, taillée dans la falaise serpente et grimpe abominablement. Impossible de croiser une autre voiture. Nous avons une montée d’adrénaline et les enfants ne sont pas rassurés. Le chauffeur nous fait débarquer pendant qu’il fait demi tour plus loin. Le paysage est époustouflant, ça fallait bien le détour, si l’on en réchappe ! Nous apercevons le village accroché aux flans de la montagne, entouré de culture en terrasse. Mais comment des gens peuvent vivrent là ? Nous redescendons, soulagés que les freins et la mécanique ont tenus. Maintenant, nous allons suivre le programme bien sagement (si on peut le dire). Nous rentrons à Porto Novo, à une allure un peu vive pour nous mais il faut faire confiance au chauffeur. A 17h, le ferry quitte l’île. Les enfants et moi visitons la passerelle et je discute un peu avec le commandant, il est très intéressé par notre parcours depuis St Malo. Arrivés à Mindelo, Marco nous attend à l’embarcadère avec notre annexe. Nous en avons eu plein les yeux durant cette journée riche en découvertes, sensations, et un peu onéreuse, mais nous allons faire des économies pendant 3 semaines. 1/7/2007 Bilan des 6 premiers moisPour ceux qui n’ont pas le temps de tout lire, pour ceux qui aiment les chiffres, et pour nous, voici le deuxième bilan de notre voyage, au bout de 6 mois de vagabondages.
Depuis le 13 Juillet 2006, au 6 Janvier 2007 à Mindelo, CAP VERT
· Distance parcourue avec Sabeline : 3743 Mn soit 6932 Kms.
· Nombre de journées en mer : 48
· Nombre de nuits en mer : 24
· Nombre de jours en escale : 126
France Lézardrieux : 1 Rade de Brest : 7
Espagne Muros : 1 Bayona : 1
Portugal Viana do Castello : 1 Aveiro : 1 Peniche : 3 Iles Berlengas : 1
Madère Porto Santo : 4 Quinta do Lorde : 1 Machico : 21
Canaries Graciosa Caleta del sobo : 10 Lanzarote Porto Naos : 6 Arrecife : 5 Playa Blanca : 1 Tenerife Los Cristianos : 3 La Gomera San Sebastian : 7 Sénégal Dakar et Gorée : 15 Siné-Saloum Djifère : 1 Mar-Lodj : 4 Fambine : 1 Toubacouta : 2 Oudérin 4 Casamance Cachouane : 5 Karabane 1 Nioumoune 1ere escale 2 Ziguinchor 10 Djilapao 2 Nioumoune 2eme escale (Noel) 3 Cap Vert Ihla do SAL, Baia da Palmeira 4 Ihla de Sao Vicente 1
· Nombre de Pays visités : 4 Espagne, Portugal, Sénégal, Cap-vert. · Le plus fort vent enregistré en navigation : 30 nd en arrivant à Viana do Castello · Température la plus basse relevée à bord : 19°c lors des nuits les plus fraîches sur le Sine Saloum ou Ziguinchor. · Température la plus élevée relevée à bord : 50°c à Toubacouta, et 30° la nuit ! · Température de l’eau la plus élevée : 30°c à Dakar, mais baignade déconseillée · La plus longue durée de navigation : 8 jours, 7 nuits de La Gomera à Dakar · La plus longue distance de navigation : 868 M de La Gomera à Dakar
Les points négatifs : · Dommage que notre voyage soit limité en durée, mais c’est déjà mieux que rien. · L’école est une activité qui nous prend beaucoup de temps dans la journée, avec parfois des difficultés lorsque les enfants ne sont pas décidés à travailler. · La pollution de la mer, Nous trouvons beaucoup de bouteilles et de sacs plastiques, Les Espagnols, portugais et surtout les Sénégalais n’ont aucune notion d’écologie. · Ce qui nous manque : Depuis notre passage au Sénégal, c’est la variété de l’alimentation : pas de charcuterie, peu de viande, Le café, le chocolat de dégustation, sont parmi les produits qui ne sont pas aussi bon qu’en France, bien que nous apprécions beaucoup de produits locaux. Et bien sur notre famille nous manque, plus que 6 mois !
Les points positifs : · Les navigations paisibles avec 12 à 15 nd de vent portant, toujours en short et en tee-shirt, ou moins. La navigation dans les bolongs à travers la nature, le silence et la faune, le seul risque est de s’échouer dans le sable.
· Le climat que nous sommes venu chercher au Sénégal, très agréable, toujours un beau soleil et les nuits apportent un peu de fraîcheur (pendant la saison sèche de novembre à Mars) Nous n’avons toujours pas eu de pluie à bord et le bateau aurait bien besoin d’un petit rinçage, l’Harmattan qui souffle au Sénégal et au Cap-Vert est chargé de poussière ocre. Le vent est resté raisonnable pour l’instant, même très sage dans les bolongs.
· Les rencontres entre bateaux de voyage, Beaucoup de français, surtout des bretons. On se connaît tous plus ou moins, et on se retrouve au hasard des escales, pour partager nos compétences, nos connaissances, et nos apéros. Nous sommes un petit village qui se déplace au gré des vents. Les autres nationalités : Belges, suisses, québécois, américains, anglais, autrichiens, néerlandais, danois, suédois et les autochtones, rendrent les mouillages très cosmopolites et enrichissants. Depuis le passage en Afrique, nous rencontrons surtout des bateaux Français ou des Suisses, mais les rencontres les plus enrichissantes ont été partagées avec des Sénégalais (désolé les copains !), leur accueil, leur générosité nous ont vraiment marqués.
· Après les Iles de Madère, et des Canaries nous sommes arrivés sur le continent Africain. Depuis notre départ de Dakar, nous ne regrettons pas d’être passé au Sénégal. Avec le bateau, on peut s’arrêter dans les villages qui nous inspirent, et les quitter quand on veut, c’est la liberté. Le bateau nous permet d’aller dans des villages inaccessibles en voiture. Dans certains villages nous étions les seuls toubabs. Pour bien profiter du Sénégal, il faut fuir les grandes villes et les endroits touristiques où nous sommes constamment sollicités, et resté dans un petit village pour bien s’intégrer et vivre comme eux. Le bateau le permet parfaitement, tout en rentrant chez soi tous les soirs ! Nous n’avons pas de regrets non plus d’avoir prolongé notre séjour, notre passage en Casamance aura permi de rencontrer un autre peuple, les diolas, heureux de vivre dans l’ensemble, ils sont restés authentiques. Que nous réservent les Antilles ?
Humanitaire : Nous avons choisi de privilégier les dons sur le Siné-Saloum, et nous avons fait le bon choix. Il y a beaucoup moins de bateaux que sur la Casamance, car l’accès y est plus difficile, et il y a donc moins d’apport de richesse. Les villages choisis nous semblent bon, car il sont tous inaccessible par la route, peu de structures touristiques, et certains ne font pas partie du programme Voile Sans Frontières, qui redistribue les dons aux villages, suivant certains critères qui ne sont pas les nôtres. Nous étions autonomes pour la distribution des fournitures scolaires et du matériel médical, et nous les remettions toujours après une première évaluation des besoins des écoles ou dispensaires, en petite quantité pour éviter un éventuel trafic. Nous avons éprouvé beaucoup de bonheur à remettre ses dons en mains propres. (Les Adhérents VSF les remettent à un seul correspondant et doivent encore payer les frais de port à Ziguinchor pour le débarquement.) Nous remercions infiniment les personnes qui nous ont fait confiance pour acheminer ces fournitures, je pense que les dispensaires et les écoles en feront bon usage et vous remercient chaleureusement de votre générosité.
Lexique Français – Diola Kasoumay : Bonjour, ça va ? Kasoumay baré : ça va bien Kasoumay kep ; bienvenu Oukatoral : Bonsoir Oumotalsium : Bonne nuit Abocadium : à demain Dieure dief : merci Safoul : bonjour (peu utilisé)
Conclusion : Je reprends la conclusion du dernier bilan, toujours valable : « Nous ne regrettons surtout pas d’être parti ! Le plus dur c’est de le décider, de préparer ce projet, et de traverser des périodes de doute. Depuis tout va bien, c’est le bonheur. SABELINE et son équipage sont en pleine forme. » Nous sommes prêt pour le grand saut après une courte escale au cap Vert, histoire de découvrir ce pays et ses richesses.
A Suivre… Escale a Sal et Sao vicente - Cap VertDimanche 31 décembre Karine est KO aujourd’hui, estomac HS. Je vais me balader dans la petite ville avec les enfants. Le débarquement est un peu folklo, il y a plein de cordages dans l’eau et beaucoup de clapot contre le quai. Je fais notre entrée au poste de police, nos passeports sont tamponnés, nous sommes en règle. Yoan et Elodie sont émerveillés par la richesse des petits « Mercado » : Chocapic, saucisses de Strasbourg, du vrai lait. Une boulangerie avec des bonnes brioches à la noix de coco. Il n’y a pas de produits frais mais c’est déjà ça. L’après midi je retourne au village avec 2 gros sacs de linge sale. Je retrouve Serge, un gars que je connaissais déjà au CVD, qui m’emmène chez une habitante qui fait des lessives. Il fait l’interprète car il baragouine un peu le portugais. Ce sera propre dans 3 jours. Nous rentrons dans un bar, prendre un grogue avec Alain et Anne, des belges retraités de l’ONU que j’avais rencontré la veille. Les Capverdiens sont très sympas, mais ce n’est pas le même accueil qu’au Sénégal, bien qu’il y ait beaucoup d’africains. Certains sont de type portugais mais le métissage domine, les femmes sont belles. Pendant mes allées et venues, je fais aussi la connaissance d’un couple Lionel et Julie, des Rétais, en voyage pour quelques mois sur leur voilier, ils nous invitent pour prendre l’apéro ce soir, pour bien commencer le réveillon. Nous avons hésité à réserver une place dans un bon restau, mais Karine n’est pas en forme, et nous avons peur de laisser l’annexe seule, on nous a déjà volé une pelle de plage. Il parait que ce qui n’est pas cadenassé disparaît. Le réveillon commence au Champagne apporté par Lionel (encore un) et Delphine, partis de Port St Louis du Rhône en Septembre. L’ambiance est bonne mais nous ne restons pas pour le dîner, ce sera spaghettis à la bolognaise chez nous. Plus tard, d’un coup de VHF, ils nous rappellent pour le dessert. La soirée se termine vers 4h, en partageant un gâteau d’anniversaire.
Lundi 1er Janvier 2007, BONNE ANNEE ! C’est un 1er Janvier et il fait froid. Depuis que nous sommes à SAL, le vent a tourné au Nord Est, il est chargé de sable du Sahara qui se dépose partout sur les cordages du bateau. La température tombe à 22°C la nuit, accentuée par un fort vent. Le short et le tee-shirt deviendraient-ils insuffisants ? Pas encore. Pour mes 40 ans nous allons faire une orgie à bord, c’est les enfants qui cuisinent. Nous avons droit à un poulet « mamie Thérèse » (en bocal) bien accompagné par un Château « le pichet » (vin de table de Dakar). Je souffle encore une fois mes bougies sur un beau gâteau. Le soir venu, Nos voisins, Lionel, Lionel, Delphine et Julie, nous rejoignent à bord pour bien finir la journée. Nous regardons nos photos du Sénégal puisque c’est leur prochaine destination. Nous avons essayé de passer du bon temps, mais j’avoue, qu’en cette période de fête, j’aurais préféré être près de mes parents, et de ma famille. Le soleil n’arrange pas tout, et je réalise combien notre entourage familial est primordial. Les petites cartes que j’ai reçu m’ont vraiment très touché, je vous embrasse tous très fort.
Mardi 2 Janvier Le calendrier tourne, la vie continue. Journée bricolage à bord, je prépare le bateau, le bichonne, pour qu’il prenne soin de nous pendant « Le Grand Saut ». C’est bon pour le moral. Karine est toujours patraque, mais nous allons faire un tour en ville pour faire quelques petites courses.
Mercredi 3 Janvier Séquence tourisme : Nous débarquons en annexe sur la plage, le quai est intenable. Nous marchons juste qu’à la sortie de la ville pour héler un aluguer (à louer en français), sorte de taxi local qui assure le transport entre villes. Nous filons à ESPARGOS, la musique à donf. On s’arrête dans un cybercafé pour lire quelques mails très sympas mais nous avons trop peu de temps pour y répondre. Ensuite, nous prenons un autre aluguer pour se rendre au sud de l’île, à travers le désert de sable à SANTA MARIA. L’aéroport n’est pas loin, ce qui explique que c’est une ville très touristique, et beaucoup d’artistes viennent vendre les babioles. Nous cherchons une Lanchonete « chez ANGELLA », pour se restaurer au kilo. Nos assiettes sont pesées. Ce restaurant nous a été recommandé par un ami de Lionel, qui est d’ailleurs assis à la terrasse. Il est en voyage en voilier, mais il bosse ici en tant que prof de Kite-surf. Nous mangeons copieusement. Ensuite nous marchons vers une immense plage occupée par les Kite-surfeurs et véliplanchistes, sur une mer démontée. Dire qu’il y a des cinglés qui naviguent sur cette mer pendant des semaines ! Nous prenons un aluguer vers Espergos, puis un autre vers Les Salinas, à l’est de l’ile. Les enfants sont allongés à l’arrière de la fourgonnette d’un homme qui s’est improvisé taxi, car il ne connaissait pas le chemin. Il nous dépose devant une ancienne saline enfermée dans un cratère qui communique avec la mer. Certains bassins sont desséchés et tous blancs, les enfants lèchent le sol, puis se baignent dans un des bassins tout rose. L’eau est orange. Ils trouvent un coin où de l’écume s’est accumulée avec le vent, et se badigeonnent le corps. Yoan a vite fait de se rouler par terre et de s’enduire de terre ocre. Elodie, bien sur, en fait autant et les voila en train de faire du culturisme, devant nous. Nous quittons cet endroit magnifique et hors du commun. Par chance, nous trouvons facilement un aluguer pour nous déposer à Espergos. 17h, nous avons encore le temps de profiter des commerces de cette ville. Nous chopons un aluguer vide pour Palmeira, mais il ne part pas tant qu’il n’est pas complet. Les enfants ont vite compris le problème et interpellent par la fenêtre les gens pour leur proposer une place. Nous rentrons au bateau avant la nuit.
Jeudi 4 Janvier La journée est consacrée à un peu de ménage à bord ; Karine passe son temps à nettoyer derrière les gosses ; et à un dernier ravitaillement chez les petits commerçants de Palmeira, qui sont très contents de nous voir. Nous prenons une dizaine de brioches de plusieurs sortes, 3 pains de mie dans la petite boulangerie. La vendeuse est perdue dans ses comptes, elle appelle un voisin qui sort un crayon et un papier et pose l’opération. Là encore le résultat n’est pas bon, nous leur expliquons comment faire et nous sommes enfin tombés d’accord. Nous ramenons un caddie bien rempli à bord, nos 2 sacs de linge propre, nos passeports tamponnés « salida » un petit coucou à Michel et Jocelyne que nous n’avions pas vu depuis Dakar, et nous voila prêt à lever l’ancre. Nous quittons les Lionel, Julie et Delphine, qui attendent lundi prochain, un vent de NE pour partir vers le Sénégal. A 19 h, palmeira est derrière nous, en route vers l’ouest. Vu l’état de la mer, nous n’allons pas nous arrêter à Sao Nicolao, le mouillage de Tarrafal n’est praticable que par beau temps.
vendredi 5 janvier Nous sommes portés par un bon vent d’est et une grosse houle de NE. Le vent monte, à 3h du matin, je relève 28 nd. Mais on l’a dans le cul cette fois. Karine a le mal de mer. Nous faisons des quarts de 2 heures. Ce matin comme depuis quelques jours, nous n’avons pas droit aux couleurs du lever de soleil, à cause de la brume de sable. Le ciel est blanc, la mer est grise tachetée de moutons d’écume. En fin d’après midi nous allons entrer dans le canal de Sao Vicente, un canal désigne la zone entre 2 îles, où il y a souvent du courant et du vent accéléré par le relief. Notre guide de navigation indique que le vent est doublé dans ce canal. Je reste prudent et prêt à affronter du 40nd. Mais tout va bien, j’évite de m’approcher de Santo Antao, et nous rentrons dans la magnifique baie de Mindelo, entourée de montagnes, quelques épaves de cargos attendent d’être coulées, dire que nous n’osons pas jeter nos boites de conserves ! La ville se démarque de la brume, par les couleurs des murs. Nous retrouvons Millepertuis, le bateau de Sandrine et Erwan, et celui de Sébastien et Julie.
Samedi 6 janvier Erwan et Sandrine viennent à bord pour discuter un peu, on ne s’était pas vu depuis Graciosa. Elodie est malade ce matin, nous appelons seb et Julie, ils sont médecins, spécialisés en médecine tropicale Nous lui administrons le traitement curatif contre la malaria, mais ce n’est certainement qu’une petite gastro. En fin d’après midi, Yoan et moi débarquons pour faire un tour dans les cybercafés, ils ne sont pas bien équipés et nous ne pouvons même pas utiliser une clé USB. Karine nous dépose pour éviter de faire appel aux services des gardiens d’annexe. Nous sommes obligés de la faire garder, sinon on la retrouve crevée ou sans moteur, par les gardiens eux-mêmes. C’est une mafia.
Traversee Casamance - Cap Vertmardi 26 décembre La dernière semaine de mes 39 ans, n’aura pas été la plus agréable. 10h30, nous quittons notre mouillage de Nioumoune, en faisant un petit crochet vers les autres bateaux, pour leur souhaiter bon vent pour les aventures qui les attendent. TIKI et JULO vont mener pendant un mois, des médecins et infirmiers qui logent à bord de leur bateau pour soigner les Sérères du Siné Saloum, ils continuent leur voyage ensuite sur le Brésil. Chapeau. Nous sortons du bolong de Nioumoune à l’étale de marée basse, et nous devons franchir la passe de la Casamance à l’étale de Marée haute vers 14H 30. Des grands dauphins de 4 mètres nous accompagnent un moment en jouant avec l’étrave. Les enfants s’installent sur le balcon avant. Sur la passe, la mer déferle un peu, mais elle est beaucoup plus calme que lorsque nous sommes arrivés. Les fonds passent de 23m à 4m. La dernière bouée est franchie en milieu d’après-midi. Nous ne pouvons pas prendre notre cap au 305° vers le Cap-Vert, car le vent vient de face. Nous tirons un bord vers le nord, le vent finira bien par tourner. Nous nous préparons pour nos 4 nuits de navigation qui nous attendent. En fin d’après midi nous ramenons à bord une belle bonite de 65cm. Nous la cuisinons le soir même.
mercredi 27 décembre Nous tirons un bord plein Ouest, histoire de s’écarter des pirogues et casiers que nous ne pouvons pas voir la nuit. Le vent s’oriente mieux et souffle aussi plus fort, au petit matin, Sabeline file à 6-7 nd au près bon plein. Nous prenons un ris dans la grand-voile. Nous retrouvons la mer du large, avec sa couleur bleue, ses grosses vagues, ses embruns, ses poissons volants, mais aussi le mal de mer. La houle est croisée, et un peu désagréable. Au petit matin, un cargo nous passe devant, c’est le seul bateau que nous allons croiser pendant la traversée. Après un peu de répit dans l’après-midi, où il a été possible de lire, dans le cockpit sec, « Un temps pour un rêve » un livre que nous a prêté Jean-François, le vent remonte de plus belle. A minuit, nous sommes à 23 nd. Le pilote fait un bruit inquiétant.
Jeudi 28 Décembre Aujourd’hui le soleil reste couché, le temps est gris, il y a longtemps que nous avions vu ça ! Le vent a à peine mollit. Il faudrait aller réduire la grand-voile, le génois est enroulé à 50 % et je préfère naviguer avec moins de GV et plus de génois. Avec le génois sur enrouleur, il est plus facile de réduire en fonction du vent. Mais il faut aller à l’avant et se faire saucer copieusement ! avec un peu de courage, j’enfille la veste de quart, les bottes et le pantalon étanche retrouvés bien au fond de la penderie, ils ne nous avaient pas servis depuis la traversée Madère-Canaries ! Je prends un deuxième ris et j’envoie la trinquette, petite voile d’avant, prévue pour le près et plus efficace que le génois à moitié enroulé. La vie n’est pas facile à bord, les enfants vivent leur vie comme si de rien n’était. Ils dorment très bien la nuit contrairement à nous. Nos déplacements demandent des efforts énormes, même le chat n’ose plus bouger et se cramponne à ses cousins. Il est difficile de faire les repas, la vaisselle. Et d’aller aux toilettes ? La gîte, les mouvements brusques du bateau, l’eau qui rentre par les dorades (bouches d’aération), orientés pourtant dos au vent, il vaut mieux se retenir ! J’ai réglé l’allure et le cap de Sabeline pour qu’il prenne bien les vagues qui arrivent à 45° sans taper. Pourtant, comme un avion qui a des trous d’air, le bateau à des trous d’eau, il rencontre de temps en temps un creux de plusieurs mètres, retombe avec fracas, des trombes d’eau jaillissent de chaque coté du bateau et la vague suivante s’écrase sur le pont du bateau, explose sur les panneaux avant. Pourvu que ça tienne ! C’est impressionnant et ça tient bon. Le plus dur est de continuer à vivre, tenir plusieurs jours, dans un shaker qui file à 6-7 nœuds. Comme chaque jour, je fais le point à 20H30, heure française, pour la vacation Iridium. C’est réconfortant de savoir qu’on a fait 128 M aujourd’hui, et qu’il nous reste plus que 178 M avant d’arriver, soit 40 heures environ.
vendredi 29 décembre La nuit a été fatigante, la cabine arrière est le meilleur endroit, le plus calme, mais nous sommes pourtant ballottés par le roulis, et les décélérations lorsque Sabeline heurte une mauvaise vague. La réserve de 240 l d’eau douce sous notre couchette se fait entendre. Nous avons été trop vite cette nuit, 6 nd en moyenne, à 10h il ne reste plus que 90 M à parcourir, nous arriverons donc de nuit à moins de réduire encore mais nous subirons encore plus le roulis. Le chat se régale de poissons volants, mais fait aussi des bêtises dans les cabines, ça va barder ! Nous ralentissons le bateau dès la tombée de la nuit, il ne faut pas dépasser 4,5 Nd si nous voulons arriver à BAIA DA PALMEIRA à l’aube. Le bateau est maintenant au largue avec juste la trinquette et un bout de Génois. Ce soir y-en a marre du poisson et des pâtes, on se sort un bocal de mamie Thérèse : Bœuf Bourguignon, avec de la semoule de coucous, on ne se refuse rien ! Après tout nous avons été bien sobre jusqu’ici en cette période de fête.
Samedi 30 Décembre Il est 2H30 heure locale, (4h30 en France) je veille activement car nous ne sommes plus qu’à quelques milles du sud de l’île. J’aperçois les lumières de Santa Maria et je vais longer la cote sous le vent. Nous mouillons juste à l’aurore devant la plage de Palmeira. Les enfants sont réveillés, ils sortent sur le pont. Je vais me coucher, pendant que karine fait du rangement et du nettoyage car le bateau n’a jamais été autant en bazar pendant une traversée.
Conclusion : 471 M en 92 heures (3 jours et 20 heures) Le bonheur de l’arrivée compense largement les difficultés de la traversée. D’après les Julo, ce ne devait être que du bonheur au portant, mais nous avons eu des vents de nord au lieu de NE. Pas de casse sauf l’antenne BLU fixation cassée sur les barres de flèche, et le pavillon français qui n’a pas trouvé mieux que de tomber en lambeaux, fort heureusement on en a un de secours, c’est très important ! Quelques vérifications et étanchéités à faire avant la traversée vers les Antilles, n’est-ce pas une bonne occupation pour passer ses vacances de Noël ? Nous avons atterri sur l’île de SAL, car c’est l’une des trois îles où l’on peut faire l’entrée sur le territoire Capverdien avec Santiago et Sao Vicente, et nous préférions SAL à SANTIAGO. Notre programme : Sao Nicolao, Sao Vicente, Et on taille la route vers « Le Nouveau Monde » comme disait Christophe !
Djilapao a nioumoune (Noel)vendredi 22 décembre Isabelle et Christophe viennent nous dire au revoir, ils retournent à Ziguinchor. Les enfants s’échangent des petits cadeaux. Rencontre éphémère mais intense. Au revoir, peut-être un jour à Lausanne… Nous levons l’ancre peu après, profitons de la marée haute pour quitter le sinueux bolong. Vers midi, nous stoppons pour attendre le courant du jusant, et se reposer encore un peu. Nous repartons pour une navigation vraiment très cool, et croisons quelques dauphins qui sautent et jouent dans l’estuaire du bolong. Les enfants sont émerveillés, nous descendons l’annexe et essayons de les approcher, mais les dauphins ne sont pas d’accord. Nous continuons notre route vers Nioumoune à l’entrée du bolong, il y a encore quelques dauphins. Nous arrivons juste avant la tombée de la nuit.
Samedi 23 Décembre Le chat a faim, voici plusieurs jours que nous n’avons pas péché de poissons. Après l’école, Yoan et Élodie embarquent en pirogue pour trouver des appâts. Pendant ce temps, Hervé est venu me chercher, car il a un problème sur un logiciel de navigation, il parait que je suis le pro de l’informatique de Nioumoune, c’est déjà ça ! Je passe la journée devant l’écran, tandis que les enfants invitent tous leurs copains à bord. L’hamac installé dans le cockpit, à l’abri du soleil leur plait beaucoup. Yoan et Elodie repartent en pirogue avec les cannes à pèche, les hameçons, tout ce qui manque aux petits africains, en partageant leur savoir faire, on devrait remplir la pirogue de poissons. Mais, nos enfants manquent encore un peu de pratique, pagayer avec une branche de palmier c’est pas facile. L’heure du goûter arrive et on est bien mieux à bord de Sabeline. Les copains nous apportent des fruits de palmier renier, après une découpe à la machette, où nous avons toujours peur de voir tomber des doigts, l’épaisse carapace révèle 3 cavités remplies d’un liquide gélatineux et transparent : Nous préférons les noix de coco.
Dimanche 24 décembre Nous avons réservé la soirée de Noël chez Hyacinthe. Nous nous retrouvons avec Annie, Didier, sa sœur et son beau-frère qui sont venus les rejoindre, Evelyne et Hervé de « Papa Djo », Patricia et JF, Valérie en mission médicale et deux anglais. Elodie s’écorche le menton en tombant, Valérie la soigne, et elle s’endort pendant tout le repas. Au menu : Salade de salicorne de Casamance, avec des pommes de terre douces, excellente. Ensuite un plat de cochon cuisiné. Tout est bon dans le cochon et en effet ici, on retrouve tout dans l’assiette ! Certainement un très bon repas de noël sénégalais, mais j’aurais bien aimé avaler quelques huîtres de Cancale, avec une bonne dinde. L’ambiance est cependant très inhabituelle, et il faut venir dans ce coin perdu pour vivre un noël aussi original. Nous partons à la messe de minuit. L’église est à une demi-heure de marche, dans le sable, guidé par Hyacinthe. Nous nous arrêtons devant le télé-centre, la seule maison du village qui a le téléphone, pour appeler notre famille, mais la liaison ne fonctionne pas. La messe dure presque 2 heures, elle est dite en diola et en français. Beaucoup de personnes s’endorment pendant le sermon, mais se réveillent dès que la chorale entonne des chants accompagnés de tam-tam. A la fin de la messe c’est l’euphorie, la chorale se lâche et la fête est partie ! Nous prenons quelques photos de la crèche et des fidèles très bien habillés pour l’occasion. Yoan retrouve ses copains. Nous rentrons à bord de Sabeline, les enfants sont impatients de savoir si le père Noël est passé. Faut pas rêver, vous imaginez le père noël, habituellement en traîneau tiré par des reines, venir jusque par ici ? prendre une pirogue, passer par un hublot ? Et bien il l’a fait ! Elodie et Yoan sont très heureux d’avoir autant de cadeaux, peut-être qu’ici, ils ne s’attendaient pas à être si gâtés.
Lundi 25 décembre Nous allons faire un dernier tour au village, pour régler Hyacinthe, et voir les parents de Jean-bernard. Ce dernier invite Yoan et Elodie, pour partager leur repas de Noël. Nous rencontrons la mère qui ramène un bidon d’eau de l’impluvium. Les copains ont déjà tué une poule supplémentaire et les enfants font la cuisine ensemble dans la case. La fête est pratiquée le jour même de Noël, il n’y a pas cette coutume de cadeaux, mais un bon repas et des danses toute l’après midi et la soirée. Nous préparons Sabeline pour son prochain départ, rentrons l’annexe dans la cabine avant, prêt pour la prochaine traversée de 4 jours qui nous mènera au Cap-Vert. Nous prenons un dernier apéro chez TIKI, pendant que Jean nous offre un feu d’artifice avec ses fusées périmées. Ziguinchor a DjilapaoMardi 19 Décembre Nous allons dire au revoir à nos bateaux voisins. STELINA : Christophe, Isabelle et leurs filles Marion et Coralie, ils nous donnent quelques infos sur l’entrée du Marigot de Diagobel, ELOANE : Alain, Céline et leurs 5 enfants, et un couple de médecin. J’en profite pour me faire une consultation dans l’annexe. Un petit bobo sur un doigt qui s’infecte et gonfle. Mon infirmière, Karine me fait une petite incision. Après un bon plat de crevettes cuisinées par Yoan, nous quittons Ziguinchor vers 13h30, avec le jusant. Après la descente du large et profond fleuve Casamance, nous pénétrons dans l’étroit bolong qui nous conduit jusqu’à Djilapao. Le bolong ne fait plus qu’une quinzaine de mètre de large et serpente dans la mangrove. Nous apprécions le silence de la nature, nous croisons quelques beaux oiseaux, Héron Goliath, Ibis tantales qui ressemblent à des cigognes. Nous passons lentement sans les déranger. Arrivés devant un village, tel une oasis, entouré de gros baobab. il y a quelques voiliers inoccupés en hivernage. Seul un bateau NGOCQ est habité, par Jean-René. Nous sommes chargés par Christophe de lui donner des nouvelles de ce bateau, moteur en panne, sans radio, et qui a échoué en arrivant à Djilapao. Tout va bien, il s’en ait sorti. Christophe lui apportera demain du ravitaillement de Ziguinchor. Jean-rené nous invite à son bord. Il nous raconte ses aventures, avant d’échouer, il a heurté une balise du chenal de la Casamance, il n’a pas eu le temps de débrayer son pilote installé dans son carré arrière. Déjà qu’il n’y a pas beaucoup de balise au Sénégal ! Un petit rhum des Canaries plus tard, nous rentrons dîner à bord de Sabeline.
Mercredi 20 décembre Nous passons toute la journée à bord, les enfants jouent sur la berge. STELINA nous a rejoint, les enfants sont heureux de retrouver leurs copines. Vers 17h, par une chaleur moins pesante, nous partons visiter le hameau en face du mouillage, c’est ELORA, un quartier de DIJLAPAO. Nous restons admiratifs devant des sculptures réalisées sur les murs d’une maison. Juste à coté, la maison de l’artiste, maintenant décédé, est construite sur 2 étages. Tous les murs intérieurs sont décorés de fresques colorées, représentant des scènes de la vie… Derrière, on aperçoit 3 voiliers en hivernage contre la mangrove, gardés par les habitants du village. Nous continuons notre ballade à travers les herbes hautes, en traversant nous rencontrons Esprit, Parfait, Viviane, Salomon, des prénoms qui révèlent leur confession chrétienne, comme la plupart des gens de ce village. L’ambiance est différente à chaque village que nous visitons. ELORA n’est occupé que par les adultes qui vivent de la pèche ou de la récolte du riz. La vie est assez rude, il faut aller chercher l’eau à un autre quartier de Djilapao à 5 Km, et la ramener en pirogue. Tout se fait à la pagaie. Sur Djilapao, il n’y a pas d’école au village, donc pas d’enfants, ils sont tous confiés à d’autres familles, à AFFINIAM, un village voisin à 2 heures de marche. Ils ne rentrent que pour les Vacances. Ils vont bientôt arriver pour passer Noël avec leurs parents. Nous rentrons doucement en profitant de cet environnement magique. Nous ramenons Coralie sur STELINA. Isabelle est infirmière, elle me soigne mon doigt, comme elle soigne les africains : Bétadine et du sucre en poudre directement sur la plaie. Elle nous montre des photos convaincantes, ça marche. Les petits suisses, Coralie et Marion viennent à bord regarder un DVD.
Jeudi 21 Décembre Ecole le matin, pas de vacances pour nous ! Nous partons en milieu d’après midi vers les autres quartiers de Djilapao. Nous laissons les enfants jouer à Elora. Ils s’occupent très bien tous les quatre, et STELINA n’est pas loin. Nous empruntons l’unique voie de correspondance entre quartiers, un sentier qui traverse tantôt la mangrove desséchée, tantôt la savane, et en bordure de parcelles de riz. Nous rencontrons les villageois toujours très accueillants ; Les femmes récoltent le riz, les hommes se chargent des corvées d’eau. Tout le monde rentre au soleil couchant. Il y a beaucoup d’espèces d’oiseaux, certains nichent dans les palmiers. Nous retournons à ELORA, par le même chemin, et croisons les habitants qui rentrent du travail. Ils sont tous heureux de nous voir. De retour à bord, la famille STELINA et Jean-René viennent prendre l’apéro à bord. Nous passons une agréable soirée en leur compagnie. En rentrant, Jean René godille dans la mauvaise direction, je vais le chercher en annexe. En arrivant sur lui, mon moteur cale, nous nous agrippons à un voilier inoccupé. Il me dit « mais c’est pas mon bateau ça ! » Sacré Jean-René ! 12/19/2006 Escale à ZiguinchorLundi 11 décembre Ziguinchor est une ville de 200000 Habitants du sud-Sénégal. Je le précise car les diolas y sont très attachés. Elle est située au fin fond de la Casamance Navigable ; il y a un pont routier trop bas pour nos voiliers. Pour nous, cette étape est celles des retrouvailles et des adieux. Nous avons retrouvé beaucoup d’amis français qui font la même route que nous depuis Madère, les Canaries, ou Dakar, mais nous allons aussi quitter quelques amis. Certains restent en Casamance, d’autres partent vers le Brésil et nous auront peu de chance de les revoir. Pour nous, c’est aussi le début du retour : le plus court chemin pour un voilier de voyage, est de rentrer sous vent portant, donc par les Antilles et les Acores. Fini le plein sud, maintenant il faut faire de l’ouest. Nous avons aussi le sentiment d’avoir déjà vécu le meilleur de notre voyage. L’escale au Sénégal restera inoubliable. Les Antilles nous attirent aussi pour d’autres motivations, la beauté des îles et des fonds sous marins, mais est-ce plus beau que l’accueil et la générosité des personnes que nous avons rencontrés ici ? Nous le saurons bientôt, In Challa ! En attendant, nous profitons bien de l’instant présent : telle est notre devise, comme dirait les dupont. Ziguinchor est la seule ville où nous pouvons faire de l’approvisionnement avant la grande traversée. D’après ceux qui sont passés par le Cap-Vert, il ne faut pas y compter, alors nous allons remplir les cales de Sabeline ici. Nous allons chez SAM, une épicerie connue des voileux. Au comptoir nous lui faisons une longue liste, 30 Bouteilles d’eau de 5 litres, 10Kg de Farine, tout une page, je vous épargne le reste… On nous voit venir avec le sourire, car les africains en général vivent au jour le jour. Ainsi les cigarettes, les doses de lessive, les poches d’eau, et presque tous les produits sont vendus à la pièce. On se fait livrer à la cuisine de l’hôtel par une charrette tirée à la main, je mobilise les gamins autour de moi pour m’aider. Arrivé à bord, on s’aperçoit qu’il y a erreur de commande. Nous avons la commande d’un autre bateau livrée avec 5 heures de retard. Pas étonnant, en Afrique il faut être patient. Notre commande arrive enfin. Nous débarquons tout dans le cockpit rapidement, nous sommes attendus pour dîner au Perroquet, l’hôtel restaurant voisin. Nous dégustons des crevettes, des brochettes de Bœuf, délicieuses. A table : Emmanuel et Jildaz, Annie et Didier, François et Hyacinthe, et nous quatre.
Mardi 12 Décembre Ce matin Karine est au bar, pendant que je m’occupe avec Elodie, de passer la farine au tamis pour trier les cafards et les charançons. Toutes les boites et sachets doivent être nettoyés pour éviter d’embarquer des œufs de cafards. Karine a passé une partie de la nuit à conditionner hermétiquement les pâtes et le riz vendus en frac bien sur. Qu’il est loin le bonheur de faire ses courses à super U ! En début d’après midi, nous allons visiter une belle goélette de 33m, menée par un équipage de marins, d’éducateurs et de jeunes ados. Nous réglons quelques soucis d’ordinateur. L’écran de notre portable devient défaillant sans doute à cause de la chaleur : Il faut le remplacer. Ici nous ne trouvons des PC, que sur commande et trois fois plus cher qu’en France, heureusement ma belle sœur Isabelle se charge d’en acheter un à Rennes, de l’emporter à St Lunaire chez Patricia, la femme de JF qui le rejoint pour 3 mois. Patricia prend l’avion Jeudi et devrait arriver samedi à Zig. Nous profitons comme même d’Internet à l’hôtel pour lire nos mails et appeler notre famille et nos amis, pendant que les enfants jouent à la piscine. Nous dînons au perroquet avec Manu et JF, pour nous régaler de viande.
Mercredi 13 Décembre Après les évaluations d’Elodie et Yoan, nous partons en taxi au marché de Boucotte. C’est le souque, mais après Dakar, plus rien ne nous étonne. Nous déambulons dans les ruelles sombres du coeur du marché. Pas grand-chose d’intéressant à part la rencontre d’un sourd qui parle la même langue des signes que Karine. Arrivant vers les légumes, nous voulons acheter 1000 F CFA de patates douces à 3 vendeuses, mais aucune ne parle Français. Les patates sont disposées par petits tas de 3 sur l’étalage. Chaque tas vaut 100 F, mais nous avons beaucoup de mal à leur faire comprendre qu’on veut acheter dix tas. Je prends les 10 tas, soit presque tout le contenu de l’étalage, et donne 1000 CFA. Toutes contentes de vendre tout d’un coup, qu’elles nous en rajoutent une poignée dans le sac. Ensuite en visitant le centre artisanal, nous passons commande d’une chaise et de quelques assiettes en bois. Nous rentrons, pour faire le plein de Gasoil, 5 bidons de 20 litres sur une charrette tirée par une mule. Je rémunère Bossman pour aller les remplir à la station et les vider dans le réservoir de Sabeline. Chaque chose ici prend beaucoup plus de temps d’en Europe. Après une petite pause au cyber-bar, nous allons dîner à bord de Julo, chez Annie et Didier.
jeudi 14 décembre Principale activité : internet. Nous installons Skype sur le PC de JF, qui est tout content de voir ses petits enfants. Ballade dans le quartier et notamment sur l’embarcadère qui servait à relier les deux rives lorsqu’il n’y avait pas le pont. Les pécheurs profitent de la cale, Les égouts et les ordures se jettent dans le fleuve. Ce soir apéro à bord de Tiki chez JF, avec Jean et Elisabeth qui partent demain.
Vendredi 15 décembre Elodie a invité une copine pour dormir à Bord, Coralie. Ce matin elles jouent à se déguiser en princesse, et s’occupent de la décoration de Noël. Pendant ce temps, je fais quelques courses de renouvellement de fruits et légumes. Il y a une dibiterie et j’ose prendre un kilo de filet de bœuf : C’est le matin, et il n’y a que quelques mouches sur la viande, la bète vient d’être tuée et le boucher découpe les morceaux devant moi. L’après midi, je pars avec Yoan, vers le chantier de construction de pirogue, pour trouver des morceaux de bois afin de construire une maquette de catamaran. C’est l’occasion de discuter avec un peintre et de visiter la zone des pécheurs un peu plus loin. Après récupération de bouteilles en plastique et d’un peu de bricolage, Le cata est mis à l’eau, et navigue tout seul. Yoan le rattrape avec l’annexe.
du 16 au 18 décembre Samedi matin Patricia est arrivée à Zig. Elle nous a apporté le nouveau portable dans un sac à dos, rempli de petits cadeaux. Notre famille a profité de cette occasion pour nous gâter. Des tablettes de chocolats, un saucisson sec bien de chez nous, des surprises à ouvrir plus tard. Nous les remercions beaucoup pour ces délicates attentions. La décision a été prise de passer Noël sur la Casamance, nous serions arrivés trop tard au cap Vert pour bien s’intégrer, et nous voulons profiter pleinement de ce pays. D’autre part beaucoup de voiliers, dont la flotte VSF, passent Noël à Nioumoune, nous en ferons partis si tout va bien. Les jours suivants passent vites. Nous devons rendre les évaluations du CNED, et nous souhaitons les envoyer de Zig. Dans les petits villages il n’y a pas de poste. Nous complétons l’avitaillement, le plein de légumes, de fruits, et d’eau, les formalités de douanes et de sortie. Les enfants profitent tous les jours de la piscine. Nous dînons 2 fois avec Patricia et JF, Tantôt sur Sabeline, tantôt sur Tiki. Dimanche matin, le vent se lève et les bateaux vont dans tous les sens à cause du courant contraire. Deux bateaux inoccupés, dont celui de Christophe et Isabelle les parents de Coralie, se touchent. Avec nos annexes nous protégeons les deux voiliers, pendant que Karine court en ville chercher les propriétaires. L’un d’entre eux revient à bord et éloigne son bateau. La casse a été évitée grâce à la solidarité des gens de mer. Demain Mardi, nous quittons Zig, pour visiter un autre bolong, le Marigot Diagobel, afin de finir sur une belle image de la Casamance. Zig est une grande ville agréable pour certaines commodités : l’accès à des produits un peu plus variés, Internet, et les services de l’hôtel LE KADIANDOUMAGNE, mais n’a pas le charme des petits villages. 12/10/2006 Cachouane à Ziguinchormardi 5 décembre Nous avons rendez-vous aujourd’hui à KARABANE, avec les voiliers Lady-Quattro, Julo et Tiki, que nous n’avons pas vu depuis LA GOMERA. Nous quittons Cachouane, Simon et Doudou, nous saluent de leur campement. Nous arrivons à KARABANE après 1 heure de navigation dans les bolongs. La mer est très agitée, il y a 20 nd de vent, et nous ne sommes pas du tout abrités. Nous nous retrouvons tous à bord de Tiki, pour se raconter nos aventures. Nous allons à terre, déjeuner dans un campement, et goûter un « capitaine » poisson qu’on pèche beaucoup par ici. Ici il y a quelques touristes qui débarquent en pirogue, et doivent marcher dans l’eau jusqu’aux cuisses avec leurs baguages sur leur tète. Nous visitons Karabane, petite ville sur un banc de sable, coincé entre l’estuaire de la Casamance et la mangrove, avec une grande église en ruine et une plus petite à coté. Les cochons et les poules sont très nombreux. Nous achetons à une femme, de l’huile de palme, des noix de cajou, et nous discutons un peu. Nous lui demandons si nous pouvons acheter un cochon, et la voila parti voir sa cousine Cécile. Elle revient nous chercher et nous présente un petit cochon noir et blanc. Nous discutons du prix, trouvons un gars pour l’attraper, le tuer et le nettoyer. Pendant ce temps, nous achetons des patates dans une petite boutique, visitons la maternité très propre et bien équipée, qui manque juste de médicaments, je dépose Karine sur Sabeline, J’emmène Didier et Annie faire du change et les accompagner pour leurs premiers pas en Afrique, j’achète des noix de coco à Cécile et récupère mes mômes qui jouent dans le village. Nous déposons notre bidoche à bord, dans le frigo et montons à bord de Lady-Quattro. Manu a organisé un apéro-diner, chacun amène quelque chose, l’ambiance est bonne. Au menu : Crevettes de Karabane, Riz à l’huile de palme, Noix de coco.
Mercredi 6 décembre 10h30 Nous sommes bien secoués depuis que le vent s’est levé. Aujourd’hui, nous partons tous en convoi vers Nioumoune. Avant la fin du flot, J’appelle les bateaux voisins : « -Ici Radio cocotier 77 mes auditeurs sont à l’écoute ? » nous levons l’ancre ensemble et naviguons jusqu’à l’embouchure du bolong de Nioumoune. D’après la carte, ça va être chaud. Les fonds remontent brutalement de 13m à 1m (+ la hauteur d’eau à marée haute soit 2,20m) Sabeline passe devant, son équipage est bien rodé pour naviguer dans les bolongs et c’est le bateau qui a me moins de tirant d’eau. Lady Quattro à 2,2m et reste en dernière position, mais nous suit de près. Nous sommes tous en contact VHF et je leur indique la profondeur lue sur notre sondeur. Au pire ; 2,4m Lady Quattro passe, et nous arrivons tous lentement à la queue-le-le comme des éléphants à Nioumoune, ou il y a déjà quelques voiliers. Dans l’après-midi, nous visitons les villages très proches les uns des autres : Som, Nioumoune et Oubak, séparés par des parcelles de rizières, entièrement clôturées pour que les bêtes n’y aillent pas. Les villages sont désertiques, seuls quelques enfants nous accompagnent. Ils sont tous partis récolter le riz. Ils s’entraident tous ensemble, sur chaque parcelle, les hommes d’un coté, les femmes de l’autre. Les maisons ici ne sont construites qu’avec de l’eau et du sable. Pas de ciment. Les pièces sont très petites, avec des petites ouvertures. Nous choisissons un endroit sur la plage, près des bateaux pour faire notre barbecue ce soir. Jean-François et deux noirs, Eric et Denis, nous trouvent du bois. Nous rentrons à bord pour découper notre cochon. Annie et Didier viennent nous aider. Juste avant l’apéro, Elisabeth et Jean arrivent de Cachouane et se joignent au groupe. Nous sommes 12 autour d’un feu de joie, sur lequel Denis grille les huîtres de palétuviers et j’ai été chercher dans la mangrove. Jildaz s’occupe de griller les morceaux de cochon. Le repas se termine par les petites crèmes de Manu qui a encore un stock de boite de lait. jeudi 7 décembre Après cette belle soirée barbecue, tout le monde est bien fatigué et c’est plutôt calme à bord des Bateaux, surtout sur Sabeline, Karine a une petite angine. Nous nous retrouvons ensemble sur le Bi-Loup de Jean et Elisabeth, pour un petit apéro. vendredi 8 décembre Certains préparent déjà le prochain départ. Je récupère mon Booster chez Emmanuel et je constate que Diego au CVD s’est bien foutu de moi ! il n’a fait que réparer la déchirure de la voile alors qu’il était prévu de remplacer toutes les parties blanches. Je l’ai appelé pour lui faire part de la colère, mais nous n’allons pas retourner à Dakar. Avis à ceux qui partent, pour les travaux de couture, contacter Evelyne à Ziguinchor ! Chose dite, ce n’est que du matériel, passons à autre chose. Nous allons à terre, pour visiter le campement de Hyacinthe, et récolter le riz avec les habitants du village. Lady-quattro vient de partir à cause de la marée haute. Tout d’un coup nous voyons Jildaz à travers la rizière, il est venu chercher de l’aide en annexe car ils se sont échoués au niveau de l’estuaire et ils ont peur de ne pas pouvoir se dégager tout seul. Nous partons les aider et mouillons tout près de la Lady. Nous passons la soirée avec eux : apéro et dîner. A 22H30 Lady Quattro est libérée.
Samedi 9 décembre
Tiki et Julo nous rejoignent à 9 H 00 dans l’estuaire et nous naviguons en flottille jusqu’à Ziguinchor. Nous croisons quelques dauphins mais ils ne sont pas très joueurs. Nous arrivons à 15 h devant l’Hôtel Le Kadiandoumagne, les enfants profitent de la piscine et nous retrouvons beaucoup d’amis Français de Dakar. Nous dînons au restaurent de l’hôtel un succulent repas : de la viande bien sur ! Vous pouvez consulter le lien suivant, de l'école La Caravelle à Noyal sur Vilaine qui nous a consacré une page de leur site internet : http://classejylt.net/enfantssur%20lamer.html avec nos remerciements. Oudierin à Cachouane - CasamanceMardi 28 Novembre 10h, début du flot. Sabeline lève l’ancre, sort du bolong et se dirige vers L’estuaire de la Rivière Bandiala, puis la Casamance. Deux difficultés devant nous, franchir les barres de banc de sable au large des deux rivières. Pour sortir de Bandiala, nous suivons des waypoints indiqués par Jacques à Mar-lodj. Au meilleur endroit de la passe, nous n’avons que 3m d’eau, avec une houle d’un mètre.
Il faut slalomer entre les bancs repérables à cause des déferlantes et ne faut pas avoir le soleil dans le nez. Toutes nos cartes et nos aides à la navigation ne servent à rien, il faut passer la barre au feeling. A Midi nous sommes au large de la Gambie, parmi tous les casiers et filets des pécheurs. La nuit tombe et nous continuons à faible vitesse, jusqu'à 22H, nous mouillons en pleine mer, par 11m de fond seulement, et allons nous coucher.
mercredi 29 novembre Le vent a tourné et nous sommes de travers par rapport aux vagues, le roulis est insupportable. A 5h30, nous faisons route vers le sud. Alors que nous étions à 6nd, avec toutes nos voiles, une pirogue se dirige vers nous à vive allure, j’arrête Sabeline en le mettant bout au vent, les pêcheurs nous demandent de l’eau, mais s’approchent trop près de nous, et tapent sur l’étrave, en risquant d’arracher l’ancre ou de déchirer le génois. Je leur balance un bidon d’eau de 5 litres à la mer en les engueulant. Nous arrivons à la première bouée vers 14h, et suivons le balisage, complété par les waypoints que j’ai recopié au CVD. Nous rencontrons des fonds de 4,5 m dans une mer démontée, et des déferlantes de chaque coté. Tout se calme en entrant dans le Fleuve, bien qu’il soit très large. Nous passons devant KARABANE, mais nous préférons mouiller dans un bolong, à KACHIOUANE. Des cahutes en pailles entourées de palmier, on se croirait en polynésie. Nous visitons le village après un peu de rangement à bord et une petite baignade.
Les habitations sont différentes ici, nous sommes chez le peuple Diola, et la façon de vivre n’est pas la même. Chaque construction abrite toutes les pièces de la maison, contrairement aux sérères ou chaque case constitue une pièce. Tous nos sens sont en éveil, le chant des oiseaux, les senteurs de fleurs (ça change de Dakar !).
En deux mots, encore un petit paradis, il l’on fait abstraction de quelques déchets sur la plage apportés par le fleuve, des éventuels cobras dans la rizière et près du puit, des chauves-souris piaillant sous certains arbres, et ce qui me manque le plus : la viande. Notre cambuse commence à s’appauvrir sérieusement et ici on tue un cochon ou un mouton pour les grandes occasions, Tous les animaux constituent un capital, comme une banque. Ils acceptent de vendre une poule lorsqu’ils ont besoin de liquidités. Le riz avec du poisson est le repas quotidien. Avant de rejoindre Sabeline, les enfants jouent sur la plage,
Nous ne nous lassons pas des couchers de soleil…
jeudi 30 novembre 2006 Beaucoup de vent ce matin, le mouillage est moins confortable. Je me ballade dans le village et on me conseille de mouiller de l’autre coté du village avec les autres voiliers. Des voiliers ici ? Ça fait longtemps qu’on ne voit plus que des pirogues…
Nous quittons le mouillage pour un autre bolong bien plus abrité, en pleine brousse, de l’autre coté du village et il y a un sentier qui mène à KACHIOUANE.
En arrivant, nous faisons connaissance avec Katel et Renan de Douarnenez. Ils reviennent chaque été en Bretagne pour bosser et retournent en Casamance. Nous traversons les rizières cultivées et récoltées par les femmes, pendant que les hommes sont à la pèche. Katel et Renan nous guident dans le village pour nous présenter à tout le monde. Nous allons prendre un pot chez Papys, le bar avec une équipe de Français descendus en 4X4. Nous rentrons au clair de lune, en s’arrêtant chez Hélène et Pierre Antoine, des autochtones qui nous reçoivent dans leur case. Simon, son fils, aide sa nièce à faire ses devoirs à la lueur d’une lampe à pétrole, et le vieil Pierre Antoine nous montre l’arc qu’il a fabriqué pour Renan. Il est le seul à savoir les faire. Yoan lui en achète un petit. Nous rentrons au bateau, émerveillés par ce qu’on a vu, mais aussi par ce que l’on ressent à travers l’accueil et la joie de vivre des diolas. Comme les Sénégalais du delta du Saloum, ils travaillent beaucoup pour subvenir à leurs besoins quotidiens, et sont d’une honnêteté surprenante. (Le bateau peut rester avec ses hublots grand ouverts pendant notre absence, sans craindre une visite. Ils nous accordent leur confiance dès le premier jour). Je comprends que certains Français viennent vivre ici, pour une meilleure qualité de vie.
Vendredi 1er décembre Nous avons rendez-vous avec la lune à 7h pour poser le bateau à marée haute sur notre petite plage. Après 6 mois de mer, Sabeline à bien besoin d’un carénage. Pendant que je gratte la coque, Karine et les enfants se prélassent à l’ombre des arbres à coté de la plage.
C’est un petit coin qui a été aménagé petit à petit par les navigateurs qui passent à KACHIOUANE, et Simon qu’on appelle aussi le « chef du port ». Nous pouvons prendre nos douches derrière un talus près du puit, faire du feu pour cuisiner ou brûler nos ordures.
Vers 17h, la marée montante remet Sabeline à flot, et nous reprenons notre place à l’ancre. Nous marchons vers le village avec Renan et Katel.
On s’arrête chez Pierre-Antoine, qui nous offre le bounouc : la sève du palmier fermente et au bout de quelques jours, naît le vin de palme. C’est une boisson similaire au cidre pour son acidité et son degré d’alcool. Elle est servie dans un pot en terre, et nous la buvons dans des cuillères en bois taillées par Pierre-Antoine. A chaque cuillère, il faut verser quelques gouttes sur le sable pour honorer les ancêtres défunts. Pendant ce temps, Yoan et Élodie jouent avec les nombreux animaux.
Trois tournées plus tard, nous continuons vers le village, pour aller prendre un pot chez Papys, le bar. Sur le chemin du retour, nous arrêtons chez Jean-Baptiste et Marie. Karine achète des oeufs et commande un poulet pour demain.
Samedi 2 décembre Même manœuvre qu’hier, Nous approchons le bateau sur la plage et le faisons pencher sur bâbord pour gratter et passer une couche d’antifouling sur l’autre coque.
Simon nous apporte le poulet près de notre plage. Bien sur, il est vivant, et les enfants sont bien occupés à le déplumer et à le vider.
Merci Mamie Thérèse pour tes bonnes leçons. Faire un feu de bois pour chauffer l’eau dans la cocotte, préparer une sauce pour faire mariner les morceaux. C’est une poule « bicyclette » la viande risque de ne pas être tendre.
En attendant que la mer monte, nous allons vers le futur campement de simon. Dans 3 mois il y aura un bar pour accueillir les marins. C’est l’heure du thé que nous partageons avec Simon et ses copains.
Nous dégustons des huîtres de la mangrove. Elles poussent sur les branches immergées des palétuviers. Il suffit de couper ces branches, de les passer sur un feu de bois, les huîtres s’ouvrent et ressemblent un peu à des moules, mais le goût est très particulier, avec un parfum de feu de bois.
Nous visitons son terrain et parlons de ses projets, lorsque Pierre, le récolteur de bounouc, vient travailler sur les palmiers de Simon. Il prépare des pipettes en feuille de palmier et monte poser ses bouteilles. Il travaille pieds nus et j’ai pu constater que les fibres du palmier sont très agressives.
Depuis j’ai des petites blessures aux pieds, fini les sandales !
Nous rentrons vers le bateau pour le remettre au milieu du bolong. Katel et Renan viennent prendre l’apéro, puis déguster notre bon poulet grillé à bord sur le barbecue.
Dimanche 3 décembre Journée nettoyage du bateau. Je répare le moteur d’annexe dont l’embrayage était cassé. Yoan aide Simon à débroussailler son terrain, préparer le thé et cuire les huîtres. Un nouveau bateau est arrivé, Jean et Elizabeth, des jeunes retraités. Je vais les accueillir dès qu’ils mouillent dans le bolong. Le soir, nous allons prendre un pot chez Papys tous ensemble, mais en chemin nous sommes arrêtés par pierre Antoine pour goûter le Bounonc. Chez Papys, Elodie danse et chante ses chansons qu’elle connaît parmi un groupe qui l’accompagne en musique.
Toubakouta à OudierinMercredi 22 Novembre Nous profitons du ponton de l’hôtel « LES PALETUVIERS » que nous remercions, pour débarquer au village situé juste derrière. Des excursions en pirogues ou en 4X4 sont proposées aux touristes.
Il y a 2500 Habitants, beaucoup vivent du tourisme. Nous visitons le marché et les rues principales du village.
Quelques courses alimentaires et nous achetons de l’eau à un jeune garçon qui distribue l’eau du puit chez les habitants. 11 bidons de 20 litres sur une charrette tirée par un âne.
Nous passons par une épicerie, pour rajouter quelques bouteilles de 5 l d’eau potable sur la charrette.
Le gardien de l’hôtel a bien voulu laisser passer l’âne sur le ponton. Nous remplissons nos réservoirs du bord. Malgré l’ajout de chlore, elle reste trouble. Après-midi école et cuisine, puis je pars à l’autre bout du village pour téléphoner au CVD, notre booster est prêt. Emmanuel et Jildaz pourront nous le ramener en Casamance.
A Toubakouta, il n’y a qu’un télécentre, pas d’Internet, mais entre deux pannes, il y a de l’électricité, c’est l’Amérique ! Je cherche aussi un filtre pour monter sur la distribution d’eau du bord. Mon guide m’emmène chez un plombier, mais il ne parle pas le français et n’a aucune pièce.
Jeudi 23 Novembre Observation de pélicans avant le petit déjeuner, de l’autre coté de la rivière. Nous ramons vers eux avec l’annexe, ils se laissent approcher à quelques mètres, mais finissent par s’envoler. Yoan trouve un autre pélican, nous arrivons à l’approcher de très près. Il ne semble pas très sauvage. Lorsque je l’embête un peu, il me courre après.
Nous pêchons quelques crabes, violets équipés qu’une seule grosse pince, et crevettes pour servir d’appât. Il y a des bons poissons dans la rivière, mais nous ne sommes pas doués à la pèche à la ligne.
Vendredi 24 Novembre
Ecole, petits achats chez notre épicier libanais et chez les artisans locaux. Ils ne se comportent déjà plus comme notre premier jour à Toubakouta. Ils savent que nous sommes arrivés en voilier, et que nous ne sommes pas les mêmes touristes que ceux des hôtels : on ne va pas tout dépenser en une semaine.
Après manger, nous profitons du courant vers la mer, pour filer vers l’estuaire. La marée est haute et nous n’avons pas le droit à l’erreur, pourtant je fais une faute d’interprétation d’échelle d’une carte, et nous passons sur un banc, heureusement sans s’échouer. Nous passons devant un village, on hésite, puis on s’arrête. Nous n’avons pas encore mis l’annexe à l’eau, que déjà quelques enfants nous attendent sur la plage. Nous sommes accueillis par le chef de village, il nous accompagne pour la visite de son village SIPPO. Il fait chaud, et les quelques habitants prennent le thé sous un arbre. Nous finissons par rencontrer l’instituteur qui nous emmène à l’école : une seule classe, bâtiment de paille comme les cases du village. Tables, chaises et tableau ont été fournis par l’armée française l’année dernière, avant il n’y avait pas d’école.
Ici, il y a plusieurs ethnies représentées, principalement des Mandingues. Religion mixte, les lieux de prière ne sont qu’un emplacement sous un arbre précis. Après longue discussion, nous allons chercher des fournitures scolaires, ballons, casquette, boussole et jouets au bateau. Ils sont très contents.
Ils remercient tous ceux qui nous ont fournis ces cadeaux (Dieure dieuf = merci en wolof). Nous les offrons de bon cœur, car encore une fois ils ne nous ont rien demandé.
Nous quittons le village en fin d’après midi, et continuons notre navigation entre bancs de sable vers le soleil couchant.
Près de l’estuaire de la rivière Bandiala, nous remontons un bolong sur la droite et mouillons à la tombée de la nuit devant le hameau de OUDIERIN.
samedi 25 novembre Nous débarquons au village juste après le p’tit dej. Quelques enfants sont sur la plage et nous accompagnent vers les quelques cases de paille.
Il y a très peu d’adultes. Nous rencontrons Mamadou DIOUF, le chef, et le seul homme du village. C’est un homme assez instruit, qui a voyagé et qui est revenu au village natal. Ici, ne vit que sa famille et 29 enfants qu’il héberge toute l’année. Les enfants ne rentrent chez eux que pour les grandes fêtes. Leurs parents habitent les villages voisins. C’est Mamadou qui a créé et construit cette école en 2005, et l’état l’a aidé en lui fournissant un instituteur, qu’il doit loger. Tout le reste vient de sa poche, et de quelques dons. Nous lui apportons du bateau, des fournitures scolaires, et il apprécie notre geste. Nous discutons longuement de la politique, des sénégalais, et de leur avenir, dans la case de l’instituteur, pendant que les enfants jouent avec les autres, et se baignent.
Après un repas pris à bord, nous partons avec Mamadou, à MISSIRA, à ½ heure de pirogue, sur l’autre rive, et en amont de la rivière. La pirogue est le seul moyen de déplacement ici.
Village de 2000 habitants, inaccessible en voilier à cause des bancs de sable. Mamadou a quelques courses à faire. Broyage de son arachide, poissons.
Nous en profitons aussi pour acheter 2 bidons de 20l de gasoil, 10l d’essence pirogue (du mélange) pour la ballade de demain, une pastèque, du pain.
Nous rendons visite à sa famille. Nous nous asseyons sur leurs lits dans l’unique pièce de vie.
Elodie pouponne un bébé de 3 semaines, la mama qui nous prépare du mil, nous sommes comblés.
Ils nous offrent du mil pour ramener à bord. Karine trouve dans son sac un hochet pour le bébé. (Elle se promène toujours avec un tas de trucs !)
Nous avons encore été formidablement bien accueilli, très simplement, et avec beaucoup de plaisir partagé.
Le retour en pirogue est religieux, les hommes prient avec leur chapelet en main. Est-ce l’heure de la prière, ou l’état de la pirogue ? De retour à bord, nous attendons Mamadou qui devait nous emmener poser des filets pour la nuit.
Dimanche 26 novembre 8h45, nous sommes déjà sur la pirogue de Mamadou, en route pour la foret de FATHALA. (Voir carte) Nous entrons dans le parc National du Saloum.
Au bruit du moteur, les oiseaux cachés dans la mangrove, s’envolent. Des hérons cendrés, un héron goliath, le plus grand, des aigles, des éperviers et d’autres rapaces.
Après une heure de pirogue, nous arrivons au fond d’un étroit bolong, à un ponton, celui des gardiens du parc. Nous voulons aller à la réserve de Fathala, mais elle est à 11 Kms de piste et il n’y a aucun véhicule disponible. On ne peut pas y aller à pied à cause des mouches tsé-tsé. Nous sommes un peu déçu, mais nous marchons un peu dans la brousse.
Nous retournons vers le ponton par la plaine sableuse, recouverte à marée haute. Nous apercevons des singes s’enfuir dans la mangrove, des traces profondes de hyènes, des traces de Caïman, et un varan immobile sur une branche d’arbre.
Nous rentrons par MISSIRA en passant par un bolong très étroit appelé « petite Amazone ». En passant près d’un baobab, Mamadou nous indique qu’il y a d’habitude un gros crocodile qui se repose sur la berge. Aujourd’hui, il n’est pas là.
A MISSIRA, Nous faisons encore quelques courses, notamment dans la poissonnerie ou le poisson est stocké dans des vieux congélateurs tous rouillés qui ne fonctionnent pas bien sur. Les pirogues ne sont pas en mer, car il y a pénurie d’essence au village. Le gars qui s’occupe de la « station » a oublié d’aller remplir ses bidons à la grande ville. De ce fait, pas de poissons, pas de déplacement d’une île à l’autre, des commerçants pas approvisionnés, l’économie locale s’effondre et ça peut durer une semaine. C’est ça le sous développement. Nous rentrons à OUDIERIN.
L’après midi, les enfants s’amusent avec les autres sur l’île, pendant que je me balade sur la grève et dans les bolongs environnants. Nous allons chercher l’eau au puit pour faire la lessive.
Nous essayons de pêcher un peu de poissons pour le chat avec notre épuisette. Nous profitons ensemble de notre plage privée, et ramassons quelques grosses coques.
lundi 27 novembre Nous sommes invités à déjeuner dans la case du chef du village Mamadou avec l’instituteur. Poisson yassa, cuisinés avec le thiof (lotte) que nous avons ramené de Missira hier, délicieusement épicé. Suivant la tradition, les femmes et les enfants ne mangent pas avec nous. Au dessert, Karine offre un gâteau. Nous finissons par une pastèque et l’interminable thé. Il faut respecter au moins les 2 tournées, comme chez nous à l’apéro. Mais nous mettons moins de temps à préparer un punch que leur thé.
Nous les quittons vers 16 h après longues discutions. En fin d’après midi nous prenons des photos de classes.
Puis nous partons à pied voir un mirador à 4 Kms, de l’autre coté de l’île, pour observer d’éventuels singes, phacochères, hyènes etc.
Manque de pot notre guide, un jeune de 15 ans, est accompagné par 4 jeunes garçons et un chien qui nous précèdent de 20m. Impossible de se faire comprendre, et forcément trop de bruit et d’odeur pour surprendre des animaux sauvages. Nous ne verrons que quelques traces de gazelles et de Hyène sur la grève. Mar Lodj à Toubakoutadimanche 19 novembre Il est temps de partir pour continuer notre voyage. Nous assistons à la messe que les enfants ont trouvé un peu longue : 1H30, heureusement nous sommes arrivés en retard d’une demi-heure. L’église est pleine de fidèles et la chorale est importante. Les chants sont accompagnés de percussions bien sur. Le curé remercie les dons humanitaires et le parrainage. Il a besoin d’un ampli pour son église. Les répertoires de chants sont aussi les bienvenus. Avis à ceux qui partent… Nous avions promis de dire au revoir à Birama avant de partir. On mange une noix de coco et il nous offre une boite de bijoux avec plein de colliers et des bracelets pour chacun. Après les adieux à sa famille, il nous raccompagne en calèche, il fait trop chaud pour marcher. Nous passons au campement dire au revoir à Marie, et nous allons prendre un dernier verre à bord. Nous le remercions chaleureusement pour son accueil, et nous relevons l’ancre avant la marée Basse. Sabeline quitte le Marigot de Ndangane, puis remonte le Saloum. Nous stoppons devant Marnia, un campement de pécheurs appelé « HAKUNA MATATA » (Sans–soucis), pour faire un petit tour, mais sans intérêt. Une petite baignade et nous continuons. Nous mouillons l’ancre pour la nuit devant un village de pécheurs, qui n’est pas indiqué sur notre carte. Le Saloum est un peu comme la Rance, mais sans les bateaux, nous sommes seuls à naviguer à travers les bolongs et des îles peuplées d’oiseaux, cigognes, cormorans, et autres espèces.
Petite précision concernant les cartes incluses dans les photos : Le tracé en rouge représente le trajet réel du bateau. S’il se trouve sur la terre c’est à cause de l’imprécision des cartes marines. Nous faisons quelques zig-zags pour éviter les bancs de sable.
Lundi 20 Novembre Nous débarquons sur un ponton en piteux état, certaines planches ne sont pas fixées, Elodie se casse la figure. Le village est très petit, peut-être 200 âmes. C’est le village de FAMBINE. Un ado nous guide sans insistance vers l’école, qui est au fond du village, après avoir traversé les cours où le linge est étendu à sécher, avec les bœufs. Il y a 3 cases. Nous sommes reçus par un instituteur très sympa qui nous invite au fond de la classe. Les enfants prennent place parmi les autres élèves, en cours de CP. Pendant la récréation où les élèves rentrent chez eux, nous discutons avec le directeur : C’est une école publique qui a besoin de fonds. En urgence, il faut réparer la porte car l’hiver arrive ici aussi et il fera frais dans la classe. A mon avis, un bon soudeur pour réparer la porte et un pot de peinture antirouille suffirait pour que le problème ne recommence pas. (Avis à ceux qui partent). Nous leur proposons ce que nous pouvons faire. Nous laissons Yoan et Elodie en classe pendant que nous allons au bateau chercher des fournitures scolaires, un ballon et un frisbee. Ils nous remercient beaucoup, nous n’oublions pas de dire que ces dons proviennent des parents d’élèves et de nos amis. Ils manquent surtout d’ardoises et de craies. Nous échangeons nos adresses. Ils aimeraient être soutenus financièrement, et comptent sur nous pour motiver des associations. Voici l’adresse de l’école : Ecole de Fambine, BP 65 FOUNDIOUNE, tel : 609 29 99.
Nous quittons ce village pour se diriger vers le Marigot de Sangako. Les fonds sont beaucoup moins profonds, c’est un bolong qui relie le Saloum au Diomboss. Nous passons encore devant un village isolé, avant de nous enfoncer dans un désert de Mangrove. Parfois nous ne savons pas par où passer à travers les bans de sable, je monte aux barres de flèches, c’est beau mais pas efficace, l’eau est trop trouble. Vers 14H, nous échouons sur un banc de sable. Baignade obligatoire en attendant que la mer remonte. C’est marrant, les enfants ont pieds autour du bateau… J’en profite pour nettoyer la carène. Et sonder les fonds avec l’annexe pour savoir où est la sortie de ce labyrinthe. Après 2 heures de pause, nous continuons sous génois, en passant entre les bancs. En rasant de quelques mètres la mangrove, nous réussissons à rejoindre directement le Diombos. Nous naviguons ainsi au feeling, la nuit tombe et lorsque le sondeur indique des fonds de 2 m, nous mouillons « au milieu de nulle part ». Au milieu du dîner nous sommes envahi par une nuée de petits moucherons, qui traversent les moustiquaires. Le matin nous les retrouvons morts, 1/cm² sur le pont du bateau. Il parait que des fois c’est des punaises ou des sauterelles !
Mardi 21 Novembre La nuit fut très agréable « au milieu de nulle part ». Sans se presser, nous continuons notre ballade. Des oiseaux verts et jaunes nous accompagnent, ils se perchent sur les filières ou dans les haubans. Ils ne sont pas sauvages et se laissent approcher. Les bancs de sable ne sont pas faciles à comprendre. Les deux versions de cartes que nous possédons ne sont pas bonnes. Forcément les bans se déplacent. Michel nous a donné des photos d’une carte IGN corrigée par un gars du coin. Nous réussissons ainsi à passer un banc qui forme comme une barrière. La passe est très étroite et nous la repérons au sondeur. Nous entrons sous voile, dans la rivière de BANDIALA. Le paysage est différent que dans le nord de delta du Saloum, les marécages et les palétuviers ont laissés la place aux collines et aux grands arbres. Pour la pause déjeuner, nous mouillons devant un coin de paradis désertique. Un banc de sable à découvert, une tonnelle de paille, un petit bois à visiter avec une cabane et des oiseaux exotiques qui chantent, c’est ça le bonheur. Yoan fait le cuistot du bord. Sabeline reprend le cours de la rivière pour échouer de nouveau. Nous essayons de faire pencher le bateau avec l’annexe, et tirant sur une drisse, mais pas de résultat. Il faut attendre. Encore baignade, visite de la mangrove en annexe. Nous ramassons quelques huîtres sur les branches de palétuviers (c’est le bois avec lequel on fait des palettes !) le niveau ayant un peu remonté, Karine à la barre et moi dans l’annexe, je tire une drisse reliée en haut du mat pour faire pencher le bateau. Ca marche, Karine remet Sabeline sur des fonds corrects et nous continuons notre descente. Nous croisons de plus en plus de pirogues c’est signe que nous approchons de la civilisation. Nous mouillons vers 18h devant le village de TOUBAKOUTA. Il y a deux pontons appartenant à des hôtels de toubab. Je discute avec le gardien d’un des pontons et un couple de touriste qui s’intéresse à notre voyage. Le coucher de soleil est magnifique, nous admirons les vols des échassiers. Escale à Mar Lodj
Une bonne sœur nous la fait visiter. Il y a 50% de catholique ici. Nous parcourons les chemins du village. Chaque personne que nous croisons nous salue, mais aucun n’est collant comme à Dakar. Nous trouvons un cheval dans un enclos, Elodie ne refuse pas la proposition de son maître, et nous voila partis à suivre Elodie sur son cheval. Nous visitons ainsi tout le village, le baobab et son puit, l’arbre sacré et le téléphone local (un gros tam-tam) qui sert à annoncer les fêtes et les réunions dans le village. Nous offrons à quelques enfants des crayons de couleurs avec beaucoup de prudence pour ne pas faire de jaloux, et une casquette FLYGT à notre guide, Birama. Nous téléphonons à notre famille dans un télécentre. Puis nous retournons avec le soleil couchant pour rejoindre notre demeure flottante.
Ce village me plait beaucoup, et me réconcilie avec l’Afrique. C’est relativement propre, et les habitants ne sont pas demandeurs, ils sont très accueillants, et nous ne sommes pas constamment sollicités. Le seul moyen de déplacement est le cheval et la charrette. C’est une île, pas de voitures et l’accès n’est assuré qu’en pirogue. Les habitants sont en autosuffisance, ils vivent d’élevage et de cueillette (arachide, guitar, bissap) et la culture du mil qui est leur alimentation principale. Nous décidons de rester quelques jours ici.
Nous avons déjà rencontré le directeur de l’école privé qui manque de crayons et de papiers, et repérer le dispensaire. A bord de Sabeline, Yoan prépare un sac de cadeaux, Karine prépare un sac de fournitures scolaires, des couches, des petites assiettes et des bavoirs pour la maternité. Il y a un seul bateau au mouillage avec nous, bloqué là depuis 15 jours, en panne de moteur c’est Jacques et Valérie qui viennent du MINIHIC SUR RANCE !
jeudi 16 novembre Dès le matin, pour partons charger de sacs lourds, vers notre village sérère (langue locale). Voyant nos sacs, nous sommes un peu sollicités par quelques personnes, mais nous ne voulons pas donner à ceux qui réclament. Nous retrouvons la bonne sœur d’hier et nous déposons des jouets et des crayons de couleur pour le jardin d’enfant (la maternelle).
Nous sommes chaleureusement remerciés, la soeur nous fait visiter ses classes, son logement et le dispensaire catholique. Nous allons ensuite à l’école privée, nous retrouvons le directeur qui nous accueille très bien, malgré qu’il fût en réunion.
Nous lui offrons des stylos, des cahiers, des gommes, des taille-crayons, un ballon et des petits jeux (dons que nous avons récolté auprès des parents de l’Ecole de la Chalotais et aussi des amis). Il confit à un instituteur le soin de nous faire visiter chacune des classes.
Les enfants sont en récréation pendant ce temps là. Il nous fait comprendre que cette école n’existe qu’avec les dons et les parrainages, parce que la plupart des parents n’ont pas les moyens de payer la scolarité de leur enfant. Les élèves rentrent en classe nous remercient à leur tour en répétant tous en cœur « merci » et en applaudissant (Demandez la vidéo !). Nous sommes très touchés. Nous déjeunons à bord de Sabeline, et nous retournons au village, après l’école et une baignade pendant les heures les plus chaudes de la journée. Vers 16 h, nous partons encore chargés de sacs vers la maternité. Nous déposons des couches, des petites assiettes, au dispensaire public, le médecin n’est pas là. Nous nous dirigeons vers le centre du village et retrouvons Birama, qui a promené Elodie en cheval hier. Il nous invite dans sa maison qu’il partage avec 10 personnes : des murs couvert de tôles. Une télévision noir et blanc alimentée par un panneau solaire. Des tapis sur le sol et 4 chaises en plastique comme seul mobilier. Nous sommes très bien accueillis. Il vit avec sa belle mère, sa femme et ses deux enfants. Il nous raconte un peu sa vie, et Karine pose beaucoup de questions. C’est son oncle qui l’a marié à sa fille, Il n’a pas choisi sa femme.
Sa belle mère à 46 ans, elle parait jeune, nous pensions que c’était sa femme. Birama à 30 ans, sa femme Marie en a 20, elle est encore au travail. Ils ont des brebis, des poules et des vaches, et un peu de culture. Il n’achète pratiquement jamais rien d’autre. Nous leur donnons des petits cadeaux : casquette, une voiture pour son garçon, du parfum pour sa femme et une petite trousse de toilette pour sa fille. Il nous fait goûter du couscous de mil et nous explique comment il le prépare. Nous passons derrière sa maison, son jardin. Les brebis mangent des arachides. Nous retournons voir le médecin de la maternité, qui nous remercie de nos dons et nous demande de revenir demain pour visiter la maternité. Elodie retourne à cheval au puit du village pour abreuver son cheval, accompagnée par un jeune garçon. Birama nous raccompagne jusqu’au bateau, nous l’invitons à bord pour prendre un verre et discutons longuement. Bien sur nous parlons de leurs conditions de vie, de leur attirance pour l’Europe, mais nous lui déconseillons de partir en pirogue vers les Canaries. Il doit trouver l’espoir d’une vie meilleure sur ses terres et pas ailleurs.
Vendredi 17 Novembre En route vers le village avec nos cartons humanitaires, portés sur la tète par de jeunes ados, nous retournons voir la sœur pour lui donner du matériel médical pour le dispensaire privé. Elle nous invite à partager un goûter. Gâteau et menthe à l’eau. Nous lui demandons des renseignements sur Mamadou Bop, le fils de Birama qui est scolarisé ici. Nous décidons de le parrainer, c’est juste payer une année de scolarité, directement à l’école. Ses parents avaient du retard dans le règlement, et Mamadou aurait été expulsé. Nous marchons ensuite vers la maternité, le docteur doit nous faire visiter la maternité. Il n’y a pas eu d’accouchement récemment. Nous échangeons nos adresses : Amadou FANSANE ICP de Marlothie, CM de DIOFFJOR RM de Fatick SENEGAL Déjeuner au bateau, Nous faisons l’école pendant les heures très chaudes. En fin d’après-midi, nous allons chez Birama. Nous lui avons donné rendez-vous pour une visite de l’ile et des 3 villages. Mais il a un peu de retard, il faut aller chercher des arachides pour nourrir ses brebis, et une roue de la charrette a crevée. Nous partons presque au coucher du soleil au village de MAR FAFAKO à 5 Kms, Par une piste empruntée que par des charrettes à travers la brousse. Il y a quelques troupeaux de bœufs gardés, et des femmes qui rentrent de la cueillette avec les chargement volumineux sur la tète. Nous traversons le village, Beaucoup de gamins nous suivent, ils ne doivent pas voir souvent de toubab. Nous nous arrêtons devant une lagune : des cahutes de branchages sur pilotis servent à conserver les réserves de céréales en cas d’incendie. Birama gare la charrette chez sa mère. Nous sommes là aussi chaleureusement accueillis. Nous partageons leur repas : du mil cuit avec du lait de vache, dans une écuelle commune, ou les parts sont vaguement séparées. Nous rentrons par la même piste mais de nuit. Il ne faut pas rentrer trop tard, les hyènes attaquent vers 3h du matin… Birama nous ramène près du campement proche de notre bateau, où sa femme travaille. Nous faisons sa connaissance. Ils nous remercient beaucoup de l’aide que nous leur avons apporté pour la scolarité de leur fils.
samedi 18 novembre Dès 9 heures (environ, on est en Afrique !) nous prenons le courrier vers NDANGANE. C’est la pirogue qui sert aux gens du village pour aller à la ville voisine, et pour le transport des marchandises. C’est le bus local pour un prix dérisoire, 500 CFA pour nous quatre. Les touristes partant de NDANGANE, payent 10 fois plus cher, par personne. Nous goûtons des noix de guitar que les locaux mâchouillent tout le temps. Nous visitons la ville de NDANGANE, petite ville assez touristique. A 2H30 de Dakar en voiture, c’est le point de départ pour visiter le Saloum en pirogue. Il y a beaucoup de français installés ici, dans de belles maisons, dans le quartier « campement ». Il y a un quartier beaucoup plus pauvre au nord, où les habitants vivent dans des constructions de branches. Nous mangeons dans un restau ou un singe amuse beaucoup Elodie. (Non non, ce n’est pas Yoan cette fois, c’est un vrai singe !) Nous attendons notre bus-pirogue sous un préau, en pleine chaleur, pendant que nous discutons avec un piroguier qui vend des excursions aux touristes.
De retour sur Sabeline, nous nous reposons avant d’aller voir la lutte Sénégalaise sur la place du village de Mar-Lodj. Birama négocie nos billets à travers un petit trou percé à dans une grande bâche, faite de sacs à patates, qui entoure et cache le stade de lutte. Nous assistons à deux combats très brefs, aux sons des tam-tams et des chants des femmes. Nous ressortons 15 min après, c’est fini.
Birama nous invite chez lui, il nous offre le thé (à la pastille valda), puis un bon repas, avec tout un rituel bien de chez eux. Toute la famille mange du mil comme d’habitude, sur une gamelle par terre, presque cachée. Seul Birama mange avec nous, une très bonne omelette garnie d’oignons servie sur deux plateaux. Ensuite, pendant que les femmes s’activent, les hommes de la famille nous rejoignent pour discuter devant un thé. Plus tard, ils nous raccompagnent jusqu’à la plage pour porter Elodie qui s’était endormie et un grand sac plein de noix de coco que Birama est allé cueillir pour nous. Dakar à Mar Lodj - Siné SaloumMardi 14 Novembre Nous avions prévu de partir hier matin, mais quelles petites avaries, nous ont fait changer d’avis : un vent fort dans le mauvais sens, l’ancre reste coincée sur une grosse tôle, et en essayant de tirer sur la chaîne, les à-coups dus aux vagues, cassent un crochet et une pièce du guindeau (moteur qui sert à remonter l’ancre). Nous passons l’après-midi à réparer. Les enfants font des vas et vient avec le passeur de bateau en bateau, pendant que les grands enfants sont au cybercafé en plein air.
Ce matin, à 2h, ne dormant plus à cause de la chaleur, nous décidons de partir, mais nous avons encore quelques petites avaries : Le GPS perd son driver sur le PC, le palan pour remonter l’annexe casse et pour couronner le tout, Karine est malade (gastro ou tourista ?) Nous levons l’ancre à 3H50, afin de nous éloigner de Dakar et de tout ces tracas. En quittant la rade, nous croisons des pécheurs dans leurs pirogues, à la rame, avec juste une lampe de poche pour se signaler. Nous naviguons au près jusqu’à 15h, le vent faibli et nous dirigeons vers l’embouchure du Saloum.
Nous suivons les bons conseils de Michel du CVD, il est possible de passer au nord de l’île de Sangomar, bien que l’endroit ne soit pas sondé, évitant ainsi un détour de 30 M. Nous passons à l’étale de haute mer avec 3m de fond. Nous mouillons devant DJIFERE.
Baignade dans les eaux vertes, puis ballade dans le village. Les pirogues rentrent de mer, premiers contacts avec le peuple sérère. il y a beaucoup d’activité sur la plage, facile de deviner de quoi vivent ces gens. Il y a des ânes qui tirent des charrettes, des chèvres. C’est aussi sale que Dakar. Il n’y a pas de voiture, seulement des camions pour transporter le poisson et les coquillages. Nous nous promenons dans les ruelles. Les enfants viennent nous voir pour nous serrer la main, en criant « toubab ».
Il y a des tas de poissons et de coquillages sur la plage qui attentent l’embarquement, mais beaucoup pourrissent sur le sable. La nuit tombe, nous achetons du pain dans une petite boutique, dans le noir, puisque le village n’est pas équipé en électricité. Pourtant ils sont nombreux. Nous rentrons au bateau à la nuit tombante, mais nous sentons encore les odeurs de poissons et de coquillages.
mercredi 15 novembre Après l’école et un bon repas, nous levons l’ancre au flot (la marée montante) pour remonter le Saloum. Nous prenons un affluent le Marigot de Ndangane, les fonds ne sont pas indiqués sur la carte, Karine est à l’avant du bateau pour repérer les bancs de sable. A un moment les fonds ne sont plus que de 1,3m il faut arrêter avant de s’échouer, notre tirant d’eau est de 1,2m. Il y a un ponton tout près, nous y débarquons avec l’annexe. Nous y rencontrons le gardien, c’est une propriété appartenant à un Français. Le gardien nous indique comment passer les bancs de sable. Nous faisons demi tour et suivons une pirogue qui nous montre le chemin. Nous continuons ensuite le chenal les yeux sur le sondeur et arrivons au village de MAR LODJ. Nous mouillons à coté des campements, et débarquons en annexe, après une petite baignade. Accueilli par Fatou et sa copine qui nous vendent des colliers et des objets en bois. Nous traversons une plaine sableuse que des bœufs traversent, pour arriver au village. Nous passons devant l’école privée puis l’église. 11/12/2006 Escale à DakarC’est la première fois que je ressens l’épreuve de la page blanche. Voilà 3 mois que je vous raconte notre aventure et jusqu’à présent il faut le reconnaître, nous vivons plutôt des évènements positifs. Ce carnet de bord n’est pas un guide touristique, alors je vais continuer ainsi, même si ce chapitre risque de ne pas vous faire rêver. Mardi 31 octobreJournée repos, j’installe les moustiquaires sur les hublots, pendant que Karine est au CVD pour profiter d’Internet. Les enfants jouent avec leurs copains à construire une cabane, dans le parc du CVD.
En soirée, je rejoins Karine, nous dînons avec Sébastien, et ses enfants Océane et Lancelot. Au menu : un ragoût servi par le restaurant « chez Aida »voisin du CVD, qui n’est en fait qu’une cuisine. Nous regardons les photos de la Casamance.
Mercredi 1er novembre C’est un jour férié aujourd’hui, c’est une fête catholique, et malgré qu’il y a 95% de musulmans au Sénégal, ils bénéficient des fériés des deux religions. Nous prenons un taxi brousse, qui nous emmène à la police du port près du centre, pour 1500 F (CFA). Le bureau est fermé. Nous errons dans les rues, évidemment nous sommes abordés toutes les 5 secondes par les camelots que nous évitons poliment, nos tètes de blancs de toubab tout vrai arrivés les attirent. Leur politesse excessive est plutôt marrante, mais certains sont franchement collants, et ils nous suivent sur plusieurs centaines de mètre. Nous arrivons Place de l’Indépendance. Je suis abordé par un noir qui ne me lâche pas, il nous raconte qu’il a vécu en France qu’il connaît bien notre région etc. il nous conseille de le suivre pour visiter la ville. Nous acceptons, car nous ressentions un peu d’insécurité, seuls dans les rues de Dakar. Nous prenons ensemble un taxi pour aller à la gare routière. Surprise ! Pas de bus ni de bâtiment, mais un champ de 504 Peugeot 7 places, avec leurs chauffeurs qui attendent et tous les camelots. C’est de là qu’il faut partir pour visiter le lac rose ou les villes voisines. Nous suivons notre guide dans les rues encombrées d’ordures, et surtout de tous ces hommes inactifs ou qui vendent tout et n’importe quoi. Même les marchés, ne sont que des capharnaüms. Cependant ils ont chacun une spécialité : Légumes, bois et artisanat, tissus et vêtements, bazar. Max (notre guide) nous emmène dans un atelier de confection de vêtements africains, c’est sans doute un copain. Nous essayons plusieurs vêtements, plutôt sympa, mais que nous n’aurions pas porté tous les jours. Les prix ne nous sont pas communiqués. Le choix étant fait, Max et le patron nous conduisent dans une cour pour négocier. Prix annoncé 95000 CFA pour 3 tenues d’enfant et 2 tenues d’adulte. Je leur explique que nous avons perdu notre temps, que les fringues en France sont beaucoup moins chères, et qu’il faut arrêter de nous prendre pour Crésus ! Ils sont un peu vexés et après un peu de cinéma, et de négociation nous repartons avec les tenues des enfants pour 23000 CFA. Yoan et Elodie ont faim et soif, nous nous arrêtons dans un restaurant pour goûter un poisson yassa. Nous continuons la ballade avec notre « ami » Max. Il nous fait le coup du jeune papa : Il nous offre des bracelets et des colliers et en nous disant qu’il fait ça pour porter bonheur à son nouveau né, et qu’il espère un cadeau de notre part venant de France, bien sur nous n’avons rien sauf un petit billet. Vrai ou faux peu importe, il nous a guidé dans Dakar bien loin des sentiers touristiques, et nous n’aurions pas traversé certaines rues sans sa présence. Avant de se quitter, Max nous indique la direction de l’avenue G. Pompidou. Nous frappons à la porte d’un bel appartement. Nous avons l’adresse de Françoise et Jean-claude, français résidents à Dakar. Nous sommes très bien accueillis. Nous discutons jusqu’à la tombée de la nuit. Ils habitent en Afrique depuis 11 ans, dont 6 ans à Dakar et vont bientôt rentrer en France, ils en ont marre de ce pays, et de ses occupants. Après un petit apéro, nous prenons rendez-vous pour une autre visite guidée demain. Ils nous accompagnent en bas de l’immeuble pour nous trouver un taxi : « -Bonjour, ça va ? et la famille ça va ? (c’est la formule de politesse minimum pour lui passer la pommade et commencer une négociation) Combien tu prends pour l’anse Hann ? -4000. Trop cher on trouvera un autre taxi. Il klaxonne : 3000. » On se mettra d’accord sur 1800 CFA, une fois sorti de Dakar il nous demande vers quelle route il doit aller, je lui réponds : C’est toi le taximan, moi je suis le touriste je ne connais pas Dakar ! Nous finissons par lui indiquer le chemin en demandant plusieurs fois notre route aux piétons. En arrivant, il a le culot de me demander plus d’argent à cause du temps perdu ! bon prince je lui laisse 2000 CFA. Nous rentrons au bateau, pour prendre une bonne douche, nos pieds sont très sales.
Jeudi 2 novembreLevés de bonne heure, nous partons vers Dakar avec le même taxi qu’hier matin. Il nous dépose à la police du port. Un fonctionnaire nous reçoit. Pas pressé nous faisons les papiers. Tout va bien jusqu’à ce qu’il me dise qu’il garde notre acte de Francisation (la carte d’identité du bateau et la preuve de notre propriété) d’un ton ferme, je lui dis que je ne suis pas d’accord, j’ai amené des photocopies, le tiroir et son bureau dans lequel sont gardés les actes ne ferment pas à clé. Il est vexé et me dit que je lui impose ma loi. Je tente de lui expliquer qu’en France, aucun officier ne retient nos papiers puisque nous devons toujours les avoir sur nous. Karine sentant que la situation s’envenime, rattrape le coup en expliquant qu’on part dimanche et qu’il va falloir revenir demain soir chercher les papiers. Il est conciliant et me fait comprendre que s’il accepte c’est à cause de Madame. Pour ma part, j’avais entendu dire qu’ils ne gardaient pas systématiquement les papiers, c’est à la tète du client. En tout cas la fermeté ne marche pas ! Notre taxi nous attend toujours et nous conduit chez Françoise. Après un délicieux jus de fruit, nous partons en quête des quelques courses que nous ayons à faire. Elle connaît bien le quartier. En sortant, elle est saluée par les lépreux de sa rue. Elle nous guide chez les meilleurs commerçants (souvent des libanais). Et nous déniche tout ce que nous avons besoin. Jean Claude nous rejoint en pizzeria à midi. Puis nous faisons un peu de tourisme dans les beaux quartiers près de la présidence, le quartier des affaires, où il y a un peu moins de misère, certains sont même visiblement très aisés. Françoise se fait autant aborder que nous par les marchands ambulants. La règle est de marcher vite et surtout ne pas déambuler. Nous apprenons beaucoup de choses : - Les petits enfants de 5 à 8 ans mendient, un mafieux prend leur économie contre un bol de riz dans le meilleur des cas. - Les enfants qui meurent à la porte de l’hôpital, parce que les parents ne peuvent pas payer les soins. - Les handicapés et les lépreux sont exclus du système, ils mendient sur le trottoir, sans fauteuil roulant. Les autres ne les aident pas. Françoise donne 1000 CFA par semaine aux lépreux en bas de chez elle, c’est ce que leur demande la mairie pour l’occupation du trottoir. C’est ça le social au Sénégal ! Certains sont de faux handicapés, ou encore montrent bien leurs moignons pour mendier. - Moins grave, le gouvernement interdit l’importation des voitures de plus de 4 ans pour améliorer l’état du parc. Les Sénégalais ne peuvent pas se payer une voiture neuve, résultat ils entretiennent des voitures de plus de 15 ans qui polluent et créés souvent des accidents. - la construction anarchique sans aucune perspective d’avenir, les promoteurs en profitent. La population de 1 100 000 h double tous les 15 ans et les infrastructures ne suivent pas. - Tout est histoire de corruption, comme le ramassage des déchets et bien d’autres. - Les hommes prennent le salaire de leur femme qui travaille. Le sens de la famille n’existe qu’entre frères et pères. - Dans la rue c’est l’anarchie totale, ils ne respectent pas les règles de conduite, et aucune force de police n’est présente. En traversant sur les clous, une voiture a faillit m’écraser en passant au feu rouge, heureusement je faisais attention. Nous tenons Elodie et Yoan, constamment par la main. Pourtant les Sénégalais défilent dans les rues, tapant sur leurs jubés pour remercier leur président. Rester en ville serait insupportable à long terme, les ordures qui jonchent le sol, attirant rats, vautours et autres rapaces. Les sollicitations constantes, il est difficile de faire confiance à un vendeur qui essai de nous avoir en annonçant un prix 20 fois plus cher que le prix final. Pourtant nous étions « avertis » suite à notre précédent voyage en Tunisie. Nous ne prenons pas ces sollicitations pour des agressions, c’est même marrant parfois : Dans le taxi, un vendeur ambulant courant à coté de la voiture me propose des boites de thon au naturel ! Slips, chaussettes, balais, table à repasser, cotons tige, tout est valable pour se faire une petite plus-value. D’autre vendent du « service » comme Max notre guide. Mais aucun ne proposera de nous aider à porter un sac lourd pour avoir une petite pièce, ils sont trop fiers pour ça. Les femmes font les taches les plus ingrates pour gagner de l’argent. Toutefois, malgré leur niveau de vie, il n’y a pratiquement pas d’agression ni de vol (à part les pickpockets), ils se montrent très polis respectueux et accueillants.
En rentrant le soir, Même topo, nous négocions avec un taxi pour l’anse Hann, nous nous assurons qui connaît bien ce lieu. A la première intersection, il me demande où aller. Je suis un peu remonté ! Je lui indique le chemin, mais lors d’une déviation pour travaux nous nous perdons et de nuit je ne reconnais pas les rues. Les enfants s’en donnent à cœur joie pour rouspéter le taxi ! Elodie suggère que la prochaine fois on prenne un papier et un crayon pour faire un plan de l’itinéraire entre Dakar et le CVD, pas bête la fille ! Nous demandons au taxi de faire demi-tour, mais il ne semble pas savoir manœuvrer, il a sûrement acheté son permis de conduire comme bien d’autre ! Finalement, il crève, nous descendons et lui payons la moitié de sa course et attendons un autre taxi. Nous demandons la bonne direction à d’autres automobilistes, espérant tomber sur quelqu’un de sympa voulant bien nous emmener. Faut pas rêver. Un taxi passe, il faut encore négocier en faisant mine de partir pour baisser le prix de 3 fois. Il nous dit qu’il connaît l’anse Hann, mais il se dirige vers Dakar sans se préoccuper de nos indications. On commence à connaître le secteur ! Arrivé au centre de Dakar, le ton monte, je lui demande fermement de nous écouter, mais il parle à peine le français. En fait, il accepte une course sans comprendre où nous allons. Il s’arrête pour demander son chemin à des gardiens en wolof, nous leur expliquons notre destination, et les gardiens font la traduction à notre chauffeur. Nous arrivons enfin à l’anse Hann après Deux heures pour faire 5 Km. Lui aussi me demande un peu plus d’argent, je l’envoie balader : « Quand tu nous a pris on était à 2 Km d’ici, je ne t’ai pas demander de retourner à Dakar, si on a fait 10 Km c’est de ta faute »
Nous entrons au CVD, un havre de paix. Sébastien nous invite à table, sa Femme Isabelle vient de rentrer de France, et une petite fête est organisée. Les enfants tirent un feu d’artifice sur la plage, pendant que nous discutons du sujet « école à bord ».
vendredi 3 novembre Nous faisons une croix sur la visite du lac rose, attrape touristes, où nous serons encore très sollicités. D’autre part Yoan est malade. Je dépose un sac de lessive à la femme courageuse qui lave à la main le linge de presque tous les équipages, et je confie le booster chez le voilier pour réparation, on négociera le prix de la réparation demain. Il y a au CVD, une femme seule, très gentille, qui vend des pastelles (beignets) et ne demande rien. Nous avons discuté avec elle les jours passés, elle a 9 enfants en charge avec ceux de sa sœur malade. Elle n’a pas d’homme pour subvenir financièrement. Karine lui a donné un peu de vêtements et des livres, Elle est très contente de notre geste. Sa fille qui l’accompagnait nous a remercié aussi à sa façon pour une paire de chaussure. Bricolage, Internet, la journée passe vite, mais paisiblement… Nous goûtons aux boissons et tisanes africaines que Françoise nous a fait découvrir. Nous en avons acheté un grand stock, car il suffit de mélanger les sachets avec de l’eau. Ananas Gingembre, Bissap, cola…
Et les jours suivants ? Nous sommes le samedi 11 novembre. « Inch Alla », comme ils disent ici (si dieu veut). Toujours à Dakar, une semaine de trop. Yoan est tombé malade 39,8° et vomissements, nous passons beaucoup de temps chez Françoise et Jean-claude que nous remercions beaucoup. Ils sont très bien situés, médecin, labo et pharmacien sont à coté. Rien de grave, juste une intoxication intestinale. Il a du boire de l’eau là où il ne fallait pas. Dimanche, nous avons passé la journée à l’île de Gorée, à une heure de bateau de l’anse Hann. Enfin de l’eau claire, baignade, nettoyage de la coque du bateau. Très belle île, bâtiments très colorés, C’est le repère des artistes, peintres et artisans vendent leurs œuvres aux nombreux touristes. Nous visitons un musée sur le Sénégal, puis la maison des esclaves, lieu symbolique qui à été restauré par la France en 1990. Nous déambulons dans les cases ou étaient stocké les nègres. Nous rentrons à la voile avant la nuit. Au CVD, lors d’un apéro anniversaire, une fusée de feu d’artifice atterri aux pieds de Karine, les brûlures se soignent, la robe n’a pas brûlé. Ensuite c’est notre ordinateur qui s’est planté. Il fallait réinstaller Windows, sans perdre les données. Nous l’avons confier dans la meilleure boite d’informatique de Dakar. Ils ont réussi au bout de trois jours. Après, il faut tout réinstaller ! Ces petites galères nous font perdre du temps dans notre programme, des ballades en taxi qu’on se passerait bien (bouchons et pollution), des ennuis pour trouver de l’argent liquide… tout prend du temps ici, c’est une école de patience. Les fréquentes pannes d’électricité, l’accès à Internet nous confirment que nous sommes bien en Afrique. Il fait chaud 35° la journée 30° la nuit, très humide et sans aucun vent. Nous dormons mal e nous n’osons plus nous baigner dans la baie de Hann. Nous passons beaucoup de temps au CVD, les enfants sont complètements autonomes : Yoan et Lancelot sont arrivés à faire du change, pour acheter des boissons dans une cahute, beaucoup moins cher qu’au bar du CVD. Ils achètent aussi des pétards. Elodie est aux anges ici, les chiens et les chats du CVD, les séances de poney au centre équestre voisin, ses copines Océane, Maëlle et Jennifer… elle resterait bien là plus longtemps. Aujourd’hui elle montre à ses amis son poney Malabar, et font de l’équitation ensemble. les enfants dorment à tour de rôle chez la Catherine ou sur Sabeline. « Maman, est-ce qu’on pourra revenir chercher Malabar en voiture quand on reviendra de notre voyage ? » Hier soir nous avons dîner dans un bon restaurant gastronomique Français (la Corvette) à deux pas du CVD, avec Isabelle, Seb, et Evelyne juste arrivée de Casamance. Nous allons bientôt quitter Dakar pour le delta du Saloum et la Casamance, en laissant notre booster en réparation au CVD, mais avec un nouvel équipier : un petit chat recueilli dans notre quartier, que nous avons pris soin de laver 2 fois au savon de Marseille et de retirer toutes ses puces, pour montrer patte blanche avant de monter à bord. Nous l’appellerons : Dakar. Nous garderons un souvenir mitigé de la ville de Dakar, ce n’est pas une étape que nous conseillerons, mais c’est une expérience à vivre. La misère côtoie la richesse excessive et c’est difficile à supporter. La poussière et la pollution n’arrangent rien. Nous pensions trouver une capitale européanisée et propre. Le Cercle de Voile de Dakar est très agréable, c’est une association, l’ambiance est bonne et certains y résident depuis très longtemps.
« Nous on n’est pas comme les moustiques, d’accord on est collant, mais nous on pique pas » parole de Wolof.
Histoire drôle de Michel au CVD : Pendant des années, j'ai mis ma fatigue sur le compte du manque de vitamines, de la pollution, du cholestérol. De la morosité ambiante, du bruit fait par les voisins, des embarras gastriques chroniques, enfin, toutes les choses qui nous font demander si la vie vaut d'être vécue. J'ai enfin fini par réaliser qu'il n'en était rien, je suis fatigué parce que je travaille trop. La population de ce pays et de 55 millions d'habitants sur lesquels 21 millions sont retraités, ce qui fait 34 millions de citoyens pour travailler. Si l'on retire encore 19 millions d'étudiants, d'écoliers, plus 3 millions de chômeurs, plus 5 millions de fonctionnaires ou assimilé, il ne reste plus que 7 millions de clampins pour bosser. En soustrayant les 2 millions de militaires, les 4 millions d'immigrés, les 620 000 personnes hospitalisées et les 379 998 taulards, il ne reste plus que deux pauvres cons pour faire le boulot. Toi et moi. Toi, tu glandes-là, assis sur ton cul à lire ces conneries... C'est pas étonnant que je sois surmené.
10/31/2006 Traversée Canaries-DakarDimanche 22 octobre J’ai réglé la marina hier soir, et j’ai obtenu la clearance, un papier qui nous servira lors de notre entrée sur le Sénégal ou le cap vert. C’est la première fois que nous avons besoin de faire ces démarches, c’est normal nous quittons l’Europe. La matinée est passée très vite, mais ce n’est pas grave. Il n’y a pas de vent. Nous faisons une séance photo sur Sabeline puis sur Lady Quattro avec Annie et Didier. 13H15 Séquence émotion : Nous quittons la marina avec les " au revoir " d’une bonne partie des équipages français du port. Ce départ vers des horizons lointains est une nouvelle étape. 1H30 après notre départ, Elodie nous demande : " - quand est-ce qu’on arrive ?
Nous suivons la cote Est de la Gomera, au près, toute la garde robe est sortie (voilure maximum). Lady Quattro est dans notre sillage à quelques miles, devant le Teide. Quelques heures plus tard il nous rattrape et nous nous prenons en photo mutuellement. C’est un beau moment de voile ! On se donne rendez-vous pour une vacation radio avant de se coucher. Ils ont ralenti leur allure pour nous attendre c’est très sympa. Lundi 23 octobre A 8 h, nous voyons toujours lady Quattro, mais loin devant nous. Nous sommes au près depuis le départ, à quand les vents portants ? Heureusement à 12 nd cela reste très agréable, la mer est belle, il y a une longue houle, qui rappelle de ce qui passe plus au nord dans l’atlantique. Nous pouvons même prendre des douches dans le cockpit ! (D’eau douce bien sur). Dans la nuit, je croise un ovni qui nous passe à 20 m devant, nous nous saluons avec les projecteurs. Mardi 24 octobre 3e jour, Nous avons été obligés de démarrer le moteur en fin de nuit, pour l’arrêter à midi. Nous croisons un voilier qui vient d’affaler toutes ces voiles, y a t-il un problème à bord ? Karine le contacte par VHF, Tout va bien à bord, c’est un portugais en route pour le Cap Vert, leurs enfants voulaient se baigner, alors ils ont arrêté le bateau. Je bricole un peu (il y a toujours à faire), pendant que Karine est dans les fourneaux, elle nous prépare, quiches, chaussons à la banane. Nous avançons bien cet après midi, au près dans 15 nd de WSW. (pardon : Ouest-sud-ouest) Après la vacation de 18H30 TU, j’affale la grande voile, pour être tranquille cette nuit. Tout d’un coup le moulinet de la ligne de traîne se met à se dérouler à toute vitesse. Karine essaie de retenir le fil et se brûle les doigts. Nous lutterons quelques minutes jusqu’à ce que le fil casse. C’était une grosse prise ! mercredi 25 octobre A 2h20, nous passons le tropique du Cancer, 23°27’N Il faut fêter ça ! Modérément, pas comme l’équipage de La Méduse, qui s’échoua en 1816 sur le banc d’Arguin dont on connaît bien le radeau et sa triste histoire. Nous voilà sous les tropiques pour au moins 6 mois. Nous sommes toujours au près avec 8 à 12 nd. Ce matin, pas moyen de dormir, nous croisons des bancs de globicéphales et des petits dauphins qui sautent de l’eau. C’est l’euphorie à bord, mais finalement, les enfants ne quittent même plus le DVD qu’ils regardent assidûment. Nous passons entre des grains menaçants. J’installe une nouvelle ligne de traîne, avec le fil et le leurre les plus gros du bord, montés sur un winch. Un sandow sert à ferrer et une clochette doit nous avertir. Les thons n’ont plus qu’à bien se tenir ! Karine nous fait une tarte à l’oignon (même la pâte) que nous dégustons après un petit apéro. jeudi 26 octobre A l’aube, Karine trouve un poisson volant sur le pont. C’est signe que l’eau est chaude. Enfin le vent tourne au nord, mais reste faible. La houle se fait sentir. Cette nuit j’ai hissé la grand voile pour mettre les voiles en ciseaux, c’est mieux. Vers midi, je hisse le booster, mais nous le descendons 2 fois, nous avons remarqué des amorces de déchirure qu’il faut réparer. En fin d’après midi une rafale un peu plus forte le déchire entièrement au milieu. Il est foutu. Nous tanguonnons le génois qui ne tient pas seul à cause de la houle de coté. Les alizes soufflent maintenant, ils nous envoient du NE à 16-18 nd. Après la vacation quotidienne, la clochette a retentie deux fois. Nous remontons la ligne mais notre leurre est perdu, la bête a rompu le fil en inox qui pouvait tenir 63 Kg. Petit mot de Yoan : Hier j’ai vu des dauphins, c’était super cool. Papa les a pris en photo, mais les a ratés. J’aimerais bien en revoir. J’ai ramassé des poissons volants sur le bateau. Ce soir je vais faire des quarts. On a faillit pêcher un gros poisson, mais il a cassé le fil de fer. vendredi 27 octobre Les alizés et la houle croisée ne mollissent pas dans la nuit. Nous nous faisons secouer, mais nous marchons à 7 nd, la vitesse maxi du bateau. Yoan ramasse encore un poisson volant sur le pont. il passe beaucoup de temps à admirer les longs vols des bans de poissons. Nous les faisons sécher dans les haubans pour les croquer après, cela ressemble aux caplans que l’on trouve en Bretagne. (Surtout chez ma maman). Occupations habituelles à bord, dont réparation de la ligne de traîne. En fin d’après-midi, alors que je terminais ma sieste, les cris des enfants me réveillent : " Il y a des gros poissons bleus qui chassent les poissons volants ! " Aussitôt la clochette retentie, Karine m’appelle, pour remonter la ligne. C’est un des poissons bleus qui a mordu le leurre. Nous remontons une belle dorade coryphène de 80 cm, 2,5Kg. Ces couleurs bleue et jaune disparaissent dès qu’on la sort de l’eau. Nous lui offrons un peu de rhum des Canaries. (Dans les branchies pour abréger ses souffrances). Après la séance photos, Je la découpe en filet, je garde les œufs pour les conserver dans le sel. En entrée, nous dégustons des dés de dorades crus, marinés dans du citron, de l’huile d’olive, de la ciboulette et de l’ail. Délicieux. Pour la vacation de 17H30, nous faisons le point journalier, nous avons parcouru 140 M en 24 h. Cela risque d’être un record pour notre bateau, chargé comme il est. C’est presque 6 nd de moyenne. samedi 28 octobre Ce n’est pas aujourd’hui que nous battrons le record, les vents ont faiblis toute la journée. Nous avons gréé le spi tout neuf, mais il est plus petit et n’a pas l’efficacité du booster, en outre, il nécessite la manipulation du tangon qui n’est pas toujours facile. Malgré tout, nous ne dépasserons pas les 4 nd. Karine profite de ces calmes pour cuisiner le reste de la dorade, faire des petits sablés, une mousse au chocolat. Non sans mal car les enfants se disputent pour savoir qui doit monter les blancs en neige. Les blancs d’œufs finissent sur les banquettes du carré. Nous passons beaucoup de temps à régler les voiles et faire des manœuvres pour gagner de la vitesse, c’est une vrai régate ! Certaines demandent beaucoup d’effort, nous sommes en sueur, il fait très chaud. Dire qu’il y en a qui croient qu’on est en vacances tout le temps ! Après l’effort, baignade traîné derrière le bateau mais timidement car c’est l’heure que les requins chassent, et l’eau est à peine rafraîchissante elle est à 30°C. L’air en soirée est à 28° et à l’intérieur du bateau, il a fait 34° malgré le panneau avant ouvert. dimanche 29 octobre Toute la nuit, nous n’avançons qu’à 4 nd sous génois tangonné. Nous ne pouvons pas laisser le spi qui demande une surveillance constante. Nous occupons nos quarts quand il fait beau à lire (un bouquin est lu en 2 quarts de 4 heures) ou en regardant un film sur le lecteur DVD. Vers midi, nous envoyons le spi, c’est notre seule chance d’arriver près des cotes de jour. Nous croisons le rail des cargos qui remonte vers le nord, ils se suivent de près. Les 30 derniers miles sont les plus longs ! Pour me rafraîchir, je m’asperge avec des seaux d’eau de mer, les enfants se baignent dans le seau. A 16 h, TERRE ! Karine commence à apercevoir une paire de seins. Depuis le Teide, nous ne voyons plus que ça ? Après consultation des instructions nautiques ces collines s’appellent : Les mamelles. 19 h, nous passons la pointe des Almadies, nous croisons 3 pirogues qui rentrent de la pèche. Nous commençons à sentir les odeurs, de feu de bois et d’épices. Nous entendons aussi du tam-tam et les chants d’une mosquée. Pendant un dernier repas en mer, nous contournons par le sud l’île Madeleine puis l’île de Gorée, pour entrer de nuit dans la baie. Nous suivons le chenal à peine balisé en évitant les pirogues et les cargos. A 22H nous mouillons avec d’autres bateaux dans l’anse de Hann. Nous sommes accueillis par la pirogue du passeur avec une famille française à bord, venue nous dire bonjour. Nous sommes très heureux. lundi 30 octobre Les premières lueurs du jour nous font découvrir notre environnement. Après un petit rangement du bateau, le gonflage de l’annexe, nous plongeons de la jupe. En début d’après midi le passeur, Moussa, nous débarque avec la pirogue du Cercle de Voile de Dakar sur le ponton. Nous marchons sur le sable blanc. Au CVD, nous prenons contact avec Sébastien un français en voyage depuis deux ans, et les sympathiques sénégalais. C’est agréable ici de parler sa langue. Le CVD ressemble à un petit club privé en plein air, où tous les voyageurs se rassemblent et y passent beaucoup de temps. On peut profiter des services offerts par les autochtones, lessive (à la main), remplissage d’eau douce ou de gasoil par les jeunes qui portent les bidons, etc… C’est très propre, les enfants peuvent jouer ensemble en toute sécurité. En sortant du CVD, c’est un choc. Nous sommes dans une rue sableuse, jonchée de déchets en tout genres, avec des petits commerces. Nous faisons du change dans une épicerie, baraque de tôles où l’on ne peut pas rentrer à cause du bazar entreposé et plein de poussière. 1 Euro vaut 650 CFA. Facile à se rappeler, ça correspond à nos anciens francs ! Nous prenons ensuite la rue principale qui mène au cœur de Dakar, les véhicules sont très vétustes, surtout les minibus bariolés. Il fait très chaud, et il y a beaucoup de pollution. Nous prenons des fruits sur un stand, et des cacahouètes grillées au feu de bois devant nous. Il y a plein des petits artisans qui exercent en pleine rue, du coiffeur, chausseur, mécanicien. Beaucoup de chiens et de chats errants. Nous retournons vers la plage qui grouille de monde, rare sont ceux qui profitent de la plage comme on le fait en Europe, l’eau est très sale. La plage est un lieu pour faire du sport, jouer, se reposer, réparer ou construire des pirogues, vendre les poissons, nettoyer et faire sécher les coquillages, mais aussi pour déposer les ordures. Vive l’écologie ! Des ruisseaux immondes, chargés de déchets se jettent dans la mer. Il faut traverser l’un de ces ruisseaux pour longer la plage. Un pneu est prévu au milieu pour éviter de mettre le pied dans le jus. Manque de pot, Yoan glisse sur le pneu et se mouille jusqu’au genoux, moi je fais de même, mais je n’ai eu qu’un pied à nettoyer. Nos narines sensibles après 7 jours de mer ont été agressées par les odeurs d’égout des ruisseaux, les senteurs de poissons pourris, et des gaz d’échappements. Au bar du CVD, nous nous connectons à Internet, nous y passons la soirée, en grignotant des beignets de poissons avec une sauce épicée qu’une femme est venue nous vendre. J’écris ces lignes, accompagné par les incantations de la mosquée voisine. Nous sommes chez nous dans notre bateau, mais très dépaysés à l’extérieur. Demain, l’aventure continue, nous prenons un taxi-brousse pour le centre de Dakar, il faut passer à la douane régulariser notre entrée au Sénégal et visiter cette ville. A suivre au prochain épisode… Conclusion : 868 Milles en 7 jours et 9 Heures. Les conditions ont été très agréables, c’est une des navigations que nous appréhendions le plus pour les risques de mauvaise rencontre et de tempête tropicale. Elle s’est très bien passée, les nuits ont été reposantes et nous arrivons en pleine forme. Nous remercions nos enfants d’avoir été très patient, et d’avoir supporté la chaleur dans le carré. Pour leur sécurité nous préférons qu’ils ne restent pas dans le cockpit. |
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