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Karine, Jean-Michel, Elodie, YoanLe Voyage de Sabeline 2009-01-18 Descriptif SabelineVOILIER DE VOYAGE
De retour d'un an de voyage autour de l'atlantique, Sabeline est prêt à repartir. C’est un MALLARD Septentrion 37 pieds, avec sa jupe, son carré lumineux en salon de pont, ses trois cabines spacieuses, son gréement fractionné, sa solidité rassurante, son récent équipement TDM ; pour l'autonomie et la sécurité.
Contact : jmksabeline@hotmail.fr
Un peu d’histoire…
Crouesty, novembre 2003 : Sans l’intention d’acheter, nous visitons des voiliers de voyage, c’est une première approche, de quoi se forger une opinion : nous visitons des bateaux en acier, en alu, et en polyester de la taille des SUN FIZZ, l’habitabilité nous parait correcte, et le prix aussi, à condition de choisir un bateau de plus de vingt ans.
Nos critères sont les suivants : Dériveur lesté ou éventuellement intégral 3 cabines, pour pouvoir s’isoler si besoin Pas plus de 12m pour le manœuvrer seul Solidité, et performances (gage de sécurité) Jupe pour le plaisir Préférence aux bateaux équipés TDM
C’est alors que nous visitons un MALLARD, bateau qui m’était inconnu sauf le constructeur réputé sérieux. Il pleuvait des cordes, et voulant visiter l’intérieur, nous sommes surpris par l’occupante du bateau qui nous demande d’enlever nos chaussures, en effet, l’intérieur est chaleureux et sec (chauffage à air pulsé), la moquette au plancher confirmait l’impression de confort. Après la visite des cabines et du carré panoramique, ainsi que les explications du propriétaire… c’est le coup de foudre.
Mais nous ne sommes pas venus pour acheter nous n’en avons pas les moyens, alors nous repartons avec des exigences supplémentaires : Désormais nous souhaitons un « Carré à salon de pont » pour voir la mer et ce qu’il se passe autour du bateau, lorsqu’on est à table. (Habiteriez-vous dans une maison en bord de mer, avec des meurtrières au lieu de baies vitrées ?) Le plancher étant surélevé il y a beaucoup de rangement dans la cale et la descente est moins abrupte, nous n’avons pas l’impression de descendre à la cave lorsqu’on est dans le bateau, de plus, en navigation, on peut surveiller son environnement sans sortir du bateau, et ses larges hublots apportent de la luminosité à l’espace de vie, certes le roof est un peu plus vulnérable aux paquets de mer, mais nous n’irons pas dans les mers australes… Nous visitons alors beaucoup de bateaux, mais à part le SUN ODISSEY 40 DS en dehors de nos moyens, nous ne trouvons pas mieux.
La suite : Nous finissons par l’acheter, et en juillet 2006, nous larguons les amarres pour un tour de l’atlantique en famille, sur Sabeline, un bateau sûr et confortable qui nous a permit de profiter pleinement des rivières peu profondes du Sénégal, de rentrer des Antilles au près, et de faire de belles traversées.
DESCRIPTION DE SABELINE MALLARD SEPTENTRION : Voilier de croisière gréé en ketch Dériveur lesté
Sabeline à la voile : Sabeline est un excellent voilier (plan Finot), au près, il remonte très bien malgré un fardage relativement important, dans une mer belle, avec une vitesse entre 6n et 7n. Il n’a rien à envier aux voiliers de sa taille. Aux allures portantes son comportement est assez sensible et demande une conduite attentive et sportive, mais son puisant pilote automatique assure parfaitement son rôle. Son gréement monté en ketch permet de répartir aisément les efforts et de gérer agréablement les nombreuses situations de mer et de vents. L’artimon présente l’avantage de réduire ou d’augmenter la surface de voilure sans sortir du cockpit, en agissant aussi sur l’enrouleur de génois, le bateau est toujours bien équilibré. Une personne seule appréciera de manœuvrer le bateau seul sans prendre de risque.
Sabeline au moteur : Avec son hélice tripale, sa vitesse de croisière peut atteindre facilement 7nd. son puissant moteur auxiliaire permettant d’assumer toutes les situations où le moteur s’avère indispensable.
Sabeline va partout : Son faible tirant d’eau 1,20m, lorsque sa dérive est relevée, permet d’élargir considérablement les possibilités de la croisière côtière. Il permet de diminuer la traînée induite et d’augmenter sa vitesse à toutes les allures (sauf au près !).
Sabeline prend soin de son équipage : FINOT avait vu juste en dessinant l’aménagement et le plan de pont du Septentrion ; L’agencement a été optimisé pour gagner en espace et l’idée du salon de pont rejoint la tendance actuelle des bateaux modernes : Bavaria DS, Sun Odissey 43DS, etc
Le roof panoramique offre une excellente visibilité. Il permet de contrôler, sous 270 degrés, depuis l’intérieur, la totalité de la situation extérieure, un atout pour la sécurité. Assis, dans le carré on peut contempler l’extérieur du fait de la position légèrement surélevée des banquettes. Des panneaux ouvrants sur le roof à l’avant permettent une aération optimum en été, rendant le bateau très agréable à vivre. Les trois cabines indépendantes doubles, avec petits lavabos incorporés sont étonnamment spacieuses pour un voilier de cette taille. Une confortable hauteur sous barreau permet l’accès aisé à toutes les parties du bateau, des cabines arrière au cabinet de toilette à l’avant. (HSB dans le carré de la descente à la table à carte : 1,92 m, dans les cabines arières : 1,88 m, dans la cuisine devant l’evier : 1,90 m, devant le four : 1, 89 m et dans les toilettes et douches : 1,79m.)
Tout le confort moderne, du chauffage au frigo, rend les croisières agréables sous toutes les latitudes. Un accastillage très complet et une électronique abondante, vous autorisent à naviguer en catégorie hauturière avec un maximum de sécurité. Parfaitement entretenu, sortit de l’eau à sec pratiquement chaque année durant l’hiver ne présentant aucune trace d’osmose.
INVENTAIRE DE SABELINE
Type : SEPTENTRION, Construit en 1981 par les chantiers MALLARD à La Rochelle, Pont à cockpit arrière monté sur la carène du Mallard 1040. Hors tout : 11.80m Longueur coque : 10.80 m Flottaison : 8.80m Largeur coque 3.45 m Largeur à la flottaison : 2.45m Tirant d’eau dérive haute/basse : 1.20m / 2.20m Jauge : 11,4 tonneaux Poids à lège : 6 t Lest : 2t
Grand mât : En alliage léger insonorisé Un étage de barres de flèche 2winches, drisses intérieures, Rail de tangon, refait à neuf en 2005 remplacement des câbles électriques projecteur de pont, feux de navigation, de mouillage, capteur anémomètre, neufs 2005 Echellons de mats Inox neufs 2006.
Artimon : En alliage léger. Un étage de barres de flèche, drisses intérieures, éclairage cockpit.
Bômes : Alliage léger. Insonorisé Poulies et renvois de ris extérieurs. Palans d’écoutes, Hale bas rigide pneumatique et à poulies
Gréement :
Sur le pont :
Sur la jupe arrière :
Annexes de navigation :
Matériel divers :
Voiles :
Moteur :
Sécurité – survie :
Electronique et instruments de navigation :
3 Pilotes automatiques :
Electricité : Tout le câblage a été refait en 2006 dans les règles de l’art, tous les câbles ont été remplacés, en respectant les sections 50, 35 et 25 mm² et les couleurs (+ 12v batterie en rouge, -batterie en bleu, masse sur plaque de masse et passe coque en vert/jaune, autres intermittents en noir). Les connexions serties sur cosses à oeils.
moniteur de batterie neuf ainsi que les deux tableaux électriques secondaires Circuit 220v refait en entier, avec 2 disjoncteurs différentiels 30mA
Production de 3A dès 4.5 neuds.
Confort :
2007-08-09 Dernières nouvellesEt la reprise…
La question que tout le monde se pose : Peut-on reprendre une vie ordinaire après un tel voyage ? Nous sommes restés au port de Plouer une dizaine de jours, des nouvelles rencontres, des soirées sympas, nous avons gardé notre rythme de croisière. Puis nous avons récupéré notre maison. Grosse déception, elle est en très mauvais état. Nos locataires polonais n’ont rien respecté, et presque toutes les pièces sont à refaire. Les tapisseries sont sales, les moquettes tachées et trouées de brûlures de cigarettes, meubles de cuisine et électroménager très abîmés. Nous avons installé une caravane devant la maison, et pendant tout le mois de juillet nous avons travaillé, 8 pièces ont été refaites, du sol au plafond, aidés par une équipe de 4 Polonais qui ne viennent que le week-end. Nous en sommes maintenant au stade des finitions et nous retrouvons peu à peu notre confort. La transition a été brutale, et il a fallut reprendre un rythme très soutenu pour allier bricolage à la maison, et activité intense au bureau. La reprise au bureau s’est très bien passée, j’ai retrouvé mon poste, mes responsabilités, et ça n’a pas été plus dur qu’au retour d’un mois de vacances. Mes collègues m’ont très bien accueilli avec quelques petites surprises agréables.
Donc oui, bien que Karine n’ait pas encore repris son travail, nous avons retrouvé notre vie speed d’avant, mais avec une autre façon d’aborder les problèmes, une nouvelle philosophie, et pleins de souvenirs et de rêves dans la tète.
Remerciements
A tous ceux qui se sont intéressés à notre aventure, qui nous ont suivi sur notre blog, et nous ont soutenu par leurs messages chaleureux. A nos parents, qui ont accepté notre projet, nous ont encouragé, et nous ont tant attendu. A Jean, qui, de son ordinateur nous a guidé mile après mile, de traversées en traversées, pour nous trouver la meilleure route et éviter le gros temps, un vrai pro de la météo. A Isabelle et Alain, qui sont venus nous rejoindre en Guadeloupe, qui ont géré notre courrier, et réglé quelques tracasseries administratives. GRACIAS, OBRIGADO, DIEURE DIEUF, THANK YOU, MERCI
FIN 2007-06-21 Liste des escalesListe des escales :
PAYS LIEU OU ILE MOUILLAGE OU PORT DUREE France Lézardrieux 1 jour Rade de Brest Moulin blanc, le fret, l’Elorn 7 jours Espagne Muros 1 Bayona 1 Portugal Viana do Castello 1 Aveiro 1 Peniche 3 Iles Berlengas 1
Portugal Madère Porto Santo 4 Madère Quinta do Lorde 1 Machico 21
Espagne Canaries Graciosa Caleta del sobo 10 Lanzarote Porto Naos 6 Arrecife 5 Playa Blanca 1 Tenerife Los Cristianos 3 La Gomera San Sebastian 7
Sénégal Dakar CVD Anse de Hann 14 Gorée 1 Siné-Saloum Djifère 1 Mar-Lodj 4 Fambine 1 Toubacouta 2 Oudérin 4 Casamance Cachouane 5 Karabane 1 Nioumoune 1ere escale 2 Ziguinchor 10 Djilapao 2 Nioumoune 2eme escale (Noel) 3
Cap Vert SAL Baia da Palmeira 4 Sao Vicente Mindelo 5
Grenada Grenade Prickly Bay 5
Carriacou Tyrrel Bay 2
Hillsborough 1
Petite Martinique Albert Bay 1
St Vincent & Petit St Vincent 2
Grenadines Union Clifton Village 1
Palm Island 1
Mayreau Saline Bay 2
Tobago Cays Petit Bateau 1
Barradal 4
Canouan Charlestown Bay 1
Bequia Port Elizabeth 3
St Vincent Wallilabou bay 1
Ste Lucia La soufriere 1
Marigot Bay 2
France Martinique Le Marin 3
Anse Chaudière (Anses d’arlets) 1
St Pierre 1
Dominica Le Roseau 1
Portsmouth 1
France Les Saintes Anse à cointe 1
Guadeloupe Pointe à Pitre la darse 1
La marina, et le pont de Gabarre 1
Deshaies 2
Anse à la Barque 1
Grande Terre, Rivière sens 4
Les Saintes Ilet Cabrit 2
Terre de haut 3
Pointe à Pitre la darse 5
Antigua & Antigua English harbour 2
Barbuda Green Island 3
Barbuda Cocoa Bay 1
Low Bay Palm Beach 2
France St Barthélémy Anse du Gouverneur 1
Anse du Colombier 4
Anse Grand Galet Gustavia 1
Hollande Sint Marteen Great Bay Philipsburg 1
Simpson Bay 1
France Saint Martin Le lagon 4
baie de Marigot 3
Anse Marcel 1
Portugal Acores Flores Lajes 4
Faial Horta 9
Terceira Angra Do Heroismo 2
Praia Da Vitoria 2
L'arrivéeMercredi 13 Juin 90M les plus long ! Une petite brise s’est levée, manque de pot, contraire à notre route. Elle nous empêche de progresser et lorsque nous avons le courant de marée contre nous, nous n’avançons qu’à 2 nd maxi. Sabeline tire des bords dans les Héaux de Bréhat, puis un long bord jusqu’au large du cap Fréhel. Il est 15h, nous serons très en retard au barrage ! Nous hissons nos 11 pavillons de courtoisie, représentant les pays visités, et bien sur à bâbord le pavillon breton. Les enfants se sont habillés, et regardent l’ordinateur : la cartographie montre Sabeline s’approcher doucement de St Malo et du Barrage de la Rance. A 16h, nous passons les Courtis, l’entrée du chenal de St Malo, nous chantons tous les quatre pour encourager notre Sabeline. Karine appelle les éclusiers du barrage de la Rance, ils nous attendent pour 19h, notre comité d’accueil aussi. A un demi-mile du barrage, nous distinguons une manifestation avec les banderoles, des coups de trompette, ce doit être pour nous, nous y répondons avec la corne de brune. Nous affalons nos voiles, et arrivons près des quais de l’écluse. Famille et amis nous accueillent. L’ambiance est à la fête, Sabeline et son équipage sont aspergés de champagne, digne du vainqueur de la course du Rhum. Après 10mn d’attente, le pont se soulève, Sabeline entre dans le sas, s’amarre près d’une échelle nous permettant d’aller embrasser notre famille et nos amis. Retrouvailles chargées d’émotions. Eclusage terminé, nous passons côté Rance, et accostons à la cale près du Barrage. Isa a prévu un pot pour tout le monde, certains visitent le bateau, d’autres trinquent à notre retour. 20h, il est temps de remonter la Rance vers Plouer, André à la barre, Thérèse, Henry et les cousins pour équipage. Nous entrons au port de Plouer, et nous nous retrouvons tous pour un bon diner en famille aux Landes, chez Michel et Monique.
Samedi 16 Juin Deux jours ont passé entre les Landes et le bateau Avel Mat de Fabien et Klervie, qui partent en voyage au mois d’aout. Les enfants sont partis chez tata. Une surprise est organisée aujourd’hui par Isabelle. Nous recevons nos invités à bord, le bateau est trop petit, et il pleut des cordes. Nous partons en fin d’après midi aux Landes ou le garage a été aménagé pour un pot de retrouvailles. Il y a beaucoup d’amis, même des personnes que nous ne connaissions pas mais qui ce sont intéressés à notre voyage. Nous les remercions beaucoup de leur accueil chaleureux. Yoan et Elodie se donnent en spectacle avec la guitare, puis nous dinons ensemble. Chacun a apporté des vivres que nous partageons.
Dimanche 17 Juin Il pleut toujours, mais rien ne nous arrête. Aujourd’hui, grillades au barbecue aux landes. Toute la famille est présente. Un premier repas de famille pour reprendre les bonnes habitudes… Il ne nous reste plus que quelques jours que nous passerons à bord au port de Plouer. Nous rendons visite à nos amis avant la prochaine traversée : reprendre possession de notre maison de Vern, et nos activités professionnelles, le 9 juillet pour moi, le premier Septembre pour Karine.
Le bilan : Pour ceux qui n’ont pas le temps de tout lire, pour ceux qui aiment les chiffres, et pour nous, voici le dernier bilan de notre belle aventure, au terme d’un an de vagabondage, de rencontres inoubliables, de paysages magnifiques, et de milliers de découvertes.
· Distance parcourue avec Sabeline : 10721 Mn soit 19855 Kms. Soit la moitié du tour de la Terre. · Nombre de journées en mer : 127 · Nombre de nuits en mer : 74 · Nombre de jours en escale : 175 (liste en bas de page) · Nombre d’iles visitées : 42 + Santa Antao Cap Vert et Pico Acores visitées en ferry · La plus longue distance de navigation : 2545 M de St Martin à Flores Acores en 22 jours.
Vous attendez une conclusion, il n’y en aura pas, c’est trop difficile de conclure une année en quelques lignes. A moins qu’on la garde pour plus tard… Nous sommes très heureux d’avoir réalisés notre rêve jusqu'au bout, de voir nos enfants enchantés de leur voyage, et d’avoir bien profités de cette année vagabonde. En relisant le début de ces carnets de bord, je réalise que chacun d’entre nous a concrétisé ce qu’il espérait dans ce voyage, sauf pour Elodie : « qui n’a pas pu donner du pain aux requins et aux baleines et qui n’a pas joué au ballon avec les singes ». Nous aurons apprécié la beauté de notre planète, espérons que nos enfants continuent à la respecter plus tard, pour que leur génération fasse mieux que la notre. Cette expérience nous aura beaucoup apporté, la richesse des rencontres, la confiance en soi, et aussi une solide union familiale au sens large. Nous sommes contents de rentrer au bercail, un peu déçu que notre aventure se termine. Un autre défi nous attend, celui de réaménager notre maison, reprendre nos jobs, continuer notre vie ordinaire, mais plus rien ne sera comme avant.
Et si on repartait ? Le programme ne manque pas : Méditerranée, Maroc, les iles des Canaries que nous n’avons pas visités, la Mauritanie, les fins fonds du Saloum, la Gambie, les Bijagos, Le brésil, le Venezuela, les iles Vierges, New-York, le St Laurent de quoi s’occuper plus d’une année ! Nous choisirions de le faire plutôt par étape de 6 ou 8 mois, en laissant le bateau en gardiennage le temps de rentrer en France à la bonne saison.
Le choix de la monture : Sabeline a été parfait, un bon bateau n’est fait que de compromis, et nous serions prêts à repartir avec Sabeline. Dériveur lesté parfait pour les bolongs, les passes, et correct pour remonter au près. La jupe pour les baignades dans les eaux turquoises et les débarquements en annexe, son roof panoramique pour voir la mer et la clarté, son gréement fractionné, qui m’a complètement convaincu de l’intérêt du ketch. Certes, j’y ai beaucoup bricolé, mais ça aurait été pareil avec un voilier neuf !
Et L’équipage : On va se poser un peu, nous attendrons que les enfants soient plus autonomes, mais nous rêvons déjà d’horizons lointains, et ce sera désormais difficile pour nous de se contenter de vacances banales au « camping de la plage » A suivre…
Traversée Acores - St MaloPour vous faire partager nos vacations quotidiennes avec la terre, voici les mails que nous échangeons lors de cette dernière traversée.
Samedi 2 Juin Position SABELINE 38°47 N 26°51W 10M parcourus Bonjour Jean, Première vacation, à 10M de Praia, Marina que je te conseille si tu vas aux Acores cet été. Conditions actuelles : Ciel couvert alto stratus et strato-cumulus, 1022 HP en hausse Vent NE 10nd, Nous sommes Bâbord amure au près mais très cool. Cap au 70° Il ne nous reste plus que 1240 M pour revoir ST MALO !
Dimanche 3 Juin Position SABELINE à 17hTU : 40°03 N 25°18W 110M Tout va bien à bord Nous fêtons la fête des Mères et notre Anniversaire de mariage ! Conditions actuelles : Ciel bleu, quelques petits cumulus 1024 HP stable Depuis notre départ, au près cap 30° appuyé au moteur Ce matin arrêt moteur à 10 H, Route au 52 TB amure au près vent ESE 10 à 13 nd, semble virer au SE Il ne nous reste plus que 1136 M pour revoir ST MALO !
Jean : Bravo pour ce départ, le vent va adonner petit à petit les jours prochains, et venir du Sud-est, 10 nd, c’est cool, je la sens bien cette traversée. Mettre un peu de nord dans la route, et rester au large du Cap Finistère. 44N 15W pour le 9 Juin 00H TU
Michel et Monique : Bon anniversaire de mariage, vous vous en souviendrez, ce n’est pas banal !
Lundi 4 Juin Position SABELINE à 17hTU : 41°42°N 22°35 W 158 M !! Tout va bien à bord Sabeline est pressé de rentrer à l'écurie, difficile de retenir ses rênes. Conditions actuelles : Ciel très couvert, petites averses, probablement un front froid, 1021 HP en baisse Route au 52 TB amure au travers, vent SE 15 18 nd comme tu as prévu Jean, bravo Nous risquons d'être un peu en avance ou plus au nord que ton rencard Fixé le 9 juin au 44N 15W, j'espère que cette fois, tu y seras ! Il ne nous reste plus que 978 M pour revoir ST MALO !
Jean : Une dépression sur les Acores vous donnera du vent portant, j’espère jusqu’au bout. Mets plutôt de l’est que du nord, pour continuer avec ce vent. Le passage du Cap Finistère ne posera pas de problème avec ce vent. Si tu es en avance tant mieux, un 44N 12W le 10/06 à 00H TU Je rêve de venir vous accueillir en manche en Figaro, je suis fier de vous, vous faites un trip exceptionnel, c’est remarquable !
Sabeline : ton SMS nous fait vraiment plaisir. C’est vrai que ce serait génial de se retrouver Bord à bord pour les derniers miles. Merci de ta présence chaleureuse lors de nos traversées, c'est rassurant. Sur terre ou sur mer, nous avons hâte de te revoir.
tenant compte du WP 44N 12W, je fait cap au 70°, mais à cette vitesse j'y serais avant le 10 Juin ! Faut-il lever le pied ? Encore bravo pour tes prévisions très justes !
Mardi 5 Juin Position SABELINE à 17hTU : 42°36N 19°18 W 157 M ! Tout va bien à bord Conditions actuelles : Ciel couvert, alto stratus, 1017 HP en baisse Route au 70° Tribord amure au près bon plein, vent SE 15 -18 nd au pifomètre. (Notre anémomètre ne fonctionne plus, le câble du capteur a été abimé au pied du grand mat, j’attends des vents portants pour aller réparer. Actuellement, il faudrait y aller en scaphandrier !) Voilure : Génois 50%, trinquette, GV 2ris, Artimon 1ris Il fait très froid, 18°C la nuit dans le bateau, y-aurait-il des icebergs en Bretagne ? Ce matin Karine entend des couinements de sa cabine arrière, rien du coté de l’arbre d’hélice, en sortant dehors, nous comprenons que ces cris proviennent d’un groupe de globicéphales qui nous suivait. il ne nous reste plus que 828 M pour revoir ST MALO !
Position à midi TU pour Mamaso : 42°25N 20°W
Isabelle : Nouvelles d’Izé ; toujours à Horta : mauvais temps depuis quelques jours. Le roi Arthur a fait demi tour après 9 jours de traversée depuis ST Martin 18 jours de nav pour rien ! Du CNED pour Elodie : Félicitation tu es admise en CE1, tu as bien travaillé, continue.
Jean : Le vent portant est à l’Est et vous devriez le toucher le 7 ou le 8. Pas trop de nord dans la route. C’est bien continuez comme ça. 23°C ici.
Mercredi 6 Juin SABELINE à 17hTU : 43°19N 17°12W 108 M Tout va bien à bord Conditions actuelles : Ciel couvert, alto stratus, crachin 1010 HP dégringole, comme le moral du capitaine ! Route au 30° tribord amure au près, vent ENE 12 -15 nd au pifomètre. Voilure : Génois 60%, trinquette, GV 2ris, Artimon 1ris Le vent a tourné progressivement au ENE, tu nous demandes de faire de l’est mais soit je fais un cap au 30° (vers Dublin) soit cap au 130° (vers Lisbonne). Pour l’instant on tire des bords. Tu conseilles quoi Jean ? Si on va à l’est pour chercher des vents portants, seront-ils encore là lorsque nous serons 44N 12W ? Que faut-il faire pour éviter la dépression actuellement à l’est des Acores ? Elle se creuse, le bulletin RFI n’est pas rassurant. Le capteur de l’anémomètre est bloqué à cause de l’antenne VHF pliée, j’ai tenté de monter au mat mais rien qu’aux barres de flèche ça bouge trop. Il ne nous reste plus que 728 M pour revoir ST MALO !
Jean : Pas de soucis avec la dépression, elle s’en va. C’est plus confort sur l’autre bord. Vire et reprend le moral, c’est fini demain vers 16h.
Alain : Je vois que vous avez des difficultés avec le matériel, Milles sabord, capitaine tient bon, tu es presque arrivé, comme dit ta maman, quand on veut, on peut. Gardes moral. Marie Claude et Yves ont une pensée pour vous. En ce qui nous concerne, tous au lit la semaine est chargée.
Jeudi 7 Juin SABELINE à 17hTU : 43°58N 16°07W 92 M Tout va bien à bord Quelle idée d’habiter si au nord, on était bien mieux sous les tropiques ! Ici il fait froid, gris et humide. Le moral du capitaine remonte, Sabeline est sur la bonne voie ! Conditions actuelles : Ciel couvert, alto stratus, 1007 HP en hausse. (1006 cette nuit), Route au 60° vers Belle Ile, tribord amure au près bon plein, vent ESE 12 -15 nd au pifomètre. Voilure : Génois 60%, trinquette, GV, Artimon Je pense garder ce cap un bon moment, car nous aurons plutôt des vents d’est dans le Golfe, qu’en dis-tu Jean ? Cette nuit et ce matin nous avons tiré des bords au ralenti, sous toilé car le vent était instable en direction et en force. Jean, tu es quelqu’un de vraiment ponctuel, ce n’est que depuis 16hTU que nous avons des vents favorables, chapeau ! Il ne nous reste plus que 668 M pour revoir ST MALO ! (Nous n’avons progressé que de 60 M)
Jean : désolé de vous savoir dans de mauvaises conditions. Le vent portant devrait vous rejoindre et vous apaiser. Le golfe va être bien gentil avec vous, travers tribord amure puis portant à confirmer. Bon courage le plus dur est fait, pense bien à vous Jean.
Isabelle : Manu vient d’arriver à Locmiquelic. L’arrivée n’a pas été glorieuse. Après 7 jours de très bon vent et de moyenne de 140M par jour, il a fait tout le golfe au moteur (72h). En effet, nous avions du vent de nord, pile poil dans le nez. Conclusion : Sabeline doit faire du nord, mais pas tenter de faire route directe.
Morgane : C’est ma communion dimanche et je suis triste que vous ne soyez pas là. Je suis pressée de vous revoir. Gros bisous.
Alain : Je suis content que le moral du capitaine va mieux. Chez nous, on prépare la communion à Morgane.
Monique et Michel : retour au bercail difficile mais vous tenez le bon bout. Courage plus que quelques jours. Bonne nouvelle d’isabelle au sujet d’Elodie, elle passe en CE1. Gros bisous à tous.
Vendredi 8 Juin SABELINE à 17hTU : 44°35N 13°37W 114 M Tout va bien à bord Conditions actuelles : Ciel bleu, soleil, enfin. alto cumulus et cirrus, 1013 HP en hausse. Route au 60° vers Belle Ile, tribord amure au près bon plein, vent ESE 8 -12 nd au pifomètre. Voilure : Génois 100%, trinquette, GV, Artimon Je pense garder ce cap un bon moment, car nous aurons plutôt des vents d’est dans le Golfe, qu’en dis-tu Jean ? Passes un bon WE ! ne t’embêtes pas à consulter la météo ce WE, on va se débrouiller, encore Merci !
Il ne nous reste plus que 558 M pour revoir ST MALO !
Jean : je confirme que le vent portant est à l’Est. Tu peux faire du 130 un moment pour aller chercher ce vent de Sud. Tu reprends la route en suite.
Isabelle : bonsoir, les milles diminuent pour voir ST MALO. Tout le monde est en effervescence pour vous revoir. Il fait super beau, j’espère que ça va continuer
Alain : Nous travaillons mercredi mais si vous arrivez ce jour là, ce n’est pas grave, on va bien se libérer car les parents, de chaque côté ont hâte de vous serez dans leurs bras.
Samedi 9 Juin SABELINE à 17hTU : 45°23 N 11°27 W 104 M Nous sommes 630 Km au sud Ouest de Brest, on n’a jamais été si près ! Sabeline prend son temps avec un vent modéré. Il nous fait apprécier les derniers moments de navigation. Tout va bien à bord Conditions actuelles : soleil, légèrement brumeux, 1011 HP en légère baisse. Route au 65° vers Lorient, tribord amure au près bon plein, vent ESE 8 -12 nd au pifomètre. Voilure : Génois 100%, trinquette, GV, Artimon Je pense prendre un cap sur Ouessant bientôt. Le près est très confortable car la mer est belle. Si ça se termine comme ça, ce sera du gâteau !
Il ne nous reste plus que 456 M pour revoir ST MALO !
Michel et Monique : merci pour les cartes pour la fête des mères de Monique et Thérèse. Je crois que ça va bien pour vous ? Attention à l’euphorie de l’arrivée. Continuez à être prudents. Bisous
Jean : les conditions vont être top pour vous avec un vent de Sud qui peut se renforcer un peu. Ensuite un peu pétoleux mais pas longtemps et toujours portant donc tranquille. Je pense bien à vous, attention au trafic maritime qui va augmenter.
Dimanche 10 Juin SABELINE à 17hTU : 46°32 N 8°52W 128 M On vous amène l’anticyclone des Acores, il va faire beau ! Tout va bien à bord Conditions actuelles : soleil, 1013 HP en légère hausse. Route au 52° vers Ouessant, tribord amure au travers, vent SE 8 -10 nd au pifomètre. Voilure : Génois 100%, trinquette, GV, Artimon près confortable, mer belle. Il ne nous reste plus que 330 M pour revoir ST MALO !
Anniversaire Isabelle et communion Morgane
Michel et Monique : très beau temps ce matin pour la communion de Morgane. Jolie cérémonie et communiante. Nous avons participé avec plaisir. Nous partons demain sur Plouër pour vous attendre. Bisous.
Emmanuel – Lady Quattro : je pense à vous et espère être à l’écluse pour votre arrivée. Profitez bien de ces derniers moments de grande liberté.
Lundi 11 juin SABELINE à 17hTU : 47°44 N 6°29 W 121 M A 68 M au sud ouest d’Ouessant Tout va bien à bord Conditions actuelles : Ciel couvert nuages bas, 1015 HP stable. Soleil depuis 1 heure Route au 49° vers Ouessant, tribord amure la nuit dernière au près et maintenant au largue, vent SE 8 -10 nd au pifomètre. Vire doucement au SW. Voilure : Génois 100%, trinquette, GV, Artimon mer belle. Gros brouillard cette nuit et ce matin. Heureusement radar fonctionne bien, il y a beaucoup de cargos. Nous sommes sur le plateau continental, les fonds sont passés de 3000m à 130m très rapidement. Nous avons recueilli une hirondelle que Dakar a attrapée. Il ne nous reste plus que 209 M pour revoir ST MALO ! Nous arriverons Mercredi dans l’après midi, ou en soirée.
Bonjour à tous, Sabeline approche des cotes bretonnes. Nous sommes au large d’Ouessant et nous pensons arriver au barrage de la Rance mercredi dans l'après midi ou en soirée.
Mardi 12 juin SABELINE à 17hTU : 48°48N 3°58W 121 M Bonjour Jean, Nous sommes au nord de Batz et tout va bien à bord. Nous avons franchi le passage du Fromveur entre Ouessant et Molène ce matin. Nous avons rejoint le chenal du four et nous avons fermé la boucle de notre tour de l'Atlantique. Il n'y a aucun vent et nous sommes au moteur, dommage. Nous arriverons au barrage de la Rance, mercredi 13 juin à l'écluse de 15H00 si Tout va bien. à très bientôt Elodie, Yoan, Karine et jean Michel la suite au dernier carnet de bord : l’arrivée.
2007-06-02 TerceiraMercredi 30 mai Nous profitons d’internet dans les bureaux de la marina. L’après midi nous nous promenons dans les rues et le jardin public d’Angra. Les bâtiments sont très colorés, les places très agréables et le jardin exhibe des espèces subtropicales. Nous visitons la cathédrale et nous retournons vers le port. Les enfants profitent de fêter l’anniversaire de Karine, ils ont préparé quelques petits cadeaux, et surtout un gâteau avec des bougies.
Jeudi 31 mai Nous quittons le port D’ANGRA DO HEROISMO, en début d’après midi. Un coup de vent est annoncé, mais nous n’avons que 12 M à faire pour contourner l’ile de Terceira, pour nous abriter dans la marina de PRAIA DA VITORIA. Nous arrivons vers 16H30, et nous sommes accueillis par MAMASO. Nous prenons place au ponton en marche arrière pour avoir le nez au vent. Dans la nuit le vent se met à souffler à 30-35 nd, rafales à 50 nd.
Vendredi 1er mai Le vent souffle toute la journée. Karine va faire des courses avec Véronique qui a loué une voiture, pendant que je m’occupe de SARAVAH, le bateau de Jacky et Josie, que nous avions rencontré à madère. Ils l’ont laissé ici en hivernage, et il y a quelques travaux à faire avant de le remettre à l’eau. Je me ballade sur la colline d’à coté pour admirer la vue.
Samedi 2 mai Nous avons longuement étudié la météo avec Jean. Elle est très capricieuse et imprévisible en ce moment, mais il semble qu’une petite fenêtre s’ouvre pour nous. Nous partons donc aujourd’hui de cette petite marina très sympa, internet dans le bateau gratuit, les services pas chers du tout, et l’équipe très accueillante. Il est 14H, nous quittons la marina, pour 1300 M, soit 13 jours environ, pour revoir les feux de St Malo ! A bientôt sur notre chère terre bretonne !
2007-05-31 Faial et PicoDimanche 20 Mai FAIAL Nous laissons les enfants à bord, et partons faire un peu d’internet. Le cybercafé est fermé et le réseau Wifi n’est pas bon. Nous rencontrons manu, il nous fait visiter la rue principale de l’ile. Il nous offre un café chez Peter, le Café Sport, incontournable rendez vous de tous les marins. Le plafond et les murs sont ornés de pavillons nationaux dédicacés. L’après midi, les enfants jouent dans le bateau voisin KHEPRI, une famille Irlandaise, dont le fils Dannacka, a le même âge que Yoan. Nous discutons dans un parfait franglais avec la maman. Ils ont hiverné aux Canaries, et ont rencontré aussi Kathy et Stéphane de FLYER II. Manu vient nous débaucher pour faire une balade à pied. Nous marchons vers la vieille ville, longeons une plage dans la crique bien abritée de Porto Pim, et montons au sommet du Monte da Guia. Les maisons blanches, toits rouges, roches noires ou ocres, champs bien verts, le paysage est très coloré. Tout en haut il y a une petite chapelle, de l’autre coté, la vue plonge sur un cratère bien rond, ouvert sur la mer, formant un bon abri. Ce soir nous sommes invités pour l’apéro sur Lady Quattro, avec d’autres bretons, SALTIMBANQUE, Jérome et Céline, deux jeunes baroudeurs avec qui nous évoquons des souvenirs de Casamance, et des équipages que nous y avons rencontré. Séquence émotion avec Elodie et Yoan, qui ont interprété spontanément une petite chanson, composée en douce dans la cabine arrière. Elodie arrive dans le carré, un tube d’aspirine en main en guise de micro, Yoan avec la guitare de Victor :
« Mesdames et messieurs, nous allons vous chanter une chanson, merci d’accueillir le guitariste Yoan : Si t’as envie de partir en voyage, Si t’as envie de faire le tour du monde, Faudra le dire à papa et maman, Comme ça tu pourras naviguer sur l’eau, Tu iras en Afrique et aux Antilles, Tu verras plein d’animaux, Tu travailleras avec le CNED, Si tu as envie de parler aux gens, Il faudra parler en anglais. »
Accompagné par la gratte discrète et rythmée de Yoan.
Nous sommes très émus et fiers de nos enfants, le thème du voyage est bien choisi, en ce lieu magique et plein de retrouvailles.
Nous sommes allés tous ensemble dans un snack pour diner.
Lundi 21 Mai Au boulot maintenant, grand nettoyage des fonds pour moi, courses, lessive et internet pour Karine. Manu et Victor arrivent encore pile à l’heure de l’apéro. Yoan et Elodie pèchent avec Dannacka, et nous ne les voyons pas de la journée.
Mardi 22 au jeudi 24 mai Le vent souffle fort sur Faial, 30 à 40nd, il fait très frais. Nous ne sortons pas beaucoup et restons enfermés dans le bateau. J’ai pas mal de bricoles à faire, l’entretien du moteur, la lubrification des winchs, mais ça n’avance pas bien vite, nous avons souvent de la visite. Alain sur son bateau Izé arrive de Florès dont le port était intenable, il mouille dans l’avant port car la capitainerie refuse toute manœuvre dans la marina. Les bateaux ne sortent plus, les plus téméraires qui osent sortir, reviennent. Nous avons eu de la chance de pouvoir visiter Flores, et d’avoir une place à Horta. Maintenant il n’y en a plus. Jérôme et Céline viennent prendre l’apéro à bord. Le soir suivant, nous dinons au restaurant.
Vendredi 25 mai 10h, nous sommes sur la route de la Caldeira, immense et profond cratère au centre de l’ile. Nous partageons avec Jérôme et Céline, la Corsa que nous avons loué à Horta. Une piste de terre rouge monte vers le sommet. Malheureusement, bien que les conditions se soient bien améliorées par rapport aux jours précédents, les nuages masquent partiellement le fond de la caldeira. Nous redescendons vers L’ouest et déjeunons dans le restaurant du golf à CAPELO. Ensuite nous traversons la zone de la dernière éruption de 1958, CAPELINHOS, on se croirait sur la lune, seuls quelques bambous ont repoussé sur ces tonnes de cendres qui volent au vent. Le ruissellement de la pluie a creusé des petites vallées que les enfants dégringolent. Au milieu, un grand phare, qui avant l’éruption était au bord de l’eau. Maintenant une nouvelle montagne masque le phare de la mer. Un petit port a été aménagé, profitant des récifs formés par la lave. Nous visitons quelques villages au nord de l’ile. A RIBEIRA DAS CABRAS, il y a un autre petit port au bout d’une longue descente. Quelques barques de pécheurs attendent de meilleures conditions. Comme sur les autres petits ports, elles sont tirées au sec après chaque sortie. On ne rigole pas ici, la mer est souvent déchainée, les vents ne sont pas constants. Nous arrivons sur le coté Est de l’ile. A Porto da Praia, la vue sur le sommet de l’ile PICO est magnifique. Le PICO culmine à 2350m, et dépasse au dessus de quelques petits nuages. Tout au long de la balade, nous avons remarqué plein de petits coins pique-nique biens aménagés, avec des barbecues en pierre. Du promontoire qui surplombe Horta, nous apercevons toute la Baie. De l’autre coté, les collines sont couvertes de champs bien verts, séparés par des Hortensias, malheureusement pas encore en fleurs. Le long du front de mer nous nous arrêtons devant le trimaran Jean Stalaven, qui s’est retourné lors la dernière course du Rhum et se baladait à la dérive. Il a été retrouvé par un cargo à 150 miles et pris en remorque. Nous profitons de la voiture pour aller faire des courses, nous laissons les enfants en garde, et emmenons Alain avec nous. Au retour, c’est l’entre-aide, en 2 tours mais beaucoup de mains, nos 23 packs d’eau et tous nos sacs de courses se retrouvent à bord, bien rangés. Ce soir, Renan fête son anniversaire. On se retrouve à 18 plus les enfants à bord de Kazou. Nous rencontrons Laurent et Nathalie, des malouins en voyage sur « Coup de Soleil », un Santorin. C’est leur deuxième voyage. Nous échangeons beaucoup de petits bonheurs. L’apéro se termine dans le cockpit, bercés par les chansons de Victor, qu’il a lui même composées, accompagnées à la guitare. Nous avons tous chanté à tour de rôle, et vers 2H30, nous sommes allés nous coucher, sans diner.
Samedi 26 mai Je suis suffisamment en forme ce matin pour monter dans le mat, poser une nouvelle antenne BLU, et vérifier l’haubanage. Elodie s’occupe toute seule sur le ponton. Elle pèche plusieurs poissons pour Dakar, tandis que Yoan joue avec les copains. Pascale les emmène à la plage de Porto Pim. Plus tard, nous trouvons un petit coin à gauche du bar de la marina pour laisser une trace du passage de Sabeline à Horta : Je dessine notre logo contre le mur de la jetée, comme l’exige la tradition. Karine pianote, assise sur la jetée, pour capter un réseau wifi. Manu nous invite à son bord pour fêter la naissance de son premier petit fils. Nous retrouvons Coup de Soleil et Madéo.
Dimanche 27 mai Levés de bonne heure, nous prenons le petit ferry pour l’ile de PICO, à 5 M. les plus sportifs, Manu, Renan, Sandra, Laurent et Nathalie prennent aussi le ferry pour monter au sommet du Pico (2351m). Il fait très beau, et la vue sur Horta est magnifique. À l’arrivée, je débarque le premier pour trouver une voiture de location. Il y a 3 loueurs, le premier n’a plus de véhicule disponible, le 2eme est fermé, c’est dimanche, le troisième m’attribue sa dernière voiture. Je retrouve Karine que j’avais abandonnée près du port de MADALENA. Nous suivons la route des crêtes qui monte et s’enfonce dans les nuages, nous croisons un convoi de vaches avec leurs veaux. Nous redescendons vers la cote nord de l’ile à SAO ROQUE, et empruntons la route côtière vers l’est qui traverse les petits villages. Vers chaque église, une procession de fidèles bien endimanchés marche, suivi de la fanfare locale. A Santa Amaro, le musée maritime en face du petit port, aurait pu être intéressant, mais « fechado » ! Nous trouvons un snack pour se restaurer à PIEDADE, à l’extrémité Est de L’ile. Ensuite, nous arrivons au musée de la pèche à la baleine de LAJES. Il a de beaux objets et outils taillés dans des os de baleines, une baleinière, longue barque à rame et à la voile armée de longs harpons. Nous visionnons un film sur le déroulement de la chasse. Le repérage à partir d’une tourelle d’observation à terre, l’alerte, la mise au l’eau des baleinières, remorquées par une chaloupe à moteur sur le lieu de pèche. Les hommes lancent à la main plusieurs harpons sur l’animal jusqu’à l’agonie dans une mer rouge sang, quelques fois, les baleinières sont renversés par un coup de queue. Nous réalisons que les mammifères croisés lors de notre dernière traversée, que nous avions pris pour des orques, étaient bien des cachalots. Nous discutons longuement avec la guide qui parle français, puis nous entrons dans les boutiques pour faire quelques achats vestimentaires. C’est vraiment pas cher ici. L’heure file et le ferry repart pour Faial à 18h, nous traversons l’ile vers la cote Nord, et rejoignons MADALENA à travers les vignes, en passant par LAJEDO, où une coulée de lave rencontre la mer dans un tumulte de roche noire, des grottes, des voutes… Le temps de faire le plein, rendre la voiture, j’ai bien faillit rater le bateau. De retour à Horta, le temps d’une douche sur Sabeline et nous montons à bord de Coup de Soleil, le Santorin de Laurent et Nathalie. Après l’apéro, Manu propose de continuer la soirée chez Peter, pour déguster les fameuses brochettes. Comme pascale et Renan, nous installons nos enfants devant un DVD, et allons profiter entre adultes. Il y a la queue sur le trottoir pour attendre une table, par chance nous nous attablons rapidement. Il y a beaucoup d’ambiance. Les brochettes sont servies sur un support vertical au dessus de l’assiette. C’est délicieux, comme ce dernier bon moment que nous passons ensemble. Après quelques tournées, nous rentrons à bord.
Lundi 28 mai 10h, Kazou, suivi de Lady Quattro quittent le port, Saltimbanque largue les amarres peu après. C’est le dernier départ, celui pour la dernière traversée pour la Bretagne. L’émotion est forte. Nous les saluons comme il se doit. Nous hésitons à partir nous aussi mais Jean nous conseille d’attendre encore quelques jours, les conditions sont actuellement très mauvaises en France. Dans l’après midi, nous partons en balade dans les rues d’Horta. Visite de la boutique de Peter Café Sport, puis visite d’une ancienne usine de transformation de baleine dans l’anse de Porto Pim. Il y a des grandes chaudières, des machines, pour fabriquer des farines et de l’huile. Cette industrie s’est éteinte vers 1985. De retour à bord, Laurent et Nathalie sont déjà là, pour voir nos photos de la Casamance autour d’un petit verre comme d’habitude, mais je vais d’abord faire un peu d’internet sur la jetée, formalités oblige.
Mardi 29 mai 7h, nous sommes encore au lit, il pleut dehors. Avec un peu de courage, nous appareillons, le ponton est bien calme, nous n’aurons pas droit à l’ambiance folklorique des jours de départ. Nous quittons ce mythique port d’HORTA, avec son ambiance bien caractéristique des bateaux de voyage, qui ont accompli un beau périple, et qui rentrent sur l’Europe. Les équipages, se retrouvent et se disent adieu. Nous veillons à tour de rôle sous la pluie. Vers 10h, un beau soleil nous accompagne le long de la cote de PICO. Plus tard, nous sommes à coté de SAO JORGE, j’aperçois de belles chutes d’eau dégringolant dans l’océan. Le port n’est pas bien abrité alors nous continuons vers Terceira. Déventés par l’ile, nous avons démarré le moteur, mais il fait un bruit, nécessitant un peu de bricolage pour remplacer une courroie. Nous arrivons à ANGRA DO HEROISMO vers 19H, nous accostons au ponton d’accueil après avoir signalé notre arrivée à la VHF. Nous sommes accueilli comme des rois, il n’y a pas beaucoup de bateaux de voyage par ici. La marina est très classe, possibilité internet, Jacuzzi etc… Flores - AcoresJeudi 17 mai FLORES L’archipel des Acores est composé de 9 iles, 2 à l’ouest FLORES et la petite CORVO, 5 au centre, FAIAL, PICO, SAO JORGE, GRACIOSA et TERCEIRA, les deux dernières au Sud Est SAO MIGUEL et SANTA MARIA. Les distances sont assez grandes entre chaque ile. 2 jours pépères sont passés, occupés par un peu d’école, visite du village de LAJES, apéro avec Etienne et Véro du catamaran MAMASO arrivé 12 heures après nous. Les accès à Internet ici sont limités aux heures d’ouverture de la bibliothèque, mais celui qui s’en occupe n’est pas souvent là. Le village et le port sont très propres. Les maisons aux tuiles rouges se détachent parmi les roches et la grisaille, les habitants sont très sympas et serviables. Un papy nous propose 4 places dans sa voiture pour monter au village. Aujourd’hui nous louons une voiture chez Paula, son propre véhicule, une vielle Toyota bleue ciel. Le temps est redevenu très gris, avec quelques averses. Nous Longeons la cote Est jusqu’à SANTA CRUZ, la ville principale. Nous visitons d’abord le petit port, il y a très peu de place et les bateaux sont tous halés sur le quai. Nous roulons dans les petites ruelles, la pluie s’arrête enfin. Nous continuons la route vers le Nord, qui longe la cote escarpée. Les enfants ramassent des fleurs à chaque arrêt, il y a aussi des chèvres, des moutons, des chevaux, des lapins… Nous arrivons à PONTA DELGADA, un village très isolé. Nous déjeunons dans l’unique restaurant. Plat de fruit de mer en entrée, ragout de mouton très bon et copieux, cela compense le manque de choix sur la carte. Nous reprenons la voiture pour suivre une piste de terre rouge, volcanique, qui monte vers les anciens volcans de l’ile. La voiture est un peu trop surbaissée pour ce parcours et nous raclons le fond plusieurs fois. Nous jouons à une bataille de mousse, épaisse de 30cm, qui recouvre les parois humides. Bien que nous ne croisions personne par ici, une Jeep arrive, ce sont des gardes forestiers. Ils nous reprochent gentiment de prélever cette mousse, c’est une espèce protégée. Notre piste serpente entre les lacs profonds, des anciens cratères parfaitement circulaires pour l’un d’entre eux. Nous parcourons la cote Ouest, plus ensoleillée. De FAJA GRANDE au nord jusqu’à LAJEDO au sud, il y a quelques belles chutes d’eau. LAJEDO, est un petit village coincé entre les crêtes et la mer. On se demande comment vivent les habitants ici, il n’y a même pas de voiture. Ils doivent vivre en autarcie totale. Nous rentrons à bord, un autre bateau a mouillé à coté de nous, un Ovni 39 mené par Erick. Il part pour le Groenland. Nous lui filons quelques tuyaux et le débarquons avec notre annexe, il est attendu par l’officier de la GNR.
Vendredi 18 mai Erick nous invite pour prendre un verre à son bord. Nous faisons connaissance. C’est un bon marin qui a pas mal bourlingué autour du monde. Il est accompagné par Thomas, son équipier qui débute. A 14H30, de retour sur Sabeline, nous quittons aussitôt le port, en route vers l’ile de FAIAL, une traversée d’une journée 135 M. dès que nous quittons la zone abritée de l’ile, nous trouvons un bon vent de 15 nd mais pas dans le bon sens, nous sommes encore au près !
Samedi 19 mai Le près se transforme en largue puis portant en fin de parcours. Nous suivons la cote sud de FAIAL dans l’après midi, L’ouest de l’ile est très aride, témoignant de la dernière éruption de 1958. L’ile s’est agrandie par un promontoire de 160m de cendres et de roches volcaniques. En arrivant près d’HORTA, la ville principale, nous contournons le Monte Da Guia et remontons le dernier mile au moteur contre un vent fort, accéléré entre les deux iles de FAIAL et PICO. Nous arrivons près du ponton d’accueil, et nous reconnaissons tout de suite Emmanuel qui nous fait des grands signes. Nous accostons à couple d’un grand voilier pour faire les formalités et le plein de gasoil. Nous prenons place au ponton B à coté de KAZOU. Nous prenons un pot à bord de Sabeline avec Manu et Victor. 2007-05-21 La traversée Antilles - AcoresVendredi 20 avril Nous ne partons pas aujourd’hui, c’est un vendredi, et comme chacun sait, on ne prend pas la mer un vendredi. De toute façon, il nous reste encore plein de choses à faire : Aller chercher une bouteille de gaz, passer à la poste pour envoyer nos dernières évaluations du CNED, transformer notre maison flottante en navire hauturier, presque en sous-marin, et profiter de notre forfait internet au chantier GEMIGA, pendant que la lessive tourne à coté. Le chantier naval a aménagé un bar-billard-bibliothèque et un coin laverie, pour les navigateurs qui ce sont installés ici. Nous franchissons une troisième et dernière fois le pont de Sandy Ground, et allons mouiller près de la marina. A peine ancré, une annexe arrive en vitesse, c’est Alain. Il nous a reconnu et vient nous saluer. Nous discutons longuement, jusqu’à l’heure de l’apéro, puis nous partons en ville ensemble pour diner « Au Village ». Toujours aussi bon, nous passons une bonne soirée, en évoquant bien sur nos souvenirs de Casamance.
Samedi 21 Avril C’est le jour du départ, mais j’ai encore quelques étanchéités autour des hublots à refaire, ensuite nous avions promis d’aller voir des photos de la Casamance sur Ysé, le Via 36 d’Alain. Vers 13h, nous passons dire au revoir à Yolande et Francis, sur le Roi Arthur. Il y a un ami canadien, et nous bavardons beaucoup. Nous rentrons sur Sabeline, les enfants se baignent longuement pour profiter de l’eau à 29° et l’air à 30° (nuageux aujourd’hui). Le temps de casser une croute, dégonfler et nettoyer l’annexe, il est 17h lorsque nous quittons la baie de Marigot, salués par le roi Arthur. Nous partons pour une navigation de 2100 M en route directe (orthodromique), mais nous en ferons beaucoup plus pour aller chercher des vents favorables. Pendant une vingtaine de jours, nous ne verrons que la mer et le ciel. Nous sommes accompagnés lors de nos premiers miles par un faible vent portant, et surtout des gros nuages noirs. Ils se transforment vite en orage. Les éclairs sont impressionnants et plongent dans la mer. Tout d’un coup j’aperçois une tornade se former, nous roulons rapidement le génois, affalons l’artimon et débranchons toute l’instrumentation. Les éclairs se font de plus en plus menaçants, et suivent notre trajectoire, je décide, comme la terre est encore très proche, de ne courir aucun risque en s’abritant à l’anse Marcel, au nord de St Martin. Nous serons prêt pour partir demain matin, et nous profitons même d’un réseau Wifi.
Dimanche 22 Avril A Midi nous levons l’ancre, et nous bénéficions d’un bon vent, de sud est, mais il ne dure pas longtemps. L’alternateur d’arbre ne fonctionne plus, le régulateur est HS. Tant pis, nous nous en passerons, pour l’instant le moteur assure la production d’électricité. Le début de la nuit est assez pénible, il y a des éclairs partout, et nous slalomons entre les masses sombre des nuages, tantôt vers le nord, tantôt vers l’est, mais toujours au près, aidé du moteur. Un oiseau de mer épuisé, genre frégate se pose sur un pare-battage et nous accompagne une bonne partie de la nuit. Dakar en est tout retourné, il se venge sur les poissons volants, qu’il va chercher sur le pont, avant qu’on s’en aperçoive. 10 miles parcourus, à l’heure de la vacation, (20H heure française).
Lundi 23 avril C’est l’anniversaire de Karine, les conditions n’ont pas changé, à la remise des cadeaux, il faut même prendre un ris, une petite tornade se forme et nous envoie du 20 nd. Jean nous conseille de faire du nord, Nous hissons la trinquette et montons vers le Nord Ouest, direction New-York, à 60° du vent, Sabeline ne tape pas trop et c’est plus confortable pour nous. Je trouve une solution pour utiliser l’alternateur d’arbre, mais sous surveillance. 87 M parcourus
Mardi 24 Avril Nous perdons de l’est et le moral avec, on s’éloigne des Acores, mais Jean insiste, alors nous continuons, le vent monte à 25 nds. Heureusement nous dormons bien et nous supportons bien les conditions. Les gros nuages se dissipent, le baro remonte, comme l’avait prévu Jean. 102 M Parcourus
mercredi 25 avril Le moral remonte, le vent faiblit à peine mais il y a du soleil, c’est déjà ça. L’équipage a trouvé son rythme, les quarts s’organisent. Les repas sont vite préparés, car il est difficile de rester debout dans le carré. 110 M parcourus
Jeudi 26 avril Maintenant le vent nous permet de faire du plein nord. Ce n’est pas la route directe, mais au moins, nous ne nous éloignons plus de notre but. Message rassurant de Jean : « Un front va passer à 1025, tu tournes à droite, fini la galère, la mer se calme, tu es sur la bordure Est de l’anticyclone, c’est gagné pour les Acores » Vite dit ! Le soir le vent monte encore, nous conservons toujours la trinquette, la GV 2 ris, et en fonction du vent, envoyons un bout de génois et l’artimon 1 ris. Ainsi, le bateau reste très bien équilibré, les manœuvres de réduction de voilure sont aisées, et comme le centre de propulsion des voiles est bas, le bateau gite relativement peu (15° en moyenne). 124 M parcourus
Vendredi 27 Avril Nous continuons toujours notre route au nord, cap sur les Bermudes, c’est déjà mieux que New-York. Sabeline avance bien au près, mais il faut parfois réduire la vitesse pour ne pas taper sur les vagues, certaines explosent sur le flanc tribord de la coque, fait trembler tout le bateau, comme deux TGV qui se croissent dans un tunnel, copieusement arrosé lorsque les gerbes d’eau retombent sur le pont. 132 M parcourus
Samedi 28 Avril Nous sommes arrivés 170 M aux sud des Bermudes, encore plus à l’ouest que St Martin mais le vent tourne au sud est et nous prenons à droite au premier rond point. Il y avait une pizzeria, mais c’était fermé. Sabeline se retrouve avec le vent de travers et file à 7 nds. 109 M parcourus
dimanche 29 avril Nous avançons notre heure locale d’une heure, pour s’habituer progressivement à l’heure des Acores (+4h). Sabeline a bien avancé, battant son record de vitesse en 24 h. Jean nous demande de suivre l’isobare 1020, donc une route vers l’est. 147 M Parcourus Lundi 30 avril Les jours ne se ressemblent pas. Quelques orages obligent Karine à faire plusieurs manœuvres pendant son quart. L’après midi, le vent ne suffit plus pour pousser Sabeline, nous démarrons le moteur. Jean nous annonce une dépression fin de semaine, il ne faut pas dépasser le 31°N. 112 M Parcourus
Mardi 1er Mai Je réveille Karine à 0h15 : « non je ne me lève pas aujourd’hui, c’est férié. » Toujours la même pétole. Nous en profitons pour se baigner, améliorer la cuisine, faire un peu d’école. Nous observons quelques globicéphales un peu trop loin. Au coucher de soleil, nous prenons un petit apéro, il faut bien fêter ce jour férié ! 100 M parcourus
Mercredi 2 mai Le moteur ronronne toujours, à 1400 tours/min seulement, Sabeline avance à 4,5 nd et consomme peu de Gasoil. Environ 1,5l à l’heure. Il n’y a plus aucune irisation sur l’eau. Seule la houle nous rappelle que nous ne sommes pas sur un lac. Le soleil, la lune et chaque nuage se reflète à la surface de l’eau. Au plus chaud de l’après midi, nous nous baignons, et plongeons avec les masques dans l’immensité bleue. Les rayons du soleil convergent vers le néant des profondeurs. Ce soir le coucher de soleil est particulièrement beau, ses couleurs se reflètent dans l’océan. 103 M parcourus.
Jeudi 3 Mai Le jour se lève, le moteur tombe en panne, heureusement un cliquetis attire mon attention, la courroie de l’alternateur et de la pompe à eau est détendue, j’arrête le moteur avant qu’il ne chauffe. Un boulon du système de tension est cassé. Vite réparé. En Soirée le moteur s’arrête, volontairement, le vent est revenu. 111 M parcourus
Vendredi 4 Mai Navigation agréable au travers, toutes voiles dehors Sabeline file à 6 nœuds, sur une mer belle. En fin d’après midi, Karine aperçoit un cargo, nous n’avions plus vu de trace de vie humaine depuis plusieurs jours. Plus tard, je regarde machinalement vers l’avant, Sabeline pointe droit son étrave sur un groupe de cétacés. Nous nous écartons un peu, mais passons à 20m juste pour identifier ces mastodontes. Il s’agit de 4 orques épaulards d’une dizaine de mètre, Grosse tète, aileron impressionnant. Ils ont plongé lorsqu’ils nous ont vus. 118 M parcourus
Samedi 5 Mai Le vent a tourné au SE, on se retrouve de nouveau au près. A 4h du matin nous prenons 2 ris dans la GV, 1 ris dans l’artimon, hissons la trinquette. Nous croisons encore un cargo, évidement nous sommes sur la route Panama-Gibraltar. Il passe relativement près et nous établissons un contact radio en VHF. Karine lui demande s’il nous a vu, et dialoguons un peu mais notre vocabulaire en anglais est vite limité, notre interlocuteur est dans la même situation. Jean nous donne enfin le feu vert pour monter un peu, cela permet de faire une route plus directe, et d’utiliser ce vent, de travers. 129 M parcourus.
Dimanche 6 mai Sale temps aujourd’hui. Le ciel est très couvert comme en Bretagne en novembre, c’est le front froid de la dépression. Il pleut, et le vent change de direction et de force lorsqu’il y a un grain (5 à 22nd). Karine n’est pas en forme, diarrhées et maux de ventre. Je la remplace pour son quart de 8h à 12h. Jean nous a indiqué un waypoint à suivre, nous faisons route au 50° si le vent le veut bien. mais je suis obligé d’intervenir tous les quarts d’heure pour régler les voiles, réduire ou envoyer, régler le cap. Nous sommes en panne de gaz pour la cuisine du diner, c’est le détendeur qui est HS. Il n’a pas supporté les gerbes d’eau de mer qui ruissellent sur le pont et dans la baille à bouteilles de gaz. Heureusement, j’en ai un de secours. 117 M parcourus.
Lundi 7 Mai Les jours se suivent mais ne se ressemblent pas. Le soleil est revenu, le vent de Sud-Est, stable, modéré, de travers. j'espère que nous avons pris le bon train cette fois, celui qui va nous mener à notre but, l'Orient Express bien sur. Mais Jean nous annonce une nouvelle dépression pour demain, beaucoup plus proche de notre position, et nous conseille de lofer un peu vers l’est, cap au 70° de façon à rester au sud de la dépression. Il faut donc se remettre au près. Une fixation de latte sur la GV est cassée, réparée avant que les conditions ne s’aggravent. Je prends trois ris, histoire d’anticiper un peu. Karine est toujours patraque. 130 M parcourus.
Mardi 8 mai Nous avançons bien avec un vent de SSW (sud-sud-ouest), de travers. Mais nous ne sommes pas sur notre route. Je consulte Jean et nous changeons de cap, pour faire du nord, vent dans le cul, vers le milieu de la dépression. Ce n’est pas pour autant très agréable, car il pleut des cordes. Karine étend une bâche devant la descente. Je tangonne le génois pour passer la nuit. 140 M parcourus
Mercredi 9 mai Le portant n’aura pas duré longtemps : à 4 h, le vent tourne, il faut empanner. A 6h, nous passons au près de nouveau, Bâbord amure, avec un vent de Nord Est. Enlever le tangon, hisser la trinquette et tout le bazar. La pluie s’arrête enfin, nous sommes passés de l’autre coté de la dépression, le baro remonte, le vent monte, la température descend. Nous faisons un cap au 87° trop sud par rapport à notre but, mais le vent est juste contre notre objectif. Nous n’arrivons pas à bien remonter le vent car le treuil de la dérive est grippé, il n’a pas supporté les projections d’eau de mer du puits de dérive lors de la première semaine au près. En milieu d’après midi, un banc d’une trentaine de dauphins nous accompagne pendant un bon moment. Les enfants sont heureux de revoir des dauphins, de les voir sauter et jouer dans l’étrave. Nous n’en avions pas observé depuis longtemps, il doit faire trop chaud aux Antilles pour eux. 113 M parcourus
Jeudi 10 mai Suivant les conseils de Jean, nous virons de bord, cap au Nord-Ouest pour aller chercher des vents portants, on s’écarte encore des Acores. Le treuil de dérive est dégrippé et nous faisons un meilleur cap. Mais le vent fini par mollir, c’est un soulagement, et en début d’après midi, le moteur aide la progression de Sabeline à travers une nouvelle zone de pétole. Nous en profitons pour se reposer et se ressourcer. Ce soir admiration des dauphins sous le soleil couchant. Les enfants sont sur le pont avant, bien attachés et bien habillés car il fait très frais. 20° dans l’air, eau à 22°. Depuis quelques jours, nous avons remis les pantalons, chaussettes, polaire, et veste de quart suivant le temps. Cela nous change bien des tropiques où nous pouvions naviguer jour et nuit, en maillot de bain. Ce soir diner pizza « Acores » (recette sur demande). Je rédige ces lignes, pendant mon premier quart de nuit. Il y a plusieurs jours que je n’ai pas tapoté le clavier, les conditions ne s’y prêtaient pas. La nuit est enfin étoilée, l’anticyclone des Acores nous ouvre ses portes. 105 M parcourus.
Vendredi 11 Mai Toujours la même pétole. Après le coucher de soleil, le vent de NW arrive de travers, Sabeline file enfin. En milieu de nuit nous sommes obligés de réduire. Pendant son quart, Karine aperçoit un feu, elle lance un appel à la VHF, c’est un voilier anglais « Free Peter » parti d’Antigua pour une escale aux Acores. 109 M parcourus
Samedi 12 Mai La bulle de pétole nous accompagne, heureusement le moteur tient bon. Les voiles l’aident un peu, mais surtout stabilisent le bateau qui se dandine au rythme de la houle de NW. Il reste 227 M à l’heure de la vacation. Nous avons des nouvelles de Lady Quattro, ils ont mis 19 Jours par l’option nord. La mer nous offre ses plus beaux portraits, les dauphins viennent nous rendre visite, et nous observons une espèce courante par ici, des méduses à voile. Invertébré qui utilise le vent pour se déplacer. Elles laissent dépasser de la surface un demi-cercle transparent, strié d’une armature rose. Elles sont très venimeuses et mortelles. Je profite de ce calme pour relever quelques hauteurs du soleil, et pour m’initié à la navigation astronomique. 119 M parcourus
Dimanche 13 Mai Nous approchons du but, et un peu de vent de SE devrait nous accompagner pour la fin. Le bateau file bien, le vent de travers nous fait giter, mais c’est relativement confortable et rapide. J’en profite pour confectionner des nouveaux leurres de traine, pour pécher un peu. Nous n’avons pratiquement pas déroulé la ligne de traine lors de cette traversée. Au près nos déplacements sont tellement difficiles que nous évitons tous mouvements superflus, et au moteur nous savons que les poissons ne mordent pas, nous n’allons pas assez vite. J’ai seulement eu une touche d’une grosse bête qui a cassé le filin de bas de ligne en Inox. Comme chaque soir, lorsque les enfants sont endormis, nous regardons des DVD, c’est très agréable, surtout lorsqu’il n’y a pas beaucoup de manœuvres à faire. Nous lisons aussi beaucoup, mais le temps est limité. Nous effectuons nos derniers quarts, et nous avons hâte d’arriver pour passer une bonne nuit de sommeil. Nous avons de plus en plus de mal à nous endormir, et le réveil est difficile. Bien que nous dormions correctement, le bruit du moteur n’est pas reposant. Nous ressentons aussi le décalage horaire. IL fait très froid ce soir, à peine 20°. 111 M parcourus
Lundi 14 Mai La nuit est noire, et la mer nous émerveille encore, le sillage de Sabeline s’illumine sur une dizaine de mètre derrière la poupe à cause du plancton phosphorescent. Les dauphins jouent dans l’étrave, nous entendons leurs chants aigus à travers la coque. 6H, nous ne sommes plus qu’à 22 Milles de FLORES, les premières lueurs de l’aube nous dévoilent le contour de l’ile, recouverte de nuages. Sabeline est escorté par une colonie de fous, qui s’intéressent à la ligne de traine. Bingo, l’un deux se prend le bec dans l’hameçon, il entraine la ligne dans les airs, et fini par se libérer. Nous tangentons la cote sud, très austère avec ses falaises noires dont le sommet est cachée dans les nuages. Nous entrons dans la baie de PORTO DAS LAJES, entourée de roches volcaniques sombrent, protégée sommairement par une jetée impressionnante. L’eau est noire et froide. Nous mouillons l’ancre au milieu, nous sommes le seul voilier. Nous tirons la manette d’arrêt du moteur, et tout devient calme. On va pouvoir aller se coucher. Manque de pot, un officier de l’immigration nous fait signe sur le quai, il nous attend pour faire les formalités. Nous sortons l’annexe de la cabine avant, et je la gonfle sous un crachin breton. Je me couche en fin de matinée après avoir fait les papiers avec l’officier. Pendant ce temps Karine fait un peu de nettoyage et de rangement. Nous débarquons tous ensemble en fin d’après midi pour visiter le port et ses ruelles. Nous dinons chez Paula le seul petit resto du coin. 116 M Parcourus (en 18 heures)
Bilan de la traversée : La traversée s’est bien déroulée dans l’ensemble. Nous n’avons pas eu de chance au début Nous sommes partis avec des vents de Nord Est, alors qu’à cette période les Alizes tournent au Sud est. Nous aurions peut-être du attendre un peu. Nous avons été contraints de faire du près vers le nord Ouest la première semaine, pas du tout dans la bonne direction. Ensuite les vents ont tourné, nous avons suivi le parallèle 31° Nord, pour éviter les dépressions qui nous faisaient peur, mais qui auraient pu nous apporter des vents portants. Nous avons traversé une zone de pétole. Ensuite lorsqu’il fallait monter vers les Acores une dépression est arrivée, nous n’avons pas saisi ses vents portants, mais avons subit ses vent de nord, contre notre route. La dernière semaine, il fallait aller au nord chercher des vents favorables, mais ils ne nous ont pas attendus. Encore une zone de pétole. Jean nous a guidé suivant ses informations météo. Il a bien suivi nos consignes, je lui avais dit avant de partir que je préférais la pétole à une tempête. Mais c’est vrai que je ne m’attendais pas à faire autant de près et autant de moteur. La mer est capricieuse.
Le bateau : Sabeline a bien encaissé ses longues périodes de près, les seuls soucis techniques : la fixation d’un alternateur moteur, un coulisseau de grand voile, le treuil de la dérive grippé, le détendeur de la bouteille de gaz. Tout a été résolu en mer, reste le filet posé sur les filières arraché par les paquets de mer qui courent sur le pont avant, nous le refixerons à l’escale.
Distance parcourue : 2545 M (au lieu de 2100 en route directe) Au près : 1300 M Au portant : 90 M Au moteur : 650 M Au largue : 500 M
Durée : 21 Jours, 22 heures + 4 H de décalage horaire = 22 jours et 2 heures.
Conclusion : si vous voulez aller aux Antilles, prenez l’avion ! 2007-04-20 Sint Maarten et Saint MartinMercredi 11 Avril Nous choisissons de partir visiter la ville de Philipsburg, dès le matin pour ne pas souffrir de la chaleur. Nous accostons avec l’annexe derrière le ponton des Water-Taxi qui font continuellement des navettes entre les paquebots de croisières, et le centre de Philipsburg. Sur le front de mer il n’y a que des restaurants, des bars qui gèrent la location des chaises longues sur la plage. La deuxième rue, c’est les boutiques de luxe, produits détaxés, bijoux, alcools, cigares. La rue troisième est plus modeste mais les touristes des paquebots ne s’y égarent pas. Il y a des petits lolos, et des boutiques de fringues. Nous achetons des slips pour Yoan. Elodie en profite pour essayer une robe, qui lui va merveilleusement bien. Evidemment, ses parents cèdent ! La dernière rue donne sur la saline et n’a aucun intérêt. Nous déjeunons dans un restau dont le cadre tropical nous a attiré, il y a des pizzas au menu, mais ce n’est pas très bon, la pâte est sucrée, sûrement encore une influence américaine. Nous continuons notre ballade en ville, et finissons par le supermarché pour acheter un peu de produits frais. Nous rentrons à bord vers 16 h pour partir vers Simpson Bay, un peu plus à l’ouest, Nous mouillons après une heure, poussés par un vent léger, devant les hôtels de la baie. L’eau n’est pas attirante. Seul Yoan débarque pour aller changer le sable du bidon du chat (Dakar fait ses besoins dans un bidon partiellement percé et placé dans une des coursives près du cockpit).
Jeudi 12 Avril Karine me réveille, suivant notre guide nautique, nous devons passer le « Swing bridge » à 9 h, un pont routier a franchir pour accéder au lagon. Nous sommes prêt devant le chenal et laissons les Yachts sortir du lagon, lorsque nous nous apprêtons à passer après le dernier navire, le pont se referme. Nous prenons contact à la VHF, nous arrivons à nous faire comprendre mais nous ne comprenons pas la réponse. A 11h, rebelote, les bateaux sortent, et le pont se ferme aussitôt. Un peu fâché nous attendons près du pont, il y a un truc. Puis à 11H30 le pont s’ouvre à nouveau, horaire non indiqué sur notre guide, Nous entrons sans problème, mais seulement les bateaux entrants. Nous hésitons un peu dans le lagon, on nous a fait comprendre qu’il fallait passer à l’immigration, mais nous n’avons pas l’intention de débarquer, alors nous continuons doucement vers la frontière Française. Nous mouillons devant la marina La Royale. A coté du pont Français pour ressortir du lagon. Je vais faire un tour seul avec l’annexe à la marina et je reconnais La Loupiotte, un voilier jaune que nous avions rencontré à la Roche Bernard, deux trapézistes qui se produisent dans les marinas. Leur spectacle se déroule sur le pont de leur bateau, comme sur une scène, ils jouent avec la bôme et des haubans. En discutant avec eux, j’apprends qu’ils sont de Plouer ! Ils sont partis sans retour. Dans l’après midi nous prenons l’annexe, mais après 300m, le moteur tombe en panne. Je démonte et je m’aperçois qu’il y a de l’eau dans le carbu. À St Barth, Yoan avait trouvé un bidon d’essence à la poubelle, maintenant je comprends pourquoi. Karine rame puis nous nous faisons remorqué par un français sympa en annexe. Je nettoie mes bidons, remets en marche le moteur, et nous repartons. Nous effectuons juste un tour en mer pour voir la baie de Marigot, puis retournons près du pont de Sandy ground. Nous entrons chez un shipchandler pour demander des prix et quelques conseils. Et nous marchons dans les rues autour pour trouver un garagiste. Je cherche un régulateur de tension pour alternateur de voiture. Nous reprenons l’annexe pour traverser le lagon. Nous arrivons dans une zone industrielle et commerciale. Nous faisons quelques achats dans le Home-tools, le Leroy Merlin local. Ensuite nous allons nous renseigner au chantier naval local, qui nous permet d’avoir un accès internet Wifi du bateau. Lorsque nous rentrons à bord, nous sommes un peu fatigués, mais nous trouvons encore le courage de se faire un bon restau. Le Village à la Marina La Royale. Enfin de la bonne cuisine, tout un art, il n’y a qu’en France qu’on ressent cela.
Vendredi 13 Avril Nous profitons d’avoir Internet à bord pour téléphoner en métropole, Karine se lève de très bonne heure à cause du décalage horaire. Ensuite nous marchons à travers la ville, le long de la baie. Nous essayons de reconnaître des bateaux, surtout Lady Quattro, qui doit arriver ces jours ci. Nous continuons vers Sandy Ground, et faisons quelques courses au supermarché du pont. Nous poussons le caddie plein jusqu’au ponton le plus proche 200m environ. J’ai repéré une épave de 405 Peugeot , sans roue, et partiellement désossée. Je retourne avec quelques outils pour démonter l’alternateur. Cela nécessite quelques explications : Comme je l’ai expliqué au 25 mars, le régulateur de tension de l’alternateur d’arbre de Sabeline est HS. Nous ne pouvons pas nous passer d’énergie à bord pendant les traversées, alors il aurait fallut investir dans un hydro- générateur que l’on traîne derrière le bateau, et qui est beaucoup moins pratique et surtout cher (850 €), à moins de réparer notre alternateur. Après avoir consulté des garagistes ou bricoleurs le régulateur ne se vend pas seul, il faudrait acheter un alternateur d’occasion à 100€ alors que je n’ai besoin que d’un composant électronique. En se baladant dans notre quartier, il y a plein de voitures abandonnées, accidentées, et apparemment je ne suis pas le seul à me servir dessus. En fin d’après midi, nous établissons un contact VHF avec le Roi Arthur, Lady Quattro est à coté d’eux. Peu après, c’est Manu qui nous appelle et nous invite pour prendre un verre ensemble. Après un quart d’heure d’annexe, c’est les retrouvailles, Victor son fils de 22 ans est là et traversera avec son père. Nous dînons à bord et passons une très agréable soirée à évoquer nos souvenirs communs.
Samedi 14 avril Nous faisons un tour aux puces nautiques, un petit marché de matériel d’occasion, organisé par un chantier Naval à coté de notre mouillage. Nous ramenons quelques petites babioles. L’après midi je répare l’alternateur d’arbre, et le nouveau régulateur fonctionne correctement. Pendant ce temps Karine et Yoan se ballade sur une braderie en ville. Le soir, nous sommes de nouveau sur Lady Quattro, avec Manu, Victor, Yolande et Francis, pour un petit apéro et le plaisir de se retrouver ensemble.
Dimanche 15 avril Repos c’est dimanche. On n’avons pas quitté le bord, Elodie est malade, un peu de repos et ça repart. Yoan et moi partons explorer le lagon en annexe. Nous sommes impressionnés par des chalets en bois construits sur deux flotteurs. Bonne solution pour habiter ici, et être un peu tranquille.
Lundi 16 Avril Nous déplaçons Sabeline dans le lagon et mouillons du coté Hollandais. Nous amarrons l’annexe, devant deux grandes surfaces d’accastillage et de fournitures nautiques. Island Water World et Budjet Marine. Les prix sont compétitifs, compte tenu du taux de l’Euro par rapport au dollar. En plus il y a un choix énorme. Nous ressortons avec un caddie plein (dont 4 Bidons de 20l). Nous rentrons coté français, et partons à la recherche de gaz. Il y a pénurie sur l’île, et il nous en faut absolument. Après Home-tools, nous marchons jusqu’ à une grande surface, à l’autre bout de la ville, et rentrons avec quelques courses, et de quoi faire de bonnes grillades ce soir.
Mardi 17 Avril Je retourne chez Home-Tools pour leur apporter 5 bouteilles de gaz vide qui ne nous servirons plus,. Ils me les reprennent 39 € pièce, alors qu’on les a achetés 6 € en braderie à Rennes. Belle opération ! Nous accostons Sabeline à la station service pour faire le plein de gasoil, 180 l dans le réservoir, et 200 l en bidons. Nous les stockons dans la cabine avant. A 17h30, nous passons le pont de Sandy Ground, pour sortir du lagon et mouiller devant Marigot, l’eau est plus propre et la baignade plus agréable. En allant faire les papiers pour louer une voiture, je reviens avec des pizzas pour déguster ce soir à bord.
mercredi 18 avril Vers 10h, nous sommes en route pour un tour de l’île : Baignade dans la belle baie de Grand Case, visite de l’anse Marcel, le French Cul de Sac, la baie orientale et Oyster pond. La cote est envahie de constructions, des résidences haut de gamme. Des villages vacances et des nouveaux lotissements très chics, sont construits à coté de zones très modestes. Nous arrivons du coté St Maarten, par des routes plus désertiques, et traversons Philipsburg que nous avons déjà visité. On s’arrête dans un restau, bon sous tous rapports. Ensuite nous faisons quelques courses au Grand Marché de produits que nous ne trouvons pas coté français. Puis, nous empruntons la route qui contourne le lagon. En arrivant à Marigot, c’est la journée ravitaillement, nous retournons à Match. 108 litres d’eau en bouteille, des légumes et tout ce qu’il faut pour 25 jours d’autonomie à 4. Nous y rencontrons Victor et Manu qui partent demain. Le chargement de Sabeline est un peu compliqué, il y a trop de ressac sur la jetée des annexes, alors Yoan et moi, déplaçons Sabeline et l’amarrons à la marina de l’autre coté de la zone de mouillage, tandis que Karine y va en voiture. Nous faisons l’opération inverse à la tombée de la nuit. Rangement des courses, bain de minuit, et dîner reposant.
Jeudi 19 avril Nous partons peu avant 10h pour saluer Lady Quattro, mais trop tard pour le café, ils ont déjà levé l’ancre, et venaient nous dire au revoir. Nous leur souhaitons bon vent. L’annexe amarrée près de la marina, je vais faire les papiers de sortie, la clearance nous sera indispensable pour entrer aux Acores. Après une petite ballade en centre ville nous rentrons à bord. Baignade dans des eaux de plus en plus chaudes, et petit rafraîchissement du carénage pour que Sabeline glisse bien. Nous souhaitons retourner dans le lagon pour la proximité de tous les services. Vers 14h30, nous nous présentons devant le chenal, mais il y a beaucoup de houle, et ce n’est pas rassurant de rentrer dans un canal de 20m de large, des rochers menaçant de chaque coté, des vagues de 1m, presque déferlantes, alors que nous n’avons que 2m de fond. Mais ça passe. Dans le fond du lagon, l’ancre bien crochée, car il y a un peu plus de vent aujourd’hui, je vais faire un tour à Home-Tools, le gaz est arrivé. Puis nous emmenons le chat pour le vaccin antirabique chez un vétérinaire. Nous risquons d’en avoir besoin aux Acores, il y a de grandes chances que nous soyons obligés de rentrer dans des marinas, et les officiers portugais sont assez pointilleux. Nous rentrons sur Sabeline, le check-list diminue, le départ est imminent, et nous sommes très sereins. Le bateau est bientôt prêt, l’équipage n’a qu’une hâte maintenant, c’est y aller. 2007-04-13 Barbuda et St BarthLundi 2 Avril Barbuda est une île très plate avec un lagon au milieu. Peu habitée, 1500 habitants résident à Codrington, le seul village de l’île. Les autres constructions sont des hôtels haut de gamme, pour touristes fortunés cherchant la tranquillité. Nous devons faire nos formalités de sortie à Barbuda avant de partir pour ST BARTH. Les bureaux se trouvent au village de Codrington, qui n’est pas sur la cote et les accès sont rares. Nous faisons le choix de mouiller à Barbuda harbour, à quelques miles, il y a une piste qui mène au village. Sabeline glisse à 7 nds sur une mer sans houle, mais avec un vent soutenu. Le chenal d’accès n’est pas facile, il faut se faufiler entre les coraux, dans 3 m d’eau. Une jetée de pierre, quelques barges chargées de matériaux de construction. Nous prenons une bouée et débarquons Yoan et Moi. Je discute avec un des gars qui avale une noix de coco fraîche avec du rhum, l’officier de douane passera à 15h, je vais l’attendre. Mais l’officier n’a pas les tampons sur lui. Je me fais conduire par un taxi qui accepte de m’enmener et me guider dans le village. Après quelques kilomètres de piste, nous arrivons au poste de douane, un type en chausson me dit qu’il faut d’abord passer à l’immigration. Notre taxi nous y conduit, mais l’officier n’est pas encore rentré. Le temps de boire une boisson fraîche, et le pick-up du fonctionnaire arrive. A peine déballé mes papiers qu’il m’annonce qu’il faut d’abord passer au bureau du port. re-taxi pour une autre rue du village. Là une femme me fait le papier, nous retournons à l’immigration. Au bout d’un quart heure et quelques formulaires remplis et signés, notre taxi nous ramène au port. Les formalités sont fastidieuses ici car les officiers ne sont pas habitués et structurés pour recevoir des touristes, et encore moins ceux qui se déplacent en bateaux par leur propre moyen. Cependant cela n’a pas été désagréable comme à Antigua, les habitants semblent très accueillants. De retour à bord, nous avons encore le temps avant la nuit de partir sur LOW BAY, Nous longeons la cote sous le vent, et nous devons nous faufiler entre les coraux et la plage. Nous mouillons devant Palm Beach House, la seule construction au milieu d’une magnifique plage de 10 kilomètres de sable blanc.
Mardi 3 Avril Un peu d’école, un peu de bricolage, baignade des les eaux turquoises, et nous débarquons avec l’annexe en début d’après midi. Le Break down nous secoue à l’atterrissage, (des petits rouleaux deux fois plus haut que l’annexe), mais nous ne sommes même pas mouillés. Nous hissons le dinghy sur le sable éblouissant, et marchons le long du sillon de sable qui sépare la mer et le lagon de l’autre coté. L’eau du lagon est claire et chaude, nous nous y baignons et continuons la ballade l’aller coté lagon, retour coté mer. Je joue avec les enfants dans l’eau puis sur le sable toute l’après midi. Nous retournons à bord avec le coucher de soleil.
mercredi 4 avril Nous sommes levés de bonne heure, une longue route de 60 M nous attend, mais il n’y pas de vent et nous commençons au moteur. Ennuyé qu’il ne se passe rien, je commence à démonter le hublot de la salle de bain, il n’est plus étanche. Une vingtaine de vis à démonter, de la pâte à joint et remontage. Mais pendant la dernière opération, Un vent de nord Ouest se met à souffler. Complètement imprévisible par ici, pendant la bonne saison il ne souffle que du vent de secteur Est ! Nous sommes au près, le pont mouillé, et moi aussi. Les vis sont difficiles à remettre, et je me mets du Sikaflex partout. Nous arrivons à St Barthélémy au près, vers 17H30, et nous mouillons au sud ouest de l’île, dans l’anse du Gouverneur, petite crique bien abritée des vents de nord, nous sommes seuls à passer la nuit ici.
Jeudi 5 Avril Lorsque je me lève, Karine et les enfants sont déjà à la plage, j’ai seulement le talkie-walkie à qui causer pendant mon petit déjeuner. Plus tard, Karine et moi partons avec l’annexe pour plonger et chasser. Les fonds sont superbes, l’eau est claire, la côte rocheuse plante un décor de canyon, de falaises. Les gorgones, les coraux « corne d’élan » nous donnent l’impression de se promener sur un jardin. Péché seulement 2 poissons pour le chat. Nous rentrons sur Sabeline le temps de changer d’équipe, je repars avec Elodie et Yoan. Elodie essaie de tirer quelques poissons avec le harpon, ce sera pour la prochaine fois. Nous prenons encore quelques photos de cet endroit magnifique et en début d’après midi, nous longeons la cote sous le vent de St Barth, pour arriver à GUSTAVIA, la ville et le port principal de l’île. Il y a plein de beaux yachts partout, nous entrons doucement dans le fond du port, Karine est un peu stressée par toutes les manœuvres des yachts qu’il faut éviter. Nous trouvons une place libre sur un quai, nous nous amarrons et commençons à nous servir de l’eau au robinet, nous devons faire le plein rapidement. Un boy de la marina vient nous voir, nous demande de nous habiller, (j’étais en maillot de bain) de passer faire notre entrée à la Marina d’abord. Je m’exécute, nous nettoyons les fonds de cale, remplissons nos réservoirs d’eau. A 17h à peine, on nous demande de laisser notre place aux motoryachts qui rentrent de ballade. C’est clair que nous ne sommes pas les bienvenus, Je règle 14 € à la marina pour 500 L d’eau, et sortons de ce port de milliardaire où nous n’avons pas notre place, imaginez notre vieux rafiot à St Trop ! Il ne faudrait pas ternir leur image de marque. Nous retournons dans une autre crique tranquille, l’anse de Grand Galet que nous avions repérée. Elle est très tranquille et trois voiliers plus modestes sont aussi présents. Yoan et Elodie se baignent jusqu’à la plage pendant que nous mettons un peu d’ordre. Les enfants déçus de ne pas aller au restaurant, s’improvisent serveurs. Dîner à la terrasse ce soir. Des boites de conserves car nous n’avons plus de frais depuis la Guadeloupe.
Vendredi 6 Avril Nous Quittons Sabeline bien sage et nous débarquons tranquillement avec l’annexe sur la Plage. Il est 10h et nous marchons dans les rues de Gustavia, en longeant le port. Nous rencontrons Yolande et Francis. Ils sont mouillés à l’anse du Colombier, plus au nord. Nous parcourons toutes les rues de la ville, il y a beaucoup de boutiques de mode, nombreuses marques y sont représentées. Le shipchandler est fermé ainsi que quelques restaurants. Vendredi Saint en Suède, c’est férié : St Barth occupée par des bretons, a été cédée aux Suédois, et est redevenue française plus tard, mais elle reste très cosmopolite. Les enfants ont faim, alors nous entrons dans une crêperie pour un plat du jour bien Français : Moules frites. En dessert, nous dégustons une bonne crêpe. Les prix sont très élevés malgré que ce soit un port franc. Il n’y a pas de taxe mais les commerçants empochent la différence. Nous remarquons qu’il n’y a que des blancs sur cette île, à Barbuda presque à coté, il n’y a que des noirs. La langue officielle est le Français mais l’anglais est plus courant à cause de la forte influence américaine. Gustavia est une petite vitrine de la mode « Made in France » et les américains les plus fortunés viennent visiter ce petit bout de Paris. Requinqués par un bon repas, nous quittons la ville et montons à pied vers les hauteurs. Nous arrivons à un col que les avions rasent pour piquer sur la piste bien plus bas. Nous attendons un moment, mais aucun avion ne se présente. Nous suivons la route de St Jean et nous arrivons au bout de la piste de l’aéroport à une magnifique plage. Une pause baignade s’impose. Nous marchons sur la plage, dans l’eau jusqu’au « Eden Rock » Magnifique hôtel de luxe. Nous rentrons par la route à Gustavia, sous un soleil pesant, et arrivons en fin d’après midi à l’anse de Grand Galet. Sabeline danse sur les vagues, le vent a tourné au sud, et les rouleaux s’écrasent sur la plage. Nous mettons l’annexe à l’eau entre deux rouleaux, mais le moteur ne démarre pas du premier coup, et les vagues suivantes remplissent l’annexe, nous retournons sur la plage, trempés. La deuxième tentative sera la bonne, les enfants à la nage embarquent après le short break. A quatre, nous mettons trop de temps à monter dans l’annexe. Nous déménageons malgré l’heure tardive, car la houle est intenable. Devant Gustavia c’est pareil, à moins de rentrer dans le port mais il n’y a plus de place, encore moins pour nous. Plus loin, nous trouvons une baie au calme, à l’anse du Colombier, parmi plein de Yachts. Nous mouillons tout près de la plage, juste avant la nuit.
Samedi 7 avril Le petit dej à peine descendu, nous sommes dans l’eau avec palmes et masques pour suivre une grosse tortue. Deux poissons ventouses sont collés sur son ventre. La tortue n’est pas farouche mais elle s’éloigne lorsque Yoan lui courre après. L’eau est d’une clarté incroyable. Pas difficile de contrôler son ancre de l’avant du bateau, même avec 30m de chaîne ! Je commence à chercher sérieusement la cause de la panne intermittente de notre radar qui m’ennuie depuis deux mois. Outil indispensable en navigation, surtout si l’un de nous se retrouve seul à faire les quarts. Persuadé que la panne vient d’une mauvaise connexion, je refais plusieurs fois les soudures du toron de câble entre la console et l’aérien dans le mat d’artimon, mais rien n’y fait. Avec l’aide de Karine nous démontons l’aérien, mais il faut monter plusieurs fois dans l’artimon qui n’est pas équipé d’échelons de mat. Après démontage de l’engin et quelques essais je trouve une panne due aux connexions du moteur du radôme. Maintenant il fonctionne, il ne reste plus qu’à le remonter sur l’artimon, demain il fera jour ! Les enfants ont passé l’après midi sur la plage et Yoan s’est fait un copain.
Dimanche 8 Avril Pendant que Karine s’occupe des évaluations à rendre au CNED avant notre départ pour la prochaine traversée, je prépare les travaux sur le pont. J’installe l’aérien du radar sur sa console pendant que Karine m’assure avec la drisse et me passe câbles et outils. En tenue de grimpeur, j’en profite aussi pour monter en haut du grand mat, pour les vérifications usuelles, refaire des protections contre le raguage pour éviter l’usure des voiles, et quelques bricoles qui occupent bien. L’après midi est un peu plus cool. Yoan trouve une planche de surf sur la plage et je le remorque en annexe. Nous nous baignons de temps et temps lorsque nous avons chaud.
Lundi 9 Avril Après l’école nous partons crapahuter à terre. Nous avons un peu de mal à arracher les enfants de leurs activités à l’intérieur du bateau. Nous suivons un beau sentier à flanc de colline, à travers les cactus et les arbustes desséchés, et arrivons au bout d’une demi heure à l’anse des Flamands. Les enfants se baignent sur la belle plage aux eaux turquoises et sable blanc. Il y a beaucoup de campeurs (ou de sans abri) qui dorment dans les hamacs abrités par des bâches tendues entre les palmiers. Nous rentrons par le même sentier, le seul chemin d’accès à l’anse de Colombier. Nous avons faim, et nous rentrons vite à bord. Dans l’après midi, Karine et moi partons en snorkeling, mais il n’y a pas grand-chose à voir, et un nuage diminue la luminosité. Pendant le retour vers Sabeline, Karine me fait remarquer une grosse tortue, et au même moment je vois une belle raie. Dommage je n’ai pas le harpon, je nage très vite vers le bateau, tandis que Karine la suit. Elodie, restée à bord, me donne le fusil et je retourne vers Karine. En me faisant discret, je vise la raie au dessus d’elle et tire. Elle se débat et tourne autour de moi, retenue par le filin de la flèche. Elle repart vers le fond et a suffisamment de force pour m’entraîner avec elle, je lutte en palmant vers la surface. Elle se fatigue et je la remorque ainsi jusqu’à la jupe de Sabeline. Nous la hissons dans le cockpit, 10,5 Kg, 1 m d’envergure, et 1m50 de long avec la queue. Yoan revient de la plage et est impressionné par la bête. Après dépeçage, il reste 5 Kg d’ailes de raie, sans les cartilages. Ce soir nous nous partageons une demi aile pour quatre, câpres, crème fraîche, salsifis et riz.
Mardi 10 Avril Les nuages obscurcissent le ciel ce matin, le week-end de paques est fini, la plage est déserte, et les yachts ont quitté la baie, reste quelques modestes voiliers. Vers 10H, nous larguons notre bouée et naviguons voile et moteur vers l’île fourchue, nous aurions bien fait une petite plongée mais il ne fait pas soleil. Alors nous continuons vers la hollande, le pays du fromage. Nous arrivons devant Fort Amsterdam, dans la baie de Great Bay sous la ville principale de Philipsburg. Nous reconnaissons en arrivant des moutons sur les collines vertes (rires). Le territoire de l’île a été divisé en deux, d’un coté c’est un canton dépendant de la Guadeloupe comme St Barth, de l’autre c’est la hollande, en plus cosmopolite, le florin côtoie le dollar et l’euro, la langue pratiqué est l’anglais. Après le repas, nous partons avec l’ordinateur pour rechercher un cybercafé ou une Zone Wifi, finalement en demandant des renseignements l’hôtel en face de la plage nous accueille dans ses salons. Nous communiquons avec notre famille pendant que les enfants profitent de la plage. Nous n’avions pas eu l’occasion de discuter depuis un bon moment. Les Antilles ne sont pas si bien équipés qu’on pourrait le penser. C’est avec plaisir que nous bavardons tardivement pour l’heure française. Les enfants ont passé deux heures dans l’eau lorsque nous les récupérons pour aller faire un tour à la Bobby’s marina, puis au supermarché, d’où nous rapportons quelques courses. Ce soir, c’est grillade de porc antillaise, et pomme de terre reconditionnées à l’américaine. Ce sera certainement meilleur du coté français !
2007-04-06 Pointe à Pitre et AntiguaJeudi 22 Mars C’est le jour du départ pour Isabelle et Alain, ils doivent se présenter à l’aéroport pour 16h. En attendant le programme touristique est chargé mais flexible. Nous commençons par un tour de marché à la darse. Nous retrouvons nos mamas dont l’une d’elle a 87 ans. Quelques achats et quelques boutiques de souvenir plus tard, nous roulons vers Petit-Bourg en Basse Terre pour faire le saut de la Lézarde. Il nous faut une petite demi heure pour descendre, par un sentier très humide et boueux dans une végétation luxuriante. Nous arrivons devant une grosse cascade, pas très haute, mais le débit est important, surtout qu’il a plu beaucoup ces derniers temps. Malgré que l’eau soit un peu boueuse, Yoan et moi sommes encore les plus courageux pour se baigner. On se laisse glisser entre les rochers, on monte de l’autre coté du bassin pour approcher la chute de très près, et prendre une douche sous les nombreuses sources qui jaillissent de la falaise. Nous remontons en suivant aveuglement Yoan qui nous entraîne par des raccourcis à rallonge. Nous nous cramponnons aux racines pour ne pas glisser sur l’argile humide. Après un bon lavage de nos pieds, nous reprenons la route vers Grande Terre, pour chercher un restaurant au Gosier. Nous ne trouvons que des restaurants fermés ou abusivement chers. C’est le gosier sec, qu’Alain cède aux « Chéri » d’une doudou. Et nous prenons place à la terrasse d’un petit restau très « familial » Nous attendons nos plat trois quart d’heure, ils ne sont pas très copieux, et l’addition reste la plus dure à digérer. Nous prenons le dessert près de la plage, où nous profitons d’une dernière baignade dans les belles eaux turquoise. Arrivés au parking de l’aéroport, nos touristes s’habillent d’une tenue plus « nordique » puis dans l’aéroport c’est la fête : des chants, des percutions, animés par une foule de Guadeloupéens. C’est un comité de départ pour Isabelle et Alain. Sarkozy passe par là par hasard et a bien du mal à traverser cette foule. 18h, les baguages sont enregistrés, dernières embrassades la gorge serrée, Isabelle et Alain s’éloignent dans la file d’attente vers les salles d’embarquement. Nous sommes de nouveau quatre, plus de place dans la voiture, c’est déjà ça. Nous allons au centre commercial à coté de l’aéroport. Quelques petites courses, je glisse sur le carrelage mouillé et me ratatine, histoire de me rappeler de faire attention dans les supermarchés. Dîner chez Mc Donald seulement pour faire plaisir aux enfants. Nous garons la voiture devant le loueur et regagnons notre annexe, puis notre Sabeline qui nous parait bien vide.
Vendredi 23 Mars Repos aujourd’hui, on a assez couru ces derniers temps ! Notre seule préoccupation avant de quitter de nouveau la France est de trouver un cordon pour faire fonctionner l’Iridium sur le PC. Après avoir parcouru la ville, demandé cent fois des renseignements, nous passons beaucoup de temps dans une boutique pour essayer un cordon enfin déniché, mais les essais ne seront concluant qu’au bateau, avec la patience de Karine. Il reste encore quelques problèmes à résoudre avant de recevoir des mails. La soirée est très agitée à la Darse par un concert donné sur la place de La Victoire. La musique n’est pas gênante, par contre, plein de bateaux à moteur viennent au fond de la Darse pour assister de près au concert. Ils arrivent à toute vitesse, mais Sabeline est bien éclairé pour éviter une collision.
Samedi 24 Mars Encore très cool, Nous laissons les enfants bien occupés à bord, pour aller dans un cybercafé, communiquer avec nos proches, et mettre le blog à jour. Pointe à Pitre est une ville très vivante le soir et surtout le matin. L’après midi c’est une ville fantôme. Tous les rideaux métalliques sont fermés, et il n’y a personne dans les rues. Mais où sont-ils donc passés ? Ils sont en « roue libre ». Nous trouvons une boutique ouverte pour acheter de l’eau en bouteille, et quittons la Darse pour aller mouiller près de la Marina. Je vais faire les formalités de sortie du territoire et nous nous promenons le long des pontons jusqu’au Lagon Bleu, le quartier chic de PaP : certaines villas ont leur bateau amarré au ponton privé à coté de la piscine. Nous rentrons à bord en annexe, et allons prendre une bouée près du pont de Gabarre, comme il y a 2 semaines. Demain matin nous franchirons de nouveau la Rivière Salée, mais cette fois pour aller vers Antigua. Pour rejoindre St Barthélemy et St Martin nous avons deux possibilités, soit passer par les îles au vent : Antigua, Barbuda, soit passer par les îles sous le vent Montserrat, Nevis, St Kitts. Ces dernières présentent moins d’intérêt, surtout que nous ne pouvons pas nous arrêter à Montserrat, à cause de son volcan en activité depuis 1995, il crache des cendres et nous ne pouvons même pas l’approcher en bateau. La zone interdite s’étend assez loin des côtes.
Dimanche 25 Mars Un peu naïfs, nous pointons l’étrave devant le pont de Gabarre. A 5h02, le pont ne s’ouvre pas et nous avons un petit doute, des fois qu’il ne travaillerait pas le dimanche. Le Patuelli, notre guide de navigation le confirme. Nous retournons prendre une bouée à 2 M près de la marina, il y a moins de moustiques et nous continuons à dormir. J’occupe le reste de la journée à bricoler, réparer un tuyau d’évacuation de pompe de cale, et réparer l’alternateur d’arbre qui ne fonctionne plus depuis une semaine. C’est le régulateur de tension qui est défectueux, en faisant un essai, et une fausse manip, toute l’instrumentation reçoit du 20V, le pilot a eu chaud, mais il fonctionne, par contre l’anémomètre est grillé. Tout ça à cause d’une pompe de cale bouchée par des fillasses, le niveau d’eau est monté jusqu’à la poulie d’alternateur d’arbre, aspergeant le régulateur.
Lundi 26 Mars Levés à 4h30, nous sommes les premiers à passer les ponts, suivi de 3 autres bateaux. Les Balises ne sont pas toutes éclairées et nous nous aidons du projecteur pour trouver notre chemin à travers la mangrove. Le levé de soleil est magnifique, reflété sur l’eau calme de la Rivière Salée. A 7 heures, Sabeline franchi la passe. Toutes voiles dehors, au largue, Sabeline file vers le nord, nous distinguons Montserrat et Antigua devant nous. Nous arrivons à 14h, après 50 M parcourus. Nous entrons dans la petite baie de English Harbour, devant une belle plage. Baignade pour tous, sauf pour Elodie, trop occupée par ses Playmobils. Nous débarquons avec l’annexe au « Nelson’s Dockyard National Park », sorte de Marina très chic, avec tous les services pour plaisanciers fortunés. Nous passons au Customs and Immigration Office, il y a trois bureaux, nous sommes trimballés 7 fois d’un bureau à l’autre. Les officiers ne sont pas du tout aimables, et ne font aucun effort devant nos difficultés de compréhension. Le dernier nous arrachera 75 $EC après 3 formulaires et 40 minutes de paperasse. Nous continuons la ballade le long de la route qui mène à Falmouth Bay. Là aussi il y a deux belles marinas. Nous approchons des yachts, il y a des voiliers classiques, et aussi un véritable paquebot privé équipé d’un hélicoptère et d’une piscine.
Mardi 27 Mars Karine s’est levé de bonne heure, pour faire un grand ménage, tandis que je profite de faire une grasse, très grasse matinée. Le temps est gris, il pleuviote de temps en temps. Nous n’avons pas envie de sortir alors je bricole un peu. En dépit des averses, les enfants se baignent et plongent du ponton de l’hôtel voisin. Je les rejoints pour faire un peu de plongée mais l’eau est trouble. En fin de soirée nous avons froid, la température est descendue à 26°.
Mercredi 28 Mars Nous mettons les voiles dans la matinée, pour pointer notre étrave vers l’est, donc contre le vent. Nous avons décidé d’explorer la côte au vent, plus dangereuse, mais plus belle que la côte sous le vent. Antigua est un peu comme la Martinique, la cote au vent est protégée par des barrières de corail, qu’il faut franchir pour trouver un abri. Après 10 M au près, nous mouillons dessous Green Island, une petite île inhabitée et paradisiaque. Le temps de se restaurer rapidement, et que les days-boats de charter quittent les lieux, nous enfilons nos accessoires de plongée et partons avec l’annexe vers la barrière de corail. Nous rentrons les bras chargés de lambis. Karine et moi débarquons avec l’annexe, nous ne trouvons pas de sentier, alors nous suivons le rivage jusqu’à une petite plage déserte. Nous nous y plaisons bien et nous y restons un moment. Karine rentre à la nage vers Sabeline tandis que je la suis avec l’annexe. Préparation des Lambis façon Sabeline : Les Lambis sont percés à un endroit précis pour couper le muscle, je les débarrasse des parties non comestibles. Opération à faire dans la jupe ! Nous les faisons cuire 20min dans l’eau. Ensuite, je les coupe en lamelle pendant que Karine s’occupe de la préparation Oignons, ail, tomates, safran, riz. Nous faisons revenir le tout. C’est très bon, et il y en a assez pour 3 repas. Nos soirées sont animées en ce moment par le jeu de Uno. Elodie vient de gagner 5 parties consécutives, c’est lamentable.
Jeudi 29 Mars Après nos occupations matinales (évaluations pour les enfants) nous quittons la jupe de Sabeline pour un petit snorkeling du coté opposé à celui d’hier. Les coraux sont très développés, l’eau est claire, les poissons sont au rendez vous. Elodie à froid, nous rentrons. L’après midi, nous explorons la baie de « Non Such » Sabeline effleure les faibles profondeurs, explore des profondes criques et désertes, longe des villas ou des complexes hôteliers en construction. Mais un grain rend la ballade moins agréable. Nous retournons mouiller sous Green Island, dans une autre petite crique où il y a beaucoup plus de bateaux, mais nous jetons l’ancre tout près de la plage. Baignade et découverte en annexe de la barrière de corail. En plongée nous trouvons de très beaux fonds, qui valent bien ceux des Tobago Cays, mais il manque de luminosité, nous reviendrons demain s’il y a du soleil. Nous finissons la journée par une petite ballade sur l’îlot. Il n’y a pas de sentier, mais nous nous faufilons entre les aloès et les arbres qui ressemblent à des mancenilliers, les moustiques attaquent, on rentre à bord.
Vendredi 30 Mars Le temps est gris toute la journée, il pleut beaucoup dans l’après midi. Nous en profitons pour faire un peu de ménage dans le bateau, un bon rangement des cabines des enfants. Je vérifie toutes les cadènes (fixation des câbles qui soutiennent les mats) en démontant certains aménagements intérieurs. Tout est sain, l’haubanage est prêt pour la prochaine traversée. En fin d’après midi, le soleil pointe ses rayons, nous partons en annexe explorer the middle reef. Un simple tas de débris de coraux au milieu de la baie. Rien d’extraordinaire. Nous ramenons une entrée pour ce soir, deux bestioles ressemblant à des langoustes, mais en plus préhistorique.
Samedi 31 Mars Le vent a tourné proche du nord cette nuit, et rend le mouillage incertain. Il faut même surveiller de temps en temps si l’ancre tient bien, les rochers menacent à quelques mètres. Dans la matinée, nous déplaçons Sabeline, notre ancre est sous le bateau d’un couple d’américains, qui manoeuvrent leur voilier, vraiment sympa. Nous jetons l’ancre sur le premier mouillage de Green Island, beaucoup plus à l’abri. Nous profitons de caréner le bateau, (nettoyage de la coque immergée en apnée), pendant que les enfants jouent à la plage. Ensuite c’est notre tour, Karine et moi allons nous étendre sur la plage pour profiter, seuls, des derniers rayons du soleil de la journée.
Dimanche 1er Avril Dès 10h, nous hissons les voiles, avec un ris dans l’artimon et la grand-voile, tirons un bord vers l’est, puis un autre vers le nord, en direction de Barbuda. 35 M au près, vent estimé à 25nd. Vers 16H30, nous arrivons trempés à Cocoa Bay sur BARBUDA. Il n’y a qu’un autre bateau au mouillage, l’île semble désertique, il n’y a qu’un hôtel de luxe qui s’est délimité une zone avec des bouées pour ne pas approcher. Leurs clients ne veulent pas être dérangés. La longue plage à l’air très belle, mais il y a des rouleaux et c’est sûrement difficile de débarquer en annexe. Nous restons à bord pour ce soir.
2007-03-24 Bilan à 9 moisPour ceux qui n’ont pas le temps de tout lire, pour ceux qui aiment les chiffres, et pour nous, voici le troisième bilan de notre voyage. Au bout de 9 mois de vagabondages, notre projet a accouché.
Depuis le 6 Janvier 2007 à Mindelo, CAP VERT au 16 Mars aux Saintes
Distance parcourue avec Sabeline : 6389 Mn soit 11832 Kms. Nombre de journées en mer : 84 Nombre de nuits en mer : 41Nombre de jours en escale : 175 France Lézardrieux : 1Rade de Brest : 7 Espagne Muros : 1Bayona : 1 Portugal Viana do Castello : 1Aveiro : 1 Peniche : 3 Iles Berlengas : 1 Madère Porto Santo : 4Quinta do Lorde : 1 Machico : 21 Canaries Graciosa Caleta del sobo : 10Lanzarote Porto Naos : 6 Arrecife : 5 Playa Blanca : 1 Tenerife Los Cristianos : 3 La Gomera San Sebastian : 7 Sénégal Dakar et Gorée : 15 Siné-Saloum Djifère : 1 Mar-Lodj : 4 Fambine : 1 Toubacouta : 2 Oudérin 4 Casamance Cachouane : 5 Karabane 1 Nioumoune 1ere escale 2 Ziguinchor 10 Djilapao 2 Nioumoune 2eme escale (Noel) 3 Cap Vert Ihla do SAL, Baia da Palmeira 4 Ihla de Sao Vicente 1
Grenada Prickly Bay 5 Carriacou Tyrrel Bay 2 Hillsborough 1 Petite Martinique Albert Bay 1
St Vincent & Grenadines Petit St Vincent 2Union Clifton Village 1 Palm Island 1 Mayreau Saline Bay 2 Tobago Cays Petit Bateau 1 Barradal 4 Canouan 1 Bequia Port Elizabeth 3 St Vincent Wallilabou bay 1
Ste Lucia La soufriere 1Marigot Bay 2
France Martinique Le Marin 3 Anse Chaudière (Anses d’arlets) 1 St Pierre 1 Dominica Le Roseau 1 Portsmouth 1
France Les Saintes Anse à cointe 1 Guadeloupe Pointe à Pitre la darse 1 La marina, et le pont de Gabarre 1 Deshaies 2 Anse à la Barque 1 Grande Terre, Rivière sens 4 Les Saintes Ilet Cabrit 1
Nombre de Pays visités : 8 Espagne, Portugal, Sénégal, Cap-vert, Grenade, St Vincent, St Lucie, Dominique. Le plus fort vent enregistré en navigation : 30 nd en arrivant à Viana do Castello Température la plus basse relevée à bord : 19°c lors des nuits les plus fraîches sur le Sine Saloum ou Ziguinchor. Température la plus élevée relevée à bord : 50°c à Toubacouta, et 30° la nuit ! Température de l’eau la plus élevée : 30°c à Dakar, mais baignade déconseillée La plus longue durée de navigation : 17 jours, 17 nuits de Mindelo à Grenade La plus longue distance de navigation : 2200 M de Mindelo à Grenade
Les points négatifs : Dommage que notre voyage soit limité en durée, mais c’est déjà mieux que rien. Ce qui nous manque : Depuis notre passage au Sénégal, et les Antilles du sud, c’est la variété de l’alimentation : pas de charcuterie, peu de viande, Le café, le chocolat de dégustation, sont parmi les produits qui ne sont pas aussi bon qu’en France, bien que nous apprécions beaucoup de produits locaux. Heureusement la cambuse s’est remplie dans les îles Françaises. Notre famille nous manque beaucoup malgré la visite d’Isabelle et Alain, des parents ça ne se remplace pas. Plus que 3 mois ! Nous avons perdu aux Antilles, notre tribu d’amis qui s’est dispersée. L’ambiance n’est plus la même, il y a beaucoup de bateau, peu de Français dans le sud et surtout difficile de les approcher, la plupart sont en location ou sont là pour peu de temps.
Les points positifs :
Nous avons fait une première traversée, nous y avons trouvé beaucoup de plaisirs et nous sommes prêts à faire le retour.
Toujours biensur le climat que nous sommes venus chercher, bien que nous avons beaucoup d’averses depuis que nous sommes aux Antilles. La navigation entre les îles et sous le vent des îles nous permet de ne faire que des petits sauts de puces, les escales sont très nombreuses, et la durée de navigation parfois très courte.
Nous profitons des eaux chaudes et claires pour admirer les fonds et les poissons magnifiques qu’il y a par ici. Les plongées et baignades sont quotidiennes.
Petite réflexion :
Le 20 Janvier 2007, La traversée me laisse le loisir de réfléchir, et tout en écoutant un peu de musique qui m’inspire, je rédige ces quelques lignes, pendant un quart ou la mer est sereine et les enfants ont du mal à s’endormir. Il me vient l’envie de tirer une conclusion de notre aventure, bien quelle ne soit pas terminée.
Voila, si vous suivez nos carnets de bord sur notre blog, vous avez remarqué que tout se passe bien, c’est la vie rêvée, la réalité en est très proche. Il y a bien sur quelques moments moins agréables que nous ne dévoilons pas toujours. Mais la vrai vie c’est ça. On a beau s’endormir devant un merveilleux couché de soleil, sur la plus belle île qui soit, entouré des meilleurs amis, nous retrouvons comme les autres les soucis du quotidien, le manque de nos proches qui, tout d’un coup, nous sont très chers, les problèmes que nous pouvons rencontrer comme tout le monde, la vie est comme ça. Si l’on part avec des problèmes, ils nous suivent, rien ne sert de fuir. Ce que j’ai envie de dire ce soir, c’est que je ne regrette rien. J’apprécie déjà depuis longtemps l’éducation et l’amour que mes parents m’ont donnés, La rencontre de ma Karine et de sa fougue de vivre, de vivre la vie. Je ne regrette pas de lui avoir dit « oui », de ne lui pas avoir dis « non » lorsque qu’elle m’a parlé de voyage, bien que je ne me sentais pas à la hauteur, comment faire pour ne pas la décevoir, il fallait y aller. Depuis les difficultés se sont enchaînées, mais guidés par notre rêve, nous ne nous sommes jamais découragés. Lorsque j’osai parler de nos projets ; tout le monde n’était pas disposé à m’écouter ; j’ai entendu beaucoup de « moi je ne peux pas ». C’est ce que j’ai dit à Karine au début, maintenant j’y suis, on l’a fait.
« Moi je ne peux pas, je ne peux pas parce que je ne le veux pas ». C’est ce que je préfèrerais entendre, parce que « quand on veut, on peut ». (Je l’ai entendu souvent de ma maman).
Ce que je peux vous conseiller, si je peux me le permettre, REALISEZ VOS REVES, même s’ils vous semblent insurmontables. La vie est bien faite et les difficultés deviennent surmontables lorsqu’elles sont vécues. Nous n’aurions pas entrepris de traverser l’atlantique il y a 6 mois, mais on s’est lancé, sans pouvoir reculer : D’abord il a fallut pouvoir le faire, faire comprendre, larguer notre matérialisme, quitter nos proches, et par de petites navigations de nuit, des petites traversées, nous avons quitté le Cap-Vert confiants, et voila, on y est, renforcés. Il ne faut pas regarder trop loin devant, La montagne n’est qu’une superposition de plusieurs collines.
Devant un problème, nous arrivons toujours à trouver une solution et ces difficultés finissent par donner confiance en soi. Pour rester modeste, je reconnais que tout n’a pas une solution, il y a bien des difficultés que je n’ai pas encore connues.
Raison de plus pour profiter de la vie qui nous a été donnée, pour la vivre le mieux possible. Il faut OSER, à quelque niveau que ce soit, OSEZ ! Je me plais beaucoup dans mon quotidien, ma vie comme tout le monde alors pourquoi changer ?
Changer de vie, changer d’environnement, est une expérience enrichissante pour notre famille : Notre couple très complice s’est renforcé, uni par le même projet, par les mêmes sentiments, les mêmes appréhensions, des apprentissages mutuels, un vrai remède contre l’habitude. Nous avons vu nos enfants grandir pendant un an, à un age où ils ont vraiment besoin de leurs parents, et qu’ils n’ont pas encore trop d’attaches avec leurs copains copines. Ils tireront, j’espère, beaucoup de cette - trop courte - tranche de vie.
QU’ATTENDEZ VOUS POUR VOUS LANCER ? Les SaintesSamedi 17 Mars Isabelle et Alain partent seuls en snorkeling, décidément ils aiment ça ! Tandis que Karine et moi partons en annexe de l’autre coté de l’île pour chasser un peu. Juste un petit poisson pour Dakar, le fusil n’est pas au point. L’après midi nous suivons un sentier menant au sommet de l’îlot, à travers les mancenilliers, arbres toxiques dont le simple contact avec une feuille peu provoquer une brûlure au second degré. Nous arrivons au fort Joséphine, fort en ruine avec pleins de cachettes, des souterrains, et une réserve d’eau douce. Yoan pressé de faire une blague à sa sœur, part se cacher. après quelques « au secours » qu’au début nous ne prenons pas au sérieux, Karine bondit et le retrouve dans un bassin couvert ou il n’a pas pied, la petite ouverture est bien au dessus du niveau de l’eau mais je lui tend un bras et le hissons à terre. Une belle frayeur. De retour à bord, Francis vient discuter un peu avant de quitter ce mouillage pour l’anse de Bourg à Terre de Haut. Il y a beaucoup de bateaux, beaucoup de fond et l’ancre ne tient pas. Nous nous y reprenons à 5 reprises, avant de mouiller loin du bourg.
Dimanche 18 Mars Après l’école, nous changeons de place. Le bateau roule un peu et c’est inconfortable pour nos passagers. Nous mouillons tout près de la plage, mais là aussi l’ancre ne tient pas. Nous empennelons une deuxième ancre et Sabeline tient bon. Après un bon repas dominical, nous entamons une ballade dans la petite ville, Il y a beaucoup de scooters dans les rues étroites. En chemin, nous rencontrons des vaches, des cabris et beaucoup d’iguanes. Nous marchons jusqu’à la plage de Pompierre, belle plage de cocotiers. Après une bonne baignade ludique, nous rentrons à bord avec la nuit, pour déguster des cuisses de poulets boucanés, grillées au barbecue. Tout va bien sauf pour Isabelle et Alain qui préfèrent aller manger dans le cockpit, pour moins ressentir le roulis. Côte à côte, on dirait deux vieux qui se dandinent sur leur balancelle.
Lundi 19 Mars La nuit a été mouvementée, 2 ou 3 grains ont troublé notre sommeil. Karine surveille un cata mouillé devant nous, s’il chasse il est sur nous. C’est ce qui ce passe pour notre voisin, que nous entendons crier à 5h du matin. De plus il a une panne moteur. Nous débarquons de bonne heure à terre pour visiter le Fort Napoléon, au sommet d’une colline. Une guide nous explique l’histoire de ce fort et des Santois, avec un groupe de touristes pressés. Nous déambulons ensuite dans le parc orné de cactus et de plantes grasses. Nous sommes surtout impressionnés par les gros iguanes qui se cachent dans les buissons. De retour en bas, nous retournons vers la plage de Dompierre où nous avions repéré un bon restaurant « La douceur de l’Isle » Nous goûtons à tout : Accras de morue, Boudin antillais, pâté de poisson en entrées, puis colombo de cabri, Dorade Coryphène, terminés par de bonnes glaces aux parfums exotiques. Pour la digestion, nous contournons les pieds dans l’eau la plage de Pompierre, et requinqués par une bonne baignade, nous commençons « la trace des crêtes » Les jambes sont un peu douloureuses mais la vue en vaut le coup. Nous marchons sur un vague sentier de sommet en sommet, accompagné par les chèvres. Nous redescendons vers la plage de Grand Anse, le cimetière (le club VVE : Village Vacances Eternelles), et le bourg. Nous achetons quelques boissons fraîches que nous sirotons sur la plage, devant le coucher de soleil, en face Sabeline. Journée fatigante pour tout le monde, nous sommes couchés de bonne heure.
Mardi 20 Mars Matinée administrative : Nous passons beaucoup de temps à la cabine téléphonique, il n’y a qu’un cybercafé sur l’île et hors de prix. Il n’y a qu’un distributeur de billet en panne, heureusement Alain nous fait crédit. Pour se réconforter nous prenons un cocktail de fruits au bar près de l’embarcadère. De retour à bord, baignade et repas. Nous partons avec Sabeline contourner l’île et mouiller dans le fond de la baie Marigot. Elle paraissait beaucoup plus belle d’en haut. Nous faisons comme même une petite plongée. Je ramène quelques poissons pour le chat. Yoan s’entraîne à manipuler le fusil. Ensuite, Alain, Yoan et moi accostons en annexe, pour visiter le hameau, finalement nous retournons jusqu’au Bourg pour acheter du pain. En arrivant à bord, Isabelle est couchée et ne supporte pas le roulis. Nous décidons de retourner derrière l’îlot Cabri, malgré la nuit tombée. Le mouillage est mieux abrité de la houle, et nous pouvons passer une soirée tranquille.
Mercredi 21 Mars Levés à 8 heures, nous sommes presque aussitôt à l’eau : plongée et chasse. Nous quittons les saintes en fin de matinée pour une nav de 24 M, Isa dort dans sa cabine, Alain veille sur les casiers et les autres bateaux. Nous franchissons la passe du port de Pointe à Pitre vers 16h, nous mouillons à la Darse. Après un petit rafraîchissement nous débarquons à terre, en plein centre. Pendant que les filles lèchent quelques vitrines (c’est une expression, ici il n’y a pas de vitrine), Alain et moi cherchons un loueur de voiture pour continuer la visite de Grande Terre demain. Un quart d’heure après, nous avons la clé dans la poche. Un tour à la banque, une glace, une ballade dans la ville occupent notre dernière soirée ensemble.
Guadeloupe -Tour de Basse TerreMercredi 7 mars Quelle journée stressante ! Après un rangement de notre bateau, nous débarquons en annexe, en plein cœur du marché. Nous achetons des légumes, des fruits, du punch et des épices à une vieille vendeuse très sympa. Accompagnés d’enfants, nous ne sont pas considérés comme des gens de passage. L’accueil et les prix s’en ressentent. Nous remplissons ensuite un caddie à Ecomax, un petit supermarché près des quais. Nous déjeunons rapidement à bord et accostons Sabeline un peu plus loin, à la Marina. Tous ses préparatifs pour accueillir comme il se doit nos hôtes : Isabelle et Alain. Ils atterrissent à 15h30, dans le hall des arrivées de l’aéroport, les retrouvailles sont émouvantes. Nous prenons un taxi pour rentrer à la Marina. Dès leur embarquement Isa et Alain se déshabillent. Le déballage de leurs bagages est plein de surprises, nos parents nous ont gâtés, du chocolat, du saucisson sec, du chorizo, de la fondue savoyarde, un jambon de Bayonne entier et plein d’autres gâteries que nous ne trouvons pas ici. Nous larguons les amarres pour aller mouiller avant la nuit près du pont de la Gabarre, un pont routier qui sépare Basse-Terre et Grande Terre. Il ne s’ouvre qu’à 5 heures du matin, nous le franchirons demain matin. En attendant un bon petit apéro, une bouillabaisse au thazard, une douche froide derrière la barre à roue, il faut bien ça pour nos invités. Nous sommes couchés de bonne heure, la journée a été longue pour eux.
Jeudi 8 Mars La navigation c’est un métier, nous sommes levés de bonne heure pour franchir les deux ponts de la Rivière Salée, et nous mouillons au milieu de la mangrove pour prendre le petit déjeuner tranquille. Les petits moustiques très nombreux et agressifs nous obligent à remettre les gaz. À la levée du jour, Sabeline suit un chenal bien balisé, limité à 1m60 de tirant d’eau. Le lagon est très vaste mais le chenal est parfois très étroit. Lorsque nous approchons de la barrière de corail qui protège le lagon, nous mouillons près d’un petit îlot. Il est 8 heures, petit cours de snorkeling, Isabelle et Alain font leurs premiers essais. Les fonds ne sont pas terribles, mais c’est déjà pas mal. Nous hissons les voiles, et franchissons la barrière par la passe. Nous parcourons 25 M pour contourner Basse Terre et mouiller à l’abri dans l’anse de Deshaies. La navigation a été très agréable, sauf pour Isabelle qui a essayé de remplir un seau, elle a fini par s’endormir dans sa cabine arrière. Nous prenons un bon repas au calme du mouillage, du poulet à Mamie Thérèse, importé de Mordelles. L’après midi, Isabelle est pressée de mettre pied à terre, nous nous baladons dans la petite ville, quelques commerces, une église, nous trouvons un loueur de voiture pour demain. Pendant que je bricole à bord, problème de pompe de cale, (c’est un comble), Yoan joue à la plage avec Elodie sous la surveillance de Karine, Isa et Alain. Il se fait piquer dans l’eau et se plaint vivement. Nous le ramenons à bord pour le soigner, le pied gonfle. Yoan finit par s’endormir après beaucoup de pleurs. Nous dînons et prenons un petit bain de minuit pour se rafraîchir.
Vendredi 9 Mars Happy birthday to you, Elodie ! Journée très fatigante : une heure de marche dans la boue, un bain, une douche, ont mis à plat Isa et Alain. Le temps de récupérer une voiture disponible, de faire la lourde paperasse, il n’y a qu’en France qu’on voit ça, il est déjà 10H30. Nous prenons la route unique vers le sud, puis empruntons la traverse, qui coupe par la montagne. Nous faisons une première halte pour faire un tour dans la forêt tropicale, sur un sentier très boueux et accidenté, entre les fougères arborescentes, les grosses racines et les lianes. Le pied de Yoan dégonfle et il nous suit aisément. Nous traversons le torrent pour pique-niquer de l’autre coté. Nous reprenons la voiture, et quelques Kms plus loin, nouvelle halte à la Cascade aux Ecrevisses. Nous discutons avec 2 artistes : un graveur de calebasse, et un autre qui installera prochainement une boutique à Rennes de dégustation de cafés. Nous marchons jusqu’à la chute d’eau, enfilons nos maillots et nageons au pied de la chute. Sous le jet le massage est très tonique. Pour se reposer un peu, nous continuons vers Le Lamentin et dégustons quelques gouttes de punch à la distillerie « domaine de Séverin », une petite ballade dans le parc à travers les presses et les réservoirs de jus de canne, ramassage des yeux de perdrix, petites perles rouges et brillantes, sous un arbre. Nous poursuivons notre route vers Ste Rose, et allons se doucher, dans un endroit aménagé, apparemment bien connu des guadeloupéens, sous de l’eau tiède, sulfureuse. Nous rentrons en suivant la cote, en s’arrêtant encore pour profiter du coucher de soleil sur une belle plage. Nous rentrons à bord pour fêter l’anniversaire d’Elodie. Faire un gâteau, prendre un apéro au champagne et aux saucisses de Strasbourg, tel qu’elle le voulait. Les cadeaux défilent les l’un après les autres. Elle est déjà comblée, le sourire jusqu’aux oreilles, que d’autres cadeaux arrivent encore. Elle n’est pas ingrate et exprime son bonheur, ça fait plaisir.
Samedi 10 Mars Nous quittons le mouillage de Deshaies, et naviguons vers le sud jusqu’à ilet Pigeon, au cœur de la réserve Cousteau. Nous prenons une bouée car l’ancrage est interdit. Nous avalons un repas vite fait avant de plonger dans les eaux transparentes. Isabelle et Alain ont encore des fuites dans leurs masques, et ont du mal à gérer le tuba. Il y a de nombreux poissons dont quelques dorades qui viennent becqueter la bouée d’isabelle. Mais elle aurait préféré une tasse de café plutôt qu’une tasse d’eau de mer, elle rentre à bord. En annexe, nous contournons l’îlot et nous faisons le tour en snorkeling d’un autre petit îlot. Alain nous accompagne pour explorer des fonds de coraux, quelques gorgones, quelques éponges et beaucoup de poissons, dont un barracuda. Il obtient ainsi son brevet 500m nage libre (avec assistance). Nous continuons notre lente progression. En arrivant à « l’anse à la barque » une vedette des Douanes Françaises se place à notre bâbord à 3m, un officier nous pose quelques questions : Nom du navire, Port d’attache, port habituel, combien de personnes à bord, nationalité. Nous lui répondons et expliquons que nous n’avons pas de port habituel et lui racontons notre parcours. La vedette nous suit jusqu’à ce qu’on mouille dans la baie. Nous nous attendons à un contrôle plus approfondi, mais ils s’intéressent aux deux autres bateaux mouillés dans l’anse. Je débarque à terre avec Isa et Alain, pour marcher sur la plage et dans la palmeraie, mais il n’y a rien à voir, nous rentrons sur Sabeline.
Dimanche 11 Mars Après le petit déjeuner, les machines chauffent, nous retournons vers « Petite Anse des trois tortues » que nous devions explorer hier, mais nous n’avons pas pu à cause de l’intervention de la Douane. Le cadre est plus joli et décidons de s’y arrêter pour nager et profiter du dimanche comme les guadeloupéens qui pique-niquent sur la plage. Il y a 2 petits restaus mais les menus ne nous tentent pas trop, ce sera mieux à bord, c’est Karine qui cuisine. Ensuite, nous repartons pour quelques miles, jusqu’à la ville de Basse-Terre et la marina de Rivière Sens. Nous entrons dans le port dont la digue a été détruite par le cyclone Leny, le passage est encombré de blocs de béton. Peu rassurant, un voilier est à moitié coulé dans le port. Nous nous amarrons à couple d’un cata. Karine, Isa et Alain débarquent pour trouver une zone wifi et donner de nos nouvelles. Les enfants jouent sur le ponton. Pendant ce temps, je reste à bord, c’est le salon du bricolage, installation d’une autre pompe de cale, électricité, plomberie, essais de produits de nettoyage etc. au dîner, nous dégustons des bockits, des petits pains épicés avec du poulet à l’intérieur.
Lundi 12 Mars Le temps est gris et pluvieux aujourd’hui. Nous cherchons une voiture de location à proximité, mais il n’y a rien de disponible. Nous marchons jusqu’à Basse-Terre, la grande ville voisine. Il n’y a pas grand-chose à voir à part le marché très coloré. Nous mangeons dans un bon petit restaurant, puis nous continuons à faire un peu de shopping et nous réservons une voiture pour ce soir. Dans une boutique informatique nous essayons de trouver le cordon qui nous manque pour le téléphone iridium, mais nous n’avons pas le téléphone sur nous. Un client se propose de me ramener à Rivière Sens, et je fais un aller-retour rapide à la Marina. Le client ramène les enfants, Isa et Alain à Rivière-Sens. Karine et moi passons commande du cordon avant la fermeture des boutiques à 17h. Ils font de bonnes matinées ici, mais l’après-midi, ils sont en « roue-libre » et ils finissent de bonne heure. Nous prenons la voiture de location, pour rejoindre les enfants à la plage près de la marina. Il y a beaucoup de gens qui viennent se baigner ici après le boulot. Devant la plage de sable noir, Isé le bateau d’Alain est mouillé. Yoan l’a reconnu, et il passera sur Sabeline ce soir. Nous discutons avec une guadeloupéenne Carole et sa fille de 10 ans Chloé, nous l’invitons à venir voir notre bateau. Nous nous retrouvons à 9 pour prendre l’apéro dans le cockpit.
Mardi 13 Mars Dès 8 heures, nous sommes en route, vers les chutes du Carbet. Il y a une petite heure de route entrecoupée d’une petite pause au petit port de pèche de St Sauveur. Nous sommes accueillis par le personnel du parc National. Il y a 3 chutes d’eau, la deuxième est relativement proche et le sentier aménagé permet l’accès à beaucoup de monde. Trop de monde à mon goût : Des groupes de touristes excessivement parfumés troublent la quiétude des lieux. De plus le sentier se termine par une plate forme ou il est impossible d’approcher la chute suite au dernier séisme de Novembre 2004. Nous empruntons un autre sentier vers la première chute d’eau, beaucoup moins bien aménagé, moins de monde et plus sportif. Après une heure et demi de marche, nous arrivons au pied de l’immense chute de 115m. Les roches sont de couleur ocre, et les enfants courent sur les derniers mètres pour aller patouiller. Yoan et moi nous baignons dans le bassin au pied de la chute. Et cassons la croûte dans les rochers. Nous prenons beaucoup de photos de ce coin magnifique, et redescendons à travers la forêt tropicale. Alain se gamelle et se rattrape de justesse avant de tomber plus bas dans le décor. Nous discutons aussi avec un couple de jeunes qui ont fait la traversée en tant qu’équipier sur un voilier. Ils prennent de l’avance sur nous et Yoan descend avec eux. Elodie est devant, elle chante et encourage Isa et Alain qui restent à la traîne. Arrivés en bas, nous prenons une petite collation chez une mama qui nous appelle par des mots tendres. En voiture, nous descendons encore sur quelques kilomètres avant de s’arrêter à Grand-Etang Nous retrouvons nos deux jeunes et discutons encore de voyage et de randos. Nous continuons notre route en auto et crevons en arrivant sur la nationale vers Pointe à Pitre. 10 minutes après c’est repartit vers la plage des Claires. Isa, Alain et Yoan se baignent, mais Isabelle ressort avec des piqûres de méduses. Nous quittons le coin après un long bavardage avec un blanc résidant ici depuis longtemps. Nous passons rapidement au village de Goyave, son petit port abrité par une barrière de corail et très agréable, puis nous rentrons à Rivière Sens. Ce soir galettes de blé noir, Carole et sa fille viennent nous rejoindre pour prendre un petit verre.
Mercredi 14 Mars Nous quittons la marina vers 8 heures pour La Soufrière. Nous commençons l’ascension aux « bains jaunes » car la route menant au parking de la « Savane à Mulets » a été détruite lors du dernier séisme. Une demi-heure de grimpette dans la forêt tropicale et nous arrivons à la Savane à Mulet. Il n’y a plus d’arbre et la montagne se dresse devant nous, des volutes de vapeurs s’échappent du sommet. Il reste encore 325 m à gravir avant d’y arriver. Pour une fois elle est dégagée, nous avons de la chance, elle est sous les nuages 9 jours sur 10. Coté sud, nous apercevons l’archipel des Saintes. Nous empruntons un sentier rocailleux, qui motive davantage les enfants, les voila partis devant. La végétation reste très dense et très humide. Des mousses épaisses, gorgées d’eau, tantôt vert clair tantôt ocre ou rose garnissent la paroi verticale du sentier. Il y a aussi des ananas sauvages non comestibles et des caoutchoucs. Nous traversons devant des failles, des éboulements où les fougères arborescentes se développent. La dernière demi-heure ressemble plus à de l’escalade qu’à de la randonnée, puis nous arrivons vers 11h30 sur le plateau à 1467m d’altitude, où il y a une végétation particulière, plusieurs gouffres, et plusieurs cratères crachant de la vapeur. L’un d’entre eux est très impressionnant, le bruit est assourdissant, comme celui d’une énorme cocote minute. Les parois sont jaunes, chargées de souffre, et les gaz qui s’en échappent sont toxiques. En s’approchant les yeux s’irritent et la gorge picote. Nous pique-niquons sur quelques rochers à l’abri du vent et des vapeurs : saucisson, pâté, pain, chocolat, quel bonheur ! Vers 14h nous entamons la descente, le sentier se faufile entre les roches, dans une pente à 45°. Lorsqu’ Elodie croise des personnes qui montent elle leur explique ceci : « Bonjour, vous allez voir 2 pancartes, après vous grimperez pendant une demi heure, et vous serez arrivés, mais attention il faut se boucher le nez , on tousse à cause du souffre en haut, bon courage ! » Puis en donnant un coup de poing dans les mollets d’Isabelle qui se reprend son souffle, « t’as de bonnes chaussures tata, paniques pas ! » Elodie fini la ballade avec un peu de mal, mais vite oublié par un bain dans les eaux tièdes et jaunes. Nous faisons tous comme elle, pour se relaxer. En sortant, l’air est vivifiant. Nous devons rendre la voiture de location à 17h, nous avons juste le temps de passer dans les boutiques de Basse-terre pour acheter des chaussures à Yoan, déposer sacs et équipage à la Marina, faire l’appoint de carburant et retourner cher le loueur à basse-terre. Il se montre exagérément pointilleux.
Jeudi 15 Mars Nous restons à Basse terre pour assister au carnaval, qui a lieu à la mi-carême (milieu de la saison théoriquement sèche). Il commence à 16h aujourd’hui. En attendant je retourne seul à Basse-terre en stop (finalement à pied) pour me rendre au magasin informatique pour récupérer le câble que j’ai commandé. En arrivant la boutique est fermée, pourtant les heures d’ouverture sont affichées et j’avais presque rendez-vous aujourd’hui. Je téléphone d’une boutique voisine en vain. Je retourne à Rivière Sens en prenant un minibus qui me ballade dans tous les quartiers pendant une demi-heure. L’après midi, Alain essaie de faire une sieste, mais j’ai entrepris de nettoyer l’extérieur du bateau, il s’allonge dans le cockpit, il reçoit des éclaboussures, il va à l’intérieur il a trop chaud les hublots fermés, finalement, il rejoint Isa et Karine parties téléphoner et envoyer quelques photos par Internet près d’un gîte voisin. Nous partons ensemble à Basse Terre et dans l’une des rues principale, nous attendons le défilé, irrigués par une boisson fraîche puis un délicieux sorbet coco. Tout le monde est habillé et rouge et noir. Les 4 groupes défilent dans les rues, les femmes portent de très belles tenues, des jupes, des coiffes colorées et brillantes. Elles dansent, suivies des hommes qui tapent sur leurs instruments de musique, des bidons, des lambis, le tout dans un tintamarre diaboliquement rythmé. La nuit tombée, nous rentrons tranquillement au port pour prendre une bonne douche sur le pont de Sabeline avec le tuyau d’arrosage branché au ponton.
Vendredi 16 Mars Nous quittons la marina de Rivière Sens pour aller mouiller devant le centre de Basse-terre. Je débarque avec Isa et Alain, et je retourne à la boutique informatique pendant qu’ils font quelques courses. Mon cordon n’est toujours pas arrivé, on verra ça plus tard. L’embarquement dans l’annexe est délicat, il y a des rouleaux et une vague en profite pour embarquer avec nous. Sans perdre de temps, Sabeline quitte cet endroit rouleur, et pointe son étrave vers le sud. Nous tirons des bords au près pendant tout le parcours qui nous sépare des Saintes. On se prend un bon grain et le vent monte vite. Nous arrivons à l’ilet Cabrit, îlot inhabité. Nous reconnaissons de suite le Roi Arthur 3, nous n’avions pas revu Yolande et Francis depuis Arrecife. Ils nous invitent à un barbecue sur la plage avec Madéo qui nous rejoint bientôt, ainsi que Corinne et Georges. Une soirée entre bretons. 2007-03-10 Dominique et les SaintesDimanche 4 Mars Yoan et Elodie restent à bord pendant que nous débarquons à terre. Les favelas sont construites entre la mer et la rue. De l’autre coté il y a des maisons en dur. On suppose que les cyclones détruisent à chaque fois tous ces bidonvilles. Nous retrouvons Michel après avoir demandé notre chemin. Le «French man » à l’air connu dans le quartier. Nous pensons que c’est la bonne personne pour lui confier ce qu’il nous reste d’humanitaire, des vêtements d’enfants, des peluches. Il aide quelques familles du quartier et cela pourra leur faire plaisir. Après avoir communiqué par Internet avec notre famille toute réunie, il est 14h, et il est temps de partir. Nous larguons notre bouée, pour 20 M vers le nord de la Dominique. A 17h nous arrivons à Portsmouth, l’autre mouillage de l’île. Nous mouillons avec un petit groupe de bateaux, près d’un Mallard 10.40, dont les propriétaires nous font des signes. Georges arrive à bord avec son annexe et montre beaucoup d’intérêt à la visite de notre « Septentrion » dont l’aménagement est très différent du leur. Ensuite nous allons visiter leur bateau et prenons l’apéro chez Frédérique et Georges, deux jeunes retraités. Nous discutons de bateaux bien sur !
Lundi 5 mars Notre déplaçons Sabeline dans l’immense baie de Prince Ruppert Bay, pour être en face de la rivière indienne, une des curiosités touristique de l’île. Nous entrons en annexe dans l’étroite embouchure. Aussitôt, un gardien nous interpelle, pas question de remonter la rivière en annexe. Il faut faire appel à leurs services. Après négociation (prix divisé par deux) nous nous mettons d’accord pour 80 $EC, plus 15 EC pour les droits du parc national. Nous remontons la rivière sur une barque, c’est le guide qui rame. Les moteurs sont interdits pour respecter le site et apprécier les chants d’oiseaux. Les racines des arbres sont impressionnantes, on se croirait dans un décor préhistorique. Après plusieurs méandres, la rivière se rétrécit et nous débarquons à terre, dans une petite clairière très fleurie, des hibiscus, des ananas et des bananiers. C’est très humide : A cause de ses 8 volcans assez élevés, Il pleut 360 jours par an sur cette île, et le sol est trempé et glissant. Nous redescendons la rivière jusqu’au quai à l’embouchure. Une équipe de tournage de film prépare un décor avec des crânes humains plantés sur des bâtons de bois. Nous récupérons notre annexe, et retournons à bord de Sabeline. Un petit repas, une petite biture, et nous quittons la Dominique sous voiles. Nous marchons à Plus de 7 nds au largue, c’est très agréable. En arrivant, nous naviguons entre les ilets et mouillons dans l’anse du pain de Sucre à Terre de Haut. Les enfants jouent avec leur dinghy gonflable pendant que je bricole un peu.
Mardi 6 mars La journée démarre par une plongée autour du pain de sucre, nous laissons l’annexe sur son ancre, pendant que nous faisons le tour, il y a des beaux fonds, mais le temps est nuageux et il manque de luminosité. Les tombants sont spectaculaires, de belles éponges, des gorgones et quelques poissons coralliens. Vers 14h, nous hissons les voiles pour une traversée de 24 M pour Pointe à Pitre. Il y a peu de vent et les grains se succèdent, je suis seul de veille et trempé, il faut slalomer entre les casiers car nous longeons la cote de Basse-Terre. Sabeline suit le chenal d’entrée du port, et nous mouillons juste avant la nuit, à La Darse, en plein centre ville. 2007-03-04 Ste Lucie et MartiniqueSamedi 24 Février La Soufrière ST Lucie. Lorsque je me réveille, Karine a déjà pêché 7 petits poissons noir et jaune pour le chat, elle est déjà dans l’eau, Yoan et Elodie se baignent aussi dans cet aquarium. Moi je prends mon petit dej tranquille. 9h, le speed-boat vient nous chercher, c’était convenu dans la négociation. Nous débarquons au ponton de la Soufrière. Aussitôt, un taxi nous propose de visiter les lieux touristiques de l’île pour 160 EC. Le prix est peut être correct mais nous ne sommes pas encore renseigné, nous refusons. Nous cherchons dans la ville la « gare routière », c’est le lieu où tous les minibus se rassemblent et se donnent le tour pour partir plein. Nous entrons dans une boutique, une vendeuse qui parle français (c’est courant à ST Lucie, l’île ayant été 7 fois Françaises, 7 fois Anglaises) nous indique ce qu’il ne faut pas rater et comment y aller. Nous trouvons les bus en face de l’église, l’un d’entre-eux nous dépose près des Sulfur Springs pour 10 EC. Un peu de marche à travers la végétation tropicale et nous arrivons dans le cratère du volcan. Nous payons l’entrée et un guide nous montre les cheminées du volcan. Entourés de pierres jaunes et grises, des petits cratères remplis de boue bouillonnante, crachent des volutes de vapeur et de fumées. L’odeur de souffre et de sulfure d’hydrogène est très forte. En redescendant, nous trempons nos pieds dans un bassin d’eau chaude (40°C) et grise. Les enfants trouvent de la boue grise et se badigeonnent les membres. Nous retournons à la Soufrière à pied, au bord de la route, cela permet de découvrir encore quelques fruits, fleurs, animaux ; une espèce de buffle un peu agressif nous impressionne par sa taille ; et d’apprécier une vue superbe sur petit Piton et la baie de la Soufrière. Nous retournons vers la mer en traversant les quartiers pauvres. Nous grignotons sur les rochers près de l’eau, du poulet boucané et des beignets de pommes de terre, pour un prix dérisoire. Nous allons voir ensuite un vieux gréement accosté au ponton, notre intérêt à du se faire remarquer puisque nous sommes invités à bord. Un des matelots nous montre son album photo, tout fier d’avoir tourné avec Johnny Deep (Jack Sparow), ce bateau a participé au tournage du film « Les pirates des Caraïbes ». Nous repartons en vadrouille pour aller voir les « Diamonts Falls » des chutes d’eau sulfureuses. Nous demandons plusieurs fois notre chemin dans la ville, et un homme nous propose de nous emmener avec sa voiture. Après une négociation difficile il accepte pour 10 EC. Les chutes sont dans un jardin botanique, où toutes les espèces d’arbres et de fruits tropicaux sont joliment exposées. L’entrée nous coûte 37 EC un peu difficile à avaler, car lors de nos ballades nous avons déjà croisé tous ces fruits, ces arbres, et épices. C’est bien pour les gens pressés qui veulent tout voir d’un coup. Le pire est de voir une pancarte nous interdisant de se baigner sous les chutes, les enfants sont très déçus, nous aussi, on aurait bien fait comme à Madère ! A la sortie du jardin botanique, nous demandons à une guide d’un car de touristes s’il est possible de nous ramener à la ville, elle refuse, c’est un car privé, et il n’y a plus de place. Nous marchons sur la petite route vers la Soufrière et le car passe à coté de nous, s’arrête et nous emmène à la ville. Comme quoi le culot ça marche. Karine discute avec les touristes anglais et raconte nos aventures. Nous arrivons au ponton, et nous sommes encore tributaire d’un transport, après 5 minutes d’attente, je fais signe à un speed-boat, qui passe à quelques encablures, il vient nous chercher et pour 10 EC nous dépose sur Sabeline à vive allure, poussé par ses 85 ch. Cette fois je me baigne volontiers autour du bateau, les fonds sont en effet magnifiques, des coraux, des gorgones, des éponges en forme de vasque, des éponges en tubes jaunes, nombreuses variétés de poissons : presque plus riches que les Tobago Cays. Je comprends maintenant l’intérêt de créer un parc national aquatique où il est interdit de mouiller son ancre, de pêcher, de prélever des coraux. 16h, nous larguons la bouée pour 2 heures de navigation le long de la cote. Les palmeraies succèdent aux hautes falaises, et de temps en temps un petit village. Nous mouillons à Marigot Bay, une baie très creuse et bien protégée qui était magnifique il y a 3 ans. Maintenant, il y beaucoup plus de bateaux, plus de constructions, l’accès à la mangrove au fond est réservé aux voiliers sur bouée. Nous nous baignons toute la soirée, cours de plongeon ce soir. Elodie progresse très vite.
Dimanche 25 Février Nous captons Internet à bord aujourd’hui, Karine passe pas mal de temps à téléphoner, et lire les mails. Pendant ce temps je bricole. Je démonte La poignée de gaz et d’inverseur pour nettoyage et graissage, je la trouvais de plus en plus dure. Je monte en haut de l’artimon pour faire quelques vérifications sur le radar et réparer l’éclairage de cockpit. Ensuite lorsque Yoan et Elodie veulent aller à la plage le moteur HB ne démarre pas : démontage carburateur et ça repart. L’essence d’Afrique était de mauvaise qualité. En fin d’après midi nous allons faire un tour près des nouvelles constructions, une zone très haut de gamme se construit, déjà le ponton accueille des yachts de milliardaires, bientôt ce sera le ST Trop’ des Antilles. Nous cherchons un restau pour ce soir, mais les prix sont abusifs. Sur Sabeline, les enfants nous font la cuisine pendant qu’on se prend un petit verre, et pour bien moins cher.
Lundi 26 Février Nous décollons de Marigot Bay vers 10 h, nous longeons la cote sous le vent jusqu’à Gros Islet, au nord de l’île. Il y a beaucoup de fortes rafales. Nous mouillons devant la plage, et nous prenons un repas avant de partir pour la martinique. Ça ne nous dit rien de débarquer et nous préférons être rendu au Marin ce soir. Nous prenons un ris dans la grand-voile et traversons au près dans une mer agitée par 22 nd de vent. Nous arrivons près du Marin, il y a un chenal à respecter pour ne pas se prendre une patate (patate de corail évidement), heureusement il y a de belles balises bien grosses et visibles : c’est la France. Nous explorons le fond du cul de sac et nous trouvons une place pour mouiller. La baie est très vaste et il y a beaucoup de bateaux. Nous retrouvons à coté de nous JULLY, un Ketch de Nantes, bleu, en acier. Nous avions déjà rencontré Carrina, Titouan et leurs deux garçons à la Gomera. (Canaries).
Mardi 27 février Mission ravitaillement du bord ce matin. Nous partons en annexe au Leader Price, tout a été prévu pour les navigateurs, un ponton et des caddies (heureusement nous avons encore quelques pièces d’Euros). Nous n’avons jamais été si contents de faire des courses. Nous y retrouvons tous les produits que nous n’avons pas mangés depuis 6 mois. Quelle abondance, du saucisson sec, de la viande fraîche, plein de choix de desserts, de glaces, de Yaourts, des fruits, des baguettes, du camembert, de la laitue, de la purée. Nous ressortons avec 3 caddies, un ticket de caisse de 1m de long. Il faut 2 tours d’annexe pour tout embarquer. Notre bidon d’essence a disparu, il n’était pas cadenassé, comme la plupart du temps depuis 8 mois. Ce midi au menu, entrecôtes grillés sur barbecue, salade verte et des châtaignes. Ensuite, nous partons en ballade sur les quais du Marin. Nous saluons une autre famille en cata nommé Mamaso, rencontré aussi à la Gomera. Yoan reste jouer avec les autres enfants, pendant que nous marchons le long des quais. En passant devant un kiosque, je reconnais Sandrine. Elle vend des billets pour des promenades en cata à Ste Lucie. Nous allons prendre un verre ensemble au Mango Bay, le pub rendez-vous des navigateurs.
Mercredi 28 Février Pendant que Karine fait l’école et que je nettoie la terrasse, (le cockpit), Titouan vient nous inviter pour prendre l’apéro sur Jully. Nous partons ensuite pique-niquer à terre près du chantier nautique, avec l’équipage de Mamaso, leur catamaran est actuellement en carénage. En milieu d’après midi, l’horloge tourne vite sous les tropiques, nous laissons notre panier pique-nique dans l’annexe, et allons faire les boutiques autour de chantier. En revenant à l’annexe le sac a été volé. La rosette, le jambon, les baguettes de pain, le beurre, le tire-bouchon, ont du décevoir le voleur ! C’est ça la France ? Deux escales à terre, deux vols. Bravo, on nous avait mis en garde pour l’Afrique, le Cap-vert, ST Vincent, mais c’est dans son propre pays qu’on se fait voler ! Ce soir nous sommes invités à dîner sur Millepertuis, avec Sandrine et Erwan. Ils se sont installés pour 2 ans au ponton, ils ont acheté une voiture et ont trouvé un travail. Nous leur donnons notre vélo pliant qui est tout rouillé. Il ne nous a pas servi depuis Brest, et il encombre le pont de Sabeline. C’est une bonne soirée de retrouvailles et d’adieu en même temps, nos chemins ont désormais peu de chance de se croiser.
Jeudi 1er Mars Nous allons Karine et moi au Mango-Bay, pour profiter d’Internet, faire un peu de paperasse et prendre des nouvelles de la famille. Retour tardif sur Sabeline, Barbecue cotes de porc accompagné de cristophines. Ananas en dessert. 16h, nous quittons le Marin, pour une navigation pépère de 14 M au portant. Nous passons entre la pointe et le rocher du Diamant, illuminé par les couleurs du crépuscule. Nous mouillons dans l’Anse Chaudière, près des Anses D’Arlet. Ça va il ne fait pas trop chaud, on se prend un grain en arrivant. Le coin est très tranquille, il n’y a que le chant des vagues sur la plage, les poissons qui sautent dans l’eau et les grenouilles qui croassent.
Vendredi 2 Mars Petite plongée pour explorer les fonds. L’eau est claire mais pas de coraux, pas de poissons, sauf une sole que nous avons eu du mal à embrocher. Elle a fini dans l’assiette ce midi mais il n’y en avait pas pour quatre. Nous avons enfin le droit de chasser (c’est interdit dans toutes les Antilles sud), mais les poissons le savent et se sont tous barrés. En début d’après midi, nous remontons l’ancre pour l’anse Mitan, lieu que nous connaissons déjà pour y avoir résidé une semaine en hôtel. Presque arrivés, nous changeons de cap pour ST Pierre, un peu plus au nord. Cela nous permet de gagner presque une journée, et le temps très gris ne donne pas envie de rester faire de la plage. Encore 14 M en longeant la cote et nous voilà à ST Pierre avant la nuit, nous mouillons devant la cathédrale. Je reconnais Izé le bateau d’Alain un solitaire que nous avons rencontré à Madère, et qui est resté longtemps en Casamance. Nous prenons l’apéro ensemble sur Sabeline, nous avons plein de choses à nous raconter et discuter de nos projets. 2007-02-25 Canouan à St Vincentlundi 19 février Aussitôt les cahiers d’école refermés, nous hissons les voiles pour profiter de les rincer avec la pluie qui tombe depuis cette nuit. Nous levons l’ancre vers 11h et tirons des petits bords contre un petit vent en plein dans le nez, Nous voguons vers le nord, l’île de Béquia est à plus de 20 M. la visibilité est très faible sous cette interminable pluie, et les falaises de West Cay, me sont apparues au dernier moment. Nous mouillons devant port Elizabeth à gauche de Admiralty Bay, dans le coin des pécheurs, c’est plus tranquille, il y a moins de voiliers. La baie est calme, pas de clapot, peu de vent, c’est très reposant comparé au mouillage des Tobago Cays.
Mardi 20 février Ballade dans la petite ville pour faire quelques achats, d’abord le marché aux fruits, il y a enfin des beaux fruits ici, et les rastas qui les vendent sont cool. Les maisons sont très colorées ici aussi, mais elles sont aussi plus grandes, le tourisme marche mieux ici qu’ à Canouan. Le Front de mer est très agréable. Nous faisons quelques boutiques et nous montons au premier étage d’un petit restau, Maria’s. Nous attendons une heure avant d’être servi : Un vulgaire snack au prix d’une bonne table en France. Puis nous marchons le long de la plage étroite, pour admirer les beaux hôtels et les belles maisons dont les soupentes et les balcons sont finement travaillés. Elodie et Yoan ramassent quelques noix de coco. Nous entrons dans une église, les couleurs sont très claires, tous les bois sont peints, le clocher est au sol, simple précaution contre les cyclones. Les filles passent un bon moment dans une boutique, et en ressortent avec une robe chacune, Yoan avec un short. Nous dévalisons ensuite un supermarcket, Nous y trouvons des cotes de porc congelées qui me paraissent correctes. (Depuis Grenade, nous n’avons pas trouvé de viande fraîche : en Afrique la viande est fraîche, pleine de mouches mais fraîche, ici il n’y a rien, sauf en fouillant dans les congélateurs, mais fréquemment nous ne trouvons que des pavés reconstitués pour les hamburgers). On se fera un barbecue ce soir, avec une bonne glace en dessert, le top.
Mercredi 21 février En milieu de matinée, nous amarrons l’annexe au ponton de l’hôtel « The Gingerbread » qui fait aussi un peu yacht club (dommage qu’on ne trouve pas ça en France) nous installons notre PC sur une des tables sous les arbres, au bord de la plage pour surveiller les loustics qui se baignent. Karine consulte les mails, met notre blog à Jour, et nous passons beaucoup de temps au téléphone. Ca nous prend presque la journée mais nous avons le plaisir de parler et prendre des nouvelles de notre famille.
Jeudi 22 Février Nous quittons Bequia vers 11h, toutes voiles dehors, avec, un vent de 15 nd d’est pour une traversée de 16 M très agréable. A deux reprises, nous apercevons des requins dormeur, inoffensifs, mais ça impressionne. Nous longeons la cote sous le vent de ST VINCENT jusqu’à Wallilabou Bay, à la rencontre de Jack Sparow. Ceux qui ont vu le film « Pirates of the Carribbean » comprendront, c’est le principal lieu de tournage du film. La baie est grandiose, de hautes falaises se referment de chaque coté, on imagine aisément qu’elle pouvait être un repère de pirate au temps des corsaires. Nous sommes accueillis par le comité d’accueil : un boat-boy sur une petite barque à l’aviron, il nous indique une bouée au raz de la plage. Nous acceptons car les fonds sont de 10m à 50m de la plage, et l’ancre ne tiendrait pas. Un autre boy nous amarre un bout à terre. C’est le mouillage cocotier, la proue vers le large pour ne pas rouler avec la houle). Aussitôt, nous sommes assaillis par deux boat-boys, pour nous proposer des fruits, des bijoux, et des gamins grimpent sur la jupe. Yoan et Elodie vont se baigner avec eux. Cette sollicitation une peu trop pressante, nous rappelle un peu le Sénégal, les gens sont très pauvres ici, et contrairement aux îles des Grenadines à coté, le tourisme n’est pas développé. Il y a 3 ans, notre catamaran ne s’était pas arrêté à St Vincent, par sécurité. C’est vrai qu’il n’y a pratiquement pas d’autre voiliers ici, alors qu’à Bequia ils sont très nombreux. Sabeline est juste en face du décor qui a servi au film, deux grandes grues en pierre et en bois, sur un ponton rustique. A terre, une grande battisse où étaient tournées les scènes en studio. Nous discutons un peu avec le patron du restaurant à coté. Nous le quittons pour aller voir « the Wallilabou Falls ». Quelqu’un se propose de nous emmener en voiture, Il nous dépose au bord de la route devant des petites chutes d’eau, sans intérêt, si ce n’est que de suivre le torrent jusqu’à la mer à travers les lianes, les cailloux glissants et les toiles d’araignées. Après quelques chutes (des gadins), des roseaux nous barrent le chemin. Nous empruntons le terrain d’un agriculteur. Des chèvres, des poules, des cochons, des bananiers plus tard, nous demandons à un agriculteur rasta de nous vendre un régime de bananes, prix convenu 30 EC, 8 fois moins cher qu’avec les boats-boy ! Il abat la plante géante, et nous découpe un beau régime. Pour nous remercier, il nous offre une dégustation de coco fraîche, puis nous le suivons un peu plus loin pour cueillir des oranges, en secouant les branches de l’oranger. Yoan et moi sommes en dessous pour les rattraper. Nous rentrons vers la plage et visitons le décor du tournage, prenons l’annexe pour voir les falaises éclairées par le soleil couchant, les grottes et l’arche de pierre. Nous avons déjà vu le film en deux parties la semaine précédente et nous reconnaissons bien les lieux. Le soleil joue avec le décor ce soir, Sabeline à la place de Black Perl.
Vendredi 22 Février Nous aimerions bien partir pour St Lucie aujourd’hui, alors nous allons vers le deuxième ponton de la baie, d’après le guide, il y a un « Custom Office » pour faire les papiers de sortie de St Vincent. En arrivant sur le ponton, un décor du film en mauvais état, une mama attache notre annexe et nous visitons le faux village. tous les décors y sont, la roue du moulin, les maisons qui cachent les loges des acteurs, les boutiques avec leurs vieilles enseignes, les murs de pierre ne sont que du polyester et le bois qui sert de structure vieillit, les décors se désagrègent. Par contre le bureau de douanes n’ouvre qu’à 16h. Soit nous passons une journée de plus ici, soit nous allons à Kingstown pour faire les papiers, nous visiterons la ville par la même occasion. Par chance un minibus s’arrête juste, nous grimpons dans la voiture après avoir négocier le prix, 20 EC pour 45min de route sinueuse à travers les petits villages, les vallées, les cols. Le chauffeur ne refuse rien, les colis, les enfants qui vont à l’école. En arrivant à la capitale nous sommes 19 personnes pour 15 places. Nous demandons où se trouve le poste de douane mais nous avons un peu de mal à comprendre leurs explications, finalement un gars nous guide dans la ville au poste d’immigration. Ici on me dit qu’il faut d’abord passer à la douane je m’en doutais, c’est le 4eme bloc sur la droite. Toutes les rues sont encombrées de marchands de légumes, de fruits, de disques, on se croirait un peu à Dakar, les sollicitations en moins. On continue, on compte les rues on demande, on revient sur nos pas, on redemande et on se fait conduire par une dame très sympa, qui s’est renseignée à un policier, on pousse une vieille porte le long d’un bâtiment seulement identifié par « Enforcement Division ! » fallait le savoir ! On m’assoie à un bureau dans une pièce climatisée, brrr qu’il fait froid, et un formulaire plus tard, je dois retourner au poste d’immigration pour faire tamponner les passeports. C’est d’habitude plus facile car les deux ou trois bureaux sont réunis dans un port d’accueil. Lorsque tout est en règle nous retournons à la gare routière, et un minibus nous ramène à Wallilabou Bay. Sur la route nous voyons de très belles villas, mais aussi des petites cabanes de planches et de tôles. Ici plus qu’ailleurs la richesse côtoie la pauvreté. Le social ça a du bon, c’est le moment d’y penser… 11H30, il est encore temps de lever les amarres pour ST LUCIE, il y a 40 M à parcourir et nous espérons arriver avant la nuit. Voiles et moteur nous mettons toute la gomme. Au nord de ST VINCENT, le vent est instable, l’accélération due au relief nous envoie du 25nd, Sabeline est un peu surtoilé, mais il sait que ça ne va pas durer. Quelques manœuvres plus tard, juste au moment du repas, nous avons un 15 nd de NE bien établi, au près bon plein, Sabeline file à 6-7 nd, c’est très agréable. L’arrivée à ST LUCIE est spectaculaire, deux énormes pitons rocheux de 800m de haut que nous distinguons depuis St VINCENT, grossissent au fur et à mesure de notre approche. Nous les longeons avec le couché de soleil, accompagnés par un Boat-Boy équipé de 2 HB de 40ch (à ST Vincent ils sont à la rame), il nous guide vers une bouée. Nous amarrons Sabeline devant la ville La Soufrière. Dix minute plus tard, une autre barque nous aborde c’est des pirates, pardon, les Park’s Rangers, des officiers qui nous demande 40 EC de taxe pour séjourner dans le parc. La place revient à cher, aussi chère qu’en France sur catway dans un port. En plus, il y a de la houle de travers, et nous n’arrêtons pas de rouler.
2007-02-21 Mayreau et les Tobago CayesLundi 12 février Les grains se succèdent depuis cette nuit. Nous commençons par la classe, mais les enfants ne sont pas motivés. Nous profitons d’une bonne éclaircie pour aller visiter l’île. Le village est construit sur les hauteurs d’une colline que nous montons par une petite route en béton, il n’y a pas de voiture. Nous entrons dans un des supermakets, il y en a plusieurs mais ce ne sont que des boutiques de 20m², avec quelques produits alimentaires, souvent accolés à un bar tenu par la même personne. Nous prenons des boissons fraîches, du sucre et du lait en poudre vendus en vrac. Nous continuons l’ascension de la colline, il y a une chapelle, dont la cour surplombe les îlots des Tobago Cays, où nous irons plus tard. L’île est restée très authentique, il n’y a pas d’aéroport, donc peu de touristes, c’est aussi l’île la plus pauvre, que nous ayons visité aux antilles. Nous descendons de l’autre coté de l’île pour aller voir Salt Whistle Bay, une baie que je connais déjà, puisque lorsque nous étions venu il y a 3 ans, avec Switch, le catamaran avait mouillé à cet endroit juste pour prendre le repas à bord sans débarquer, mais désobéissant, j’avais nagé jusqu’à la plage et le bateau était reparti sans moi. Quand je m’en suis aperçu, je pensais à une blague, j’ai nagé vers un autre voilier pour appeler Karine et l’équipage à la VHF. Le Catamaran est revenu me chercher, personne ne s’était aperçu que je n’étais plus à bord. Il y a toujours beaucoup de cata de location devant la plage, nous passons devant les vendeurs de tee-shirt, et marchons jusqu’au bout de la langue de sable. De l’autre coté, l’océan est agité. Nous nous baignons, Yoan grimpe sur un cocotier penché, Elodie se suspend aux feuilles. Nous prenons un délicieux petit repas sur une des tables en pierre abritée par une tonnelle de paille. L’hôtel propose des bungalows dissimulés dans une belle palmeraie bien entretenue. Nous ramassons quelques noix de coco, coin sympa, à recommander. Nous sommes heureux d’avoir pris notre temps, le temps de s’amuser, de vivre, alors que les autres touristes ici sont pressés et survolent cet endroit magnifique où il fait bon vivre. Nous retournons vers notre bateau, de l’autre coté de l’île. Un grain arrive, nous nageons encore un peu avec masque et palmes, pour remonter quelques squelettes d’oursin, disque plat, blanc et très fragile. Il y a aussi, au fond un caleçon, une serviette, des épingles à linges, des bouteilles vides, des sacs en plastiques... Le grain très violent durera toute la soirée.
Mardi 13 Février Le temps est venteux toute la nuit, mais l’ancre tient bien parce que nous n’hésitons pas à mouiller une grande longueur de chaîne. Ce matin un paquebot de croisière a mouillé dans la baie, des touristes débarquent par deux annexes-bus de 20 m effectuant des navettes incessantes, la plage est envahie. Ils font de la gymnastique dans l’eau avec leur prof de sport. Vers 11h, nous partons en snorkeling (plongée avec masque et palmes) vers la pointe sud de l’île, la cote rocheuse offre des paysages sous marins différents des rochers coralliens. Nous observons des poissons très colorés, bleu pale, d’autres en forme de croissant de lune bleu jaune et vert, des éponges en formes de coupoles, des serpents de mer tachetés de points orange. (Désolé pas de photos, nous développerons les photos de l’appareil argentique étanche plus tard). Après manger, nous repartons avec l’annexe, accostons au ponton, un homme très galonné, tenue blanche, même les cheveux blancs, chaussures blanches cirées, nous aide à monter sur le ponton. Nous sommes surpris du changement par rapport à la tranquillité d’hier, 1500 touristes viennent de débarquer, c’est huit fois la population de l’île, donc les boutiques qui hier étaient fermées, exposent aujourd’hui, leurs plus beaux tee-shirt, leurs plus beaux coquillages. Les chaises longues, les tables, les corbeilles, les grandes males sont débarquées. La plage devient une aire d’accueil avec tout le nécessaire pour préparer des bons repas, aux vacanciers. Nous fuyons ce tumulte, vers la cote Est de l’île par un sentier longeant les salines. C’est les coulisses de la belle plage tropicale, nous trouvons quelques dépôts d’ordures, faut bien qu’ils mettent quelque part, et nous arrivons à une habitation d’un pécheur, face aux Tobago Cays. C’est tellement beau que nous décidons de partir de suite. En arrivant à bord de Sabeline, nous remontons l’ancre, longeons Mayreau sous le vent, et après une heure de moteur, nous mouillons derrière Petit Bateau. Les tobagos Cays sont un ensemble de petits îlots inhabités et paradisiaques ; Petit Bateau, Petit Rameau, Baradal et Jamesby ; protégés par une barrière de corail, The Horseshoe reef, formant un lagon de 2 à 3 m de profondeur, sur fond de sable. Un petit paradis, mais un peu trop connu. Aussitôt mouillé, je plonge dans les eaux claires. Nous débarquons sur la plage, pour déguster quelques noix de coco fraîches, et admirer le coucher de soleil. Il y a peu de bateau de voyage, mais beaucoup d’équipages en location, qui n’ont pas le temps. Nous retrouvons les jeunes que nous avions rencontrés à Tyrrel Bay (Carriacou) et Yoan joue avec eux sur un kayak. Nous jouons à tarzan avec les branches de palmiers : Yoan et moi montons sur le tronc penché, et attrapons une branche et on se lance dans le vide en se laissant se balancer. Bien-sur, la branche finie par casser et je m’écrase dans le sable !
Mercredi 14 Février Il y a beaucoup de bateaux à circuler autour de Sabeline ce matin, un 5 Mat a mouillé cette nuit et les touristes envahissent notre plage qui était si déserte hier soir. Des cata de location et des day-boats nous frôlent à vive allure. Karine fait l’école de bonne heure, pour consacrer plus de temps à nos loisirs. En fin de matinée, nous partons en annexe, au vent de Petit Rameau pour découvrir les fonds et éventuellement apercevoir une tortue. Le ciel est couvert, les poissons ne sont pas au rendez-vous, quelques beaux coraux, de belles gorgones, ce sera sûrement mieux sous la barrière de corail. Nous rentrons sur Sabeline, le temps de prendre un repas et de payer notre droit quotidien de 20 $EC aux officiers en uniforme de la police du Tobago Park qui passent de bateau en bateau, c’est une nouveauté depuis 3 mois. Nous levons l’ancre, le ciel aussi s’est levé, le soleil illumine les fons sableux. Très pratique pour passer entre Petit Bateau et Petit Rameau, il n’y a que deux mètres de fond entre les îlots, et le soleil nous aide à discerner les patates de corail. Nous mouillons parmi les autres bateaux, on dirait un salon nautique tellement il sont nombreux, à coté de Baradal et face à la grande barrière de corail qui nous protège de la houle de l’océan. Nous partons aussitôt en annexe, vers cette fameuse barrière. Nous nous amarrons à une bouée, pour que les ancres n’abîment pas le corail, et partons explorer les fonds. La clarté de l’eau est surprenante. Elodie peine contre le courant et les petites déferlantes. Yoan et moi arrivons à la franchir et nageons le long des tombants. Coté océan, la pente descend à 45° vers des profondeurs qu’on devine à travers un bleu sombre et intense. Des bancs de poissons nous accompagnent, il n’y a plus de courant, plus de déferlantes, c’est reposant. Les coraux sont un peu décevants, ils ont sûrement été détruits par un cyclone. Nous retournons vers les faibles profondeurs, on se fait ballotter et en arrière de la barrière, les coraux retrouvent leur splendeur, entourés de poissons multicolores. Nous regagnons l’annexe, où Elodie et Karine nous attendent et nous nous laissons dériver jusqu’à la plage de Baradal. Là, nous profitons du sable blanc, tandis que les enfants vont explorer les sommets de l’île. Nous rentrons sur Sabeline, épuisés d’une bonne journée. Mais pour occuper la soirée, rien de tel qu’un peu de bricolage : Installation d’une télécommande pour le guindeau (moteur qui sert à relever la chaîne).
Jeudi 15 Février Après l’école, nous partons tous en annexe à la plage de Baradal, point de départ d’une plongée vers le sud-est de l’île. Les coraux que nous avions admirés il y a 3 ans, ne sont plus là. Les enfants se lassent et retournent à la plage jouer dans le sable. Nous continuons Karine et moi, et au dessus des fonds recouverts de petites algues, nous apercevons une tortue qui broute les petites herbes. Pendant que je la suis au dessus d’elle, Karine appelle les enfants sur la plage, ils arrivent, Elodie sans palmes, Yoan sans masque. Nous suivons la tortue et soudain une tortue deux fois plus grosse d’un bon mètre, se montre, Nous la suivons gentiment, et à chaque fois qu’elle remonte à la surface pour respirer, Elodie la touche presque. Yoan et moi, essayons de l’attraper, mais nous ne pouvons pas la tenir plus de quelques secondes, tellement elle a de la force dans les nageoires. Nous en trouvons plusieurs, dans la même zone et nous rentrons à bord, les enfants sont contents, ils commençaient à désespérer. Je pose avec Yoan les nouvelles anodes en zinc fabriquées à Dakar. Ces travaux sous marin plaisent bien à Yoan. (Les anodes sont des morceaux de métal qui s’usent et qu’il faut remplacer de temps en temps. Elles se visent sur l’arbre d’hélice et de chaque coté de la quille). Nous avons la visite d’Éric un voilier voisin, breton, qui a reconnu notre pavillon, et vient nous saluer. Il voyage en famille depuis 5 mois. Son aîné de 3 ans Quentin vient jouer avec Yoan et Elodie. Nous prenons l’apéro à bord de Loulou, un Jeanneau tout neuf de 40 pieds. Nous dégustons un Tobago : Rhum, citron, jus de pomme.
Vendredi 16 Février
Eric est équipé d’un téléphone iridium aussi et utilise les mails, nous avons testé notre téléphone avec son kit data et nous arrivons à nous connecter. Le problème ne viendrait pas de notre téléphone mais de notre cordon USB-RS232 ou de son driver. A résoudre aux Antilles françaises. J’ai passé l’après midi sur le PC et je ne me suis même pas baigné de la journée, ici dans le plus beau coin des Antilles ! Nous visitons le bateau de Michel, un breton que nous a fait connaître Éric, il fait le tour du monde sur un Passoa 47 neuf des chantiers Garcia. Nous évoquons quelques souvenirs communs de la Casamance. Nous nous retrouvons tous à bord de Sabeline, pour l’apéro, Michel, Eric, Jojo sa femme, Quentin et Tristan les loulous. Cette fois c’est un Sabelina que nous sirotons : Rhum, liqueur de Grenadine.
Samedi 17 Février Nous avons un peu de mal à décrocher les enfants de leur lecteur DVD, ils regardent des dessins animés prêtés par Eric. Nous partons en annexe vers l’îlot de Jamesby. Peu de bateaux mouillent à coté, et elle devrait être bien préservée. Nous hissons le zodiac sur la plage de cocotiers et Yoan voit un iguane sur un rocher. Nous laissons les enfants jouer sur la plage, pendant que nous découvrons les alentours en snorkeling. Dans les coraux je libère quelques céréales et je me retrouve entourés de petits poissons qui viennent picorer dans mon sac. Il y a des belles langoustes ici, alors qu’il n’y en a plus du tout sur la barrière. Coincée entre un corail et le sable, j’aperçois une petite tortue, je la saisie, elle mord mon gant, et nous la ramenons vers la plage pour la montrer aux enfants. Nous la libérons en haut de la plage et elle retourne rapidement dans l’eau. Après la plongette, place à la grimpette, nous suivons un sentier qui monte au sommet de l’île à travers les cactus géants. Il y a une très belle vue sur les Tobago Cays. L’îlot, n’est habité que de quelques iguanes, j’en observe un autre, caché dans les feuillages. Ils changent de couleur pour se camoufler comme les caméléons. Nous profitons longuement de la belle plage à l’ombre des cocotiers. De retour à bord Karine et Élodie cuisinent une galette des rois, avec de la pâte d’amande, mieux vaut tard que jamais ! Nous sommes invités le soir sur la plage de Baradal, pour un anniversaire avec des bretons : Eric, Jojo, Pascale et Renan en année sabbatique autour de l’atlantique, avec sa famille, Frère et parents sont venus les rejoindrent et ont loué un voilier. Il y a une ribambelle d’enfants. John un anglais et sa femme australienne, se joignent à nous et offre un dernier verre. Ils se dirigent vers L’Australie depuis l’Angleterre, sur un petit bateau d’à peine 9 m.
Dimanche 18 Février Un rangement sérieux du bateau s’impose, l’annexe et toutes nos affaires de plongée sont recouvertes de sable. Un dernier coucou à bord de Loulou, et après un bon grain, assez violent (31 nds de vent) nous levons l’ancre pour Canouan à 7 M. Nous mouillons à Charlestown Bay suivi des deux bateaux bretons. Nous débarquons sur le ponton d’un l’hôtel très class et partons faire un petit tour dans le village. Les maisons sont peintes de couleurs vives, vertes, roses, certaines représentent un paysage. Le village est très étendu, nous faisons quelques petites courses de frais, de bananes et rentrons de nuit sur Sabeline. 2007-02-11 Union et Palm IslandSamedi 9 Février Les enfants sont pressés d’aller voir le bassin aux requins du restaurant « le Bougainvilla » que nous avons repéré hier soir. Il y a en effet quelques requins dormeurs mais l’eau est un peu trouble, on ne les voit que lorsqu’ils approchent de la surface. Nous allons ensemble à l’aéroport à 10min du port, juste pour faire les formalités d’entrées sur le territoire de St Vincent. Nous passons dans 3 bureaux, les deux premiers nous font quelques remarques car nous avons quitté le territoire de Grenade le 5/02, on aurait mis 5 jours pour venir ici ! Nous leur expliquons que nous ne sommes pas pressés et que nous avons passé quelques jours à Petite Martinique et Petit St Vincent, îles sans bureau de douane. Après quelques magouilles et une taxe de 71 $EC, nous retournons vers la ville. Nous recherchons un masque de plongée pour Yoan, ici c’est le paradis du snorkeling, mais c’est introuvable ! Nous passons devant une boutique tenue par des français, avec quelques babioles pour le nautisme. Nous y trouvons un peu de matériel de pèche au gros. Nous discutons longuement avec cette famille expatriée depuis 12 ans et qui vit ici tranquillement de leur petit commerce. Nous entrons dans quelques supermarkets, très nombreux, peu de choix et très cher. Les prix sont 3 fois plus élevés qu’en France. Nous achetons quelques bouteilles d’eau et des denrées indispensables. Restauration rapide ce midi : cuisses de poulet boucané et grillé, avec une boisson fraîche, et bonnes glaces chez Joëlle. En rentrant nous retrouvons Olivier, que nous avions rencontré à Graciosa et qui a atterri à la Martinique, pour rejoindre sa femme et ses enfants, il descend vers le sud. Nous rentrons au bateau pour changer de tenue et repartir en annexe vers 2 tous petits ilots, l’un « Happy Island » est un bar construit qu’avec des lambis, l’autre « Green Island » est habitée par un hurluberlu qui vend des coquillages. Nous nageons sur la moitié du parcours tellement il y a peu de fond, mais les coraux et la faune sont bien décevants.
Nous rentrons à bord de Sabeline et vers 17H30, nous avons encore le temps de faire une petite navigation avant le coucher du soleil vers PALM ISLAND. L’île est occupée intégralement par un hôtel haut de gamme, mais nous pouvons profiter de la magnifique plage et du paysage idyllique. Ce soir, nous achetons un rouget et une langouste à un speed-boat, que nous cuisinons au barbecue. Le vent s’est calmé et il n’ y a pas eu de grain aujourd’hui. Dimanche 11 février Lorsque je me réveille, Karine n’est plus à bord, elle a rejoint la plage à la nage et profite de la jolie plage de sable blanc je la rejoint en annexe avec les enfants, pour faire le tour de l’île, mais à un endroit, nous ne pouvons pas passer entre la digue et les rochers. Nous nous baignons jusqu’à midi et de retour au bateau nous partons pour MAYREAU, à 3,5 M. Nous mouillons à SALINE BAY, près du Yacht que nous connaissons déjà et qui nous permet de bénéficier d’Internet.
Les enfants se baignent, jouent sur la bôme en imaginant que c’est un cheval, pendant que nous enrichissons le blog, et appelons un peu la famille.
Nous débarquons juste pour chercher des noix de coco, et arrivons vite à l’heure de l’apéro, les enfants ont tout organisés, nappe sur la table de cockpit, petits gâteaux, et ouverture un bon bocal de veau accompagné de petits pois.
Petit Martinique et Petit St VincentMercredi 7 Février Hier le gros grain a duré toute la nuit, nous avons débarqué Karine et moi pour faire quelques petites courses. Ce matin, Karine me réveille pour me dire que nous avons dérapé. L’ancre a glissé sur quelques petits mètres et Sabeline se retrouve dangereusement proche d’un bateau de pèche local. C’est vrai que ça a bien soufflé cette nuit. Pas de panique, petit dej et petite toilette pour y voir clair. Lorsque nous sommes prêts, Karine prend une petite biture, et nous accostons au ponton pour faire le plein de gasoil, d’eau et d’essence pour l’annexe. C’est une île détaxée, les prix sont petits, même si on paye l’eau. 15 gallons de gasoil pour 145 EC$, 102 Gallons d’eau pour 51 EC$ et 3,7 gls d’essence pour 38 EC$, à vos calculettes ! (le gallon vaut 4,55l) Il y a pas mal de ressac, et malgré nos meilleures amarres, il faut faire vite. Nous retournons ensuite au mouillage, entourés des petits speeds boats colorés qui passent à 3 m de Sabeline, et allons faire une petite ballade sur l’île avec les enfants, il fait beaucoup plus beau. C’est « The Independance Day » aujourd’hui, tout est peint aux couleurs nationales, rouge vert jaune, mais ce n’est pas l’euphorie sur Mainstreet. Le paysage attrayant se situe de l’autre coté à Petit St Vincent. Après un bon repas et une petite baignade, nous remontons notre ancre et l’échelle de bain, pour une petite navigation de 1 M, affalons notre pavillon de Grenade, envoyons le pavillon Q. Nous mouillons de l’autre coté d’un banc de sable à PSV. Là, c’est la débauche des couleurs, le rêve du plaisancier, sables blancs, eaux transparentes, les eaux turquoises dévoilent un fond de sable, les eaux brunes des patates de coraux, et les eaux bleues des profondeurs plus importantes, sur fond de cocotiers et de collines verdoyantes. Nous mouillons près d’un Yacht de milliardaire et nous profitons même de son réseau Wifi pour se connecter à internet. La classe, Internet sur Sabeline près d’un îlot inhabité ! Je rejoins vite les enfants qui m’attendent pour une petite plongée dans l’eau turquoise. Nous y passons quelques petites heures, le temps d’admirer les beaux poissons colorés, il y a une multitude de variété dont des poissons en forme de disque bleu foncé d’une vingtaine de centimètre, ourlé de bleu clair intense, des langoustes que nous essayons de dénicher, des petits calamars qui changent de couleur suivant leur environnement. Nous ramènerons juste une gorgone et une petite langouste. En fin d’après midi nous débarquons pour une petite ballade à terre à travers les allées de l’hôtel construit par un américain. Les enfants se baignent pendant que nous admirons encore le couché de soleil à travers les cocotiers. (Pardon pour les répétitions mais tout est petit ici !) Jeudi 8 Février Nous passons la journée à PSV, dans ce petit paradis où nous avons la visite de quelques bateaux de location, qui défilent les uns après les autres, les day-boats ; cata ou grosses vedettes bondées de touristes qui viennent passer une heure ici, le temps d’avaler une langouste grillée; Des yacht qui donnent de l’animation avec leur manège de milliardaire, et nous au milieu, avec notre train-train quotidien : école, repas, plongée, plage ou ballade. Aujourd’hui nous partons avec l’annexe pour explorer les fonds coralliens en famille. Le temps n’est pas fameux, encore un grain. Les fonds manquent de luminosité, mais pour le reste, on s’en fout on est déjà mouillé ! Les coraux sont un peu détruits, probablement dû aux derniers cyclones, mais entre cerveaux et cornes d’élan (types de coraux) nous attrapons une langouste et un poulpe, un bon repas pour ce soir. Entre-temps les chiots sont bouchés, c’est le revers de la médaille, démontage, remontage, nettoyage, rien n’y fait. Vendredi 9 Février Karine assure la classe, pendant que je passe mon temps aux toilettes, non pas une gastro, mais un bouchage récalcitrant, jusqu’à ce que j’arrive à fermer la vanne, coincée par le tartre et remplacer le tuyau qui relie le WC au passe coque. Vers 14h tout est propre, le temps est gris et nous partons vers Union, en faisant une pause à Morpion : 40m de chaîne à l’eau et nous débarquons avec l’annexe. Un petit banc de sable, une seule paillote de branches de cocotier, un petit nid douillet avec une paillasse de feuilles de palme, un endroit rêvé pour les amoureux. Nous prenons une biture, et nous dirigeons la proue de Sabeline vers CLIFTON VILLAGE, petite ville sur la cote au vent de UNION ISLAND, le mouillage est entouré de coraux qui nous protègent de la houle. Les conditions météo, les récifs nous rappellent la Bretagne nord, le froid et les marées en moins. En arrivant des boy-boys en speed boats nous proposent leurs services (bouées pour s’amarrer), mais nous préférons notre bonne vieille ancre. Nous mouillons par 11 m de fond, entre les day-boats, et les yachts. Ce soir, les enfants se font à manger seuls, pendant que nous passons la soirée à terre (talkies-walkies en poche) nous nous attablons à un restaurant d’hôtel, mais la carte ne nous plait guère, et le personnel ne fait pas attention à nous, un orchestre de steelband semble être le seul intérêt, alors on s’en va. En déambulant dans la rue, un rabatteur nous indique un restau un peu à l’écart, mais face à la mer : « The West Indies » tenue par une française, et il y a des desserts ! Poulet pour karine, Carpaccio de Bœuf pour moi, accompagné de légumes locaux, en dessert : Chocolat liégeois, Carpaccio d’ananas, glace et chocolat. Tout ce qui nous a manqué depuis quelques mois. Nous discutons longuement avec la patronne Joëlle, à refaire le monde et rentrons à bord, les enfants ont bien mangé, ils regardent un film au lecteur DVD. 2007-02-07 CarriacouDu Vendredi 2 au dimanche 4 Février Les jours se ressemblent, il pleut comme en Bretagne au mois d’août, les grains se succèdent, accompagnés de fortes rafales de vent et ne nous laissent à peine le temps de sortir. Nous sommes contraints de sortir les imperméables, première fois depuis le début de notre voyage, pour visiter un peu le village autour de Tyrrel Bay. Il y a une petite superette, un club de plongée qui nous sert de cybercafé, beaucoup de maisons avec des grands terrains sur lesquels vaches, cochons, poules, brebis, broutent et picorent. Nous profitons des quelques beaux paysages nuageux et des joies de l’intérieur : école, jeu de cartes, bricolage, cuisine avec les faibles moyens du bord. Deux ados français de 12 et 14 ans viennent nous rendre visite, ils habitent à Rennes, ils nous proposent des colliers qu’ils fabriquent avec des coquillages, contre un peu d’argent de poche. Ils nous invitent à prendre l’apéro, mais après vérification leurs parents avaient prévu autre chose. On se reverra sûrement dans les Grenadines. Nous trouvons une petite accalmie pour dîner du poulet grillé, dans un petit restau, rien d’extraordinaire, nous sommes frustrés de ne pas avoir de dessert, vivement les Antilles Françaises, qu’on se régale un peu !
Lundi 5 Février Aujourd’hui, nous quittons Tyrrel Bay, il fait un peu meilleur et les bureaux pour faire les formalités de sortie sont ouverts. Après les cours du CNED assurés de bonne heure par Karine, nous suivons la côte sur tribord, passons la pointe, puis prenons la direction de HILLSBOROUGH, ville principale de CARRIACOU, où il est possible de faire les formalités de sortie du pays de GRENADE. Entre-temps nous passons devant SANDY ISLAND, petit îlot inhabité, sauf par quelques pélicans. Paradisiaque. Nous décidons d’y passer un peu de temps juste pour faire un peu de plongée et prendre le repas de midi. Sabeline mouille dans une piscine turquoise de 1,5 m de profondeur. Nous enfilons palmes, masques et tuba, et tous ensembles, nous observons ces fonds magnifiques. À quelques dizaines de mètres dans le sud de l’île, nous nageons parmi les coraux dans 1 m d’eau, et montrons à Elodie et Yoan quelques beaux poissons colorés, Baliste, perroquet, et d’autres espèces inconnues. Vers 15 h, nous filons sur Hillsborough, passons au poste de police pour l’immigration. Là, les policiers ont chassé quelques iguanes avec leurs gros fusils, (faut bien qu’ils s’entraînent !) ils nous proposent de les manger avec eux. No thank you. Ensuite passage à la douane. Tout se passe bien. Nous faisons un dernier avitaillement, mais toujours trop peu de produits frais et de desserts. Un bon jambon de porc fumé et salé nous console. Après 16h tout est fermé, nous visitons un peu la ville à pied et buvons une petite collation dans un bar près de la plage. Nous continuons notre ballade puis rentrons au bateau avec le soleil couchant.
Mardi 6 Février Petite ballade sur la plage avec l’ordinateur pour trouver une zone Wifi. En vain. 11h, nous levons l’ancre nous une navigation de 8 M, encore plus qu’hier ! Nous allons à Petite Martinique, qui n’a rien à voir avec la grande, sauf sa forme et son passé, ancienne colonie de la France. Elle dépend de Grenade et nous ne sommes pas en règle puisque nous avons déjà fait nos papiers de sortie à Carriacou. Mais comme il n’y a pas de bureau de douane, ils tolèrent notre présence. Petit St Vincent est juste à coté et c’est un autre pays. Sabeline longe la cote ouest de Carriacou au moteur et sous génois au près. Il y a 20 à 25nd de vent, et une bonne houle. Nous tirons un bord vers Albert Bay, l’anse ou nous mouillons à Petite Martinique. La baie est protégée de la houle de l’atlantique par une barrière de corail entre PM et PSV (petit St Vincent). Plongette, repas et sieste. Nous profiterons de l’île plus tard, un gros grain se prépare. Escale à GrenadeDimanche 28 janvier
Après 13 heures de sommeil, nous découvrons la baie, nous allons s’installer un peu plus profondément, et mouillons devant une petite plage bordée de palmiers. Nous sautons, plongeons dans l’eau turquoise. Les enfants sont heureux. Nous gonflons l’annexe et débarquons sur la plage, Les enfants jouent dans le sable pendant que nous essayons de capter un réseau Wifi avec le PC. Ça marche, et nous sommes content d’appeler la famille, sur le sable à l’ombre d’un palmier, pas mal comme cybercafé… La soirée arrive vite, j’ai besoin de me dégourdir les jambes. Nous débarquons à la Marina, et marchons dans la rue, derrière les cottages, les clubs qui bordent la plage. Nous remarquons d’immenses demeures, à plusieurs étages et terrasses, très colorées, avec des toits en tôles de couleurs vives, rouges, bleues et turquoises. En chemin, nous admirons aussi des belles fleurs, des grosses chenilles jaune et noire, un superbe coucher de soleil dans les palmiers. De retour à la marina (Prickly Bay Waterside), nous nous asseyons à la pizzeria, pour déguster une « extra sea food pizza » Nous n’avons pas encore de change, et nous payons avec la carte bancaire, c’est très pratique, surtout qu’on ne connaît même pas le taux de change. Finalement, la pizza était à 15 €, très fine et nous sommes restés un peu sur notre faim. Il n’y a aucun français, une grosse majorité d’américains, ils ne sont pas si gros que ça, mais qu’est-ce qu’ils parlent fort !
Lundi 29 Janvier Petit déjeuner sur la terrasse (dans le cockpit) devant un paysage de carte postale. Un peu de baignade, un peu de rangement, un peu de bricolage, un peu d’Internet du bateau, beaucoup de farniente pendant que les enfants vont seuls sur la plage. Nous n’avons même pas débarqué juste ce matin pour faire les formalités au « customs and Immigration Office » Nous cherchons en vain des pavillons français dans la baie, il n’y a que des américains, canadiens, italiens, allemands, suédois, sud-africains.
Mardi 30 Janvier Aller aujourd’hui on se bouge un peu ! Dès 8H30 nous sommes à la marina pour trouver une solution pour visiter l’île. Les gérants du mini market, nous recherchent un taxi, mais un taxi déjà sur place nous propose le tour de l’île pour 75 US$ par personne (X4), et nous finissons par monter dans un taxi-bus (seul moyen de transport collectif utilisé ici) négocié à 10 US$ pour ST GEORGES HARBOUR, la Capitale de GRENADE. Deux femmes françaises montent avec nous, elles descendent à l’aéroport. Nous arrivons à St Georges, il y beaucoup de circulation, et il n’y a pas de trottoir. Nous trouvons sans problème, un pavillon de Grenade, (c’est bientôt « the Independance day ») Nous quittons vite les rues principales pour nous enfoncer dans les petites ruelles. Nous visitons un marché aux épices, fruits et légumes. Nous achetons quelques épices avec la monnaie en EC$ (Dollar des Caraïbes) que m’a rendu le taxi. Les vendeuses sont très accueillantes. Un de leur gamin s’attache à Elodie et Yoan. Nous grimpons dans les hauteurs de la ville par une ruelle très en pente, et arrivons à ce qu’il reste de la cathédrale après les cyclones de 2004 et 2005, dont Ivan. Il n’y a plus de toit, les vitraux ont éclatés, un véritable bombardement. Nous redescendons le long du port « The Carenage » je vais seul à la banque, et à mon retour, nous discutons avec un taxi qui nous propose un tour de l’ile pour un prix raisonnable (200 EC$ soit environ 60€ pour nous 4). La location de voiture n’est probablement pas beaucoup moins chère, et je préfère éviter la conduite à gauche. Il est presque midi, nous grimpons dans son minibus de 15 places, rien que pour nous. Il nous emmène vers le nord. A St John, nous quittons la route côtière et les « Concord Waterfalls » Sur cette petite route de montagne, étroite, entourée de verdure tropicale, nous stoppons de temps en temps pour cueillir des fruits, noix de muscade, fruit de cacao. Nous arrivons aux chutes d’eau. Il faut payer pour descendre dans le bassin en bas de la chute d’eau, alors par principe nous n’y allons pas : il y a un peu d’abus. Nous continuons un sentier qui grimpe en haut des chutes, là aussi un homme qui s’est proposé de nous aidé à traverser le torrent nous demande de l’argent. On remarque que les américains sont passés par là et qu’ils ont toujours la main sur le porte-monnaie. C’est plutôt désagréable pour les autres touristes. Nous continuons notre route : GOUYAVE, petite ville de pêcheurs, Espadons, grosses dorades coryphènes sont débarqués par les pêcheurs, à la nage, à causes des rouleaux qui ne permettent pas aux barques chargées de s’échouer sur la plage. Déchargées, les barques colorées, sont halées et alignées sur la plage. Nous déjeunons avec notre taxi dans un petit restau, une bonne assiette de porc accompagnée d’une grande variété de petits légumes tropicaux. Nous poursuivons notre tour : Victoria, Sauteurs (leapers Hill), longeons la cote atlantique. Nous enrichissons notre cueillette par de l’arbre à pain et une noix de coco. Nous arrivons à une distillerie que nous visitons sommairement. Puis John (notre taximan) nous emmène chez un ami en pleine brousse. Cueillette de fivefingers, goyaves, etc. Nous rentrons le long de la cote bordée d’habitations en bois, qui n’ont rien à voir avec les palaces de Prickly Bay. Nous demandons à John de notre arrêter à un supermarché pour faire quelques courses et notamment des bouteilles d’eau que nous faisons décharger à la marina. Je ne me couche pas sans un petit bain de minuit pour me reposer d’une journée bien remplie.
Mercredi 31 Janvier Ecole le matin suivie d’une plongée avec Elodie à la plage. Nous pêchons quelques lambis sur les herbiers au fond de l’eau, lorsque je m’aperçois que notre annexe n’est plus sur la plage. Je palme en vitesse vers l’endroit ou nous l’avions laissé et je la vois en train de dériver vers le fond de la baie. J’embarque Elodie sur mon dos pour l’a ramener au bateau, et nager seul pour récupérer l’annexe, y-a pas le feu, elle ne peut pas aller bien loin. Mais entre-temps un gars du club de plongée la ramène à terre. Je suis à mi-chemin entre Sabeline et la plage, et je retourne vers le club de plongée. A peine sorti de l’eau je remercie l’homme, mais il refuse mes « thank you very much », il n’est pas content, il m’explique que sans lui le zodiac était perdu. Après 5 minutes de ce dialogue de sourd, je m’en vais avec ma fille. Je pense qu’il voulait de l’argent en compensation. Rendre service n’existe pas ici ! Je me console en décortiquant mes coriaces lambis que nous ajoutons, coupés en lamelles à une délicieuse bouillabaisse de thazard, finement relevée des épices de Grenade.
Jeudi 1er Février 9h, je suis devant le bureau des douanes, pour régler mes dettes et lui faire part de notre départ. L’officier arrive en retard, et malgré mes sourires mielleux et niais que j’ai appris à faire aux officiers depuis Dakar, il est mal luné, il baragouine tout en anglais avec un accent patois, et ne fait aucun effort quand je lui dit que je ne comprend pas. Les anglophones sont bien le nombril du monde ! 10h, nous quittons sans regret cette ile, certes très jolie, mais nous n’avons pas trouvé ses habitants très accueillants, et nous n’avons sympathisé avec aucun équipage. La langue est sûrement une barrière, et le grand nombre de bateaux au mouillage, crée un certain individualisme, comme celui que l’on retrouve dans les grandes villes. Sabeline tourne la pointe des Salines, quitte l’océan Atlantique pour la mer des Caraïbes, qui ne nous réserve pas son meilleur accueil. Sabeline se retrouve tantôt sans vent derrière l’ile, tantôt avec trop de vent. Nous sommes au près gréé comme un cotre, (gv, trinquette et yankee) et je me fais copieusement arrosé, par la mer et par les grains. 43 Miles soit 8 heures de navigation nous séparent de CARRIACOU, la première ile des Grenadines, mais qui se mérite, il faut tirer des bords sous un gros grain, avec un vent apparent de 22 à 27 nds je suis trempé. Après les grains, le ciel nous offre ce qu’il a de plus beau, la magie du soleil à travers les nuages et la lune. Nous arrivons juste à la tombée de la nuit juste pour distinguer le sommaire balisage qui signale les patates de corail en plein milieu de « TYRREL BAY » au sud Ouest de CARRIACOU.
2007-01-28 17 jours vers le Soleil Couchant - 2ème PartiePour clore ce carnet de bord ? Bon j’avoue, j’ai été un peu bavard, mais faut bien s’occuper pendant les quarts ! Aller encore un petit débriefing de cette fantastique traversée :
Des chiffres : Parcouru 2200 M soit 4074 Kms, en 17 jours et 13,5 heures, en comptant les 4 heures en plus de notre décalage horaire (on va pas faire comme Phileas Fogg), soit une vitesse moyenne de 5,23 Nds.
Le bateau : Tout est nickel à bord, l’intérieur est propre. Techniquement, la seule avarie est la ferrure de tangon cassée, et qui nécessite la fabrication d’une pièce en inox. Les voiles n’ont pas trop souffert mais elles sont sales à cause des haubans et des cordages chargés de poussière ocre, nous allons bien finir par avoir un grain en navigation pour les rincer à l’eau douce. Le booster nécessitera un atelier de voilerie sérieux. Raymonde (le pilote automatique) a tenu le coup, Œil de Lynx a bien veillé sur nous pendant l’arrêt maladie de karine. Je suis très content des performances et du confort de notre bateau et nous ne regrettons pas notre choix.
L’équipage : La première semaine a été un peu speed, il était parfois difficile de se reposer, mais le bateau avançait bien, c’est très bon pour le moral. La deuxième semaine a été plus difficile, il fallait aller chercher les vents pour ne pas rester dans la pétole. Pour ça, notre routeur nous a bien aidé, nos informations météo à bord et nos compétences ne nous permettaient pas un tel guidage. Karine a eu un bon mal de mer qui a duré trois jours, ce qui a affecté un peu le moral de l’équipage. Mais nous avons retrouvé un bon vent pour nous conduire en douceur vers notre but : Grenade. Ces derniers jours ont été très agréables et reposants.
Et les autres : Beaucoup de personnes n’étaient pas à bord et pourtant ! Grâce au téléphone iridium, notre famille nous a bien suivi : de notre coté, nous sommes rassurés de donner notre position chaque soir, et réciproquement soulageons l’inquiétude de notre famille. Un grand merci à mon papa, qui s’est vraiment investi dans notre voyage, en tant que père et ancien marin, il nous a suivi sur l’océan, par son ordinateur interposé. Papa consultait la météo et nous transmettait les messages de Jean Vilain. Bravo à Jean pour ses instructions très précises et justes. Merci pour le temps qu’il nous a consacré. A tout ceux qui nous ont envoyés des petits messages, nous les apprécions beaucoup, et ils nous font tous plaisir. Mais au fait, pourquoi vous nous souhaitez « Bon courage » ? C’est vous qui avez froid, qui devez allez au boulot de nuit, revenir de nuit, faire les bouchons, c’est à nous de vous souhaiter bon courage !
Karine : Je n’appréhendais pas cette traversée en partant parce qu’on avait déjà fait pas mal de miles jusqu’ici et comment se représenter d’avance à quoi correspond 20 jours de navigation tant qu’on ne l’a pas vécu. De plus, les conditions de navigation ne sont pas les mêmes d’une navigation à l’autre, même en partant le même jour avec d’autres bateaux avec quelques degrés de différences sur le cap, peut tout changer. Par contre je me demandais si j’avais prévu assez à manger et à boire pour toute cette nav et oui on a eu largement de quoi faire. En plus la mer nous a bien gâté avec ses bons poissons. J’avais confiance en notre Grand Capitaine qui nous avait protégé jusqu’ici, aussi en mon capitaine Jean-mi et notre Sabeline. Il faut aussi savoir respecter la mer car c’est elle qui décide de notre sort. En tout cas je peux dire que je n’ai jamais eu peur pendant cette navigation, on ne s’est jamais senti en danger. Nous avons aussi eu la chance d’être bien routé par Jean : encore un grand merci, pour aller chercher les meilleurs conditions météo sur la mer. J’ai beaucoup aimé partager mes nuits avec les étoiles et la lune, c’est grandiose. Le seul regret c’est qu’on n’avait pas de bouquin sur les étoiles pour connaître leur nom. Nos enfants ont été remarquables car lorsqu’ils sont sur terre, qu’est-ce qu’ils bougent !, et là non ils dessinent, construisent des meccanos, jouent aux playmobils, barbies, et les jeux de cartes, bouquinent et l’école. Pendant cette navigation, on ne s’est pas du tout senti à l’étroit, au contraire cela nous a permis de profiter de chacun d’entre nous, de souder encore plus les liens de notre famille et qu’est ce qu’on est heureux d’être ensemble. Je pense que chaque individu devrait prendre une année sabbatique dans sa vie pour prendre le temps de vivre son rêve car la vie actuelle n’est que de stress. On se fait du mouron car on pense sans arrêt au passé ou au futur des enfants mais jamais au présent. Ma devise depuis ce voyage afin de profiter pleinement de cette année c’est Acounamatata (cf : le roi lion) : le passé est le passé, il faut vivre l’instant présent et prendre la vie du bon côté. Voilà ma conclusion pour cette traversée, j’ai adoré, le temps est passé très vite même si j’ai été bien malade une journée mais j’avais même oublié ce passage, c’est Yoan qui me l’a rappelé.
« Voici une réflexion que je souhaite partager avec vous et qui vient d’un grand entrepreneur américain Bill GATES qui a réussi à diminuer ses coups salariaux d’environ 5 % et redonner du rêve à ses employés en proposant une année sabbatique en fonction du pourcentage des effectifs et qui peut varier en fonction des impératifs conjoncturels. De plus pour lui, c’est un moyen de conserver son personnel ultra qualifié toujours au top et en bonne santé intellectuelle. Il explique aussi qu’en France cela pourrait permettre d’absorber une partie non négligeable des chômeurs. Avec les 35 heures, l’Etat a favorisé le temps libre mais aussi la démotivation professionnelle tandis qu’avec l’année sabbatique, il aurait motivé ses employés. »
Jean-michel : Je ne pensais pas faire autant de manœuvre, et subir autant de changement de vents, je pensais que les Alizés étaient plus constants, surtout au mois de Janvier. Mais ce n’est pas la seule chose que j’ai apprise. J’ai maintenant une petite idée de nos limites, que nous n’avons pas atteintes, celles du bateau, sur nos comportements en famille isolés pendant plusieurs jours, et c’est plutôt très positif pour renforcer les liens au sein de notre petite famille. Enfin, j’ai vraiment pris mon pied avec cette navigation, longue mais toujours au portant, sans inquiétude, juste prendre son temps et c’est tellement bon que je suis prêt à repartir.
et toi que penses-tu de la traversée Elodie ? « Je ne me suis pas ennuyée sauf pendant 2 jours parce que je n’avais pas le droit de jouer à l’ordinateur car je n’avais pas bien travaillé à l’école» tient prend ça papa ! Quand on s’est fait traîné derrière le bateau, c’était un super moment et j’ai crié c’est ça la vrai vie.
Et toi Yoan : « Oh moi je m’amuse très bien, je fais des voitures, on s’est fait traîné dernier le bateau, c’était génial et je n’ai pas trouvé le temps long »
Et toi Dakar : « Ouais bof, un peu fou ces gosses, ils ne m’ont même pas laissé dormir. Et ce bateau qui n’arrête pas de bouger, vivement le plancher des vaches ! Bon, j’ai comme même passé de bons moments à chasser les poissons volants sur le pont. Et je me suis bien régalé ». (Interprétation imaginaire de ses pensées)
* Ah oui, j’ai oublié de vous expliquer ce qu’est une biture en terme marin : c’est ranger la chaîne dans la baille à mouillage, en va et vient de façon à ce qu’elle se déroule sans faire de nœud lorsqu’on mouille l’ancre. La chaîne est rangée en zigzag, comme la marche de quelqu’un qui a pris une biture. Donc Karine ne s’est toujours pas mise à boire.
17 jours vers le Soleil Couchant - 1ere partiemercredi 10 janvier 2007 Vers 9H, nous sortons le nez dehors pour dire au revoir à Millepertuis et Seiz Avel qui s’élancent pour le grand saut et font le tour de Sabeline pour nous saluer. Nous avons quelques Escudos à dépenser avant de partir. Nous partons avec le caddie à la superette et au marché pour prendre quelques produits frais. Pendant ce temps je vais au « café del mar » pour consulter la météo et envoyer un dernier mail. Nous avons oublié de garder 300 $ pour Marco, notre gardien d’annexe. Nous faisons la manche, et trouvons des européens pour échanger un peu d’escudos contre des euros. Le temps de plier l’annexe, d’arrimer les derniers objets, et de prendre un dernier repas au calme du port, nous levons l’ancre à 14H30. Karine prend une dernière biture. En général elle n’en prend pas en mer, mais à chaque fois que nous quittons un mouillage, elle se prend une biture. Moi, je reste à la barre vigilant. Depuis le début de notre voyage, elle est rendue à sa 27eme biture, j’ai compté ! Oui je sais, avant de partir elle n’était pas comme ça.* Nous entrons dans le canal de Santa-Antao, un peu redouté, mais tout se passe gentiment. 30 nd de vent portant, une houle courte, mais tout va bien, je barre pour épargner le pilote qui risquerait de casser tant il faut de force pour tourner la barre. Avant la tombée de la nuit le vent faibli, je vais mettre le tangon pour que le génois ne faseille pas, mais j’ai quelques soucis, la ferrure qui ferme l’anneau de passage de l’écoute se dévisse et tombe à l’eau, Le tangon est désormais inutilisable. Karine qui faisait sa sieste vient m’aider. Je trouve une autre astuce avec la bôme de GV pour déborder l’écoute de génois. Pendant tout ce temps le vent tombe complètement, et il y a même des éclairs. Nous démarrons le moteur pour fuir cette zone. Nous sommes déventés par l’île. 2h après nous récupérons du vent, et continuons sous GV et génois. Plus tard dans la nuit, le vent monte, monte, la houle plus courte qui déferle, le pilote est sollicité, le génois est entièrement roulé j’ai peur de faire de la casse. La nuit est noire, Sabeline fait des pointes à 7-8 nœuds (j’en ai autant dans le ventre), le sillage s’illumine de milles lucioles dû au plancton phosphorescent, j’ai ma dose d’adrénaline pour aujourd’hui. Parcouru 28 M depuis le départ jusqu’à 18h30 locale (heure de la vacation)
Jeudi 11 Janvier Le vent a faiblit. A 7 heures, j’affale la GV et j’envoie le génois et l’artimon avant d’aller me coucher. Karine prend le relais et contacte Seb et Julie par VHF, et échange les positions : ils sont à 5 M au nord ouest. Nous avons déjà rattrapé les 5 heures qu’ils avaient d’avance sur nous. Nous sommes sur l’autoroute des Alizés, Sabeline file à 6 nd, l’équipage récupère. Nous agrémentons les pâtes avec nos produits frais : chorizo, fromage de chèvre ou de Casamance, yaourt. Parcouru 125 M
vendredi 12 janvier A 10h30, sortant de 4 heures de sommeil, Karine a une touche, la clochette a retenti, mais la bête se débat et réussi à se décrocher de l’hameçon. Les conditions sont toujours idéales, 15-20 nd de NNE, Jean notre routeur nous annonce des vents un peu plus fort pour le WE. Nous en profitons pour faire de la cuisine pendant que les enfants écoutent les contes lus sur l’autoradio. Pour remplacer la ferrure cassée du tangon, Je monte une poulie largable, avec une autre poulie permettant le réglage du débordement de l’écoute. Tous les tangons devraient être équipés comme ça ! Cela permet d’utiliser le tangon (indispensable dans la houle), sur 50 % de sa longueur, ceci permet de réduire le génois et de rester tangonné en permanence, donc plus de manœuvre dangereuse de tangon. Yoan est à son tour malade, c’est la gastro. Du coup c’est très paisible à bord ! Ce soir Isabelle nous apprend par message iridium, que Lady Quattro est arrivé à la Barbade après 17 jours de mer. Parcouru 129 M
Samedi 13 janvier 3h30 une alarme retentit, je suis de quart. Ce n’est pas la clochette de la ligne de pèche, mais un terrible bip-bip qui me rappelle notre panne de pilote en quittant Madère. Ouf ce n’est que l’anémomètre qui a perdu le signal de la sonde en haut du mat, on verra ça quand il fera jour. Karine prend son quart à 8 heures. Une heure après elle ramène une belle dorade Coryphène de 65cm qu’elle vide et prépare : Une partie crue marinée au citron, l’autre cuite au four en croûte de sel, du sel de SAL évidemment., et les pommes de terre de Simon à Cachouane cuites au four entourées de petits oignons. Pendant ce temps dehors il fait 23 nd de vent, une houle de 2-3 mètres, Sabeline se dandine d’avant en arrière, de tribord à bâbord au rythme des surfs à 8 nd sur les déferlantes. Ma femme m’étonnera toujours ! Je me réveille à 11h après 4 heures de sommeil, je n’ai rien vu de tout ça. L’après midi je bricole un peu : vérification du pilote, recherche de la panne de l’anémomètre. Je vérifie toutes les connexions sous les planchers, mais le câble avait été abîmé par le hale bas de tangon au pied de mat à l’extérieur. Yoan est enfin volontaire pour apprendre à faire les quarts. C’est lui qui surveille toute l’après midi. Nous jetons un œil de temps en temps, un pétrolier passe à trois mille, bon exercice. Au dîner ce soir : soupe à l’oignon au fromage de Casamance. Parcouru 129 M
Dimanche 14 Janvier A 7H30, nous avons parcouru 78M en 12 heures, ça promet. En revanche ce n’est pas facile de dormir, il y a beaucoup de bruits, de craquements, des vagues qui tapent sur la coque. Rien ne m’empêchera de prendre mon petit-déj habituel : café, pain beurre et confiture. Karine qui voudrait faire la sieste cet après midi est souvent dérangée par tout ce qui ce passe à bord. Tantôt c’est l’euphorie de la clochette de la ligne de traîne, tantôt c’est la grosse vague qui déverse 50 litres dans le cockpit et quelques gouttes par les hublots des cabines arrière. C’est dimanche, alors comme en France nous reculons notre horloge locale de 1h. En le faisant chaque dimanche nous devrions arriver à l’heure de Grenade dans 3 semaines. Le décalage horaire est moins brutal qu’en avion mais il faut en tenir compte. A l’heure de la vacation, 20H30 française, il fait encore soleil ici puisqu’il n’est que 17H30. Nous remontons encore une petite dorade coryphène, on ne s’en lasse pas on se la refait au dîner en croûte de sel, même Elodie en raffole. Au dessert, pan cake… à la banane, ça va de soi. Il y a de la bonne humeur à bord, et nous savourons les plaisirs que nous offre la mer. Seuls les coups de roulis brutaux sont un peu gênants pour faire la cuisine, le gros sel ou le lait en poudre s’étale sur le plancher. Heureusement nous maintenons chaque plat, chaque verre par de la pâte adhésive, et nous avons gardé de l’Afrique leur façon de manger, dans un seul plat familial, avec des fourchettes quand même. C’est très pratique en navigation. Parcouru 145 M notre record en 24 heures
Lundi 15 Janvier Pendant le quart de Karine de Minuit à 4 heures, l’alarme du radar, que nous utilisons depuis le début de la traversée, sonne 2 fois. Pas de lumières en vue, donc un peu d’inquiétude, mais c’est sûrement un écho de vague. Après le repas, Yoan déroule la ligne de traîne alors je viens juste de manger un poisson volant et j’aimerais bien manger autre chose. Une demi-heure après, Yoan remonte une belle dorade coryphène de 80cm, 3,5Kg. Ça nous occupe le reste de l’après midi, un tiers cru à la tahitienne, un tiers en boulettes pannées, un tiers pour demain en croûte de sel. Le dîner se termine par une poêlée de bananes au chocolat, un délice. Ce n’est sûrement pas très intéressant, pour vous de savoir ce qu’on mange, mais je n’ai pas grand-chose à vous raconter. Peut-être vous décrire les couleurs grises ou bleues de la mer, la couleur des nuages quand il y en a, mais nous ne croisons pas de dauphins, pas d’oiseaux, Pas de bateau, rien que des vagues, des moutons blancs, parfois turquoises quand ils s’approchent un peu trop près, et des poissons volants. Pour nous c’est suffisant pour être heureux, je passe mes après midi dans le cockpit, pour trouver le meilleur réglage des voiles, la meilleure configuration (avec ou sans grand-voile ou artimon), et de temps en temps je vais m’asseoir sur la delphinière à l’avant du bateau. Là j’observe Sabeline plonger dans les vagues, partir au surf, fendre la mer et faire jaillir l’écume de chaque coté de l’étrave, les vagues finissent par passer devant, dans un vacarme et une explosion de blanc, l’étrave de Sabeline émerge à peine, et c’est reparti pour la prochaine vague, je jubile. Jean nous prévoit 25nd demain, il est 22h lorsque j’écris ces lignes, le vent souffle déjà à 27 nd Sabeline file à 7 nd dans un noir d’encre, c’est un peu flippant. Parcouru 137 M
Mardi 16 Janvier Au menu ce soir : Coquilles st jacques à la dorade Coryphène, Frangipane à la banane. Nuit mouvementée 25 à 27 nd de vent, rafales à 30 N nous sommes secoués dans tous les sens, le pilote souffre un peu. Yoan fait ses premiers quarts de nuit. Mais en s’appuyant sur la console du pilote, il passe en stand-by, l’artimon fait un empannage accidentel, sa bôme heurte et plie un panneau solaire. Il a l’air de fonctionner encore. Heureusement je veillais à coté et j’ai remis Sabeline sur sa route, avant que le génois tangonné se déchire. Karine et moi accumulons un peu de fatigue en ce moment à cause du vent et de notre allure plutôt sportive et de nos manoeuvres en pleine nuit. Parcouru 135 M
mercredi 17 janvier Le vent à nettement faiblit ce matin et il est passé plein est, comme nous l’a annoncé Jean. La grand-voile est hissée avec 3 ris pour faire face à un éventuel grain (Vent très fort provoqué par un orage ou une grosse averse) le génois reste tangonné en ciseaux. Nous avons retrouvé progressivement la chaleur que nous avions perdue en quittant la Casamance, la nuit Il fait 30°C dans les cabines et 26° dehors. L’eau est à 28°C. Le ciel est couvert. Parcouru 138 M
Jeudi 18 Janvier Nous sommes à la moitié de notre traversée : nous avons parcouru 1084 M pour un total de 2156 M une moyenne bien au dessus de nos prévisions, mais la prochaine moitié risque d’être plus lente, plus reposante aussi. Il fait très chaud et je laisse traîner derrière le bateau, bien accroché à l’échelle de bain. A 5 nd, ça vaut bien un jacuzzi très tonique. Ce soir il n’y a plus que 10nd de vent, les voiles battent à cause de la houle. Nous hissons entièrement la GV et roulons le génois. Nous profitons de ce calme pour se faire une soirée Pizza après un petit apéro. Nous naviguons à 3 nd, nous allons nous coucher pendant que le radar assure la veille. Recette de la Pizza « Atlantico » : Pâte à pizza France, huile d’olive et olives d’Espagne, tomates en boite, fromage de Casamance, chorizo du Cap-vert, Thon en boite, anchois du Portugal avec un Rosé frais de Dakar. Parcouru 118 M
vendredi 19 janvier Dès 6h, l’Iridium affiche un message de Jean : le vent reste au SE à 10-15 nd. Sachant que nous allons garder ces conditions, je sors avec Karine pour faire quelques manœuvres : Border l’écoute de GV, Affaler la GV et la ferler, larguer les hale bas et hale haut de tangon, passer le tangon sur l’autre amure, passer l’écoute tribord de génois dans la poulie largable du tangon, régler les hale bas et hale haut, passer l’écoute de génois dans une poulie, pour éviter le raguage de l’écoute contre la filière, dérouler le génois, border l’écoute, envoyer l’artimon, défaire le ris, poser une retenue de bôme. Voilà on peut aller se coucher, en espérant que le vent ne va pas encore changer de coté. RFI annonce un coup de vent sur notre zone « Alizés Ouest », mais nous sommes bien au sud de la dépression. J’arrive enfin à capter des fax météo de l’émetteur New Orleans, car depuis les Canaries je ne recevais plus rien. Elodie nous fait du bon pain au sésame, notre réserve du Cap-Vert est épuisée. Celui là est bien meilleur, il va encore partir plus vite. Dans l’après-midi nous envoyons le booster en double pli, il a été réparé mais comme les parties cuites n’ont pas été remplacées, il est très fragile : Rouler le génois, Sortir le sac, fixer la têtière sur la drisse de spi, fixer le point d’amure sur le bout dehors devant l’étai, fixer la poulie de la chaussette sur le balcon avant, gréer l’écoute tribord, envoyer le booster avec le winch au pied de mat, larguer la chaussette, border l’écoute, la passer dans la poulie largable du tangon, affiner les réglages. Tout ça pour gagner un nd. Pendant que Karine se repose, je commence à nettoyer sérieusement le pont, les enfants ne perdent pas une occasion de patouiller et m’aident à brosser. Nous débarrassons Sabeline de la poussière ocre qui s’est déposée partout depuis Dakar jusqu’au Cap-Vert. Papa me transmets les infos et les calculs de Jean : « La dépression située au nord a cassé les Alizés (qui existent grâce à l’anticyclone des Acores) il faut aller chercher les vents plus au sud, et rester sur l’isobare 1014 Hp. C’est la mer qui décide » Nous décidons de quitter la route orthodromique (la route directe mais courbe, tenant compte de la forme de la terre) et de faire un cap au 230, nous serons au largue, c’est très agréable. Il faut affaler le booster la même manœuvre que tout à l’heure mais dans l’autre sens, je vous la refais ? Ensuite nous hissons la GV et déroulons le génois, abattons de 30°, je vous passe les détails… Pendant le dîner nous apercevons un cargo, Karine essaie de l’appeler à la VHF, en français et en anglais, aucune réponse, personne ne doit être à la passerelle. Nous profitons de sa présence pour faire quelques essais de notre radar. Parcouru 95 M
samedi 20 janvier La nuit a été très cool, Sabeline navigue tranquillement comme sur un tapis roulant, pas de manœuvres, sauf quelques corrections de cap car quand un nuage passe, le vent change sensiblement de direction. Pendant mon quart je regarde des films en DVD. Karine prend son quart de 2H30 à 9H30 ! Au matin, la mer est belle, à peine une petite houle croisée, et nous voyons l’horizon tout autour du bateau. Nous profitons de ce beau temps pour faire un peu d’école, nous avons un peu de retard dans les évaluations du CNED, mais désolé, nous n’avons pas trouvé de boite aux lettres sur la route. A midi, les voiles faseillent, 5 nd de vent, nous sommes contraints de démarrer le moteur. Baignade, (pour moi seulement, Karine et les enfants n’osent pas !) sieste, lecture, musique et réception de nos petits messages Iridium, à 1500 Kms de la Guyane, la terre la plus proche, elle n’est pas belle la vie ? Un bon petit vent d’Est souffle dans la nuit, Sabeline, au grand largue, file vers le sud-Ouest. Parcouru 113 M
Dimanche 21 janvier Changement d’heure locale, une heure de gagnée ! Vers midi, nous avons atteint la latitude de Grenade, 12°N, et avec, un petit vent de 15 nd. Je remonte de 30°, cap direct sur Grenade. A ce moment je reçois un message Iridium de Papa : « à 12° N devrait avoir du vent d’est. » selon ses sources sur WheatherOnLine.com. Je suis vraiment bien assisté ! Cap plein Est, les voiles en ciseaux ne suffisent pas, j’envoie le Booster, à coté du Génois, GV affalée. Peu après la partie supérieure se déchire, il était pourtant en double épaisseur mais il n’a pas résisté. Bravo Diego du CVD pour tes réparations onéreuses et peu fiables ! Nous continuons aidés par le moteur jusqu’à la tombée de la nuit, un vent de NE semble frémir, c’est ce que confirme Jean, les alizés reviennent, j’affale la GV, hisse l’artimon, le génois toujours tangonné pour passer la nuit tranquille. D’autant plus que Karine n’a pas la pèche ce soir. Maux d’estomac ou gastro ? Parcouru 116 M
Lundi 22 Janvier Karine est toujours malade, mais elle arrive pourtant à faire ses quarts, entre deux vomissements. Les alizés ne sont pas bien nerveux, j’envoie le spi, non sans quelques manœuvres laborieuses, et juste pour gagner à peine un petit nœud. Nous recevons un appel Iridium d’Erwan et Sandrine, ils sont à 800 M de la Martinique, à notre Nord-ouest, à la vacation, nous sommes à 676 M de Grenade. Le temps n’est pas stable en ce moment, je ne peux pas prendre le risque de garder le spi toute la nuit, alors juste au crépuscule, je me livre à mes manœuvres habituelles : affaler le spi, envoyer le génois et l’artimon, et changer de cap, car entre le jour et la nuit, le vent change de direction (30 à 40°) Parcouru 117 M
Mardi 23 Janvier Le vent est toujours aussi mou, 10 à 13 nd, et malgré tous nos efforts pour trouver la meilleure configuration et la meilleure surface de voilure, Sabeline a du mal à dépasser les 5 nds. Il va falloir être patient, dommage, nous étions proche d’une belle performance de traversée Océanique. L’humeur à bord s’est un peu dégradée, Karine reste alitée toute la journée, et les enfants, eux, n’ont pas changé leur rythme de vie. Je suis un peu débordé, entre les manœuvres, la veille, l’école, le rangement, la cuisine, la vaisselle , et maintenant infirmier : Karine n’a rien ingurgité depuis 3 jours, c’est inquiétant. Pour éviter la déshydratation (Il fait 30°C dans le bateau), elle doit boire de l’eau sucrée à petites gorgées. Parcouru 122 M
Mercredi 24 Janvier Je laisse Karine se reposer cette nuit, j’ai accepté son congé maladie et j’assure la veille toute la nuit. Le radar m’aide à allonger les périodes de sommeil. Nous croisons un cargo faisant route vers le Nord-Ouest, et il faut rester attentif à sa trajectoire, ça occupe un bon moment, il passe devant Sabeline à moins de 3 miles. A 7h, je réveille Yoan pour qu’il prenne le relais, et je me couche dans sa cabine. Lorsque je me réveille à 10h, notre cap n’est pas bon, je me mets aux manœuvres habituelles, avant le petit déjeuné : hisser la GV, affaler l’artimon et mettre Sabeline au vent arrière. Deux heures plus tard, le vent faibli, j’affale la GV, l’artimon, roule le génois, et envoi le spi. Seul, il faut anticipé et réfléchir à la manœuvre : lorsque je déploie le spi à l’avant du bateau, il faut retourner rapidement dans le cockpit pour border le bras et l’écoute préalablement tournés sur les winchs, pour éviter que le spi s’enroule autour de l’étai. Karine va un peu mieux aujourd’hui, elle a réussi à garder son eau sucrée, 2 biscottes, et 2 pommes de terre, elle passe l’après midi à l’ombre dans le cockpit, à surveiller nos lignes de traîne qui ne donnent plus rien depuis quelques jours. 16H30, heure de la vacation, il nous reste 434 Miles à parcourir. Nous arriverons dimanche Inch Allah. Ce soir Sabeline a repris sa voilure nocturne, le GPS affiche 6 nds, une vitesse que l’on devine de l’intérieur, car le bateau est moins sensible à la houle, les mouvements sont plus rapides, et moins amples, comme ceux que l’on ressent dans un TGV à 260Km/h. Parcouru 120 M
Jeudi 25 Janvier J’assure une deuxième nuit complète de quart, Karine est encore faible, il faut qu’elle récupère. Je regarde deux films entrecoupés par la veille du bateau. C’est autre chose que la pub ! Depuis le début de la traversée nous utilisons un téléphone portable, sur lequel Karine a programmé des rendez-vous toute les 25 minutes, jour et nuit, et qui se répètent chaque jour. Lorsque celui de quart entend la douce mélodie, il sort dans le cockpit, attache son harnais à la longe, inspecte l’horizon, lentement car un cargo peut être caché derrière une vague, vérifie le cap, le réglage des voiles, la force du vent et la vitesse du bateau. De nuit, il vérifie aussi notre éclairage, et détecte, dans le ciel, les masses sombres qui pourraient être un grain. C’est souvent avec beaucoup de plaisir que nous assurons cette veille ; Aux dernières lueurs de la journée, Sabeline exhibe ses voiles devant le soleil couchant, sur une mer aux reflets d’argent, sous un ciel passant du bleu profond au orange vif. Lorsque le soleil est bien couché, la lune prend sa place, et Sabeline file vers cette lueur blanche qui se reflète et scintille dans la mer. On s’attend à voir sauter un dauphin devant la lune comme dans « Le Grand Bleu ». A son tour, la lune, dont le croissant est toujours horizontal sous ces latitudes, disparaît derrière la mer et plonge Sabeline dans les ténèbres. Nos yeux deviennent alors plus sensibles, le plancton phosphorescent s’illumine dans le sillage, le ciel s’éclaircie de milliers d’étoiles, dont je pense reconnaître la « croix du sud ». Des instants insaisissables comme ceux-là resterons gravés dans nos tètes. Vers 6 heures, Karine vient me relayer. Le spi est envoyé à 11h, nous le gardons toute la journée, malgré un bon vent de 15-17 nd, mais ça fait plaisir de voir le bateau marcher entre 6 et 7 nd. Karine va beaucoup mieux, et nous restons toute l’après midi dans le cockpit, pendant que les enfants sont très occupés par du coloriage. J’aide Yoan à monter un Mécano et je monte dans le mat et sur le tangon pour le fun, et la photo. Karine aperçoit au loin sur l’arrière un objet orange fluo, nous contrôlons que nous n’avons rien perdu. Juste après on distingue deux vedettes à moteur, d’abord nous sommes surpris de voir des bateaux autre que des cargos, mais c’est vrai que nous approchons des côtes, nous sommes à 100 M de la Barbade, c’est peu être des pécheurs, ou des trafiquants. Dans ce coin là ça se pourrait bien, nous restons très discrets, pas d’appel VHF, comme si on n’avait rien vu. La ligne de traîne se tend violemment, je la remonte au winch, et balance une belle bête devant la barre à roue. C’est un Thazard de 1m, 5Kg. Nous avons quelques doutes à propos de la ciguatera, une maladie qu’on peut attraper avec les poissons de coraux et ses prédateurs. Nous en donnons un peu à manger à Dakar, s’il n’est pas malade demain, nous pourrons le manger (pas le chat, le poisson !) Parcouru 128 M vendredi 26 janvier Lors de la relève de la garde, ou plus modestement le changement de quart de 11h, nous envoyons le spi. J’ausculte le chat, il va bien. Je vais pouvoir cuisiner notre thazard. ¼ suffira, en croûte de sel, avec des pommes de terres douces de Ziguinchor, et des oignons autour. Un avion arrive vers Sabeline à faible altitude et fait deux tours autour de nous, nous faisons des signes de salut, puis il repart vers le Sud-Est. Y-a-t-il un rapport avec les deux bateaux de hier soir ? Peut-être la brigade anti-stup ? A midi, nous avons parcouru 2000 M depuis Mindelo, il ne reste plus que 200 M. Si nous avions atterri à LA BARBADE, nous serions arrivés cette nuit, en 16 jours. Nous avons croisé 3 cargos aujourd’hui, décidément nous voyons de plus en plus de monde ! Ils font tous la même route, vers le sud-ouest, il viennent de passer le Canal de Panama, passent entre Grenade et Tobago, et redescendent le long de l’Amérique du sud. Tandis que nous préparons des bocaux de poisson dans le cockpit, un groupe d’une vingtaine de dauphins vient vers Sabeline et joue un bon moment dans l’étrave. Nous sommes tous à l’avant sur le pont, pour admirer cet accueil sympa. Il n’y a pratiquement pas de dauphins en pleine mer, c’est le signe d’une arrivée proche. Après les dauphins, Yoan a envie de se baigner comme papa. Elodie a suivi et on s’est retrouvé tous les trois traînés dans le sillage de Sabeline. On s’est bien amusé. Avec tout ça je n’ai même pas eu le temps d’aller faire une sieste, débordé ! Au dîner ? Du poisson bien sur, béchamel et champignons. Nous avons fait des conserves des restes du thazard, pour éviter d’en manger midi et soir pendant plusieurs jours. Parcouru 128 M
Samedi 27 janvier Nous avons décidé de garder le spi cette nuit, le vent est faible 8 à 10nd, et le temps semble stable. Je fais le premier quart jusqu’à 1h30. Lorsque Karine prend le relais le vent monte, elle me rassure en disant que c’est juste un grain, ça va passer. 2 heures plus tard il y a toujours 15 à 17 nds de vent, un peu beaucoup sous spi, d’autant que nous ne sommes pas pressés. Elle me réveille à 4h pour affaler le spi. Je n’aime pas garder un spi la nuit, justement pour éviter cette manœuvre. Je vais à l’avant sur le balcon et essai de tirer sur la chaussette qui ne vient pas (non je ne porte plus de chaussettes depuis 6 mois, la chaussette sur un spi sert à l’étouffer et faciliter l’affalage). Je crie à Karine dans le cockpit de larguer le maximum de l’écoute car le vent prend dans le spi. Tout d’un coup je m’aperçoit que j’ai le pied sur un bout, celui du retour de la chaussette, voila pourquoi ça bloque. La chaussette descend, le spi s’étouffe. En larguant la drisse de spi pour le descendre sur le pont, le bout de retour se prend dans le déflecteur radar, il faut remonter le spi. Tout ça avec un roulis énorme, car sans toile, Sabeline se met en travers de la lame, et je ne tiens pas debout sur le pont. Je range tout dans le sac, je récupère les écoutes pour les fixer au balcon, mais celle que Karine devait larguer est dans l’eau et l’une des extrémités est prise dans l’hélice. Après plusieurs tentatives, en tournant l’arbre à la main par l’intérieur du bateau, nous n’arrivons pas à libérer l’hélice. Il faut plonger pour défaire l’écoute prise dans l’hélice, mais il fait nuit, je n’ai même pas de lampe étanche, et c’est l’heure où les requins chassent. En plus, ça ne me dit trop rien de me baigner maintenant, je préfère attendre demain, il fera jour. L’inconvénient, c’est que nous sommes sans moteur, qui peut être une sécurité. Tant pis pour l’instant il y a du vent, et Sabeline est un voilier.
A 14h30, le vent à légèrement faiblit, je m’attache solidement, prend mes palmes, mon tuba et mon couteau et plonge vers l’hélice pour dénouer le bout. Karine a peur pour moi, car il y a de la houle le bateau bouge, et elle craint que je sois assommé. Deux minutes plus tard, c’est fini. Cause de l’écoute dans l’eau : l’extrémité ne devait pas sortir de la poulie de pont au cockpit, mais un petit nœud d’écoute c’est défait à cause du mauvais état d’une surliure. Une petite bricole qui aurait pu avoir de graves conséquences. Moralité : il n’y a pas de place au hasard sur un bateau, et pourtant je le répète souvent. A la vacation (16H30 à bord) il ne reste plus que 51 Miles. Nous passons l’après midi à nettoyer un peu notre logis de façon à n’avoir que le maillot de bain a enfiler en arrivant, pour profiter de notre environnement. TERRE, TERRE, 17h30 nous distinguons les sommets de l’île, moment que j’aurais pu imaginer plus euphorique, mais on se plait tellement bien ici. Que nous réserve l’arrivée ? Parcouru 128 M à la Vacation
dimanche 28 janvier Les enfants dorment, nous longeons la cote sud-Ouest de Grenade, aidés par un fort courant, un bon vent de 20nd, favorisé par le relief de l’île. Nous avons choisi d’atterrir à PRICKLY BAY, petite anse bien protégée, où il est possible de faire les formalités d’entrée. D’après la carte l’entrée de la baie est assez large mais entourée de coraux qui enfleurent à la surface. Nous apercevons des bouées rouges et vertes, c’est le contraire qu’en Europe, le rouge à tribord, celui qui se trompe n’a plus qu’à rejoindre la cote à la nage. On se laisse surprendre par leur proximité, la force du courant et du vent. Sabeline avance en crabe, jusqu’à ce qu’on soit protégé dans l’anse. Là, nous distinguons quelques voiliers au mouillage, nous plongeons l’ancre, qui accroche du premier coup dans le sable de corail. Il est minuit ici. Nous nous serrons dans nos bras, heureux, satisfaits et un peu fiers de nous. Parcouru 50 M
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